MERS
III. CAMERARIUS (Joachim) ou CAMMER- MEISTER, LIEBHARD, célèbre érudit, né à Bamberg en 1500, mort à Leipzig en 1574. Il se lia d'amitié avec Mélanchthon, qui le chargea de professer la langue grecque au collège de Nuremberg. Le duc de \Yurtemberg le chargea de rétablir l'université de Tubingue, et il rendit également son premier lustre à l'université de
Leipzig. Il a laissé un grand nombre d'écrits ; ils ne sont pas pleins de liel contre les catholiques romains , comme le sont ceux de la plupart des luthériens de son temps. Nous citerons seulement : l» Vita Philippi Melanchthonù , in quu conspicere licet historiam primœ reformationis Ecclesiœ , multasque alias res memorahiles scituque dignissimas- Leipzig, 1556, in -8°; réimprimées plusieurs fois depuis ; — 2" Histch rica narrât io de fratrum orthodoxorum Ecclesiis in Bohemia, Moravia et Polonia; Francfort, 1625, in-8»; — 3" Disputatio de Piis et catholicis, atque orthodoxis precibus et invocationibus Numinis divini , etc.; 1560, in-S» ; — 40 Catechesis , seu initia doctrines in Ecclesia Christi, grœce et latine; Leipzig, 1563, in-S" ; — 5» Historiée Jesu Christi, Fiiii Dei , nati in terris matre sanctissima semper virgine Maria , summatim relata expositio, etc.; Leipzig, 1566, in-S". Voy. Fabricius, Biblioth. Grœc, tom. XIII, p. 495. Huet, de Claris interpretibus . Le P. Nicéron, Mémoires des hommes illustres, tom. XIX, p. "76 et suiv. Richard et Giraud, qui font connaître la plupart des autres écrits de Camerarius. Il faut remarquer que tous les ouvrages du savant luthérien ont été condamnés spécialement par Clément VIII ; mais qu'indépendamment de cette condamnation spéciale, il en est une autre qui frappe généralement tous les ouvrages des hérétiques qui traitent de religion; libri qui de Religione qmdem ex professa tractant, omnino damnaniur (Ind. Reg. II).
CAMÉRIER {camerarius), nom que l'on donne aux officiers de la chambre d'un pape, d'un cardinal ou d'un prélat italien, qu'on appelle autrement maître de chambre. Le pape en a deux : l'un est chargé des aumônes , et l'autre de la garde de l'argenterie, des joyaux et des reliquaires. Chez les chanoines et les moines, il y a des camériers qu'on nomme chambriers ; c'est un office claustral dans les abbayes. Voy. Banier, Histoire des Cérémonies religieuses, tom. I, p. 326. D. Macri, Hierolexicon, ad voc. Camerarius.
CAMÉRINO (Camarinum, Camerinum, Camers), ville épisc. d'Italie dans les monts Apennins. L'évéque relève immédiatement du Saint- Siège. Le premier évêque de cette ville fut Léonce, martyrisé dans la persécution de Dèce vers l'an 254. Voy. UgheUi, Ital. Sacr., tom. I, p. 546, et tom. X, p. 251.
CAMERLINGUE (camerarius bcclesiœ), dérivé de l'allemand kammerling , maître de la chambre ou trésorier. Il y a deux camerlingues à Rome : celui du pape et celui des cardinaux. Le premier est un cardinal qui préside à la chambre apostolique, qui administre la justice, et qui a la airection des domaines du pape ; cette dignité est à vie. Le second est un cardinal nommé tous les ans par le sacré collège pour recevoir les revenus qui appartiennent en commun au collège des cardinaux et en faire la distribution par portions égales. Voy. Aimon, Tableau de la cour de Rome. Banier, Cérém. relig., tom. I", p. 329.
