‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 75 sur 1729 · ANNÉE · texte numérisé non relu

ANNÉE

par suite dans la même position par rapport aux étoiles; 2° l'A. anomalistique : c'est l'intervalle de temps qui ramène le soleil au périgée. Elle est plus grandi; que l'année sidérale, car, le uérigée se déplaçant, dans le cours d'une révolution solaire, de 11", 7t) dans le sens même du mouvement du soleil, l'année anomalistique correspond à un déplacement du soleil tU'. |)lus de 7im°; 3° VA. tropique, qui ramène le soleil à un même équiiioxe. Elle est moindre que l'année sidérale, car, le point équinoxial se déplaçant annuellement de 50",1 en sens inverse du mouvement du soleil, cet astre y revient avant d'avoir parcouru 360 degrés sur son orbite. Sa durée est de 365J,2422 ou de 365J S" 48"- 51',67, temps moyen. C'est l'année tropifjue qui ramène les mêmes dates.

h' Année civile doit nécessairement se composer d'un nombre exact de jours; elle est donc toujours ou plus grande ou plus courte que l'année tropique. De là la nécessité d'ajouter de temps en temps à l'année civile, ou d'en retrancher, un certain nombre de jours, aliit de rétablir la concordance entre la numération du temp* et la marche du soleil. Celte opération s'efl'ecluait autrefois , et s'elfectue encore dillcremment chez les dillércnts peuples. — Chez les Egyptiens, l'année civile était composée de 365 jours, décomposés en 12 mois de 30 jours, après lesquels on ajoutait 5 jours complémentaires. Celte durée inférieure à celle de l'année tropique eut pour elfet de transporter, avec le temps, le commencement de l'année dans toutes les saisons. De là le nom d'an «<?c vague donné à l'année égyptienne. Ce n'était qu'après une période de 1460 ans, ou période sothiaqiie, que l'année civile se retrouvait d'accord avec l'année astronomique. — Chez les Juifs, l'année se composait de 12 mois alternativement de 29 et 50 jours. Elle était ainsi de 354 jours. Tous les 5 an& on ajoutait un 13° mois de 50 jours. Chaque 7" année prenait le nom d'année sabbatique. — Dans le principe, les^ Grecs comptaient par triélérides. c'est-à-dire par Iroi* années, dont doux de 12 mois de 30 jours chacun et une troisième de 13 mois. Plus tard, pour accorder la mesure du temps avec la marche de la lune, ils eurent une année composée de 12 mois, alternativement de 29 et 50 jours, qui commençaient à la nouvelle lune; la 3°, la 5° et la 8° année de chaque période de 8 ans, ou oclaétéride, recevaient un mois complémentaire de 50 jours ; après deux octacléridcs on ajoutait encore 3 jours complémentaires. Enfin, l'an 433 avant notre ère, Méton, astronome alhénien, inventa le cycle célèbre qui porte son nom. Ce cycle, qui se compose de 19 années tropiques, renferme 235 lunaisons, et rétablit par conséquent tous les 19 ans la concordance entre la marche du soleil et celle de la lune. Les Grecs comptèrent alors 228 lunaisons à raison de 12 par an, après lesquelles venaient 7 mois intercalaires ou embolismiques, dont 6 de 50 jours et le 7'-" de 29. Voy. cycle.

Le calendrier des Romains fut d'abord fort confus. Ce n'est qu'en l'an 708 de Rome (46 av. J.-C.) que Jules César, aidé des conseils de Sosigène d'Alexandrie, lui donna une forme régulière et scientifique. Jules César, cr.iyaiit, avec Sosigène, que l'année tropique avait juste 565 joui-s {, ordonna que sur quatre années consécutives, les trois premières auraient o65 jours et la ¥ 566. Le jour intercalaire,, pour des raisons tenant à la religion, fut jilacé entre les jours que nous appelons aujourd'hui le 22 et le 23 février, et que les Romains, dans leur habitude de compter les jours au rebours, appelaient le septimo et le sexto-calendarum : on l'appela dès lors le bis-sexto calendarum, d'où le nom d'année bissextile, donné à l'année de 566 jours. Les années bissextiles sont, dans la numération chrétienne, celles dont le millésime est divisible par 4. Cette réforme, dite réforme Julienne, fut adoptée par le concile de Nicée en 525.

