MECTE
Parmi les chiens de bergei-, il faut citer le C. de Brie, le C. de lieauce et le Colley d'Ecosse: parmi les chiens de garde, les dogues, les mutins, les chiens de montagne et les rffl«o/s; parmi les chiens d'agrément, les caniches, les levrettes, les terriers anglais, les loulous, les havanais, etc.
Aux termes de la loi, les cliiens errants sont mis en fourrière et ceux qui les laissent errer sont punis d'une amende de 1 à 5 fr. (C. pén., art. 471). La loi du 2 mai 1855 a établi un impôt sur les chiens : la taxe varie de 1 à 10 fr. Voy. animaux.
On nomme : Chien d'eau le Cabiai ; C. de mer ou C. marin, le Phoque, le Requin, la Roussette et le Milandre ; C.-Rat, la Mangouste; C. des bois, le Raton; C. volant, l'espèce de Chauve-Souris appelée aussi Roussette.
ciiiE.N. Trois constellations portent ce nom. La 1", le Grand Chien, où l'on remarque Sirius ou la Canicule, la plus brillante de toutes les étoiles de 1" grandeur. Cette constellation renferme en outre 2 étoiles de 2° grandeur, 4 de 3°, 7 de 4', 13 de 5°. Son ascension droite moyenne est 6 h. 45 m., sa déclinaison 24°. — La 2°, le Petit Chien, contient une étoile de 1™ grandeur, nommée Procyon, 1 de 5°. 4 de 5°. Son ascension droite est 7 h. 25 m., sa déclinaison 5". — La 3°, celle des Chiens de chasse, contient 4 étoile de 2" grandeur, i de 4% 13 de 5°. Son ascension droite est 13 li. 0 ni., sa déclinaison 40".
CHIEN, partie du inécanisnie d'un fusil ou d'un ])istolet, qui sert généraieiiienl à l'armer et dont le choc détermine le départ du coup.
CHIEN DENT, Cynodon, nom vulgaire de plusieurs plantes de la famille des Graminées, dont la plus connue est le Chiendent officinal ou C. des boutiques [Triticum repens], qui appartient au genre Froment : sa tige s'élève à 1 m. ou 1 m. 50 et porte des feuilles longues et étroites; sa racine est vivace, articulée, traçante. On en fait une tisane émolliente et diurétique qu'on administre au début de toutes les maladies. Le C. commun ou Pied-de-Poule [C. dactylon) est une plante traçante, redoutée des cultivateurs ; on applique aussi ce nom à certains Andropogons. Voy. ce mot.
On nomme : Chiendent aquatique, la Fétuque flottante; C. à brossettes, le Dactyle pelotonné ; C. fossile, l'Amianle ; C. marin, le Varech; C. queue-de-renard, le Vulpin; C. ruban, le Roseau panaché.
CHIFFONNADE. En Cuisine, on appelle ainsi un mélange d'herbes préparées d'une façon spéciale pour être ajouté aux potages.
CHIFFONNIERS (de chiffons). Ceux qu'on voit parcourir les rues y recueillent non seulement les vieux cliifl'ons, mais les vieux papiers, le carton, le cuir, les os, la ferraille, les cadavres d'animaux, les cendres, en un mot tous les objets jetés comme inutiles ; puis ils vendent leur récolte quotidienne à des chiffonniers en gros, qui alimentent un grand nombre de fabriques importantes : ceux-ci, après avoir trié tous les objets ramassés, revendent les papiers, les cartons et les chiffons aux fabricants de papier et de carton; les os, le cuir et les substances animales aux fabricants de colle-forte, de noir animal, etc. Quelques-uns de ces chiffonniers en gros font à Parie un commerce considérable.
