INTERROGATOIRE
pour diviser les chairs entre les os et aussi dans les articulations.
INTERPELLATION (du lat. inlerpellatio). Outre sa signification gcnéralc, ce mot a, dans le langage parlemontaire, un sens tout spécial : il exprime une demande catégorique adressée par un membre du parlement à quel-
au'un des représentants du pouvoir exécutif et portant sur es faits dont l'accomplissement regarde le pouvoir exécutif. Le droit d'interpellation avait disparu depuis le 2 décembre 1851. Il a été rétaldi, remplaçant l'adresse, par le décret du 19 janvier 1867 et confirmé par les sénat\is-consultes de 1869 et 1870. Actuellement il en est fait très souvent usage dans les Chamliros françaises, surtout à la Chambre des députés. Elles n'y peuvent être faites qu'après que le texte en a été communiqué, par le député qui veut interpeller, au ministre auquel il demande des explications ; et la date en est fixée par un vote de la Chambre. L'interpellation se termine par le vote d'un ordre du jour (de confiance pour le ministre ; de blâme ; pur et simple). Elle diffère de la simple question posée au gouvernement sur tel ou tel point de sa gestion, question qui amène bien les ministres à fournir des explications à la tribune, mais ne se termine pas par le vote d un ordre du jour. Des précautions sont prises pour que les questions ne soient pas transformées en interpellations sans avertissement préalable donné au ministère qui doit y répondre.
En Droit, on appelle quelquefois interpellation le fait juridique qui interrompt la prescription, p. ex. citation en justice ou en conciliation, commandement, saisie, etc. (C. civ., art. 2244-2249).
INTERPINNÉ (du lat. intcr, entre, et pinna, penne), se dit, en Botanique, des feuilles pennées qui ont, entre leurs folioles principales, des folioles plus petites.
INTERPOLATION (du lat. interpolatio) , introduction dans un texte de mots, de phrases, de passages, qui n'appartiennent pas à l'original. — Les interpolations ont été fréquentes aans les manuscrits des auteurs anciens. Les unes ont eu lieu par inadvertance (telles sont surtout les insertions de gloses ou de variantes dans le texte) ; les autres ont été commises à dessein, soit par intérêt, soit par le désir de collaborer en quelque sorte avec l'auteur primitif en élucidant ou développant sa pensée. Les poèmes d'Homère surtout ont été en butte aux interpolations de la dernière espèce; nos livres saints n'en ont pas toujours été à l'abri. — Reconnaître les interpolations est une des lâches les plus difficiles de la critique. Déjà chez les anciens, les Alexandrins l'avaient essayé pour les poésies homériques. Parmi les modernes, Saumaise, Casaubon, et bien d'autres après eux, ont fait preuve d'une rare sagacité dans ce genre de critique. Plusieurs philologues au contraire, surtout en Allemagne, se sont laissés aller dans cette voie à des exagérations arbitraires.
En Droit, on entend surtout par interpolation l'altération d'un texte pour lui faire dire autre chose que ce qu'il dit. Les interpolations que Juslinien a fait subir aux écrits des jurisconsultes qu'il a recueillis dans son Digeste sont célèbres entre toutes.
INTERPOLATION. Eu Mathématiques, on appelle ainsi l'opération par laquelle, étant connues les valeurs d'une fonction qui correspondent à un certain nombre de valeurs de la variable, on détermine les valeurs qui correspondent à d'autres valeurs de cette variable. Dans certains cas on y arrive en écrivant que les petites variations de la fonction sont sensiblement proportionnelles à celles de la variable. C'est ainsi qu'on agit dans le calcul des logarithmes p. ex., pour déterminer les logarithmes des nombres de centièmes, connaissant les logarithmes des nombres entiers. — Il est souvent commode de construire une courbe figurative de la fonction, c.-à-d. une courbe dans laquelle les abscisses représentent les valeurs de la variable, et les ordonnées celles de la fonction : les valeurs connues fournissent un certain nombre de points de la courbe, que l'on joint par un trait continu, et l'on admet que ce trait continu est la courbe cherchée.
