‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 642 sur 1220 · DENT · texte numérisé non relu

DENT

signifier ici simplement laissa faire. Ou bien on peut dire que le dénombrement d'Israël n'étant point par lui-même un mal, Dieu a pu y exciter réellement David sans participer pour cela à la malice du démon, qui, de son côté, y porta aussi ce prince (I Paralip.. xxi,l),et sans approuver, soit l'extension illégitime qu'il voulut donner à ce recensement, soit les dispositions avec lesquelles il l'exécuta. Voij. les détails que donnent à ce sujet Bergier, dans son Diction, de théoL, et les interprètes catholiques dans leurs commentaires sur ce passage.

II. DÉNOMBREMENT ou RECENSEMENT DE QUIRINUS. On lit dans l'Évangile de saint Luc (Ujlï 2), d'après la Vulgate, que César Auguste ordonna de faire le dénombrement de tout l'empire , que ce premier recensement fut fait par Cyrinus ou Quirinus, gouverneur de Syrie, et que Jésus vint au monde à cette époque. Les adversaires de la véracité de nos livres saints ont objecté : 1" que Tacite et Suétone, les plus exacts de tous les historiens, ne disent pas un seul mot de ce dénombrement, qui assurément eût été un événement bien singulier, puisqu'il n'y en eut jamais dans tout l'empire; du moins aucun auteur ne rapporte qu'il y en ait eu ; 2" que Cyrinus ne vint dans la Syrie que dix ans après le temps marqué par saint Luc, et qu'elle était alors gouvernée par Quintilius Varus, comme Tacite le rapporte, et comme il est confirmé par les médailles. Mais on peut répondre à la première objection que Dion est le seul écrivain qui ait fait une histoire exacte d'Auguste, et que nous avons perdu les dix années de son histoire où ce dénombrement aurait dû être marqué , depuis 748 de Rome jusqu'en 758. 11 faut bien, au contraire, que ce fût un fait célèbre, puisque saint Justin et TertuUien renvoient les païens et les hérétiques aux registres qui s'en conservaient encore de leur temps. Enfin Tacite, Suétone et Dion Cassius nous font connaître un mémoire composé par Auguste, mémoire où étaient marquées toutes les forces de l'État, combien il y avait de citoyens et d'alliés dans les armées , combien de royaumes (soumis et alliés), combien de provinces, combien de tribus et d'im- Eôls, combien de charges et de dépenses, comien de soldats sous les drapeaux, combien d'argent dans le trésor de l'État, et toutes les autres choses semblables qui importent au gouvernement de l'empire (Tac, ^?ma/., i, 11. buet., August., 101. Dio. Cass., Lvi, 33). Or toutes ces notions réunies ne supposent-elles pas de la part du prince une vaste enquête , ordonnée et exécutée dans tous les pays soumis ou alliés, en un mot, le recensement même qu'on prétend nier à cause du silence de ces historiens? Quant à la seconde objection, les interprètes ont proposé plusieurs manières de la résoudre, et, quoique sujettes elles-mêmes à quelques diflicultés , ces solutions ne doivent pas , en bonne critique, être rejetées, parce que, après tout, on ne peut en démontrer la fausseté. Outre ces solutions , il en est une autre qui paraît incontestable, et qui par là même a été donnée par un grand nombre de critiques très-distingués, tels qu'Érasme, Schmidius, Bynœus, Leclerc, Perizonius , Storrius , Bolten , Kuinœl, Tholuck Huschke, etc., et qui consiste à traduire le texte grec : Autê é apographê prêté égénéto êgémoneuontos tés Surias Kurêniou, par : Ce dénombrement se fit premier que (ou avant que) Cyrinus fût gouverneur de la Syrie. Il est incontestable, en effet, que prôtos ou premier signilie aussi antérieur, le premier de deux, avant, auparavant ; car, sans parler des auteurs profanes, où les exemples

abondent, nous lisons dans l'Évangile de saint Jean : Parce qu'il était premier que moi, littér. premier de moi, c'est-à-dire avant moi (i, 15); et : // m'a haï premier que vous, littér. premier de vous, c'est-à-dire ava7it vous (xv, 18). Voy. J.-B. Glaire, Introd., etc., tom. IV, p. 294. Les Livres saints vengés, tom. II, p. 448 et suiv., et H. Wallon, de la Croyance due à l'Évangile; excellent ouvrage où la question est traitée avec plus de développements.