CHIFFRES. Le mol chiffre, dérive du bas-latin cyphra, formé lui-même de l'arabe çafar, cifr, ne désignait d'al)or<l que le zéro; dans la suite on l'a appliqué aux caractères employés pour exprimer les neuf premiers nombres et qui sont communément appelés chiffres arabes. Par extension, on a donné le nom de chiffres aux lettres de l'alphabet employées co.T.me caractères numériques, ainsi que cela avait lieu chez les Grecs et chez les Romains
Les Grecs avaient plusieurs manières d'exprimer les nombres par les caractères de leur alphabet. Le plus souvent ils divisaient leurs 24 lettres en ô séries : la 1", composée des 8 premières lettres, exprimait le nombres unités (moins le 6); la 2", les 8 premières dizaines; la 3-, l<- 8 premières centaines; les nombres 6, UO et 900 élaieni représentés par des caractères particuliers, savoir (5 par li' stigma (ç), 90 par le coupa (U ) et 900 par le sampi [Ti]. Voici la série entière de leurs cliifl'rcs : 1, a'; 2, B'; 3, y';
4, S'; 5, s'; 6, ç'; 7, Ç'; 8, t/; 9, 6'; 10, i'; 20, %'; 50, V; 40, [x'; 50, •/; 60, Ç'; 70, o'; 80, Tt'; 90. 1^' ou Ç' ; 100, p'; 200, a; 300, x'; 400, v'; 500, 9'; 600, y': 700. 4^'; 800, w'; 900, 7^'. Pour les ?nille on recommençait les trois séries, mais en plaçant un accent au-dessous cl à gauche : ,<x (1 000), ^[î (2 000), etc. Dans les anciennes inscriptions grecques, on trouve une autre manière de chiffrer analogue à celle des Romains : 1 est représenté par I ; 5 par n (-tévte); 10 par A (oixa) ; 100 par H (êxatôv) ; 1 000 par X (/iXioi), etc.
Les Romains exprimaient tous leurs nombres avec les lettres I (1), V (5), X (10), L (50), C (100), D (500), M ou CID (1 000). Les lettres placées à la droite des signes V, X, L, C, etc., en augmentaient la valeur d'autant; ces mêmes lettres, placées à la gauche, en diminuaient la valeur : ainsi VI, XI, LX valaient 6, 11, 60; IV, IX XL valaient 4, 9, 40.
Les Indiens n'ont adopté l'usage des chilTres qu'à une époque moderne. Les Arabes les leur ont empruntés et leur ont fait subir diverses modifications avant de nous les transmettre; ils ne furent usités en Europe qu'à partir du xiii" siècle, en Angleterre d'alwrd, puis en Italie; l'Allemagne les reçut au xiv° siècle, la France, à la fin du XV"; mais leur figure ne devint uniforme qu'à partir de 1534. Les Russes ne les emploient que depuis Pierre le Grand.
En Musique, on appelle chiffres les signes numériques placés au-dessus des notes de la basse pour indiquer les accords qu'elles doivent porter. L'accord parfait majeur se chiirre par un 5. Il y a des accords qui ont un double chiffre, comme l'accord de sixte et quarte (f), celui de sixte et quinte (f), etc. C'est Ludovico Viadana qui, le premier, représenta les accords par des chiffres (xvi° siècle).
— En 1742, J.-J. Rousseau proposa à l'Académie des Sciences une méthode de notation musicale consistant à exprimer les notes de la gamme par les chiffres 1, 2. 5, 4,
5, 6, 7, avec l'aide du point, des dièses et des bémols. Cette méthode, qui présente des avantages réels, a été reprise par l'école Galin-Pàris-Chevé ; elle est propagée encore de nos jours par M. A. Chevé; elle rend de grands services dans les écoles primaires et dans les sociétés chorales populaires.
Dans la Diplomatie, les correspondances secrètes sont le plus souvent écrites en chiffres, c'est-à-dire en caractères numéraux ou autres, auxquels on a donné une signilicalion arbitraire. La clef du chiffre est l'alphabet dont on est convenu, et qui sert soit à chiffrer, soit à déchiffrer les dépêches secrètes. Un C. à simple clef est celui dans lequel on se sert toujours d'une même figure pour écrire une même lettre; un C. à double clef, celui où l'on change d'alphaljet à chaque mot. Voy. cryptographie.
On appelle encore chiffre tout entrelacement de lettres fleuronnées qu'on met en tête des lettres, sur les cachets, les panneaux de voiture, etc., ou qu'on emploie comme ornement d'architecture, de serrurerie ou de menuiserie.
CHIGOMIER, plante. Voy. comdret.
CHILIADE (dugr. v'.Xiâ;), nom donné, en Arithmétique, à l'assemblage de mille objets semblables; p. ex. dans letables de logarithmes, on nomme fremière chiliade la table des logarithmes des mille premiers nombres entiers.
— On donne aussi ce nom à des recueils en vers, divisi-^ par portions de mille vers : telles sont chez les Grecs les chiliades de Tzetzcs.
CHILIARQUE (du grec .yj.XiaL^yoç), officier dans les
CHILOGNATHES
CHIMOINE
armées de l'ancienne Grèce; il commandait à un corps de mille hommes. 11 y avait 16 chiliarchies dans la phalange macédonienne. — Celait aussi le nom par lequel les Grecs désignaient les tribuns militaires des Romains.