CAMÉRON (Jean), théologien protestant , né à Glasgow vers 1580, mort à Montauban vers 1626. Il exerça les fonctions de pasteur à Bordeaux , et professa la théologie à l'académie de Saumur; il retourna en Angleterre, où il fut nommé directeur du collège de Glasgow ; mais ses compatriotes le voyaient avec défiance; aussi revint-il à Saumur, où il donna des leçons particulières de théologie. En 1624 il fut appelé a la chaire de théologie de Montauban; et comme sur certains points il se rapprochait beaucoup
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de la doctrine catholique , il fut persécuté par ses coreligionnaires. On lui doit, entre autres ouvrages : 1" Thèses de gratia et libero arbitno, etc.; Saumur, 1618, in-S"; — 2° Thèses XLII theologiœ de necessitate satisfactionis Christipro peccatis; ibid., 1620, in -fol.; — 3» Prœlectiones theologicœ in selectiora quœaam loca N. T., una cum tractatu de Ecclesia et nonnullis miscellaneis opusculis; ibid., 1626-1628, 3 vol. in-4'', et dans les Critici sacri; Londres, 1660, in-fol.; — 4" plusieurs autres écrits, dont on trouve la liste complète dans la Nouv. Biogr. génér. Voy. Moréri, édit. de 1759. Richard et Giraud, , CAMÉRONIENS. On a donné ce nom en Ecosse, dans le xvii« siècle, à une secte qui avait pour chef un certain Archibald Caméron, ministre presbytérien. Cette secte, qui excita plusieurs fois des troubles en Ecosse, donnait dans des erreurs à peu près les mêmes que celles d'Arminius, chef des Remontrants, touchant la grâce, la liberté, etc. Voy. Bossuet, Histoire des variations. Herman, Histoire des hérésies, t. II, p. 83. Beriiier, Diction, de théol.
CAMERS. Voy. Camérino.
CAMICËTA, siège épisc. d'Afrique. Datianus, un de ses évéques, assista et souscrivit au concile de Cabarsuse.
CAMILLE DE LELLIS. Voy. Lellis.
GAMIN ou CAMMIN {Caminum), ancienne ville épisc. d'Allemagne située dans la Poméranie ultérieure ou brandebourgeoise, sur une des bouches de l'Oder. Cette ville, bâtie sur les ruines de Jullin, détruite en 1173, hérita de l'évêché de cette dernière cité. Elle fut d'abord suffragante de Bamberg, puis de Magdebourg, ensuite de Gnesne; et, en 1356, Clément VI la soumit directement au Saint-Siège. Cet évêché fut éteint en 1648, et érigé en duché. Voy. Hist. eccle's. d'Allem., tom. II, p. 807 et suiv. Richard et Giraud.
CAMINIECK, ville épisc. de Pologne dans la Russie rouge et capitale de la Podolie. Elle est suffragante de Léopol.. Voy. Richard et Giraud,
CAMINUS, dans l'Écriture sainte ne signifie pas une cheminée comme les nôtres , mais bien une fournaise ou un brasier, suivant les passages où ce mot se trouve. Caminus se prend aussi quelquefois au figuré. Voy. D.Calmet, Diction, de la Bible, au mot Cheminée.
CAMISARDS , calvinistes rebelles et fanatiques des Cévennes du xviii« siècle, ainsi appelés probablement à cause de la chemise qu'ils portaient sur leurs habits, et nommée camise en patois languedocien. Leur chef, vieux calviniste, appelé Du Serre, prit avec lui quinze jeunes garçons, et sa femme autant de jeunes tilles pour en faire des prophètes et des prophétesses. Ils étaient ennemis jurés de tout ce qui portait le nom et le caractère de catholique romain; ils se persuadaient qu'il y avait du mérite devant Dieu à massacrer les prêtres et à brûler les églises. Ils furent convaincus d'imposture à Genève ; mais la sédition qu'ils avaient causée ne fut apaisée qu'en 1709. Voy. M. de Brueys , Hist. du fanât, de notre temps. Richard et Giraud. Le Diction, eccle's. et canon, portatif.
CAMMARATA (Philippe), jurisc, né à Palerme, mort en 1675, a laissé, entre autres ouvrages : 1" Juridicum discrimen inter episcopos , abbates et regulares, etc.; — 2° Propugnaculum veritatis contra monasteriorum successionem in primogeniis, etc.; — 3" Responsa decisiva ; ouvrage qui a été mis kV Index (Decr. 1 dec. 1687). Voy. Mongitore, Bibiioth. Sicula. Supplém. franc, de Bûle.
CAMMERHOF (Jean), luthérien, né à Bruns-
wick, mort en Poméranie au milieu du xvii» siècle, exerça d'abord les fonctions de pasteur, et dirigea ensuite l'école latine d'Eisleben. On a de lui , entre autres ouvrages : 1" Orthotomia theologica, sive idea systematis theoL; "Wittemberg, 1669, in-4"; — 2° Catechismus practicus; Eisleben, 1669, in-4''. Voy. Ia Nouv. Biogr. génér.
CAMMERMEISTER. Voy. Camérarius.
CAMMIN. Voy. Camin.
