BRON
BRODA (André), docteur et professeur de théoloi;ie à Prague, fit paraître en 1415 un Traité en 14 chapitres, dans lequel il cherchait à démontrer que les laïques ne devaient recevoir l'Eucliaristie (pie soh-s l'espèce du pain. Ce traité est dirigé particulièrement contre un prêtre de Prague, Jacques de Misa, surnommé Jacobellus, lequel soutenait la nécessité de la communion sous les deux espèces, se fondant principalement sur le texte de saint Jean (vi, 54) et sur des passaj^es des saints Pères. Il avait déjà paru avant Jacobellus un long écrit d'un anonyme où on voyait les mêmes objections, les mêmes démonstrations et le même style que dans le Traité de Broda ; ce qui le lit attribuer à ce docteur. Voy., pour la manière dont Broda défend sa thèse, le Diction, encyclop. de la théol. cnthol.
BRODEAÙ (Pierre-Julien), tils du savant iurisc. Juhen Brodeau, et qui est mort en 171l,a laissé, entre autres ouvrages : 1" Preuves des existences et nouveau système de l'univers, ou Idée d'une nouvelle philosophie ; Paris, 1702, in-S»; — 2" Moralité curieuse sur les six premiers jours de la création; Tours, 1703. Voy. la Nouti. Biogr.
BROOLIE (Maurice-Jean-Madeleine de), évêq. de Gand, né en 17G6 d'une famille originaire de Quiers en Piémont, mort à Paris en 18'21, faisait ses études ecclésiastifjues au séminaire de Saint- Sulpice, lorsque la révolution l'obligea de quitter la France avec son père, qui se rendit à Berlin. Bentré en France , il fut nommé en 1805 à levèclié d'Acqui , et en 1807 à celui de Gand. En 1811, dans le concile national du 9 juillet, leipiel avait été convoqué pour aviser au moyen d'instituer les évèques sans avoir recours au Saint-Siège , il s'opposa constamment aux mesures proposées ; aussi le l'2, c'est-à-dire le lendemain de la clôture de ce concile, fut-il arrêté et enfermé, ainsi que les évêques de Troyes et de Tournai, au donjon de Vincennes. Après
3uatre mois et demi de captivité, il donna sa émission qu'on lui demandait, et il fut exilé à Beaune, puis dans l'ile de Sainte -Marguerite, sur les côtes de Provence. En 1813 on lui donna un successeur au siège de Gand. En 1814, à la cimte de Napoléon, sa démission ayant été considérée comme nulle , il retourna dans son diocèse au milieu des témoignages de la joie la plus vive. Cependant la réunion de la Belgique à la Hollande lui suscita de nouvelles persécutions; sa fermeté inébranlable dans tout ce qui touche aux intérêts de la religion ne se démentit pas un seul instant. Bientôt placé sous le coup d'un mandat d'arrêt, il protesta vainement contre la procédure ; le tribunal de Bruxelles , par aiTêt du 8 novembre 1817, le condamna à la déportation, et l'arrêt fut attaché par la main du bourreau entre ceux de deux voleurs exposés pour leurs crimes. Enfin, à la suite d'une forte maladie, il rendit sa grande et belle âme à Dieu, vénéré de tous par son savoir et la grande austérité de ses mœurs. Alors, comme il arrive malheureusement trop souvent en pareilles circonstances, il y eut dans le clergé des hommes dits modérés, qui , esclaves de la puissance civile, accusaient le digne prélat d'exagération dans sa conduite vis-à-vis de l'État j mais cette prétendue exagération trouva sa justification complète dans une note officielle dans laquelle Pie VII disait au ministre des Pays-Bas résidant à Bome, que « la nouvelle loi fondamentale contenant des erreurs contraires à la religion catholique , la résistance des évêques ne pouvait êtie blâmée avec justice, et qu'on ne pouvait exiger des serments contraires a la conscience. »
Les écrits de Mgr de Broglie offrent un vif intérêt, soit par leur mérite intrinsèque , soit par la nature des circonstances elles-mêmes; ils sont au nombre de cinq : \° Adresse au roi; \%\'ô, 28 juillet; cette adresse est signée par les évêques de Tournai , de Namur et de Gand , et par les grands vicaires de Matines et de Liège ; — 2" une Instruction pastorale, en français et en flamand; 1815, 2 août; — 3° un Jugement doC' trinal des évèques des Pays-Bas sur le serment prescrit; — 4° une Représentation sur l'introduction de certains ouvrages funestes dans l'enseignement, et sur ses craintes relativement au sort des séminaires épiscopaux; — 5" Réclamation respectueuse adressée à LL. MM. les empereurs d'Autriche et de Ru.<isie, et le roi de Prusse relativement à l'état des affaires religieuses en Belgique ; datée de Beaune, 1818, 4 octobre, imprimée en 1859. Voy. l'Ami de la Religion et du Roi, tom. XXXVIÏI. Feller, Biogr. univers.
BROKESBY (François), anglican, né dans le comté de Leicester, mort vers 1718, fut pasteur à Bowley. Il a publié, entre autres ouvrages : 1" Vie de Jésus-Christ; — ,2" Histoire du gouvernement de la primitive Eglise pendant les trois premiers siècles et le commencement du iv^, en anglais; Londres, 1712, in-8». Voy. Richard et Giraud.
BROKMANN (Jean-Henri), prévôt de la cathédrale de Munster, né en 1767 à Liesborn, dans le diocèse de Munster, mort l'an 1837, fut successivement professeur au gymnase de Saint- Paul à Munster, professeur de morale à la faculté de philosophie, et succéda au célèbre prédicateur et doyen Albers dans la chaire de théologie pastorale. Il devint lui-même prédicateur distingué. Durant une épidémie qui ravagea Munster, il montra un zèle et une charité vraiment apostoliques. Ses ouvrages les plus importants sont, outre son Manuel de l'Histoire ancienne : i" Homélies et Sermons pour les dimanches et fêtes de toute Vannée, et sur la Passion de Notre-Seigneur ; Munster, 1826-1830, 1836,5vol.;
— 2" Avis sur l'administration desparoisses dans l'Église catholique, d'après les besoins de notre temps; — 3» plusieurs Discours synodaux, en latin ; — 4" une édition de la Philosophie morale de Veberwasser ; Munster, 1814, 1815, 3 vol. ; — 5° une traduction du Combat spirituel et de plusieurs autres ouvrages. Voy. Vedinck , dans le Diction, encyclopéd. de la théolog. cathol.