‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1176 sur 1220 · JEUN · texte numérisé non relu

JEUN

Oiunme le jeu de paume; 2° le jeu de pur hasard , qui dépend uniquement ou presque uniquement de la fortune, tel que le jeu de dés; 3" le jeu mixte, qui dépend de la fortune et de l'adresse tout ensemble, comme plusieurs jeux de ca' tes. Aucun de ces jeux n'est mauvais en lui-même; mais les jeux de pur hasard sont défendus aux poclésiastiques, et même aux laïques, par les lois ecclésiastiques. Cependant, en vertu de la coutume, il en est certains qui sont aujourd'hui tolérés, du moins à l'égard des laïques, pourvu que ce soit dans les conditions dont nous allons parler. — Quoiqu'un jeu soit licite en soi, il faut plusieurs conditions pour qu'on puisse y jouer licitement. 1° La somme que l'on expose au jeu doit être modique et proportionnée aux facultés de celui qui l'expose. 2" 11 faut jouer sans fraude. 3° Les joueurs doivent être à peu près de même force. 4° 11 est nécessaire qu'ils soient libres, c'est-à-dire que rien ne les oblige à jouer. Lorsqu'une de ces conditions manque, celui qui gagne est obligé à restitution. Suivant les canonistes, il faut restituer ce qu'on a gagné aux jeux défendus, non point aux joueurs, mais aux pauvres, ou l'employer à d autres bonnes œuvres. — Le jeu, en général , est permis , lorsqu'il est pris comme une récréation honnête; mais il peut devenir péché mortel si la cupidité y préside, si on y ennpioie un temps considérable, s'il nous fait négliiier des devoirs essentiels. Un prêtre ne peut en conscience donner l'absolution à ceux qui tiennent des brelans publics et autres jeux de hasard. Ces jeux sont d'ailleurs proscrits par les lois civiles et ecclésiastiques; et cette proscription est d'autant plus sage, qu'ils causent la ruine des familles, entretiennent les désordres de la jeunesse, et n'enfantent que trop souvent la haine , les inimitiés et le meurtre. Quant aux jeux qui se jouent en public, comme le mail , la paume, ils sont défendus aux clercs. Il en est de même de tous ceux dans lesquels ils peuvent être un scandale pour les laïques (concile de Sens, tenu en 1528, canon 25)..'\.ussi les ordonnances du diocèse de Sens leur défendent-elles, sous peine de suspense ipso facto, de jouer à la paume ou aux boules en public, ou à la vue du public. La même peine est portée contre ceux qui jouent dans les lieux publics. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, ecciés. et canon, portatif. L'abbé André, Cours aip/mhét. de droit canon. D. Calraet, qui, dans son Diction, de la Bible, art. Jeux, JoiEB, traite particulièrement des jeux relativement aux Israélite».

I. JEUDI (Jovisdies), ou cinquième férié; l'application du nom de la principale divinité des païens au cinquième jour de la semaine, attira sur ce jour une espèce de vénération religieuse qui le fit regarder chez les gentils comme un jour de fête. Afin de déi'aciner cet abus, le concile de N'arbonne tenu en 5811 prononça l'excommunication contre quiconque chômerait en ce jour; enlin, l'an 714, le pape Grégoire II ordonna que les jeudis de carême auraient dorénavant un jeune et un office propre comme les autres jours. Autrefois le jeudi était destiné à célébrer la réunion du peuple juif et du peuple gentil en Jésus-Christ; mais, depuis l'institution de la fête du Saint-Sacrement, les jeudis sont spécialement consacrés à ce mystère,

II. JEUDI SAINT. Le Jeudi suint, qu'on appelle encore le Grand-Jeudi ou le Jeudi absolu, ou célèbre, le lavement des pieds, qui fait le sujet de l'Évangile de ce jour, l'institution de la divine Eucharistie, et l'absoute ou la réconciliation des pénitents, la bénédiction des saintes

huiles et du s«int chrême, qui se fait pour l usage des sacrements. Ou voit, par une lettre de saint Augustin, que de son temps, en quelques églises, on disait deux messes le jour du Jeudi saint, l'une à midi, après la réconciliation des pénitents, en faveur des catéchumènes, qui devaient se baigner ce jour-là pour se préparer au baptême, et qui, à cause du bain, ne pouvaient prolonger le jeûne jusqu'au soir, l'autre se di.sait à l'heure de vêpres, pour le reste des fidèles. En d'autres églises, on disait trois messes successivement, l'une pour la réconciliation des pénitents , la seconde pour la consécration des saintes huiles, la troisième pour la communion des fidèles. Hors ces exceptions particulières, l'usage commun était que dans ces trois jours on ne disait qu'une seule messe en chaque égUse, et que les prêtres y communiaient avec le célébrant. Dans la messe de ce jour, le célébrant consacre deux hosties, l'une pour le sacrifice, l'autre pour l'office du lendemain, dans lequel on ne consacre point. Cette hostie de réserve se nomme les ptésunctifiés : on la porte en pompe au tombeau ou reposoir que l'on a élevé dans une chapelle de l'église. Là le corps sacré de Jésus - Christ repose comme dans son sépulcre, en mémoire du temps qu'il passa dans le tombeau. On ne sonne pas les cloches depuis le jeudi jusqu'au samedi ; et ce silence des cloches peut être regardé comme la marque d'une profonde tristesse. Voy. August. , Epist. LIV. Richard et Giraud, art. Sem.\ine sainte. L'abbé Jacquin et Dusberg, Diction, d'antiquités chrétiennps. p. 460.

