‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 325 sur 1220 · BIAN · texte numérisé non relu

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uue ancienne tradition , saint Paul passa à Béziers lorsqu'il vint de Rome dans les Gaules ; il y convertit , dit-on , et y baptisa un certain nombre d'infidèles, bâtit une église, et plaça saint Aphrodise sur le sié^^e épiscopal de Béziers. On a tenu trente conciles dans cette ville. Voy. Richard et Giraud, Biblioth. sacrée, tom. XXVIII , p. 160 et suiv.

BHUIS. Voy. Buy.

BIANCHETTI ou BLANCHETTI (César), né à Bologne en 1585 , mort en 1665, fonda la congrégation de Saint-Gabriel, exclusivement composée de laïques ayant de quoi pourvoir à leur entretien; fondée en 1644, elle fut approuvée peu de temps après par le cardinal Barberini. Voy. Ch.-Ant. de Frate , Vie de Biunchetti; Bologne , 1704. Moréri , éd. de 1759.

I. BIANCHI (Vénérable François), barnabite , né à Arpino en 1743, mort à Naples l'an 1815, en odeur de sainteté. 11 se distingua par son zèle , qui le fit surnommer l'apôtre de Naples, et par les dons surnaturels dont Dieu l'enrichit. Notre saint Père Pie IX a proclamé ses vertus héroïques le 23 février 1857. Voy, sa Vie, par le P. Baravelli, barnabite; Rome, 1863.

II. BIANCHI (Bonaventure), prédicateur italien , de l'Ordre des Frères-Mineurs, né à Cotignoli , a laissé , entre autres ouvrages : l" Quaresimale , Bologne , 1534 ; — 2" c?e Viris illustribus Novi et Veteris Testamenti; ibid., 1534. Voy. Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. La Nouv. Biogr. ge'nér.

III. BIANCHI (Horace), jurisconsulte et traducteur italien , né à Rome , mort à Milan en 4756. On a de lui, entre autres ouvrages : Caroli Sigonii historiée ecdesiasticœ libri XIV, nunc primum e Ms, codice in liccem emissi a Phil. Araellati. cum prolegom. Hor. Bianchi; Milan, 4736, in-8". Voy. la Nouv. Biogr. ge'nér.

IV. BIANCHI (Jean-Antoine) , de l'Ordre des f rères- Mineurs observantins, né à Lucques, mort en 1758, professa la philosophie et la théologie , fut provincial de son Ordre à Rome, \isiteur à Bologne, consulteur de l'Inquisition^ et a laissé, outre un grand nombre de tragédies sacrées : Délia potestàepolizia délia Chiesa, trattati due contro le nuove opinioni di Pietro Geawwowe; Rome, 1745-1751, 5 vol. in-4". Voy. le Journ. des Savants, 1752, p. 118 et 831.

I. BIANGHINI (François), né à Vérone en 4662, mort en 1729, savant astronome, antiquaire , littérateur, fondateur de l'Académie des A.letofi.li { amis de la vérité) à Vérone, fut canaérier d'honneur du pape Clément XI et cha- Jiioine de Sainte-Marie-Majeure. Parmi ses nombreux ouvrages , nous citerons : 1" une édition des Vies des Papes, par Anastase le Bibliothécaire, avec des notes, des dissertations, des préfaces et des vai-iantes en latin ; Rome , 1718- 1728, 3 vol. in-fol. ; — 2" une Dissertation sur le canon pascal de saint Hippolyte , martyr, également en latin; ibid., 1703 et 1704, in-fol.; — S° Opmcula Varia,, qui parurent pour la première fois à Rome l'an 1754, 2 vol. in-4". Voy. Métn. pour servir à l'Hist. des sciences et des

. beaux - arts , i\\\\\ei 1730, art. 70, et novembre, p. 2078. Richard et Giraud. La Nouv. Biogr. génér., où l'on trouve la liste des divers écrits de Bianchini. Gaet. Moroni, vol. V, p. 208 et suiv.

