‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 180 sur 1220 · ARME · texte numérisé non relu

ARME

— loO —

ARMO

cydop. de la théol. cath., tom. II , p. 12 et suiv.

ARMÉNIENS , secte des chrétiens d'Orient , ainsi nommés parce qu'ils habitaient autrefois l'Arménie. Les Arméniens dépendaient du patriarche de Constantinople; ils s'en séparèrent avant le temps de Pliotius, aussi bien que les Grecs de ce même pays , et composèrent ainsi une Eglise nationale dont une partie unie à l'Eglise, et l'autre séparée d'elle. De là est venue la distinction des Arméniens francs, ou catholiques soumis à l'Église romaine, et des Arméniens schismo tiques , qui sont une branche d'eutychiens et de monophysites qui rejetèrent le concile de Chalcédoine , et s'unirent aux jacobites vers le milie,u du vi^ siècle. Voy. Galanus, Conciliation de l'Eglise arménienne avec l'Eglise romaine. Michel Le Fèvre , Théâtre de la jfMrquie. Lebrun, Explicat. des cérém, de la messe, tom. V, dissert. x«. Simon, Hist. des religions du Levant. Lequien, Oriens Christ., 1. 1, p. 1355. Combefis, Narratio de rehus Ai'vienornm, in auctuar. Diblioth. Patrum, tom. II. Assémani, Biblioth. Orient., part. II, p. 37. Bergier, Diction, de tliéolnqie.

ARMENTA (Jean d'), jésuite, natif de Cordoue , mort en 11551 , e.\erça pendant quarante ans le ministère de la prédication avec un talent remarquable. Il fut qualificateur du Saint- Ofiice, puis recteur au collège de Cadix. On a de lui : l» un Discours sur les stigmates de saint François; — 2» des Sermons; — 3» Y Histoire des hérétiques convertis par les jésuites. Voy. Sotwel, Scriptor. Societ. Jesu.

I. ARMES. Les Hébreux se servaient des mêmes armes qui étaient en usage parmi les autres peuples de leur temps; ils avaient en elfet, pour armes défensives, les boucliers, les casques, les cuirasses et les cuissards; et, pour armes oifensives , la massue et la hache d'armes, les épées ou glaives, la lance, les javelots, l'arc et les, llèches. Saint Paul, dans presque toutes ses Épitres , fait allusion aux armes, à la guerre, aux exercices militaires et à ceux des athlètes dans les jeux publics. Voy. I Gorinth., IX, 25. Éphés., VI, 11, etc. Thessalon. , v, 8. II Timoth., II, 15. D. Calmet, Diction, de la Bible, et Dissert, sur la milice des Hébreux. i.-Ti. Glaire, Introd.hist.etcrit., etc., tom. Il, p. 333 et suiv.

II. ARMES (droit canon). S'il n'est pas défendu aux simples laïques de porter des armes, comme l'ont prétendu quelques censeurs du christianisme, cela est absolument interdit aux ecclésiastiques, à moins qu'ils n'en aient obtenu une permission expresse de leur évéque. Les conciles et le droit canon sont formels sur ce point, et c'est d'après leur autorité que la plupart des ordonnances diocésaines défendent aux ecclésiastiques de porter des armes et d'aller à la chasse. Mais le port d'armes étant défendu aux ecclésiastiques, produit-il l'irrégularité ? 11 y a sur cette question trois maximes qui paraissent indubitables : 1" l'engagement dans la profession des armes ne fait pas vaquer le bénéiice de plein droit; 2" cette profession ne rend pas irrégulier ni le laïque ni le clerc qui l'em- Israsse : ce qui doit s'entendre quand on ne sait pas positivement avoir tué ou mutilé ; 3" on peut assister à un combat, y commander en qualité d'ofticier, exhorter les soldats à faire leur devoir, sans encourir l'irrégularité , poui'vu qu'on ne tue ou qu'on ne mutile soi-même personne. Voy. L. Feiraris , Prompta Bibliolh. L'abbé André , Cours olphub. et méthod. de droit canon. Richard et Giraud.

m. ARMES SPIRITUELLES DE L'ÉGLISE,

qu'on appelle aussi glaive ecclésiastique. Ce sont les censures, l'excommunication, l'interdit et la suspense. Voy. Cap. Dilecto filio, de Sentent, excomm. in Sexto.