I. JEÛNE, acte de la vertu de tempérance par lequel on s'abstient de certaines choses pîermises. Il y a quatre espèces de jeûne : 1» le jeûne moral, qui règle la mesure de^ aliments sur le besoin du corps; 2° le jeûne tpirituet , qui n'est autre chose que la fuite du péché; 3" le jeûne naturel, qui consiste à n'avoir rien pris depuis l'heure de minuit, ni sous forme de nourriture, ni sous forme de médicament; 4* le Jeûne ecclésiastique . qui exclut certains aliment» et ne permet les autres qu'en une certaine quantité, selon la forme prescrite par l'Église. Le jeûne a été en usage dans tous les temps et chez toutes les nations, car saint Jérôme se sert des jeûnes des païens pour confondre Jovinien, c-e grand ennemi du jeûne ; et , au rapport de TertuUien, les païens ne consultaient jamais les oracles sans avoir indiqué d'abord un jeûne. Enfin, depuis Moïse, les exemples du jeûne sont fréquents parmi les Hébreux et les Juifs. On peut s'en assurer en lisant le long et excellent article de D. Calmet , dans son Diction, de h Bible, art. Jelne. On peut voir encore : Pontas, au mot Jeune. Collet, MoioL, tom. I, p. 48, et tom. II, p. 553. Le P. Nicolaï, Traité itur le jeûne. Le P. Thomassin, Des Jeûnes de l'Église. Hecquet, Traité sur les dispenses du Carême. Le P. D. Joseph de l'Ile, Hist. dogniat. et morale du jeûne; Paris, 1741. Bergier, Diction, de t/iéoi. Richard et Giraud , qui ti-aitent en six paragraphes : De la nature et de la division du jeûne; De l'antiquité du jeûne; Des jeûnes des chrétiens; Des personnes obligées au jeûne, et des causes qui en dispensent: De plusieurs difficultés toucitant le jeûne; Du pouvoir de f Eglise dans l'établissement des jeûnes. Le Diction, ecciés. et <!ant>n. portatif. Le McHon. de la tfiéol. catkol.

II. JEUNE (Claude-Mansaet), chanoine régulier de la réforme de Prémonti-é, né à Tignacour, au duché de Bar, en 1732, professa la phalosophieet la théologie à l'abbaye d'Estival, prit le bonnet de docteur dans l'université de Pont-

JÉZO

JOAC

à-Mousson, et fut prieur de Sainte-Marie. Il retourna à Estival, où il vécut dans la retraite, occupé de la composition de quelques ouvrages. On a de lui : 1" Hist. critique et apologétique de l'Ordre des chevaliers du Temple de Jérusalem, dits Templiers; Paris, 1789, et avec un titre rafraîchi, an XV (1805), 2 vol. in-4o; — 2° Dissertation pour prouver que Vamour qui est requis dans le sacrement de Pénitence n'est pas seulement un arnour d'espérance , mais un véritable amour de charité. Voy. Feller, Bioqr. univers.

III. JEUNE (Jean LE), prêtre de l'Oratoire, né à Poligni , en Bourgogne , l'an 1592 , mort à Limoges en odeur de sainteté, en 1672, avait pour les missions un talent spécial, qu'il exerça pendant soixante ans. II perdit la vue à l'âge de trente-cinq ans; mais ce malheur n'amoindrit pas son zèle et ne lui fit pas interrompre ses travaux apostoliques. Ses sermons ont paru sous ce titre : Le Missionnaire de l'Oratoire, ou Sermons pour les A vents, Carêmes, /êtes de l'année, etc.; la meilleure édition est celle qui a paru à Toulouse en 1668, 10 vol. in-8''. Voy. le P. Lamy, Vil" Entretien sur les sciences, p. 324 et 325. édit. de 1694. Le Diction, portât, des prédicat. Feller, Bioqr. univers.

IV. JEÛNE NATUREL. On appelle ainsi le jeûne indispensable avant la communion eucharistique et la célébration de la sainte messe.

JEWEL (Jean), en latin Juellus , anglican, évéque de Salisbury, né à Buden , dans le Devonshire, l'an 1.522, mort en 1571, se lit recevoir à Oxford bachelier en théologie. Il vécut dans l'obscurité sous le règne de la reine Marie ; mais, à l'avènement d'Elisabeth, il acquit une certaine réputation , et parvint à l'épiscopat en 1559. Il a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1" Apologia Ecclesiœ anglicunœ; Londres, 1562 , in-8"; cet ouvrage a été souvent réimprimé , et traduit en six langues ;

— 2° A Defénce of the Apology ; ibid., 1564 et 1567, in-fol.; — 3" A View ofa seditious bullsent info England from Plus V; ibid., 1582, in-S»; — 4» Treatise ofthe holy Scriptures; ibid. ,1582, in-S»;

— 5» Treatise of the sacraments; ibid., 1583, in -8°. Voy. Feller, Biogr. univers. Chalmers, General biographical Dictionary. La Nouv. Biogr. génér.

JEZABAD LE GADEROTHITE, un des braves gueniers de l'armée de David. Voy. I Paralip., XII, 4.

JEZABEL, fille d'Ethbahal , roi de Tyr et de Sidon, et épouse d'Achab, roi d'Israël, semblait avoir entrepris d'abolir le culte du vrai Dieu en mettant à mort les prophètes et en introduisant dans Israël le culte, des divinités phéniciennes ou chananéennes. Élie prédit que le corps de Jézabel serait dévoré par les chiens dans la campagne de Jezrael, et cette prédiction s'accomplit, lorsque Jéhu, s'étant révolté contre Achab et étant venu à Jezraël, la fit jeter par les fenêtres de son appartement. Le nom de Jézabel est passé en proverbe pour désigner une femme cruelle et impie. Voy. IV Rois, ix et suiv.

I. JÉZER, fils de Galaad et chef de la famille des Jézérites. Koy. Nombres, xxvi, 30.

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