II. BIANCHINI ou BLANCHINI (Joseph), prêtre de la congrégation de l'Oratoire de Rome et neveu du précédent, né à Vérone en 1704.11 a donné une nouvelle édition des ouvrages du cardinal Thomasi; Rome, 1741, in-fol.; il a (>ojatinué ÏHistoire ecclésiastique quadripartite

commencée par son oncle ; Rome , 1752 , in-fol, On a en outre de Joseph Bianchini : 1» Vindiciœ canonicarurn Scripturarum Vulgatœ latinœ editionis; Rome , 1740, in-fol.; — 2« Evangeliarum quadruplex latinœ versionis antiquœ, seu vetens italicœ , nunc primum in lv£em editum ex codd. manuscript. aureis, argenteis, purpureis, aliisqueplusquam millenariœ antiquitatis ; Rome, 1749, gr. in-tbl. Voy. le Journ. desSavatits, 1741, p. 7.35; 1743, p. 117; 1750, p. 308; 1758, p. 506, Fabricy, des Titres primitifs de la Révélation, tom. I", p. 235, note. Le Diction, encyclopéd. de la théol. cathol.

BIANCONI (Jean-Baptiste), prêtre philologuQj né en 1748 à Bologne, où il mourut l'an 1784; après y avoir professé le grec et l'hébreu. On a de de lui : 1" Anonymi Scripioris historiœ sacrœ , ah orbe conditoad Valentinianmn et Valentem imp. ; Bologne , 1779, in-fol.; l'auteur de cet ouvrage est Julius Pollux; — 2o de Antiauis Littcris He-. hrœorum et Grœcorum ; ibid., 1748 et 1703. V'o»/, Tipaldo, Biogr. degli Ital. La Nouv. Biogr. génér.

BIARD (Paul), jésuite, né à Grenoble en 1565, mort à Avignon en 1622, un des premiers missionnaires qui allèrent en Amérique , eut à souffrir une foule de persécutions ; aussi revint-, il en France dans le plus complet dénùmenti Il avait été professeur de théologie à Lyon pen-i dant neuf ans. On a de lui : 1° Epistola ad H. P. prœpositum generalem e Portu-Regali in Nova Fruncia, data ultimo die junii an. 1611; l'auteur l'a publiée en français sous le titre de Relation de la Nouvelle-France , et du voyage des PP. j ésui tes dans cette contrée ; Lyon, 1616, in-12 ; — 2° Relatio expeditionis Anglorurn in Cunadum, suceque ab illis comprehensionis ; — 3° Liber pro auctoritate Pontificis contra Martinellum mmistrum; Lyon, 1616, in-12. Voy. la Nouv. Biogr. génér. Richard et Giraud.

BIBAUC ou BIBAUT (Guillaume), trente-cinquième général des. Chartreux , né à Tiel dans les Pays-Bas, mort en 1535, professa la théologie à Gand, et s'éleva par son propre mérite aux premières charges de son Ordre. 11 a laissé : 1° Orationes et Conciones capitulares, qui furent recueillis et publiés par Josse Hess, supérieur de la Chartreuse d'Erfurt en 1539, et réimpiimés à Anvers, 1010, 1634; — 2" deux Poèmes latins en l'honneur de saint Joachim, à la fin de la Vie de Jésus-Christ par Ludolphe ; Paris, 1534', in-fol. Voii. Richard et Giraud.

BIBIANE ou BIBIENNE ou VIBIANE, vierge, souffrit le martyre sous Julien l'Apostat, vers l'an 363. Elle était lille de Flavien , oflicier de préfecture de Rome, et de Dafrose, qui moururent tous deux pour la religion. D'après loi'dre du gouverneur, on lui enleva, ainsi qu'à sa sœur Démétrie, tout ce qu'elle possédait; et, comme on ne pouvait les faire renoncer à Jésus-Christ, on les envoya à la torture. Démétrie mourut avant le supplice ; mais Bibiane souffrit le mai-tyre. On les honore le 2 décembre, Voy^ Bollandus.

