II. CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ
C'est le nom qu'on a donné en France à la loi du 12 juillet -24 août 1790, loi qui renferme des dispositions schismatiques et hérétiques, en même temps qu'elle attaque dans ses principaux articles la hiérarchie de l'Église et son unité. C'est ainsi, par exemple, qu'elle supprime les anciens diocèses pour en faire une nouvelle circonscription sans le concours de l'autorité ecclésiastique (art. 1 et 2). Elle décrète que les évêques seront nommés par les assemblées populaires et confirmés par les métropolitains, sans recourir au Saint-Siège pour l'institution canonique (art. 1-3, 14-19, titre II). L'administration des diocèses appartient de droit à un conseil de prêtres dont les évêques ne sont que les présidents (art. 4, titre I"). L'administration d'un siège vacant doit appartenir de plein droit au premier vicaire de la cathédrale, et, à son défaut, au second (art. 41 , titre II). Les curés doivent être nommés par les électeurs laïques, et ce titre de nomination doit leur suflire pour exercer validement leurs fonctions (art. 25, 35- 37, titre II). En outre tous les membres du clergé, évêques, curés et autres ayant titre de bénéfices ou de fonctions, sont obligés de prêter le serment de m^m\.en\r\A constitutioti décrétée , sous peine de destitution, opérée par le seul fait du refus de serment. — Aussitôt que Pie VI fut informé des premiers articles décrétés par l'Assemblée nationale, il ordonna des prières publiques à Rome, et il engagea Louis XVI à refuser sa sanction à ces articles. Les tentatives du saint Pontife n'eurent aucun succès auprès du trop faible monarque, qui cependant s'en repentit amèrement plus tard. La constitution civile reçut son exécution. Des évêques et des prêtres intrus et assermentés s'emparèrent des diocèses et des paroisses. Le Pape réclama contre cet abus sacrilège et frappa des peines canoniques tous les prévaricateurs. Cependant on vit quelques exemples de retour à l'unité, et ces exemples se multiplièrent à l'époque du concordat, de manière que le nombre des ecclésiastiques
qui persévérèrent dans le schisme fut relativement très-petit. Voy. Richard et Giraud, qui rapportent le texte même de la Constitution civile, ainsi que l'abbé André et le Diction, de la théol. cathol.; mais on trouve de plus, dans ces deux derniers, un long extrait de l'excellent écrit du cardinal de La Luzerne intitulé /nA'^/•Mction pastorale sur le schisme de France. Voy. aussi Bergier (Diction, de théol.), qui fait de justes réflexions sur la Constitution civile, et qui prouve en particulier qu'elle est évidemment hérétique et évidemment schismatiqup,
III. CONSTITUTION DE RENTE. C'est une manière légitime de faire valoir l'argent. On a douté quelque temps si l'Église pouvait l'autoriser; mais maintenant il n'y a plus de doute, puisqu'elle a été formellement autorisée par les constitutions de Martin V, de Calixte III et de Pie V. La constitution de rente diffère essentiellement du prêt, en ce que le fonds principal est aliéné à perpétuité, sans qu'il y ait aucun droit de le répéter tant qu'il y a sûreté pour le payement des arrérages. Voy. l'abbé André, Cours alphabet, de droit canon.
CONSTITUTIONNELS. On appelle ainsi les évêques et les prêtres, tant séculiers que réguliers , qui adhérèrent à la Constitution civile du clergé de France décrétée par l'Assemblée nationale, et ceux qui furent ensuite ordonnés prêtres et évêques en vertu de cette même constitution, Voq. l'art, précédent. •
I, CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES. Voy.
Droit canon.
II, CONSTITUTIONS CIVILES. Ce sont les lois établies par le prince, par les magistrats ou par le peuple. Plusieurs canons établissent comme une maxime que les lois civiles doivent céder aux lois ecclésiastiques ; qu'elles n'ont aucune autorité quand elles se trouvent contraires aux saints canons , aux décrets des souverains Pontifes et aux bonnes mœurs; mais qu'on peut, et qu'on doit même s'en servir, lorsque, ne contenant que des dispositions sages, elles peuvent être utiles à l'Église (C. i, dist. 20. C. VII, eâd. dist.). Bien plus, si la loi civile est juste et utile au bien commun, les clercs étant citoyens et membres de la république , doivent être soumis à la loi commune ex dictamine et vi directiva rationis tantum. C'est la doctrine de Fagnan,de Covarruvias et de plusieurs autres docteurs.