La réforme Julienne supposait l'année tropique de 365j,25, tandis qu'elle n'est en réalité que de 565', 2422. C'est une erreur de OJ,0O78 par an, qui lait en 400 ans 5^,112 ou un peu plus de 5 jours. Aussi, en 1582, 1257 ans après le concile de Nicée, l'erreur était de 9i,7795 ou de 10 jours environ, en sorte que l'équinoxe du printemps qui, à l'époque du concile de Nicée, tombait le 21 mars, arrivait dès le 1 1 mars. Pour remédier à cet inconvénient, le pape Grégoire XIII supprima 10 jours de l'année 1582, et ordonna que le lendemain du 4 octobre s'appellerait 15 octobre. Puis, pour empêcher la reproduction de l'erreur , d'après les conseils de l'astronome Lilio, il décida qu'à l'avenir, sur 100 aimées bissextiles, on n'en compterait que 97, suj^pri-

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mant ainsi les trois jours t^ut; Ion comptait de trop en 400 ans dans h' système Julien. Les années oui. bissextiles dans le calendrier Julien, cessent de l'être aans le calendrier Grégorien, sont les années séculaires dont le millésime, après ••uppression des deux zéros, n'est plus divisible par 4, conune 1800 et 1000: 2000 sera bissextile.

La réforme grégorienne, adoptée à peu près immédiatement dans les pavs catholiques, ne le fut qu'en 1600 par les protestants d'Alîemagne, et en 175'2 par l'Angleterre. Les Ilusses et les- autres peuples du rit grec ont conservé le calendrier Julien. 11 s'ensuit que. l'erreur de ce calendrier s'étant accrue de '2 jours en 1700 et 1800, leur numération du temps est en retard de 12 jours sur la nôtre. Pour distinguer les dates dans les deux svstèmes, on y ajoute les mots vieux style et nouveau style.

En 1702. on imagina en France une réforme du calendrier, qui empruntait aux Egyptiens la division de l'année e:i 12 mois de 50 jours avec l'addition de jours complémentaires, au nombre de 5 ou de 6. suivant que l'année était commune ou bissextile. Ce calendrier, dit républicain, n'a été en usage que durant environ 15 ans (1792- 1805;.

L'époque du commencement de l'année n'a pas toujours été la même chez tous les peuples. Les Egyptiens, les Chaldéens. les Perses, les Syriens, les Phéniciens, les Carthaginois, la commençaient à l'équinoxe d'automne. C'est aussi vers cette époque au 25 septembre) que les Juifs faisaient commencer leur année civile, bien que l'année ecclésiastique commençât à l'équinoxe du printemps. — Le commencement de l'année chez les Grecs fut lixc. lors de la 1" réforme du calendrier, au lendemain du solstice d'hiver (22 déc), et, lors de la 2' réforme, au lendemain du solstice d'été (22 juin . — Celle des Romains commençait à l'équinoxe du printemps sous Romulus, au solstice d'hiver depuis Numa. En France, le commencement de l'année a souvent varié : en général, sous la première race, ce fut le 1-' mai; sous la deuxième race, ce fut le jour de >'oël; sous la troisième, ce fut le jour de Pâques. Un édit de Charles IX, de 15(35. ordonna que l'année commencerait le 1"^ janvier. — L'année républicaine commençait le 1" vendémiaire, qui correspondait alternativement au 22 et au 25 septembre. Les asironomes emploient, sur l'indication de Dess '1. une année fictive qui commence au moment où la longitude moyeiuie du soleil est de 280 degrés. Cette origine a l'avantage de ne pas dépendre du choix de tel ou tel pjint de la surface de la terre. Voy. calendrier.

ANNÉE CI.IMATÉRIOrE. Voy. CLIMATÊRIQLE.

ANNELÉS [ammacx;, correspond à l'embranciiement des Articulés de Cuvier ; il est aujourd'hui divisé en 2 autres : Arthropodes et }'ers. {Voy. ces mots.)

ANNELETS. Voy. armilles.

ANNÉLIDES, classe de l'embranchement des Vers. Le corps de ces animaux est généralement pourvu de soies portées par des tubercules charnus : ils ont un appareil digestif, un appareil circulatoire, uu appareil excréteur formé d'organes seginentaires répétés dans chacun des anneaux du corps et présentant une disposition reproduite cliez les embryons de Vertébrés, souvent une tète et des organes des sens. On voit chez beaucoup d'Annélides des preuves de digénèse. c'est-à-dire de reproduction agame et de reproduction sexuée. Les unes habitent les eaux douces (Naïs', d'autres les eaux marines JSerpules). d'autres enfin vivent dans la terre humide [Lombrics'. Quelques-unes sont phosphorescentes. — On les a divisées en Chétopodes 'Céphaiobranches, Dorsibranches, Abranches), Géphyriens et Tomoptcrides.

ANNEXE (du lat. annexus\ se disait, en termes de D:oit féitdal,des terres ou domaines attachés à une seigneurie' dont ils n'étaient pas mouvants ou dépendants. — Aujourd'hui ce mot exprime en Droit : 1° les pièces ajoutées à une propriété possédée précédemment, et que l'on a augmentée ; 2^ certaines églises légalement ouvertes à l'exercice du culte, et qui ne sont ni paroisses ni succursales.