BIBLE, mot grec qui signifie livre. Nous avons donné le nom de Bible ou de livre par excellence au recueil des livres sacrés dictés par l'Esprit-Saint, et connus sous le nom de Livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Or on les appelle canoniques, tant parce qu'ils sont la règle de notre foi que parce qu'ils forment le catalogue ou recueil sacré, le mot grec canon ou mieux kanôn, signifiant à la fois et règle, loi, et catalogue, recueil.

1" L'Eglise reconnaît pour canoniques 45 livres de l'Ancien Testament, et 27 du Nouveau. —

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Les livres canoniques de l'Ancien Testament sont : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, Josué, les Juges, les quatre livres des Rois, les deux des Paralipoménes, les deux d'Esdras,Tobie, Judith, Esther, Job, les cent cinquante Psaumes, les Paraboles ou Proverbes de Salomon, l'Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, la Sag-esse, l'Ecclésiastique, les quatre graiîils Prophètes , savoir : Isaïe, Jérémie , auquel on joint Baruch, son secrétaire , Ézéchiel et Daniel; les douze petits Prophètes, qui sont : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas. Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie,Aggée, Zacharie et Maiachie; les Macchabées. — Les livres canoniques du Nouveau Testament sont : les quatre Evangiles, selon S. Matthieu, S. Marc. S. Luc et S. Jean; les Actes des Apôtres, les quatorze Épitres de saint Paul, savoir : une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Épliésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens , deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, une aux Hébreux ; sept autres appelées Épitres catholiques, savoir : une de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean, et une de saint Jude ; le dernier livre est l'Apocalypse de saint Jean.

2» Les livres de l'Ancien Testament furent généralement écrits en hébreu. Il faut cependant excepter la Sagesse et le second des Macchal)ées, qui furent composés en grec. Quant au livre de Tobie, on ne sait pas d'une manière bien certaine s'il fut composé en hébreu, en grec ou en chaldéen , et l'on n'est guère mieux fixé sur le texte primitif du livre de Judith, que les uns prétendent être le chaldéen, les autres le çi-ec. Le i" livre d'Esdras, Jérémie et Daniel . contiennent des passages en langue chaldai'que. Les sept derniers chapitres d'Esther, les livres entiers de Baruch et le 1*"^ des Macchabées, ont bien été composés en hébreu, mais le texte original en est perdu depuis longtemps. — Les livres du Nouveau Testament ont été écrits en grec ; l'Évangile de saint Matthieu seulement a été composé en hébreu; mais on en a perdu le texte original.

3" Il n'y a presque point de langue dans la-

auelle on n'ait traduit la Bible ; de là cette foule e versions, samaritaine, chaldaique , syriaque , arabe , éthiopienne , persane , égyptièfine ou copte , arménienne, gothique , allemande, polonaise, etc. La Bible a surtout été traduite en grec, et plusieuis fois. La plus ancienne et la plus authentique de toutes les versions grecques, est celle dite des Septante; car c'est elle que les apôtres ont donnée aux Églises qu'ils ont fondées; c'est sur elle qu'a été faite l'ancienne Italique, dont rÉghse romaine s'est ser vie jusqu'au vi* siècle ; c'est elle dont l'Église grecque a fait un constant usage jusqu'à ce jour; c'est encore sur elle qu'ont été faites les diflèrentes versions consacrées chez la plupart des chrétiens orientaux; c'est eUe que les docteurs des deux Églises latine et grecque ont expliquée dans leurs commentaires, qu'ils ont employée dans leurs écrits à réfuter les hérétiques, et qu'ils ont produite dans les conciles; c'est elle enlin qui a servi à convertir les nations barbares à la lumière de l'Évangile. — La plus ancienne version latine adoptée par l'Église d'Occident est celle qui fut d'abord appelée lltalUme, et ensuite Y Ancienne Vuhjate. Lorsque saint Jérôme eut traduit la plus grande partie des livres de la Bible d'après le texte hébreu, et corrigé les autres sur les meilleiu-s exemplaires grecs , sa version devint la seule dont toute l'Eglise latine se sertit, sous le nom de