III, CONSTITUTIONS ECCLÉSIASTIQUES, Les canonistes en distinguent trois sortes : l"les ordonnances des conciles, qu'on appelle plus ordinairement canons; 2" les décrets des Papes et même des évêques; 3° les sentences des Pères. Ils distinguent aussi trois sortes de constitutions des Papes : 1° les décrets: 2'^ les décrétuley; 3" les rescrits. Les décrets soni des règlements que le Pape fait sans avoir été consulté par aucune personne; les dccrctales , des constitutions faites par les Papes à la prière ou sur la relation des évêques, ou de quelques autres personnes qui se sont adressées au Saint-Siège pour la décision d'une affaire ecclésiastique; et les rescrits, des lettres apostoliques sur papier. Voq. Rescrits.
CONSUBSTANTI ALITÉ (Consubsta?dialitas) , égalité, identité de substance. Voy. Consubstantiel.
CONSUBSTANTIATEUR, celui qui croit le Verbe, le Fils de Dieu consubstantiel à son Père. Lorsque, dans le premier concile de Nicée, l'Église eut consacré le mot consubstantiel pour désigner la parfaite égalité du Fils avec le Père, les ariens appelèrent les catholiques homousiens, c'est-à-dire consubstantiutews .
CONT
CONT
CONSUBSTANTIATION , Jans le langage luthérien , signifie la simultanéité de la présence de Jésus-Christ et de la substance du pain dans l'Eucharistie après la consécration. Ainsi , selon les luthériens, après la consécration, le corps et le sang de Jésus-Christ sont réellement présents avec la substance du pain, et sans que celle-ci soit détruite. C'est ce que les catholirjues nomment impanation. Il parait qu'aujourd hui les luthériens croient pour la plupart que Jésus-Christ est dans lEucharistie, non d'une manière permanente, mais seulement au moment où on le reçoit. Voy. Bergier, Diction, de théol.
CONSUBSTANTIEL {Conmhstantialis), coessentiel, égal en substance, qui n'a qu'une même substance avec un autre. L'Église a adopté ce terme dans le premier concile de Nicée, et elle Ta conservé dans le symbole pour signifier que le Fils de Dieu est parfaitement en tout égal à son Père et n'a qu'une même substance avec lui. Voy. Trimtk.
CONSULTEURS, nom qu'on donne à Rome à des théologiens chargés par le Souverain Pontife d'examiner les livres et les propositions déférées à son tribunal ; ils en rendent compte dans les congrégations où ils ont seulement voix consultative. Dans quelques ordres monastiques, on nomme aussi con.mlteurs des religieux chargés de transmettre des avis au général , et qui sont comme son conseil. Voy., sur les diverses questions qui se rattachent aux consulteurs , l'abbé Stremler, Traité des peines ecclés., etc., p. 505 et suiv.
CONTANT ou CONSTANT DE LA MOLETTE (Philippe de), grand vicaire du diocèse de Vienne, né à la Côte -Saint- André l'an 1737, mort en 1793, prit le bonnet de docteur l'an 1765, et se livra à l'étude des langues orientales. 11 soutint mie thèse sur lÉcriture sainte en six langues. On a de lui : 1° Essai sur l'Ecriture sainte, etc.; 1775, in -12; — l" Nouvelle méthode pour entrer dans le vrai sens de l'Écriture sainte ; Alll ,'2 \ol. in-12 ; — dP la Genèse expliquée d'après les textes primitifs, etc.; 1777, 8 vol. in-12; — 4" FExode expliquée; 1780, 3 vol. in-12; — 5° les Psaumes expliqués: 1781, 3 vol. in-12; — 6» Traité sur la jaoésie et la musique des Hébreux; 1781, in-12: — /° Nouvelle Bible polyglotte: 1 vol. in-i». Voy. Feller. Bioyr. univers. Richard et Giraud.
CONTARINI (Gaspard), cardinal et évêque de Bellune, né l'an 1483, mort l'an 15i2, fut chargé de plusieurs missions diplomatiques ; l'an 1527, il négocia la liberté de Clément VII, prisonnier de Charles-Quint, et, lan 1535, Paul III lenvoya en qualité de légat à la diète de Ratisbonne.On a de lui : 1° un Traité de l'immortalité de l'âme;
— 2» Quatre livres des sept Sacrements : — 3° des Scholies sur les Épitres de saint Paul; — 4" du Devoir des évéques; — 5" un Catéchisme : — 6° une Somme des conciles les plus retnarquables ;
— 7° un Traité de la puissance du Pape. Tous ces ouvrages , écrits en latin , ont paru à Paris en 1571. Il a laissé, en outre, des ouvrages de philosophie et de politique , parmi lesquels on estime surtout celui qui a pour titre de Optimi Antistitis officio, parce qu'il renferme des maximes et des préceptes très-utiles. On fait encore beaucoup de cas de ses Notes sur les endroits difficiles des Epitres de saint Paul: notes dans lesquelles il explique très-bien le sens littéral. Voy. Jean de La Case, Vie du cardinal Contarini. Richard et Giraud.