DÉNONCIATEUR ou DÉLATEUR, celui qui fait en justice la déclaration du crime de quelqu'un; si le dénonciateur ne peut pas fournir la preuve de ce qu'il avance, il est ordinairement puni par la suspension de ses offices ou de ses bénéfices. (C. i et ii, caus.5, q. 2; caus. 2, ^. 3, tôt. c. fin. de Calumn.) Voy., sur ce qui se pratiquait autrefois en France relativement au dénonciateur, le Diction, ecclés. et canon, portatif.

DÉNONCIATION ou DÉLATION (Denunciatio), se divise en évangélique et en judiciaire. La dénonciation évangélique est celle qui se fait au supérieur comme a un père, pour l'amendement d'un coupable; aussi, avant de le dénoncer, il faut l'avertir, afin qu'il se corrige. La dénonciation judiciaire est celle qui se fait au supérieur comme à un juge; si le supérieur est un ecclésiastique, c'est une dénonciation canonique, et elle est ainsi nommée parce qu'elle a été introduite par les canons pour empêcher ou pour réparer le mal. Voy. Accusateur , Accusation, Correction fraternelle. Voy. aussi, sur la Dénonciation des hérétiques en particulier, L. Ferrarïs, Prompta Biblioth., ad voc. De-

NUNCIATIO.

DENT (Maximilien LE), jésuite, né en Flandre l'an 1G19, mort à Bruxelles en 1688, professa pendant plusieurs années la théologie à Louvain, où il devint préfet des études et recteur du collège de sa compagnie. On a de lui : i''de Attritione ex metu gehennœ , ejusque cum sacramento Pœnitentiœ sufficientia ; Malines,1667, in-4"; — 2" Responsio ad Epistolam ex patr. christiani Lupi,pro sufficientia attritionis cum sacramento; ibid., 1668, in-4°; — 3° Responsio ad Apologiam ex P. Farvacquez, de sacramento Pœnitentiœ; ibid., 1669, in-4''. Voy. André-Valère, Biblioth. Belg., tom. II, p. 881, édit. de 1739, in-4".

DENTAND (Jean), théologien protestant genevois du xviii" siècle, a publié des extraits de l'Ancien et du Nouveau Testament, sous ce titre : Recueil de passages de l'Écriture sainte; Genève, 1739, in-8". Vot/. la Nouv. Biogr. génér.

DENTLIN (saint), fils de saint Mauger, autrement de saint Vincent de Soignies et de sainte Vaudru de Mons. Il était frère de saint Landri , de sainte Audru et de sainte Mauberte, et neveu de sainte Aldegonde de Maubeuge. Il mourut très-jeune encore, immédiatement après avoir reçu le baptême, et les miracles qu'il opéra après sa mort lui ont fait décerner un culte religieux. L'Église de Rez, petite ville du duché de Clèves, qui possède son corps, l'a choisi pour son patron et l'honore le 14 juillet. Voy. Henschénius, au 16 mars. Richard et Giraud.

DENTRECOLLES (François-Xavier), jésuite, né à Lyon l'an 1664, mort l'an 1741, se consacra à la mission de la Chine, où pendant dix ans il fut supérieur de la maison de sa compagnie. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages en langue chinoise, soit pour persuader la vérité de la rehgion chrétienne aux Chinois, encore gentils, soit pour maintenir les fidèles dans la piété; et, en outre, plusieurs lettres imprimées dans le recueil des Lettres édifiantes et curieuses, et dans VHistoire de la Chine du P. Duhalde.

