FRANCISQUE
FRAMBOISIER (du holland. braambezie, fruit de la ronce), espèce du genre Ronce ( Voy. ce mot), renferme des arbrisseaux à souches ligneuses, à tiges liantes de i^.SO à 2 m., creuses en dedans, blanchâtres en dehors, hérissées d'aiguillons; à feuilles allongées, dentées, vertes en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous; à fleurs blanches et inodores. On le croit originaire de l'île de Crète. L'espèce type est le F. commun [Rubus idseus), qui croît naturellement dans toute l'Europe centrale et méridionale, et dont le fruit, la framboise, est une baie, de la forme et de la grosseur d'une mûre, de couleur violette, noirâtre ou rougeâtre, quelquefois blanche ou couleur de chair. Ce fruit est rafraîchissant, acidulé et sucré. On mange les framboises comme les fraises ; on en fait des liqueurs, des confitures, des sirops. Les Russes en font une espèce de miel, et les Polonais un hydromel. — Une autre espèce, le F. sauvage [R. fruticosus), vulg. Muron, est commune dans nos haies : ses fruits noirs, faussement appelés mûres, servent à teindre les vins; ses feuilles s emploient en décoction contre les maux de gorge, et ses sarments servent dans les campagnes à chauffer les fours.
FRAMÉE (du latin framea], arme des anciens Franks et des Germains. On est incertain sur la forme de cette arme. Des auteurs en font une épée à deux tranchants; la plupart, avec plus de probabilité, un long javelot ou une espèce de hallebarde : on la confond aussi avec la francisque. Le nom de la framée disparaît après le vi* siècle.
FRANC (du lat. francus), unité monétaire usitée en France depuis l'adoption du système métrique [Voy. monnaies), ainsi qu'en Belgique, en Suisse, etc. Sa valeur, par rapport à l'ancienne livre tournois, est de 1,0125. Le franc se subdivise en décimes et en centimes. Voy.
LIVHE.
Sous l'ancienne monarchie il y avait des pièces d'or appelées francs : sous Philippe I", ces pièces, dites aussi S'ils parisis, florins dor, valaient 20 ir. 27 ; sous le roi Jean, en 1360. elles valaient encore 13 fr. 48; mais dès le règne de Henri IV, ce n'était plus guère qu'une monnaie de compte.
FRANC. En Droit ancien, le mot franc désignait : 1° une personne libre, en tant qu'opposée au serf; 2° une personne ou une terre exempte de charges et impositions publiques ou particulières. Les nobles étaient francs et exempts de tout impôt : c'est pour cela que les alleux étaient souvent appelés francs-alleux, et qu'on appelait franc-fief un héritage noble. Plusieurs villes portaient le nom de franches parce qu'elles étaient exemptes de toutes charges et impositions, ou qu'elles jouissaient de certains privilèges. Il existe encore des ports francs. Voy. port. — Voy. aussi délai.
En Botanique, on appelle arbre franc un arbre qui provient des semences d'un arbre cultivé. Ces arbres (tonnent des fruits savoureux et abondants, mais ils ont l'inconvénient de les porter très tard.
En Marine, le vent est dit franc quand il ne varie ni en force ni en direction.
FRANÇAIS (de Franc). Tout Français jouit des droits civils, et cette qualité est indépendante de celle de citoyen qui s'acquiert et se conserve conformément à la constitution du 22 frimaire an VIII [Voy. citoyen). — La qualité de Français s'acquiert, depuis la loi du 26 juin 1885, qui a remanié les art. 8 et suiv. du Code civil : 1° par la naissance en France ou à l'étranger, de parents français; 2° par la naissance, sur le sol français, de parents inconnus ou de nationalité inconnue; 3" par la naissance, sur le sol français, de parents étrangers dont l'un au moins y est né lui-même; 4° par la naissance, sur le sol français, de parents étrangers dont aucun n'y est né, si l'enfant y réside à sa majorité, mais sauf le droit pour lui de renoncer, à ce moment, à la nationalité française, en prouvant qu'il a conservé la nationalité d'origine de ses parents; 5" par le bienfait de la loi, quand l'enfant né en France d'un père étranger et qui n'y réside pas à sa majorité, l'enfant majeur né d'un étranger naturalisé, avant sa naturalisation, et l'enfant d'un ex-Français, déclarent dans l'année de leur majorité, telle qu'elle est fixée par la loi étrangère (ou, pour le second dans l'année de la naturalisation de son père), leur intention de fixer leur domicile en France et s'y fixent effectivement dans le délai d'un an (ceux qui ont satisfait à la loi du recrutement sans exciper de leur extranéité peuvent faire la déclaration à toute époque) : 6° parla naturalisation [Voy. ce mot); 7» par le mariage.