Nouvelle Vulgate, ou simplement Vulgate. Dans cette version , les additions aux livres d'Esther et de Daniel, les livres de Baruch, de la Sagesse, de l'Ecclésiastique et des Macchabées, quelques endroits des Rois et des Proverbes , et les cent cinquante Psaumes revus et néanmoins réformés par saint Jérôme , sur la version grecque des Septante adoptée par Origène, sont de l'Ancienne Vulgate. Les quatre Évangélistes sont de la version de saint Jérôme, qu'il corrigea sur les plus anciens manuscrits grecs, dont il ne changea que ce qui lui parut altérer le sens. Le concile de Trente a déclaré cette version authentique, et a ordonné qu'elle seule aurait cours dans toute l'Église. Voy., sur le» différentes Bibles, Korthoit, de Variis BMior. edit. Morin. Exercitationes Biblicœ. Le Long, Bihlioth. sacrée. D. Calme t, Bihlioth. mcrée, jointe au Diction, de la Bible. Richard et Giraud. Le Diction. encyclop. de la théol. eathol. J.-B. Glaire, Inti-od., tom. I".

4" Les protestants et les jansénistes ont prétendu que la Bible devait toujours être lue au Eeuple en langue vulgaire, même dans la célération de la liturgie; que la lecture en était non -seulement utile, mais absolument nécessaire à tout le monde, même aux femmes; qu'elle devait être permise indifféremment à tous; enfin que les pasteurs de l'Église n'avaient absolument aucun droit de défendre cette lecture aux fidèles. Ces prétentions sont autant d'eri'enrs qui se trouvent pleinement réfutées dans plusieurs ouvrages, notamment dans Collectio quorumdam gravium authoncm, qui ex professa, vel ex occasione, sacrœ Scripturœ, aut divinorum offiàorum in vulgarem linguam translationes damnârunt. Unà cum decretis sunimi Pontificis et clei-i Gallicani, ejusqne Epistolis, Sorbonœ censwis, ac supremi Parisieiisis senatùs placitis. jussu ac mandato ejusdeni cleri Gallicani édita , Lutetiœ Purisioi^m , 1661 ; — dans Charles Mallet,' docteur de Sorbonne , Traité de la lecture de l'Ecriture sainte en langne vulgaire; Rouen, 1679, in-12; — dans J.-B. Glaire, Introd. hist. et o-it. aux livres de l'Ane, et du Nouv. Test., tom. I", 5 vol. in-S", 3« édit.; — mais surtout dans J.-B. Malou, la Lecture de la sainte Bible en langue vulgaire, jugée d'après l'Ecritm-e, la tradition et la saine raison; Louvain, 184(>, 2 vol. in-8"; ouvrage où la matière est traitée avec beaucoup de développements; — enlin dans le Diction, encyclop. de la théol. eathol.. art. Bible (Lecture de la).

5" Les simples prêtres ne peuvent jamais permettre aux fidèles la lecture des Bibles publiées par des auteurs qui ne sont pas catholiques. Cette permission est du domaine exclusif de l'autorité supérieure. Ils sont en droit d'interdire l'usage de celles même qui sont faites par des catholiques, quand elles ne sont pas approuvées par l'autorité ecclésiastique. Mais pour qu'une Bible soit munie de cette sanction , la seule légitime , il ne suffit pas rjue les éditeurs fassent imprimer, sur sa couverture et dans leurs prospectus, cette épigraphe devenue de mode aujourd'hui : Avec l'approbation de tel évéque, ou de plusieurs évèques: il faut de plus que l'approbation elle-même soit publiée dans les propres termes du prélat qui l'a donnée, après avoir examiné ou fait examiner par des théologiens de son choix la Bible soumise à son examen. Une autre condition essentielle pour qu'on puisse permettre la lecture de la Bible en langue vulgaire , c'est que la traduction soit accompagnée d'annotations tirées des SS. Pères ou de savants écrivains catholiques. Ces cfflndi-