ARMINIENS, sectaires en Hollande gui se sont séparés de Calvin, et qui sont ainsi nommés d'Arminius leur chef. (Voy. Arminius). On les appelle aussi Hemontrants, à cause d'une remontrance qu'ils présentèrent aux états généraux en 1611. Croyant comme tous les piétendus réformés que l'Écriture était la seule règle de la foi, ils ne reconnurent pas la prédestination, et ils embrassèrent insensiblement les erreurs des Pélagiens et des Semi-Pélagiens. Une partie d'entre euxs'est fort approchéedesSociniens. Les Calvinistes ont beaucoup écrit contre les Arminiens,qui, de leur côté, après avoir été condamnés dans le synode de Dordrecht, publièrent un livre sous le titre d'Acta et scripta synodalia Ministrorum remonstrantium in fœderato Belgio. Ils publièrent aussi une confession de foi sur toute la religion chrétienne, et pour laquelle Simon Episcopius fit une apologie contre les théologiens de Leyde. Voy. Histoire de la Réforme des Pays-Bas, tom. P"", 1. XVIII. Hofman , iexîcow , au mot Arminius. Bossuet, Hist. des Variations, 1, XIV, n" 17 et suiv. Bergier, Diction, de théO' logie, au mot Arminianisme. Pluquet, Diction. des hérésies, au mot Arminius.

ARMINIUS (Jacques ou Harmensen), chef de la secte des Arminiens ou Remontrants, né à Oudewater en 1560, mort en 1609, professa la théologie à l'université de Leyde en Hollande, et publia pour soutenir sa doctrine : 1" Examen libelli Guillelmi Perkinsi de prœdestinationis modo et ordine; — 2» Analyns, cap. ix, ad Homanos; — 3" Dissertatio de vero sensu, cap. vu, Epist. ad Rom. On a imprimé sa correspondance dans Prœstantium ac eruditorum virorum Epistolœ ecclesiasticœ et theologicœ , etc.; Amsterdam, 1660, in-8»; 1684,in-fol. Voy. Sponde, zn Annal. Tuldénus, Hist. nosfri temp., lib. I. Mém. de Du Mnurier. Richard et Giraud.

ARMOGASTE (saint), souffrit pour la foi sous Genséric, roi des Vandales, en Afrique, vers l'an 457 ou 458. Quoiqu'il ne soit pas mort dans les supplices, l'Eglise l'honore comme martyr le 29 mars, aussi bien que Satur et Archinin, ses compagnons, qui lui sont joints dans l'histoire que saint Victor de Vite a faite des persécutions de l'Église d'Afrique sous les Vandales. Voy. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. III. p. 37.

kMILQVKL.1 nommée sacr aire (sacrarium). Autrefois, dans beaucoup d'églises, une armoire était pratiquée dans la muraille du côté de l'Évangile, afin d'y conserver le corps de Jésus- Christ. Voy. de Moléon, Voyag. liturg., p. 103, 105 et 412.

ARMOIRIES {arma, insignia), marques de noblesse et de dignité. Le tombeau du pape Clément IV, mort en 1268, est le premier sur lequel on trouve des armoiries. Les armoiries n'ont commencé à être pendues dans les églises qu'en 1341 ou 1350, par un évéque d'Utrecht, qui célébrait les obsèques de son frère. Voy. Pontas, au mot Ornement, cas. /«r suppl. De la Paluelle , Résol. de cas de consc. part. Il, lett. vi, p. 241 , éd. de 1714. M. Collet, Traité des saints mystères. L. Ferraris, Prompta Biblioth., à l'art. Arma w« Insignia.

ARMON, dont il est parlé dans Amos (iv, 3), pourrait être l'Arménie ou un lieu de l'Arménie , selon beaucoup d'interprètes ; mais d'autres en font un nom commun, qui, en hébreu, signifie palais.

ARNA

ARNA

ARMONI, fils de Saùl et de Respha, fut crucifié avec ses frères par les Gabaonites. Voy. II Rois, XXI, 8,9.

ARN. Voy. Arno, n" I.

ARNAIA (Nicolas), né à Ségovie, mort à Mexico en 1622, entra chez les jésuites l'an 1577, à l'âge de vingt ans, et passa sa vie dans l'Amérique septentrionale. On a de lui : X" Abrégé des Méditations de Dupont; Madrid, 1G18; — a» Conférences spirituelles ; Séville, 1G17, 1618, 3 vol. m-4''; — S" lu Pratique des Exercices spirituels de saint Ignace; Cologne. Voy. Moréri, édit. de 1759.

ARNALDISTES. Voi/. Arnauld, n» I.