I. CAMON , ville au delà du Jourdain, dans le pays de Galaad. Jaïr, juge d'Israël, y fut enterré. Voy. Juges, x, 5.
II. CAMON, ville au deçà du Jourdain, dans le Grand-Champ , à six milles de Légion , vers le septentrion. Voy. Eusèbe, in Onomast.
CAMPAGI , bas particuliers dont les évêques et les prêtres se servaient autrefois à l'autel. Le Pape permettait aux diacres de Rome et de quelques autres églises de s'en servir. Voy. S. Grégor., 1. VII, epist. XXVIII. Bocquillot, Liturgia sacra, p. 165. D. Macii, Hierolexicon, ad
VOC. COMPAGI.
CAMPAGNA (Campania), ville épisc. de Naples dans la Principauté Citérieure. Clément VII î'érigea en évêché le 19 juillet 1525, et le soumit à Salerne en l'unissant à Sutri. Mais en 1818 Pie VII, par ses lettres apostoliques en date des calendes de juillet , supprima le siège de Sa tri et l'unit à Campagna , qui passa sous l'administration de l'archevêque de Conza. Voy. De Commanville, 7" Table alphabet., p. 54. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. VII, p. 97, 98.
CAMPAGNOLA (Barthélémy), jurisc. italien du xviiie siècle. Il était chancelier du chapitre diocésain de Vérone , et a laissé : Liber civilù urbis Veronœ, etc., addiio in fine opusculo de Vita et translatione S. Metronis et duabus epistolis Ratherii, episcopi Fe^wîe^^îs; Vérone, 1728, in-4". Voy. la Nouv. Biogr. génér.
CAMPA NELLA (Thomas), dominicain, né à Stilo dans la basse Calabre en 1568, mort en 1639. Il était très-versé dans la physique, la médecine, l'astronomie, et son vaste savoir embrassait toutes les connaissances humaines. La liberté avec laquelle il parlait des malheurs publics lui créèrent de puissants ennemis, qui le firent jeter en prison comme un criminel d'État; rendu enfin à la liberté, il finit ses jours à Paris. Campanella avait beaucoup d'esprit, peu de jugement, et manquait de retenue et de modération. Quant à ses ouvrages , qui traitent de philosophie, de mathématiques, de médecine, d'astrologie, de politique, etc., le nombre en est prodigieux. Il y en a aussi quelques-uns sur la théologie et les matières ecclésiastiques, tels que : 1" Theologiœ practicœ partes quatuor, etc.;
— 2° Dialogus politicus contra hœreticos nostri temporis; — S» Cento Thomisticus de prœdestinatione et reprobatione, auxiliis, libero arbitrio, adversus pseudo Thomistas, etc.; — i" Atheismus triumphatus ; Rome, 1631, in-fol.; Paris, 1636, in-4°; qui, a-t-on dit, aurait dû être intitulé Atheus triumphans, tant sont faibles les réponses aux arguments que l'auteur prête aux athées;
— h^Monarchia Messiœ;\Ç8)i , in-4"; ouvrage jugé et apprécié comme le précédent. Dans \ Index librorum prohibitorum on lit le nom du savant dominicain parmi les auteurs condamnés, accompagné de cette observation : Opéra, quœ Bornée impressa, aut approbata non sunt, cum Auctor pro suis ea non agnoscat (Decr. 21 aprilis 1632). Voy. Ech&rd, Scriptor. Ord. Vrœdic, t. II, p. 305 et suiv. Le P. Touron, Homm. illustr. de l'Ordre de Saint-Dominique, tom. V, p. 225 et suiv. Nicéron , Mémoires, t. Vll. Richard et Giraud. Ye\\ti\Biogr.univ. La Nouv. Biogr. génér.
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I. CAMPANI, en latin Campanus (Jean), né dans le duché de Juliers au xvi« siècle , adopta les erreurs de Michel Servet sur le mystère de la sainte Trinité, et eut lui-même des disciples que l'on nomma Campanites. Voy. Sponde, ad ann. 1531.
II. CAMPANI, en latin Cawpû«iw (Jean-Antoine), évéque de Téiamo dans TAbnizze ultérieure, vivait au xve siècle. Il a laissé : 1" PU H pontificis maiimi vita: — 2" rfe Regendo magistratu; — 3° de Dignitate matrimonii : Leipzig, 1734, in-S»; — 4» un grand nombre de Lettres adressées à Jacques Piccolomini,card. de Pavie, parmi les lettres de ce dernier; Francfort, 1614, in-fol. Voy. Paul Jove, in Elog. doct.. c. xxu. Le Mire. Sponde.