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lions, que le simple bon sens indique à quiconque croit à la vérité et à la divinité de nos saintes Écritures, est d'autant plus obligatoire, surtout en France, que l'on voit même dans la librairie catholique des éditeurs ne se faire aucun scrupule de publier, soit l'Ancien , soit le Nouveau Testament, dépourvu de toute explication, et d'annoncer faussement une approbation épiscopale que jamais aucun évèque n'a réellement donnée.

6" Quant à la lecture de la Bible , les protestants adressent à l'Église des reproches peu fondés. D'abord elle n'a jamais défendu aux laïques de lire les textes originaux et les anciennes versions. En second lieu l'Église ne défend pas d'une manière absolue la lecture des versions en langue vulgaire; c'est ce que prouvent les Règles m et IV de V Index, le décret de la congrégation de ÏIndex du 13 juin 1711, les brefs de Pie VII adressés, l'un à Ignace, évèque de Gnesne, le 2'J juin 1816, l'autre à Stanislas, évèque de Moliilaw, le 3 septembre 1816; la lettre encyclique de Pie VIII, donnée le 24 mai 1829; Fautorisation donnée par Grégoire XVI à la publication de la version allemande d'AUioli ; celle de Pie IX, accordée à la traduction française du Nouveau Testament par l'abbé Glaire, après im long examen fait à Rome même par la S. congrégation de ÏIndex. Troisièmement, quelques Eglises particulières qui les ont défendues ne l'ont pas fait absolument et pour tous les fidèles, mais seulement pour ceux à qui cette lecture pouvait être préjudiciable, et à raison des circonstances ; de manière que si les circonstances n'avaient pas lieu ces Églises cesseraient de les défendre. Ainsi, en 1229, le concile de Toulouse ne défendit aux laïques de garder chez eux des traductions en langue vulgaire , que parce que les Albigeois en répandaient de mauvaises pour mieux accréditer leurs erreurs. D'un autre côté , dans les pays protestants, tels que l'Angleterre et les États-Unis, on a permis aux lidèles la lecture de la Bible en langue vulgaire, soit pour obvier aux objections de ces hérétiques, qui accusent les pasteurs catholiques de tenir les peuples dans l'ignorance, soit pour empêcher les catholiques de lire les Bibles hétérodoxes. Ce n'est donc pas une défense que l'Église fait aux fidèles de lire la Bible, c'est une simple, mais très-sage restriction qu'elle leur impose dans l'intérêt bien compris de leur salut; car, comme l'a dit justement Pie VII, d'après la IV<' règle de Ylndex , l'expérience a prouvé que la lecture de la sainte Bible en langue vulgaire, par un effet de la témérité des hommes , entraine souvent plus de dommages qu'elle n'apporte d'utilité.

7" Les inscriptions antiques et les plus anciens manusci'its prouvent que dans l'origine le texte des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament a dû former une suite continue sans aucun intervalle entre les phrases , ni même entre les mots. Ainsi les anciens ne connaissaient pas la division des livres saints en chapitres et en versets. L'an 396, un auteur dont on ignore le nom partagea en chapitres les Épîtres de saint Paul , et y mit des titres pour indiquer sommairement le sujet. Vers 462, Euthalius , diacre d'Alexandrie, lit la même chose sur les Actes des apôtres et sur les Épitres catholiques ; il distingua même ces ouvrages en versets. Quant à la division des livres de l'Ancien Testament , elle n'a été faite qu'au xiii« siècle par le cardinal Hugues de Saint-Cher. Il subdivisa les chapitres en ajoutant à la marge les lettres A, B, G, D, pour faciliter les citations

et les renvois. La division des chapitres en versets, comme elle existe maintenant, est due à Robert Etienne , célèbre imprimeur de Paris , qui l'introduisit dans son édition du Nouveau Testament de 1541. Voy. Montfaucon, Palœographia grœca, 1. I, c. IV. Zacagni, Collect. veter. Monum. Ecclesiœ grœcœ et latinœ; Rom3e,1698, in-4".