* ARNAUD et ARNAULD. Comme parmi les biographes les uns emploient lun de ces deux mots, et les autres l'autre, pour désigner le même personnage, lorsqu'on ne trouvera pas le premier il faudra recourir au second, et récipioquement. '

I. ARNAUD ou ERNAUD, abbé de Bonneval, de l'Ordre de Saint-Benoit, du diocèse de Chartres, nommé aussi Aimauld de Chartres, était ami de saint Bernard. Il est auteur : 1" du 2^" livre de la Vie de ce saint; — 2» des douze traités de Operibus Christi carnalibus , attribués par quelques-uns, sans fondement, à saint Gyprien; — 3" du Tractatus de septem verbis Dovu'ni in crnce; — 4" Sermo de laudibus B. Mariœ, qu'on trouve dans la Bibliolh. Patrum; — 5" du Tractatus de operibus sex dierum, publié par Denys Pertonnet, de Melun, théologal d'Auxerre. Voy. les Œuvres de saint Cyrille: Paris, 1574, et l'édition d'Oxford , 1682. Mabillon , Annal. Bened., 1. LXXVlll, n» 34; 1. LXXX, n» 52. D. Ceillier, Hist. des Aut. socr. etecr/és. Richard etGiraud.

II. ARNAUD DE MONTANIER, né à Puycerda en Catalogne , enseignait que Jésus-Christ et les apôtres n'avaient rien en propre et en commun , que saint François descendait tous les ans dans le purgatoire et en retirait tous ceux de son Ordre pour les faire entrer au paradis, et que l'Ordre de Saint-François durerait éternellement. Cité devant l'inquisition, il rétracta ses erreurs ; mais il les publia de nouveau, et Eymeric, évèque d'Urgel , le condamna à une prison perpétuelle. Voy. Pluquet, Diction, des hérés., a l'art. Arnaud de Montanier.

ARNAUDISTES. Voy. Arnauld, n» I.

I. ARNAULD (Arnaldus, Amolphus , Arnulphus Brixiensis), né à Brescia en Italie, dans la ville de ce nom, mort en 1155, vint en France, où il fut disciple d'Abailard. De retour en Italie, il se mit à déclamer contre la possession des biens ecclésiastiques, qu'il traitait d'usurpation. Il rejetait le baptême des enfants, la prière pour les morts, le culte de la croix, etc. Le concile de Latran le chassa de l'Italie en 1139; il y revint, cependant; mais, ayant excité des troubles et des factions à Brescia et à Rome, il fut pendu et bmlé dans celte dernière ville. Ses disciples furent appelés A maldistes, A maudistes, et même Poplicains ou Puhlicains, parce qu'Arnaud s'était attaché particulièrement les gens du peuple. Quelques-uns passèrent en Angleterre, où ils furent dissipés. Cette secte devmt ensuite une branche de l'hérésie des Albigeois. Voy. D'Achéry, Spicilegium, tom. XIII. Muratori, Rerum Italicurum scriptores, iom. III. Baronius, Annal., ad annum 1139. Otto de Freisingen, dans Muratori. Hermant, Hist. des Hérés.. tom. I".

II. ARNAULD (Antoine), né à Paris en 1560, mort l'an 1619, se distingua comme avocat au parlement par son éloquence. On a de lui, entre autres écrits : 1» un Plaidoyer en faveur de l'Université, contre les jésuites, 1594, réimprimé

en 1717, in-12 ; —l" Le franc et véritable Discours du roi sur le rétablissement qui lui est demandé pour les jésuites ;'\n-^°. Henri FV, auquel ce discours fut adressé, n'en lit justement aucun cas, et il rétablit les jésuites. Voy. Le Long, Biblioth. hist. de la France, tom.V. Feller, Biograph. univers.

III. ARNAULD (Antoine), surnommé le Grand Arnauld par un certain parti, frère d'.^rnauld d'Andilly, et le dernier des enfants d'.\ntoine Arnaud, avocat au parlement, né à Paris en 1612, mort l'an 1694, fut ordonné prêtre et reçut le bonnet de docteur en 1641. Profond métaphysicien , Arnauld prit part à toutes les discussions philosophiques et religieuses qui s'élevèrent de son temps. Il a laissé une multitude d'ouvrages qu'on peut diviser en cinq classes : la 1" composée des livres de belles-lettres et de philosophie; la 2« comprend les écrits sur les matières de la grâce , dont on trouve une list« fort longue dans le Diction, de Moréri ; la 3« renferme les livres de controverses contre les calvini.çtes; la 4« se compose des écrits contre les jésuites; la 5^ des écrits sur l'Écriture sainte. Il est à regretter qu'une si belle intelligence ss soit mise au service d'un parti qui l'a entraînée dans de fâcheux écarts. Voy. Feller, qui indicrue les principaux ouvrages d" Arnauld. Gaet. Moroni, vol. 111, p. 38 et 39.