ANNONCE (du lat. anminciare], avis par lequel on fait savoir quelque chose au public, et spécialement l'avis inséré dans les journaux et recueils périodiques. Les A. légales ou judiciaires sont la publication de certains actes ordonnée par la loi (jugements, ventes judiciaires, actes de société, etc.). Le rlécret du 17 février 1852 donne aux préfets le droit de désigner les journaux du département dans lesquels sera obligatoire la publication des actes judiciaires.

ANNUAIRE d'au), publication annuelle dins laquelle on donne, outre le calendrier de l'année, l'histoire et la statistique d'un ^)ays, d'un département, dune ville, d'une société, et où 1 on rend compte de tous les changements qui ont eu heu dans le courant de l'année. Les ouvrages les plus estimés en ce genre sont : VA. historique «le Lesur; lA. de la Revue des Deux .Mondes, publié pour la i" fois en 1851, etc. — On a étendu le nom d'Annuaire à ce qui s'appelait précédemment Almanach : A. du commerce, A. militaire, A. du Clergé, etc. IVou. almaxacm). L'.-1«nuaire du Bureau des longitudes, publié chaque année i> Paris depuis 1796, est un recueil d'observations -stror iniques et météorologiques extraites de la Connaissance dt* Temps : il contient diverses tailles usuelles et beaucoup de renseignements utiles.

ANNUEL (du lat. annualis). En Botanique, on nomme plantes annuelles, par opposition aplanies vivaces, celles qui croissent, se développent et meurent dans l'année. On nomme plantes bisannuelles celles qui vivent deux ans. Le blé et les autres Graminées sont annuels ; le chou, la carotte sont bisannuels.

Dans la Liturgie, annuel signifie messe dite tous les jours ou chaque semaine de Vannée du deuil pour le repos de l'âme d'un défunt.

ANNUITÉ du lat. annus), mode de pyement dans lequel une dette est remboursée, capital et mterèts, à l'aide a'un certain nombre de versements égaux effectués d'année en année. La quotité de chaque versement prend aussi le nom d'annuité. — On démontre, en Algèbre, que l'annuité a qu'il faut verser pour éteindre en n années une dette A, en tenant compte des intérêts au taux r pour franc, est donnée

par la formule a = ,. — '-■ . L'.\nnuaire du Bureau des (l-i-r/" — 1

longitudes contient des tables d'annuités peur les différents taux d'intérêts.

Les emprunts des compagnies de chemins de fer, représentés par ce qu'on appelle leurs obligations, sont remboursables par annuités ordinairement dans l'espace de 99 ans. Seulement le montant de chaque annuité sert d'abord à acquitter l'intérêt des obligations non éteintes, et pour le surplus à rembourser un certain nombre d'obligations désignées par le sort. Quelques sociétés financières, comme le Crédit foncier, le Créait mobilier, et certaines villes, par exemple la ville de Paris, emploient un mode analogue de remboursement pour les emprunts. Au siècle dernier, les emprunts d'Etal étaient pareillement remboursables par annuités. Il y a actuellement un type de rente française 5 *^ q amortissable. Voy. ajiortissemest.

ANNULAIRE. Voy. éclipse et voûte.

ANNULATION, an.xxlabilité. Voy. ncllité.

ANOBIUM c'est-à-dire sans vie;, insecte coléoptère qui fait le mort quand on le touche. Voy. vrillette.

ANOBLISSEMENT. Voy. ^OBLESSE.

ANODE. Voy. électrode.

ANODINS [du gr. avxô5-j'/o;) , remèdes qui ont la propriété de calmer et même de faire cesser une douleur. Les narcotiques à petites doses prennent plus spécialement ce nom.

ANODONTE du gr. à[v] priv. et ûôoû;, ôSô'/roî, dent), vulg. Moule des étangs, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Orthoconques inlégropalléales. famille des Unionidées : coquille inéquilatérale, ovale ou allongée; ligament extérieur, impressions musculaires très prononcées ; charnière dépourvue de dents. Les Anodontes habitent les eaux douces des rivières et des étangs. L'A. dilatée, dont les valves minces et légères dépassent quelquefois 0"',12, et r.-l. des canards, plus petite, vivent dans toutes nos eaux : elles ne sont pas comestibles. On en trouve de fossiles depuis l'étage suessonien.

ANOLIS (nom indigène), Anolius, genre de Reptiles sauriens de l'Amérique et des Antilles, famille des Iguaniens; ils se distinguent: par leurs doigts dont la peau large et striée leur permet de s'attacher aux surfaces; pr le goitre que la plupart portent sous la gorge, et par leur couleur variable comme celle des caméléons. Les Anolis mordent fortement; mais leur morsure est innocente.

ANOMAL (du gr. x/tôuiaXo;, irrégulier'. En Droit, on appelle succession anomale celle de l'ascendant donateur aux choses par lui données à son descendant, de l'adoptant et de ses descendants au* choses données à l'adopté, des frères et sœurs légitimes d'un enfant naturel aux oho;^^^^ « lui données par ses père et mère (C. civ.,«rt. 351, 747, 766).

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