BIBLIANDER (Théodore) , nom de Buchmann grécisé, théologien protestant et orientaliste distingué , né à Bischoffzell , mort à Zurich de la peste en 1564, a publié un certain nombre d'ouvrages qui ont été mis à ÏIndex, et il a laissé un plus grand nombre de manuscrits conservés dans la bibliothèque de Zurich. Son ouvrage le plus connu est Machumetis Saracenorum principis ejusque successorum vitœ, dodrina U.C ipse Alcoran , etc. Bàle, 1543, in- fol. Bibliander a terminé la Bible dite de Zurich , commencée par Léon Juda. Voy. Le Long , Bihlioth. sucrée. La Nouv. Biogr. géne'r. Richard et Gi-

BIBLIOGRAPHIE ( Bibliographia) , mot tiré du grec , et qui , outre son sens ordinaire de science du bibliothécaire , signifie encore l'art de connaître et de déchilfrer les anciens manuscrits sur l'écorce des arbres , sur le papier et sur le parchemin.

I. BIBLIOTHÉCAIRE, celui qui est préposé au soin d'une bibliothèque. Autrefois , l'un des oflices de l'Église romaine était celui (le bibliothécaire ; cet emploi , dans les monastères, était aussi un office claustral, et celui qui l'exerçait était regardé comme administrant une partie du temporel du monastère. Voy. Thomassin.

II. BIBLIOTHÉCAIRE , nom que l'on donne aux auteurs qui ont écrit les catalogues des livres.

I. BIBLIOTHÈQUE (Bihliotheca), mot qui désigne les livres renfermés dans un appartement et l'appartement lui-même qui les renferme. L'origine des bibliothèques vient des Hébreux : il est dit, dans le deuxième livre des Macchabées , que Néhémie amassa à Jérusalem une bibliothèque composée des livres des Rois, des Prophètes , de David ou des Psaumes , et des Mémoires des offrandes faites au temple.

II. BIBLIOTHÈQUE (collectanea, cxcet^^tiones, exierpta), recueil ou compilation de plusieurs ouvrages de même nature , ou d'auteurs qui ont compilé tout ce qui peut se dire sur le même sujet : telle est la Biolioth. .sacrée du P. Le Long, de l'Oratoire , dans laquelle ce savant donne la notice de tous les auteurs qui ont travaillé sur l'Écriture sainte en général ou sur quelqu'une de ses parties ; telle est encore ÏHist. des Auteurs ecclés. de D. Ceillier ; celle de Guillaume Cave , savant anglais , 2 vol. in-fol. ; aussi bien que la Bibliothèque des Auteurs ecclés. d'Ellies Dupin; mais ces deux derniers ouvrages sont à ÏIndex. La Biblioth. de Photius, composée au ix" siècle, est précieuse parce qu'il y a donné un extrait d'un grand nombre d'ouvrages d'anciens auteurs , soit ecclésiastiques , soit profanes, qui sont perdus.

m. BIBLIOTHÈQUE, livre qui parle des auteurs et de leurs écrits sur différentes matières et qui en porte un jugement. On appelle encore Bibliothèque les livres qui renferment les catalogues des ouvrages qui composent les bibliothèques.