Il existe d'ailleurs des méthodes plus savantes, dues à Newton, Lagrange, Gauss, etc., qui donnent des résultats plus sûrs, et même les plus sûrs qu'il est possible ; mais quel que soit le procédé employé, il ne donne des résultats satisfaisants que si les valeurs données de la fonction sont suffisamment rapprochées, et d'ailleurs il ne peut fournir que des valeurs comprises dans les mêmes limites
que celles-ci, ou voisines de ces limites. — En dehors de limites on dit quelauefois extrapoler. — L'expression mathé matique de toute loi résultant de l'observation est au fon( un résultat d'interpolation. L'hypothèse essentielle sur la quelle reposent toutes les méthodes d'interpolation est I; continuité. On remarquera aussi que le problème de l'in terpolation est au fond indétermine ; il existe une infinit de formules qui peuvent le résoudre, et qui donnent de résultats dont les différences sont négligeaoles ; de mêmi une loi physique peut revêtir une infinité d'expression mathématiques; toute formule qui donne des résultat dont la différence avec les observations est de l'ordn des erreurs d'observation est bonne; on choisit la plu simple.
INTERPOSITION oe personne. En Droit, on nomme per sonne interposée celle qui prête son nom à quelqu'ui pour lui faciliter des avantages qu'il ne pourrait pas obte nir directement. Toute donation faite à des personnes inter posées est nulle. Sont réputées personnes interposées le père et mère, les enfants et descendants, et l'époux de h personne incapable fC. civ., art. 911), et, quand il s'agi de donations entre époux, les enfants d'un autre lit et lei parents dont l'époux prétendu donataire est héritier pré somptif lors de la donation (C. civ., art. 1099 et 1100)
Yoy. FIDÉICOMMIS.
INTERPRÉTATION (du lat. interpretatio), se dit tantô d'une traduction accompagnée d'explications et d'élucida tions, tantôt de cette élucidation même. Ce sont surtou les lois et les livres sacrés qui requièrent l'interprétation Pour les premières, on désigne ce travail du mot même à' interprétation; pour les seconds, on emploie souven ceux d herméneutique et A'exégèse. Voy. ces mots.
Interprétation des conventions. — Le Code civil (art. 1156-66) a tracé les règles à suivre dans l'interpréta tion des clauses ambiguës. Lorsqu'une pareille clause s( trouve dans une convention, on doit rechercher quelle î été la commune intention des parties contractantes, plutol que de s'arrêter au sens littéral des termes. On doit plutôl entendre cette clause dans le sens avec lequel elle pcul avoir quelque effet, que dans le sens avec lequel elle n'er pourrait produire aucun. Les termes susceptioles de deuj sens doivent être pris dans le sens qui convient le plus à la matière du contrat. Ce qui est anîbigu s'interprète par ce qui est d'usage. On doit suppléer dans le contrat les clauses qui sont d'usage, quoiqu'elles n'y soient pas exprimées. Toutes les conventions s'interprètent les unes par les autres, en donnant à chacune le sens qui résulte de l'acte entier. Dans le doute, la convention s'interprète contre celui qui a stipulé et en faveur de celui qui a contracté l'obligation, etc.
INTERPRÈTE (du lat. interpres). Dans l'usage ordinaire, ce mot veut dire traducteur, mais traducteur du langage parlé. Dans les ambassades, le rôle d'interprète devient une fonction, et en Orient cette fonction est considérée comme de la plus haute importance : l'interprète alors est dit drogman ou truchement.
Il y a aussi des interprètes jurés ou traducteurs assermentés nommés par les cours ou tribunaux. Le Code d'instr. criminelle (art. 332 et 333) a posé les règles à suivre dans le choix des interprètes : ils sont choisis par le président, doivent être âgés de 21 ans au moins, et prêter serment de traduire fidèlement.
INTERROGATION (du lat. interrogatio), figure de Rhétorique par laquelle on interroge fictivement, on avance une chose par forme de question. V interrogation contribue à l'expression du sentiment et de la passion ; elle paraît être le tour le plus propre aux reproches. Ex. : Cicéron, première catilinaire, début : Quousque tandem, Catilina, abutere....
INTERROGATOIRE (du lat. interrogatorius). En Droit, ce mot désigne l'ensemble des questions qu'adresse un magistrat et des réponses que fait le prévenu. Le prévenu doit être interrogé sur-le-champ par le procureur de la république en cas de flagrant délit (C. d'instr. crim., art. 40 Loi; du 1" juin 1863). Il doit aussi être interroge tout de suite par le juge d'instruction dans le, cas de mandat de coinparution ; et dans les 24 heures au plus tard, dans le cas de mandat d'amener (art. 93). — Les accusés renvoyés aux assises doivent être interrogés par le président de la cour d'assises, ou par le juge qu'il aura délégué, 24 heures au plus tard après la remise des pièces au greffe et l'arrivée de l'accusé dans la maison de justice
ESTERROI