INSCRIPTIONS
LAPIDATION Idu lat. lapis, pierre, d'où lapidatio', supplice qui consiste à lapiaer, c.-à-d. à tuer à coups de piiTre*. Ce supplice, fort ancien, a été surtout en usage [larmi les peuples de l'Orient, notamment chez les Juifs. I. adultère, l'inceste, le viol, l'idolâtrie, le blasphème, la violation du sabbat, etc., étaient punis de la lapidation. C'étaient les témoins qui lançaient les premières pierres. St Etienne, premier martyr, périt de cette mort ; plusieurs fois la vie de Jésus-Christ fut ainsi menacée.
LAPILLI, petits fragments de roches volcaniques prove-
nant de la dissociation des laves plus ou moins scoriacées qui se sont refroidies dans le cratère et qui ont été morcelées et projetées par les gaz sur les bords du volcan. Souvent le cône volcanique est presque entièrement constitué par des laoilli, des cendres, qui alternent quelquefois avec des coulées de lave.
LAPIN 'orig. incert.), Lepus cuniculus, espèce du genre Lièvre, diffère de ce dermer par sa taille moindre, ses oreilles un peu naoins longues, sans teinte noire au bout, et enfin parce qu'il vit dans un terrier. Le lapin est originaire du nord de l'Afrique ; il habite aujourd'hui tous nos bois, où il se nourrit de plantes, telles que le thj-m et le serpolet, et d'écorces d arbres ; il fait aussi de grands dégâts dans les champs et dans les vignes. Sa vie est de 8 à 9 ans. La femelle, appelée heue, est d'une fécondité prodigieuse : elle met bas 7 fois dans l'année, et chaque portée est de 4 à 8 lapereaux. La chair du lapin sauvage est blanche, saine et de bon goût ; il en est de même de celle du lapin élevé dans des garenne». Le lapin domestique, élevé dans des clapiers ou des tonneaux, et nourri de légumes ou de chou, devient plus gras et plus fort, mais sa chair est fade et n'a plus le fumet du lapm sauvage. La chair du lapin était défendue aux Juifs. Le pelage de cet animal, ordinairement gris-jaunâtre, blanc en dessous, prend, dans l'état domestique, des couleurs très diverses. On rattache toutes ces vanétés à 3 races principales : le L. gris, le L. argenté el le L. angora, dont le poil est épais et soyeux. Le poil et la peau du lapin sont l'objet d un grand conunerce : le poil s'emploie surtout en cha« pellerie pour la fabrication au feutre ; la peau fournit une colle excellente.
Le lapin est pris tantôt pour le symbole de la fécondité, tantôt, comme le lièvre, pour l'emblème de la timidité. Sur les médailles, le lapin est, ainsi que le liè\Te, le symbole de l'Espagne, pays où il s'en trouve en quantité. '
Les lapins des garennes sont rangés dans la classe des immeubles par destination (C. civ., art. 524; ; il n'en est pas de même des lapins des clapiers. — Les lapins sont considérés conmie animaux nuisihles et peuvent être détruits en tout temps (Loi du 5 mai 1844) ; les propriétaires d'ime garenne sont responsables des dommages que leurs lapins peuvent causer aux terres voisines.
On appelle : Lapin d'Amérique, l'Agouti; L. du Brésil, le Cochon d'Inde ; L. de Norvège, le Lemming, etc.
LAPIS-LAZULI, appelé aussi Outremer ou, à tort, Lazulite, est un silicate d'alumine et de soude avec acide sulfurique et chlore, de composition assez mal défmie. Il forme de petits cristaux cubiques d'un beau bleu, disséminés dans un calcaire avec pyrite, et constitue une pierre d'ornement très estimée. Les petits fragments réduits en poudre donnent VOutremer naturel. On le rencontre en Perse, au lac Baïkal ; on l'a signalé au Chili.
LAPPA, nom latin du genre Bardane. Voy. ce mot.
LAPPULIER, Lappula. Voy. thicmeette.
LAPTOT, nom donné, dans nos colonies d'Afrique, aux indigènes eraplovés comme matelots ou comme porteurs.
LAQUAIS [de l'espagn. et portug. lacayo, dérivé luimême de l'arabe). Ce mot qui primitivement signifiait une sorte de soldat, et qui a été employé en ce sens jusqu'au XVI* siècle, ne désigne plus auj. qu'im valet de livrée, employé surtout comme valet de pied.
LAQUE mot d'origine indienne), dite aussi Gomme laque ou Résine laque, espèce de résine qui fort, sous la forme d'un liquide laiteux, des branches de plusieurs arbres de l'Inde [Ficus indica. Ficus religiosa, Rham~ nus jujuba, Aleurites laccifera, Butea frondosal, d'où elle exsude à la suite de j)iqùres qu'y fait la femelle d'un insecte hémiptère, nomme Coccus lacca. C'est au milieu de ce liquide, qui s'épaissit peu à peu, que l'insecte se multiplie. La laque se présente dans le commerce sous l'apparence d'un suc concret, demi-transparent, sec, cassant, d'un rouge brun, d'une odeur aromatique. On en connaît trois espèces : la L. en bâtons, adliérant encore à l'extrémité des branches de l'arbre et renfermant les débris de l'insecte; la L. en grains, qui a été enlevée de dessus les branches et réduite en poudre grossière ; et la L. plate. en feuilles ou en écailles, qui a été fondue dans l'eau bouillante, passée à travers une toile, et coulée sur le tronc uni d'un bananier ou sur une pierre plate. Oa utilise la laque pour préparer les vernis, pour luter et coller les pièces de faïence et de terre; on s'en sert surtout en teinture et dans la fabrication de la cire à cacheter.