IV. BIBLIOTHÈQUE SACRÉE se dit du corps des saintes Écritures de l'Ancien et du Nouveau Testament.

BIBLIQUE (Biblicus), terme que les théologiens emploient pour désigner un genre de mé-

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thode et de style conforme à celui de l'Écrilure sainte. Au xii« siècle , à la naissance de la théologie scholastique , les docteurs chrétiens qui continuèrent à prouver les dogmes de la foi par rÉcriture sainte furent nommés doctores biblici. positivi, veteres; les autres, dwtores sententiarii , novi , parce qu'ils s'attachaient principalement à expliquer les Sentences de Pierre Lombard, et à établir leuis opinions sur des raisonnements philosophiques. Cette division donna lieu à une vive dispute, surtout dans les universités de Paris et d'Oxford , et cette dispute continua pendant le xiii^ siècle. Poiu' arrêter ce désordre , le pape Grégoire XI écrivit aux docteurs de Paris pour leur enjoindre d'enseigner la pure théologie sans aucun mélange de science mondaine , et de ne point altérer la parole de Dieu parles vaines imaginations des philosophes, et de se tenir dans les bornes posées par les Pères. Voy. du Boulay, Hi^t. univ. de Paris. Beigier. Diction, de tfîéologie.

BIBLIQUES (sociétés), associations qui ont pour but de répandre la Bible parmi les hommes dans toutes les contrées du monde, sous le prétexte d'opérer par ce moyen la conversion des infidèles; mais plusieurs membres distingués de l'Église anglicane se sont élevés avec force contre ces sociétés, les uns en prouvant que leurs succès sont réellement si peu de chose, que leur résultat n'est rien en comparaison des dépenses qu'elles occasionnent;; et les autres en déclarant qu'elles sont non-seulement inutiles , mais encore préjudiciables. Dès leur origine les sociétés bibliques ont été condamnées par Pie "MI , et depuis par Léon XII , Pie YIII, Grégoire XVI et Pie IX, parce que ces illustres pontifes en ont parfaitement senti le danger. I o.y. Owen, Annual reports, Summaries, history ofthe British und foieign Bible Society, 3 vol. G. S. Dudley, Analysis of Ihe systern of the Bible Society ; London , 1821 . Samuel "VVix , ministre anglican, Re flexions sur les nvaniayes d'un concile entre l'Église romaine et l'Église anglicane pour terminer leurs différends. Malou, la Lecture de la sainte Bible en langue vulgaire ^ t. II, p. 484 et suiv., où se trouvent cités une foule d'autres témoignages contre les sociétés bibliques. On trouvera aussi de justes observations dans le Diction, encyclopéd. de la théologie catholique.

BIcLIS , une des quarante-huit martyres de Lyon; elle avait renoncé d'abord la foi^ mais, mise à la question , elle se reconnut bientôt, et confessa jusqu'à la mort le nom de Jésus-Christ. On fait sa fête le 2 juin.

BIBLISTE (Biblista), nom donné à des hérétiques qui rejettent l'autorité de l'Église et de la tradition, et qui n'admettent que le texte de la Bible. Plusieurs protestants sensés n'ont pu s'empêcher de tourner en ridicule cet entêtement de leurs coreligionnaires, et l'ont justement nommé bibliomanie.

BIBLUS , ville de Phénicie. Voy. Byblos.

BICHI (Cœlius), jurisconsulte italien, né en 1600 , auditeur de Rote , a laissé : Decisiones rotœ romance: Genève, 1671 et 1673, in-foLFoy. la .Nom/-. Biogr. gêner .

BIDA ou BIDUA, siège épisc. in partibus de la Mauritanie césarienne, en .\frique ; Ptolémée en fait mention.

BIDACHE( fit cfacAi'um), abbave de l'Ordre de Prémontré , située au diocèse d'Uzès.

BIDDLE (Jean), théologien anglais, de la secte des sociniens, né dans le comté de Glocester en 1615, mort en 1662, niait la divinité de Jésus-Christ . et soutenait que le Saint - Es-

prit n'était que le premier des anges. On tenta, mais en vain , de le faire revenir de ses erreurs. La publication de ses ouvrages le lit emprisonner, et Cromwell l'exila en 1655. On a de lui : 1» Profession de foi concernant la sainte Trinité'; 1648; — 2" Témoignages d'Iréne'e ; 1648; — 3° Double Catéchisme ; \Gol ; tous ces écrits sont en anglais. Voy. Feller, au mot Bidell. La Nouv. Biogr. génér. Le Diction, encyclop. de la the'ol. cathol.

