HOMME FOSSILE
ANTHROPOLOGIE (du gr. àvOpwiro; et Xôyoî, discours). Dans la seconde moitié du dernier siècle, ce nom s'appliquait à l'étude de l'homme considéré au double point de vue physique et psychologique ; tels sont divers traités publics en Allemagne : V Anthropologie médicale et philosophique de Platner (1772), l'Anthropologie pragmatique de Kant (1798), etc. Auj. en France, il désigne plus particulièrement l'histoire naturelle de l'Homme (Voy. ic mol). L'Anthropologie traite les questions suivantes : 1" Place de l'homme parmi les êtres vivants. Les auteurs qui ne considèrent que les caractères anatomiques et physiologiques font de l'homme l'ordre des Bimanes ou le classent parmi les Primates [Voy. ces mots); ceux qui tiennent compte de ses facultés intellectuelles et morales en forment le fiègne humain ; 2» Unité de l'espèce humaine. Les polygénistes supposent que les races dilférentes constituent autant d'espèces et ne peuvent descendre d'ancêtres communs, quelque haut qu'on remonte; les monogénistes admettent l'origine commune de tous les hommes et leur unité spécifique ; 3' Origine de l'homme. Scientiliquement il est impossible de déterminer le mode d'apparition de l'homme sur la terre; l'observation ne fournit aucune donnée à cet égard. Les hyiiothcscs tirées par quelques auteurs des idées de Lamarck et de Darwin, hypothèses d'après lesquelles les diverses populations du globe descendraient d'ancêtres que l'homme aurait en commun avec le singe, n'ont donc pas un caractère scientilique absolu ( Voy. espèce); 4" Classification des races humaines d'après les caractères physiques (caractères extérieurs, anatomiques, physiologiques, pathologiques), intellectuels, moraujc et religieux (lanpge, industrie, institutions sociales, etc.) ; 5° Antiquité de l'espèce humaine. On a retrouvé de nombreux restes de l'industrie humaine dans les marais tourbeux du Danemark et dans les cités lacustres récemment découvertes en Suisse, en Allemagne, etc. ; on a été ainsi conduit h admettre trois âges distincts : ceux de la pierre, du bronze et du fer [Voy. âge). Enfin, on a recomiu des traces de l'existence de l'homme dans des terrains quaternaires antérieurs à la période glaciaire et jusque dans les lerrains tertiaires; toutefois l'on discute encore sur ce dernier point ( Voy. ÉPOQUES fossiles) ; 6' Peuplement du globe. Les monogénistes admettent, en se fondant sur les faits généraux de la distribution géographique des êtres, ainsi que sur l'étude des types fondamentaux de notre espice et sur les travaux de la linguistique, que le centre de création de l'espèce humaine est dans l'Asie, non loin de la région occupée par le massif central. — Voir sur ces questions: De Quatrefages, Rapport sur l' Anthropologie, 1867; l'Espèce humaine, Paris, 1876; P. Topinard, Traité d'Anthropologie, Paris, 1876; la Ptevuc d' Anthropologie de broca, etc. Voy. phéhistouique (scie.nceJ
ANTHROPOMÉTRIE (mesure de l'homme). Les résultats statistiques relatifs aux diverses mesures que l'on i)eut prendre sur l'homme ont été organisés à l'état de science par Quételet, qui a publié un traité A' anthropométrie en deux volumes in-8'. Si l'on mesure un même organe chez un très grand nombre d'hommes, ces mesures se groupent, d'après une loi mathématique simple, autour d'une moyenne : les mesures voisines de la moyenne sont de beaucoup les plus nombreuses, celles qui s'en écartent notablement sont très rares. L'homme moyen de Quételet aurait toutes ses mesures égales aux mesures moyennes. — Signalons encore dans les recherches de Quételet celles qui concernent la loi de croissance de la taille. — Les recherches de Quételet ont trouvé une application très ingénieuse et très utile dans l'établissement du service anthropométrique imaginé et aujourd'hui dirigé par le D' Bertillon [Voy. signalements).
ANTHROPOMORPHES (du gr. dtvôpw-iroî, et [lopjpTri, forme), nom donné à des singes de l'ordre des Pithécins, (^ui par leur organisation se rapprochent beaucoup de 1 homme. Ils peuvent se tenir debout; leurs yeux sont rapprochés et dirigés en avant; leurs oreilles ressemblent à celles de l'homme, mais elles sont dépourvues de lobule ; leur front n'est pas aussi fuyant que chez les autres animaux ; le caractère qu'on retrouve chez quelques races humaines inférieures d'avoir les bras longs existe et s'exagère encore dans ces animaux. La dentition de lait est celle de