‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 571 sur 1729 · ENTORSE · texte numérisé non relu

ENTORSE

les principales causes de \E. aiguë sont l'action directe des substances acres ou vénéneuses introduites dans les voies alimentaires, l'abus des purgatifs drastiques ou des liqueurs alcooliques, l'abus des glaces ; la présence de corps étrangers, surtout de vers, dans les intestins, etc. Cette affection se propage souvent à l'estomac, et alors elle constitue la gastro-entérile; quand elle occupe le gros intestin, c'est Venléro-colite; au caecum, elle constitue la typhlile ; au rectum, la redite. — A l'état aigu, l'entérite présente les symptômes suivants : abdomen tendu, coliques plus ou moins fortes, avec diarrhée ; soif ardente, quelquefois nausées, vomissements, borborygmes ; urines peu abondantes, rouges et sédimenleuses ; inappétence, sécheresse de la peau; langue rouge à la pointe et au pourtour, sèche et jaunâtre au centre. Sa durée est très variable ; sa terminaison peut avoir lieu par résolution, ou par le passage à l'état chronique. Chez les enfants à la mamelle, où elle est provoquée par la dentition, un allaitement de mauvaise qualité, les selles sont verdàtres, c'est la diarrhée verte,

aui peut être épidémique et qui relève de la présence un bacille spécial.

L'E. chronique est bornée à une portion peu étendue du conduit intestinal; ses symptômes sont la fréquence des évacuations alvines et la liquidité des matières excrétées ; le ventre est peu douloureux ; l'appétit peut persister : cependant l'embonpoint et les forces diminuent. Sa durée est illimitée et sa terminaison incertaine. Il y a des entérites chroniques qui sont dues à certaines affections du foie, du cœur, à l'urémie, à la tuberculose.

Quand l'entérite est peu intense, il suffit ordinairement, pour la dissiper, d'une diète sévère. Au début on se trouvera bien des purgatifs salins. On donne ensuite des préparations opiacées, laudanum, diascordium. De l'eau de riz, des tisanes gommeuses ou albumineuses seront administrées avec avantage. Si les coliques sont trop violentes, on appli-

?|uera sur le ventre de larges cataplasmes laudanisés et on era une injection sous-cutanée de morphine. Chez les enfants on usera de la décoction blanche de Sydenham. Quant à la diarrhée verte, on la traitera par l'acide lactique. ENTÉROCÈLE, hernie abdominale. Voy. herme. ENTÉRO- M ÉSENTÉR IQU E (fièvre] . Voy. fièvre ttpho'ide. ENTÉROTOME (du gr. ëvxepov et tou.^, section), espèce de ciseaux à bords mous et dentelés inventés par Dupuytren

fiour diviser par compression des parties de l'intestin dans es hernies étranglées et les anus contre nature.

ENTERREMENT (du préf. en et de terre). Dans son acception propre, ce mot désigne l'action de mettre en terre un corps mort (Voy. inhcmation) ; mais, le plus souvent, il s'emploie comme synonyme d'obsèques ou funérailles. [Voy. funérailles). — Enterré vif. Ce supplice barbare était surtout usité en Orient. A Rome, les Vestales qui manquaient à leur vœu de chasteté étaient enterrées vives. En Occident, on cite peu d'exemples de ce genre de supplice.

ENTHOUSIASME (du gr. Év6ouaiaii(i6<;). Les Grecs désignaient proprement par ce mot l'état de l'âme des pvlhonisses et des sibylles, agitées, sur le trépied sacré, di'une fureur divine, ainsi que l'exaltation des poètes et des artistes, que l'on supposait inspirée aussi par une divinité. Les Néoplatoniciens virent dans l'enthousiasme, si voisin de l'extase, un état dans lequel l'homme s'approchait de la Divinité. — Aujourd'hui ce mot s'applique à tout transport qui s'empare de l'âme, quand la sensibilité et l'imagination sont vivement excitées par une conception instinctive et spontanée du bien, du beau et du vrai.

On a donné le nom d'Enthousiastes à des hérétiques

3ui croyaient avoir des inspirations de l'Esprit-Saint. On le onne encore aujourd'hui aux Anabaptistes, aux Quakers, aux Méthodistes, aux Mormons et à quelques autres sectes d'hérétiques, parce qu'ils soutiennent que l'Ecriture doit être appliquée par les lumières de 1 inspiration divine. Voy. illuminés.

ENTHYMEME (du gr. iv6û[iTi[xa), argument contenant seulement deux propositions, dont la première prend le nom d'antécédent, la deuxième de conséquent. Exemple : « Tout mammifère est vivipare ; donc la baleine est vivipare ». L'enthyinème diffère du syllogisme sous deux rapports : d'abord, il sous-entend une prémisse que l'intelligence suppose, conçoit, d'où son nom (en ^ec conception) ; e.isuite, tandis que le syllogisme se compose de jugements dont la vérité est toujours é>-idente, l'enthvmème se fonde quelquefois sur la vraisemblance et la probabilité, raison

pour laquelle Aristote l'appelle le syllogisme de l'orateur; aussi est-il souvent employé envers cl en prose; exemple (Racine, Britannicus, iv, 3) :

Vertueux jusqu'ici, vous pouvez toujours l'être.

ENTIER (du lat. integer). Le nombre entier exprime combien il y a d'objets dans une collection, ou le rang d'un objet dans une succession d'objets : au premier point de vue il est cardinal, au second il est ordinal. Voy.

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