CHILOGNATHES (du gr. /eiÀo;, lèvre, et Yviéo;, mâchoire, à cause de leurs mandibules cornées), 1" ordre de la classe des .Myriapotles. Voy. diplopodes.
CHILOPODES (du gr. yeO.o; et toO;, ttoSÔ!;, pied], 2' ordre de la classe des Myriapodes, renferme des animaux au corps allonge et déprimé, à la Ixjuche armée de deux pieds-mâchoires, percés en dessous pour laisser écouler une liqueur vénéneuse. La morsure de quelques espèces d'une grande taille peut être dangereuse. — Genres principaux : Scutigère, Scolopendre, Cryptops, Lithobie et Géopliile.
CHIMÈRE (du gr. /tjia'.pa, monstre fabuleux), Chimxra, genre de Poissons chondroptérygiens, de l'ordre des Ganoïdcs, famille des Sturioniens, remarquables par la forme monstrueuse de leur tète. La C. arctique vit au milieu de l'océan septentrional, et se nourrit de crabes, de mollusques, etc. Elle est longue de 1 m. environ, et sa couleur est jaunâtre avec des taches noires. On l'a «iommée roi des harengs [regalec parce qu'elle poursuit les bandes innombrables de ces poissons; on la nomme aussi Chat de mei'. La C antarctique, appelée aussi Poisson-Coq, Poisson-Eléphant et Callorhynque, a le museau termmé par un lambeau charnu et conique, qui lui a valu son nom.
CHIMIATRIE (de chimie et du gr. ta-rpsCa, cure), ou Chimisme, système médical accrédité surtout en Allemagne, pendant le moyen âge, par Paracelse, Van Ilelmont, François De le Boc (dit Sylvius), etc., qui prétendaient expliquer tous les phénomènes de l'économie animale par les principes de la chimie et traiter toutes les maladies par des jjrocédés chimiques.
CHIMIE (du gr. yupLôia, de yu[iô(;, suc), science qui étudie les propriétés des corps simples et composés, la formation des corps composés par voie d'analyse et de synthèse, et les lois immériques de ces transformations. Par {'analyse elle détruit les composés en isolant les éléments qui les constituent; par la synthèse, elle reproduit ces composés, ou bien elle forme de nouvelles combinaisons qui n'existent j)as dans la nature. La Médecine, la Métallurgie, la Teinture, l'Agriculture, etc., empruntent des enseignements à la Chimie et réclament son secours; de là la distinction «ntre la C. théorique et la C. appliquée. La première se subdivise en C. minérale, qui s'occupe des corps et des combinaisons de la nature morte; et en C. organique, qui a fiour objet l'étude des lois d'après lesquelles se transforment es substances produites par la végétation et par l'économie animale : la seconde se subdivise en C. biologique, C. médicale, C. industrielle, C. agricole.
La Chimie est une science toute moderne; elle ne s'est véritablement constituée que depuis la lin du x\u° siècle. Panmi les peuples de l'antiquité, les Egyptiens paraissent avoir eu des connaissances chimiques : l'Art sacré, pratiqué dans leurs temples, semble en avoir été la première source. Ils savaient préparer le sel ammoniac, la soude, le verre, le savon, le vinaigre et ditférents médicaments ou poisons, entre autres l'acide prussique. Les Chinois aussi ixissédèrent de lx)nne heure l'art de fabriquer le salpêtre, la porcelaine, le vert-de-gris, la poudre à canon, l'alun et dillérenles matières colorantes. Les Grecs se livrèrent à des spéculations philosophiques sur la nature de la matière; mais ils ne firent point d'expériences. Ils savaient toutefois, ainsi que les Romains leurs successeurs, obtenir certains métaux, compfjser différents alliages et préparer un
chimie; au xvii», Libavius et Van Ilelmont, qui sut distinguer plusieurs gaz. Vers la fin du xvn° siècle, Bêcher et, un peu plus tard, Stahl firent les premières tentatives pour imprimer aux recherches chimiques une direction scientifique ; Stahl réunit en un seul corps de doctrine, connu sous le nom de système phlogi.stique, les nombreux faits alors connus, et imagina une théorie de la combustion : cette thé^orie, quoique erronée, eut une heureuse influence sur les progrès de la science, et prépara le» grandes découvertes du xviii" siècle.