BIDERMANN ( Jacques ), jésuite , né à Tubingue , mort à Rome en 1630, enseigna la philosophie à Dillingen et la théologie à Rome. Outre des travaux littéraires , on a de lui ; 1^ Res a B. Ignatio, Societatis Jesu parente , gestœ ; Munich , 1612; — 1° Prolusiones theologicœ très; Dillingen. 1624, in -12; — 3" Deliciœ sacrée; Lyon , 16.3(5; Anvers, 1637, in-12; — 4" Aloysiu.9, sive Dei bénéficia meritis B. Aloysii collatn : Munich, 1640, in-16. Voy. .Alegambe. Sotwel, Biblioth. Scriptor. Societ. Jesu.

BIDUA. Voy. Bida.

BIEDA , ancienne ville épiscopale de Tuscie et du vicariat romain , et qui n'est plus aujourd'hui qu'un simple village. Son évêché fut établi dès le Y*^ siècle; mais, en 1193, Célestin III ayant déclaré Viterbe ville, et l'ayant érigée en évêché , l'unit à celui de Toscanella ; puis l'année suivante il unit de plus au nouvel évêché de Viterbe ceux de Bieda et de Civita-Vecchia ; et, lorsqu'en 1826 Léon XII sépara Civita-Vecchia de Viterbe, il y laissa Bieda imi comme auparavant. Voy. Gaët. Moroni, vol. V, p. 243. Richard et Giraud.

BIEK ou BIECK ( Jean-Erdmann), théologien allemand protestant, né en 1679, mort en 1/40. Il a laissé : i^ Disserta tio moralis circa quœstionem occupata, utrum impubères perfecta spotisalia contrahere possint; Wittemberg, 1703, in-4°; — 2° Dissertatio de apostoli Pault philosophia , dans Neiunann , Acta philosophiœ. Voy. la Nouv. Biogr. génér.

I.BIÉL (Gabriel), théologien catholique trèscélèbre, né à Spire ou en Suisse, mort l'an 1495, professa la philosophie et la théologie, et contribua à la fondation de l'Académie de Tubingue. Parmi ses nombreux ouvrages , nous citerons : 1° Epitome seu collectorium circa Lombardi Sententiarum libros ; Tubingue, 1501; — 2° Lectura super canonem Missœ; Reutlingue, 1488; écrit qui, selon Richard et Giraud, est entièrement copié d'Esseling , comme le reconnaît Biel lui-même à la lin de cet ouvrage, dans l'édition posthume de Lyon , 1542, et plusieurs autres ; — 3° Sacri canonis missœ litteralis et mystica expositio; Tubingue, 1499, in-fol. Voy. Trithème. Possevin. Bellarmin. Le Mire.

II. BIEL (Jean-Christian), savant pasteur protestant, né à Brunswick en 1687, mort en 1745, a laissé : l" de nombreuses Dissertatio?is théologiques qui ont été insérées dans le Thésaurus antiq. sacrar. dlJgolin; — 2» Novus Thésaurus philologicus , sive Lexicon in LXX et alias intei'pretes et scriptores apocryphos Veteris Testamenti: Hagse Comitum, 1779-1780, 3 vol. in-8°. On sait que par apocryphes de l'Ane, ou du Xouv. Test., les protestants entendent les livres deutero-canoniques . qui cependant sont aussi authentiques que les proto-canoniques.

BIELOGOROD ou BIELGOROD, ville épisc.

du diocèse de Moscovie, dans la partie méridionale de cet empire, sur la rive occidentale du petit Tanaïs. Son évêque est compté comme le onzième parmi les métropolitains moscovites; c'est aujourd'hui un archevêché. L'église d'Oboianskalui est unie. Vny. Richard et Giraud.

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