CONTAT (D. Jérome-Joachim LE), supérieur des bénédictins de Saint-Maur,né en Champagne l'an 1(507, mort à l'abbaye de Bourgueil l'an Ib'JO, a laissé : 1» Exercices spirituels pour les supé-
rieurs des familles religieuses: Reunes, 1653; — 2° Exercices spirituels pour les bénédictins; ibid., 1662 et 1703, in -8°, » édit.; — 3» Image d'ur supérieur accompli dans la personne de saint Benoit, à Tours ; 1656 ; — 4» Conférences ou Exhortations monastiques pour tous les dimanches de Fannée; Rennes, 1671, et Paris, in-4'>. Voy. D. Le Cerf, Biblioth. hist. et crit. des aut. de la congr. de Saint-Maur.
CONTELORIO (Félix), docteur en théologie . vivait au commencement du xvn« siècle, et était garde de la bibliothèque Vaticane. On lui doit : 1» Discours sur la Divinité, sur la Trinité et sur r Ascension de Notre - Seigneur ; Rome, 1614 et 1616; — 2" Si' un clerc peut être tiré d'un lieu sacré dans les cas où on ne peut en tirer un laïque;
— 3° de la Canonisation des saints; Lyon, 1634;
— 4" Catalogue des cardinaux, depuis l'an 1294 jusqu'en 14;%: Rome, 1641.
CONTEMPLATIF, personne qui s'applique à la contemjilittion. Voy. CONTEMPLATION.
CONTEMPLATION est, dans le sens mystique, un regard simple et amoureux de Dieu et de ses mystères par le secours de la grâce ou des dons au Saint-Esprit. Elle a, pour sa fin, l'amour et la connaissance de Dieu: pour principe, la grâce et les dons du Saint-Esprit. On distingue deux sortes de contemplation : l'acquise et l'infuse. Il y a plusieurs états de contemplation : le premier est celui dans lequel on contemple Dieu par le moyen des choses sensibles; le second, dans lequel on le contemple par les choses spirituelles ; le troisième est celui de pure contemplation ; le quatrième , celui qu'on appelle contemplation de Dieu dans les ténèbres; le cinquième est celui d'union parfaite avec Dieu. Voy. le P. Honoré de Sainte -Marie, Tradition des Pères sur la contemplation. Richard et Giraud, qui traitent : 1» de la Nature de lacontemplation: 2" des Différentes sortes de contemplation; 3<* des États de la contemplation; 4" des Avantages de la contemplation; b°des Dispasitions à la contemplation : 6» des Marques pour passer de la méditation à la contemplation ;!'> des Abus de la contemplation et de leurs remèdes; 8° des Peines ou éprruves de la contemplation.
CONTENDANT. Voy. Concours.
CONTENSON (Vincent), dominicain, né dans le Condomois l'an 1641, mort l'an 1674, professa la philosophie à Albi, et la théologie à Toulouse. On a de lui : Theologia mentis et cordis; Lyon, 1675, 9 vol. in-12, et 1687, 2 vol. in-fol. Voy. Echard, Scripior. Ord. Prœdic. Le P. Touron, Homm. illust. de l'Ord. de S.~Dominiq., tom. V, p. 498.'Moréri, Diction, histor. Richard et Giraud.
CONTESTATION, terme liturgique qui, dans l'ancienne liturgie gallicane, désignait la partie de la messe qui répondait à notre préface. On rappelait encore illation et immolation. La contestation changeait à chaque messe, comme les autres oraisons , et contenait en abrégé l'explication du mystère ou la vie du saint qu'on nonorait. Voy. le P. Lebrun , Explic. de la messe , tom. II, p. 258.
CONTEXTE , en théologie , signifie : le texte de l'Écriture sainte ou d'un auteur quelconque ; 2" ce qui précède ou ce qui suit im passage , ou un autre endroit qui y a du rapport; dans ce sens , on dit : Pour bien entendre le texte il faut consulter le contexte.