Geoffroy l'aîné publia en 1718 les premières Tablet d affinité; Boerhaave lit connaître en 1732 ses expériences sur les phénomènes de lumière et de chaleur ; Haies, en 1724, et Black, en 1756, liren: les premiers travaux'sur les^ gaz [chimie pneumatique) ; Margraff distingua, eu 1759, la magnésie et l'alumine, et enseigna l'extraction du sucre contenu dans les plantes indigènes : Scheele surtout flt, de 1773 à 1786, de nombreuses découvertes, notamment celles du chlore, de l'acide prussique, de l'acide fluorhydrique, de l'acide arsénique, de la baryte et d'un grand nombre d'acides organiques. Priestley découvrit, vers la même époque, l'oxvgène, le protoxyde d'azote, le gaz chlorbydrique, etc. ; Cavendish fit connaître l'hvdrogène, reconnut la formation de l'acide carbonique par la combustion du charbon, et enseigna la composition de l'eau et de l'acide nitrique ; enfin Lavoisier opéra dans la science ime révolution coniplète par ses reclierches sur la combustion (1770 à 179,)) ; il démontra l'erreur de la doctrine de Stalil, et introduisit dans les expériences une précision et une rigueur jusqu'alors inconnues, fondant définitivement la chimie sur ce principe que rien ne se perd, rien ne se crée, et soumettant toutes ses données expérimentales au contrôle de la balance.
C'est de la même époque que datent l'introduction de la première nomenclature chimique, par Guyton de Morveau, et la découverte, par Richtcr, des proportions chimiques, devenues, depuis, la base de toutes les théories chimiques. Les travaux de BerthoUet, Fourcroy, Yauquelin, Klaproth, la décomposition des métaux alcalins opérée à l'aide de la pile par H. Davy, les nombreuses recherches de Gay-Lussac, Thenard et Chevreul, la théorie atomistique si féconde de Dalton, les analyses multipliées de Berzelius, de 11. Rose et de beaucoup d'autres chimistes, la théorie de l'isomorphisme de Mitscherlich, plus près de nous, la dissociation de H. Ste-Claire Deville, les études thermo-chimiques de M. Berthelot, ont donné à la chimie une impulsion toute nouvelle. La Chimie organique a pris un essor extraordinaire dans ces dernières années, grâce aux travaux de Liebig, Dumas, Laurent, Gerhardt, ^Vurtz, Malaguti, Cahours, Deville, Hoffmann, Frankland, Kékulé, Berthelot, Friedel, etc. Enfin, on a fait la plus heureuse application de la chimie à la médecine légale et à la toxicologie.
Le Traité de chimie de Berzelius (trad. par Essiinger et Hœfer, complété par Gerhardt, 1854-56), la Chimie appliquée aux arts (1828-46), le Traité de chimie générale (1854). de Pelouze et Fremy, quoique ayant beau(0jp vieilli par suite des progrès incessants de la science, sont encore riches en renseignements. Parmi les ouvrages modernes, nous citerons : un Dictionnaire de chimie pure et appliquée, de Wurlz, qui est une véritable encvclopédic chimique et dont le second supplément, public sous la direction de M. Friedel, est encore en voie de publication; l'Encyclopédie chimique \mbliée sous la direction de M. Fremy; le Traité de chimie géné7ale de M. Sclmiiouberger; parmi les publications moins étendues ou plus spéciales, le Traité élémentaire de chimie organique de MM. Berthelot et Jungfleich; la Mécanique chimique de
grand nombre de matières colorantes. Ce furent les Arabes \ M. Berthelot ; le Traité de chimie appliquée à laphysioqui, à partir du xi" siècle, donnèrent une certaine impul- i logie, à la pathologie, etc. de M. .\. Gautier; le Trait/.
régale, la pierre infernale, le sublimé corrosif, l'oxyde rouge de mercure, la fermentation alcoolique, etc. Les croisades contribuèrent beaucoup à répandre en Europe les connaissances des Aral>es. Parmi les alchimistes qui ont fait avancer la chimie, il faut citer : au xiii" siècle, Arnaud de Villeneuve ; au xiv, Raymond Lulle ; au xv», Basile Valentin, à qui l'on doit la'découverte de beaucoup de préparations anlimoniales, ainsi que de l'ammoniaque ; au ïvi», Paracelse, qui. Je premier, enseigna publiquement la
anciens et du moyen âge, 1889; les Origines de TAlr/iimie, 1885). Les travaux les plus récents sont consignés dans les Annales de chimie et de physique, le Journal de pharmacie et de chimie, le Bulletin de la Société chimique de Paris.
Pour les Abréviations chimiques, voy. atomiciti; et