DENY

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DENYAU, en \dit\n Denyaldus ou DenwWiw (Robert), théologien français du xvii« siècle, a laissé, entre autres écrits : 1» Rotomagensis cathedra, seu Rothomagensium pontificum dignitas et auctoritasin suam diœcesanam Pontesiam; Paris, 1633, in-4»; — 2» Vita S. Clan in pago Vulcassino; ibid., 1633. in-4»; et en français; Rouen, 1645, in-8°. Voij. Le Long, Bihlioth. Iiistor. de la France, édit. Fontette. La Nouv. Biogr. ge'nér.

L DENYS (saint), dit VAréopagite, mort vers l'an 95, était un des juges de l'Aréopage lorsque saint Paul parut devant ce tribunal, comme on le voit dans les Actes des Apôtres (xvn, 19-34). Il se convertit, et devint premier évéque d'.\thènes. On croit qu'il souffrit le martyre, après avoir travaillé à la propagation de lÉvangile. Les Grecs l'honorent le 3 octobre. Les uns l'ont confondu avec saint Denys , premier évèque de Paris; les autres le distniguent en se fondant sur les anciens martyrologes. On lui a attribué : i'* de la Hiérarchie céleste : — 2" de la Hiérarchie ecclésiastique ; — 3" des Noms de Dieu ; — 4" de la Théologie mystique; — 5" Dix Lettres; mais cette authenticité a été fort contestée. Voi/. Sirmond, de Duob. Dinnys. Morin. Tillemont, Mémoire*. Richard etGiraud.Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér. Le Diction, encyclop. de lu thénl. cnthol.

IL DENYS (saint), évêque de Corinthe , mort l'an 178, se distingua par sa piété et son éloquence. Sa vie est complètement inconnue ; les Grecs l'honorent comme un martyr le 29 novembre, et les Latins comme un confesseur le 8 avril. Il avait écrit sept Epitres catholiques , que nous ne possédons plus, mais dont Eusèbe nous a conservé des fragments. Voy. Eusèbe, in Chron.,\li, et Hist.,\.l.\, c. xxii. S. Jérôme, de Scriptor. eccl., c. xxvii. Henschenius. Tillemont, Mémoires, tom. II. D. Ceillier, Hist. des aut. sacr. et ecclés., tom. II, p. 80. Richard et Giraud. Le Diction, encyclop. de lu théol. cathol.

III. DENYS (saint), patriarche d'Alexandrie , né vers l'an 20(), mort en 264 , fut converti par la lecture des Épitres de saint Paul , et baptisé par Démétrius, évèque d'Alexandrie. Vers l'an 231, il devint le maître de l'école d'Alexandrie, et, seize ans après, on l'éleva sur le siège patriarcal de cette ville. Il travailla à éteindre le schisme de Novatien, ramena à la foi les chrétiens du canton d'Arsinoé, qui étaient millénaires, puis il fut relégué à Kephro, d'où il écrivit plusieurs lettres pastorales. De retour à Alexandrie, les guerres , les séditions, la peste , la famine et les erreurs des Sabelliens particulièrement lui occasionnèrent beaucoup de souffrances et de travaux; il ne put assister au concile d'Antioche; mais il écrivit aux Pères du concile une lettre dans laquelle il réfutait les erreurs de Paul de Samosate. L'Église l'a mis au nombre des hiéromartyrs : les Grecs l'honorent le 3 octobre , et les Latins le 17 novembre. Ce qui nous reste de lui a été recueilli par Galland, Bihlioth. Patrum, tom. III, p. 481, et par Simon de Magistris; Rome, 1796, in-fol. Voy. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér. Le Diction, encyclop. de la théol. cathol.

IV. DENYS (saint), pape, né en Calabre, mort le 27 ou 29 décembre 268 ou 269 , succéda à saint Sixte l'an 259. Au rapport de saint Rasile, il se rendit illustre par l'intégrité de sa foi et par toutes les vertus qui en ont fait un saint évêque. Il tint, l'an 261, un synode dans lequel il anathématisa l'hérésie de Sabellius et l'erreur opposée soutenue depuis par Arius. Il eut pour successeur Félix I". Le Martyrologe romain

moderne place sa fête au 26 décembre. On a de lui trois lettres ; la première est adressée à l'Église de Césarée, en Cappadoce, et les deux autres à, saint Denys d'Alexandrie. Voy. saint Basile, Ep. CCXX. Saint Athan., adv. Arian. Eusèbe, Hist. eccl. Tillemont, Mémoires, tom. IV. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers. Gaet. Moroni , vol. XX , p. 95. La Nouv. Biogr. génér.