s'il s'agit d'une étrangère qui épouse un Français; 8" par l'annexion d'un territoire étranger à la France. — La qualité de Français se perd : 1» par la naturalisation en pays étranger; 2" par un établissement fait en pays étranger sans esprit de retour ; 3° par l'acceptation de fonctions publiques à l'étranger et le refus de les résigner sur l'invitation du gouvernement français; 4° par Facceptation de fonctions militaires étrangères, sans autorisation préalable (Cod. civ., art. 17 et suiv.). — Voy. André Weiss, De la nationalité (1892). — Pour les différences que la loi met entre le Français et l'étranger, voy. étranger.
Académie française. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr. au mot académie.
Comédie-Française. Voy. THéiTRE-FiuKÇAis.
FRANC-ALLEU. Voy. franc
FRANC- BORD. En fermes de Marine, c'est le revêtement extérieur d'un bâtiment depuis la quille jusqu'à la préceinte.
FRANC-BOURGEOIS. Voy. uodrgeois.
FRANC ET QUITTE, se dit, en Droit, d'un immeuble qui n'est grevé d'aucunes charges et hypothèques. — Dans les contrats de maria|2^e, la clause de franc et qiiitle est celle par laquelle un époux (ou quelqu un pour lui) déclare qu'il n'a pas de dettes antérieures à son mariage (Cod. civ., art. 1513).
FRANC- FIEF, héritage noble. Voy. franc.
FRANCHE. En terme de Jardinage, on appelle terre franche une terre végétale dépourvue de sable et de cailloux.
Ville franche. Voy. franc et franchise.
FRANCHI PAN 1ER, Plumeria, genre de la famille des Apocynées, tribu des Plumériées, renferme des arbres et des arbrisseaux, à feuilles grandes, alternes, éparses chez, les uns, ramassées au sommet des rameaux, étroites, aiguës chez les autres; à fleurs grandes, réunies en grappes terminales, d'un beau blanc, rouges, couleur de chair, d'un blanc rosé, etc.; la plupart d'odeur agréable et pénétrante. Toutes ces plantes, originaires de la zone tropicale, renferment un suc laiteux dont l'extrême causticité peut être quelquefois dangereuse. L'espèce type est le F. à longues feuilles, de Madagascar, à fleurs d'un beau blanc, marquées de jaune clair.
FRANCHISE (de franc). Ce mot désigna d'abord : 1° un domaine rural possédé par un Franc ou par toute autre personne de condition libre, sans aucune charge ni redevance ; 2° un espace de terrain autour de certaines villes ou bourgs, qui possédaient des droits et des privilèges particuliers : Paris et Londres avaient jadis des franchises de cette nature ; à Rome, jusqu'au xvii* siècle, le quartier des ambassadeurs jouissait de franchises très étendues, comme encore aujourd'hui le faubourg de Péra à Constantinople.
Ce mot désigna ensuite l'état de liberté, par opposition à celui de servitude. Quand on affranchissait une ville, une personne, on lui donnait une charte de franchise. — La ville d'Arras reçut de Louis XI (1476) le nom de Franchise, qu'elle porta jusqu'en 1482. De là aussi les noms de Villefranche, Francheville, Fribourg (Freyburg),Francfort, etc.
Auj., en termes de Commerce et de Douanes, la franchise est un privilège dont jouit un port de mer, et qui consiste dans la faculté d'y pouvoir débarquer, rembarquer, vendre, réexporter toute espèce de denrées et de marchandises sans payer aucun droit [Voy. port franc). — Franchise, se dit aussi, dans l'Administration des jwstes, du droit de recevoir les lettres franches, droit concédé aux ministres et à certains fonctionnaires supérieurs.
FRANCIADE (la), épopée que Ronsard se proposait de composer à l'imitation des poèmes homériques; elle devait comme eux avoir 24 chants; Ronsard n'alla pas plus loin que le quatrième. La fable en est maladroitement tal(|uée sur l'Enéide : c'est l'histoire de Francus, prétendu fils d'Hector, qui vient fonder le royaume des Franks. Vieniiet aussi a fait une Franciade en dix chants (1863).
FRANCISATION (de France), acte qui constate qu'un bâtiment est français, qu'il a le droit de naviguer sous un pavillon français. Cet acte est délivré par lé bureau de douanes dans l'arrondissement duquel se trouve le port auquel appartient le bâtiment. La loi du 21 sept. 1793 contient les formalités à remplir.
FRANCISCAINS, ordre religieux. Voy. le Dicl. d'Hist. et de Géogr.
FRANCiSQUE (de Franc), arme offensive en usage chez