IV. ARNAULD (Angélique de Saint- Jean), fille d'Arnauld d'Andilly, religieuse de Port- Royal , née en 1624, morte l'an 1684, a composé : 1° des Relations, des Réflexions et des Conférences que dom Clémencet a publiées en 1760, 3 vol. in-12; — 2" Mémoires pow servir à la Vie de la mère Marie-Angélique Arnauld de Sainte- Madeleine, réformatrice de Port-Royal, publiés en 1737, in-12. Elle se montra, ainsi que ses quatre sœurs, religieuses dans le même monastère, très -opposée au formulaire, et fortement occupée des disputes sur la grâce.

V. ARNAULD (Jeanne -Catherine -Agnès de Saint-Paul), morte l'an 1671, a publié : 1° ï Image d'une religieuse parfaite et imparfaite; Paris, 1660, in-12; — 2» le Chapelet secret du Saint -Sacrement; 1662, in-12, taxé d'erreurs et supprimé à Rome. Elle a aussi travaillé aux Constitutions de Port-Royal , publiées en 1721 , in-12.

VI. ARNAULD D'ANDILLY (Robert), fils aîné d'Antoine Arnauld, avocat, né à Paris en 1588, mort le 27 septembre 1674, jouissait d'un grand crédit à la cour, et n'en faisait usage que pour rendre service. A l'âge de cinquante-cinq ans il se retira dans la solitude de Port-Royaldes-Champs. Il a laissé, entre autres ouvrages : l" la traduction des Confessions de saint Augustin : 1651 , in-8o et in-12 ; — 2" Histoire des Juifs, de Josèphe; 1701 , 3 vol. in-8^ et 1706, in-12; Amsterdam, 1756, 3 vol. in-4»; — 3" les Vies des saints Pères du désert ef de quelques sainte», traduites des Pères de l'Église; 1668 et 1(580, 3 vol. in-8°; — 4" V Echelle sainte de saint Jean Climaque; — 5° des Œuvres de sainte Thérèse; 1670, in-4''; — 6» la traduction des Œuvres du B. Jean d'Avila, in-fol.- — 7» Mémoires; 1734, in-12; — 8» Poème sur la Vie de Jésus-Christ, petit in-12; — 9° Œuvres chrétiennes, en vers. Après sa mort, ses Œuvres ont été recueillies et imprimées en 7 vol. in-fol., 1675. Voy. Feller, ibid. Richard et Giraud.

VII. ARNAULD DE VILLENEUVE, né vers 1240, mort en 1313, professa la médecine à Barcelone. Il avait la réputation d'un homme éminent, connaissait parfaitement les langues; et, croyant tout savoir, il annonça la fin du monde poui> l'an 1345 ou 1376, professa que la

ARNO

ARNO

nature humaine de Jésus-Christ était égale en tout à la nature divine, rejeta l'autorité des Papes et les prières pour les morts , condamna l'état monastique, et prétendit que les œuvres de miséricorde étaient préférables au sacrifice de la messe. Il fut condamné par l'université de Paris et par les inquisiteurs de la foi, assemblés à Tarascon par l'ordre de Clément V. Il périt dans un naufrage sur la côte de Gènes. On a de lui des ouvrages sur la médecine et la chimie. Voy. Sponde, in Annalib. Du Boulay, Hist. de rCniversité de Paris, tom. IV. Fabricius, Bihlioth. lut. med. et ùifim. œtat., tom. I. Nicol.- Antonio, Bihlioth. Hifp. vetm.

ARNAULT ou ARNAUT (François), de Laborie, né dans le Périgord, chancelier de l'université de Bordeaux , mort en 1607 ; outre ses Antiquités du Périgord et son Anti-Drmsac , ou apologie des femmes nobles et honnêtes, a laissé un Ttmité des anges et des démons, traduit du latin de Jean Maldonat; Rouen, 1619, in-12. Foi/. Feller, Biogr. univers.

i. ARND ou ÀRNDT (Jean), en latin Arndtius, théologien protestant, né à Ballenstadt, dans le duché d'Anhalt. en 1555, mort à Zell l'an 1621 , étudia d'abord la médecine , puis la théologie. Parmi ses ouvrages, il en est un qui lit grande sensation quand il pamt : c'est le Vrai christianisme. Composé en allemand, il fut traduit en latin; Londres, 1708, 2 vol. in -8», en français et dans plusieurs autres langues. L'auteur veut y prouver que le dérèglement qui régnait alors parmi les protestants venait uniquement de ce qu'ils rejetaient les bonnes œuvres, se contentant d'une foi stérile. Voy. Feller, Biogr. univers. UEncJ/clop. cathol.

Page 1