V. DENYS (saint), apôtre de la Gaule et premier évêque de Paris , fut envoyé de Rome au iii<= siècle pour annoncer l'Évangile dans les Gaules. Les conversions qu'il opéra à Paris le firent prendre et présenter au gouverneur, qui, l'ayant trouvé inflexible dans sa foi, ordonna qu il périt , avec un prêtre nommé Rustique et le diacre Eleuthère. On les honore le 9 octobre. Voy. S. Grég. de Tours. Fortunat de Poitiers. De Launoy, Vie de saint Denys. Le P. Gérard du Bois, Hist. de l'Église de Paris. Tillemont, Mémoires, tom. XIV. Richard et Giraud.

VI. DENYS (saint), évêque de Milan, succéda à saint Protais vers l'an 351. Il assista au concile de Milan , et il signa par faiblesse la condamnation de saint Athanase ; mais, à la parole de saint Eusèbe de Verceil, il reconnut sa faute, et il prit avec tant de courage la défense de l'Église et de saint Athanase, que l'empereur le bannit en Cappadoce. 11 mourut dans son exil. On l'honore le 25 mai. Voy.S. Athanase. S. Hilaire. Lucifer de Cagliari. S. Ambroise. Sulpice-Sévère. M.Hermant, Vie de saint Athanase. Richard et Giraud.

VIL DENYS DE BROQUEROI (SAINT-), en latin Sanctus Dionysius in Brocarda ou Broqueroya, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit située dans le Hainaut, au diocèse de Cambrai; elle fut fondée l'an 1081, et soumise à l'abbaye de la Sauve-Majeure, au diocèse de Bordeaux, dont elle a relevé jusqu'en 1424 ou 1426. Plus tard on y a introduit la réforme du Mont-Cassin. Voy. la Gall. Christ., tom. III, col. 106, nov. edit. Richard et Giraud.

VIII. DENYS DE REIMS (SAINT-), en latin Sanctus Dionysius Remcnsis , abbaye de l'Ordre de Saint-Augustin située dans la ville de Reims ; elle fut fondée au xi« siècle. Les chanoines de Saint-Denys embrassèrent la réforme et furent unis à la congrégation de France l'an 1636. Voy. la Gall. Christ., tom. IX, col. 288. Richard et

IX. DENYS-EN-FRANCE (SAINT-), en latin Sanctus Dionysius in Francia, célèbre abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit située à deux lieues de Paris, dans la ville à laquelle elle a donné l'origine et le nom. Une dame ayant fait enlever les corps de saint Denys , de saint Rustique et de saint Eleuthère, les ensevelit dans un champ, et, sur le tombeau qu'elle fit élever, les chrétiens bâtirent une chapelle, que sainte Geneviève changea en une église vers l'an 496. Avant le règne de Clotaire II, il y avait déjà en ce lieu une communauté et un abbé ; mais Dagobert la dota si magnifiquement, qu'il a passé pour le fondateur de cette abbaye. Elle devint le lieu de la sépulture des rois de France. Les papes ont accordé à ce monastère de nombreux privilèges. Voy. Moréri. La Martinière, le Grand Diction, géogr. et crit. D. Vaissette, Géogr. universelle, etc. La Gall. Christ., tom. VII, nov. edit. Richard et Giraud.

X. DENYS, surnommé le Petit (Exiguus) a cause de sa petite taille, moine et abbe, né en Scythie, qui vivait au vi" siècle, était trés-yerse dans les langues latine et grecque. C'est lui qui, le premier, a introduit la manière de compter les années depuis la naissance de Jésus-Christ,

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