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DOMESTIQUE. Un domestique peut servir un maître infidèle ou hérétique, pourvu que celuici n'exige de lui rien qui soit contraire à la religion catholique et qu'il lui laisse la liberté d'en remplir les devoirs. Voy. Pontas, au mot Domestique, cas 1 et 2. Collet, Instruct. et prières à l'usage des domestiques et des personnes qtd travaillent en ville, etc.; Paris, 1758.
DOMÈVRE, abbaye de l'Ordre de Saint- Aug^ustin, au diocèse de Toul, en Lorraine. Voy.
BONMONTIER.
DOMICE (saint), solitaire et martyr, vivait l'an 363. Julien l'Apostat passant parla province de Syrie appelée Cyrrhestique ou de Cyrrhe, pour aller combattre les Perses, vit la multitude qui entourait une caverne; ayant appris que c'était la retraite d'un saint moine nommé Domice, auprès duquel le peuple accourait pour en obtenir la guérison de ses maladies, il lit boucher la caverne , où le saint finit sa vie. On croit que c'est le même que les Grecs honorent le 7 août; les Latins en font mémoire le 5 juillet. Voy. la Chronique Paschale. Bulteau, Hist. monast. d^Orient, l.II.
DOMICILE (Domicilium), lieu où une personne jouissant de ses droits a son principal établissement, où elle a établi sa demeure, le centre de ses affaires, le lieu d'où cette personne ne s'éloigne qu'avec le désir et l'espoir de revenirdès que la cause de son absence aura cessé. On distingue deux sortes de domiciles : le domicile de droit et le domicile de fait. Le premier est celui qui est établi de plein droit par la loi; ainsi la principale demeure d'un bénéfice est le domicile de droit du bénéficier. Le second est celui où l'on demeure réellement et actuellement. Les canonistes conviennent qu'on est suffisamment domicilié dans une paroisse pour y recevoir les sacrements qu'on appelle nécessaires, comme la communion pascale, le viatique et l'extrême-onction , quand on n'y serait qu'en passant dans le temps où on doit les recevoir; mais qu'il n'en est pas de même des sacrements de l'ordre et du mariage , puisque , pour la réception des ordres, il faut habiter tin pays au moins dix ans, ou bien y avoir trans-
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porté la plus grande partie de sa fortune et jurer qu'on se propose d'y demeurer toujours; et aue, pour pouvoir se marier dans une paroisse, faut y avoir demeuré un certain temps , que les uns fixent à une année ou à la plus grande partie d'une année, et les autres, comme Fagnan , à quatre mois. On peut avoir deux domiciles; cela arrive quand on demeure en deux endroits différents, comme, par exemple, lorsqu'on passe une partie de l'année à la ville et l'autre à la campagne, lorsqu'on a un commerce, une administration en deux endroits. D'un autre côté, le domicile varie selon la situation des personnes. Ainsi les fonctionnaires ont pour domicile le lieu de leurs fonctions, les soldats leur garnison, les condamnés le lieu de leur peine, les femmes mariées la demeure de leur mari , les enfants celle de leurs parents, etc. Voy., pour plus de détails, l'abbé André, Cours alphabet, de droit canon. Le Diction, delà théol.cathol.
DOMINATION. Jésus-Christ, dans l'Évangile, a défendu à ses apôtres l'esprit de domination (Matth., XX, 23), et saint Pierre, dans sa P^ Épitre (V, 3), recommande aux pasteurs de ne point dominer sur le clergé, mais d'être en toutes choses les modèles du troupeau. Les ennemis de la hiérarchie, les calvinistes, les sociniens et les indépendants, ont conclu de ces deux passages de l'Écriture que Jésus- Christ avait défendu non -seulement toute inégalité entre les ministres de l'Église, mais toute prééminence à l'égard des simples fidèles, et que l'autorité dont les pasteurs sont revêtus dans l'Église catholique est une usurpation de leur part. Mais, dans l'endroit cité de saint Matthieu, Jésus- Christ veut seulement réprimer l'ambition de deux apôtres, qui pensaient que leur maître allait établir sur la terre un royaume temporel , et qui demandaient d'y occuper les premières places: il leur fait sentir leur erreur. Loin d'établir 1 anarchie dans son Église, il promet à ses apôtres qu'ils seront assis sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël. (Matth , xix, 28.) Il leur attribue donc une autorité. Quant à l'apôtre saint Pierre, il est de toute évidence que son but est uniquement de recommander aux pasteurs d'employer une autorité douce et paternelle qui attire les cœurs , et d'éviter une domination dure et impérieuse, qui ne peut qu'irriter les esprits. Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de the'oL, cite plusieurs passages du Nouveau Testament qui établissent de la manière la plus expresse cette autorité et cette prééminence que les ennemis du catholicisme s'efforcent de rejeter comme étant une injuste usurpation de sa part.
DOMINATIONS (Dominationes), anges du premier ordre de la seconde hiérarchie, ainsi nommés parce qu'on leur attribue quelque autorité sur les anges d'un ordre inférieur. Saint Paul dit que, par Jésus-Christ, ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, visibles et invisibles , soit les trônes, soit les dominations, etc. (Coloss., i, 16.) Or les Pères de l'Église et la plupart des interprètes s'accordent à dire que cela doit s'entendre des divers chœurs des anges.
DOMINE, NON SUM DIGNUS, en français :
Seigneur, je ne suis pas digne. C'est le commencement dune belle prière que le prêtre prononce à haute voix, et par trois fois différentes, au moment de communier lui-même et de donner la communion aux fidèles. Cette prière est en grande partie empruntée à celle que le centurion de l'Évangile adressa à Jésus -Christ lorsque le divin Sauveur s'offrait à se rendre
chez lui pour guérir son fils paralytique. Voy. Matth., VIII, 8. Le Diction, encyclop. de la ihéol. cathol.
DOMINGO ou DOMINIQUE DE JESUS- MA- RIA, carme déchaussé, né à Calatayud, dans la Vieille -Castille, en 1559, mort à Vienne, en Autriche, l'an 1630, parvint aux principales charges de son Ordre, et fut chargé par les Papes de plusieurs négociations importantes. Il a laissé : 1" Sentenze spivituali sopra la vita purgativa, illurninativa et unitivu; 3 vol. in-12; cet ouvrage a été traduit en latin, en allemand, en flamand et en français; Paris, 1623 et 1625;
— 2o Argumenta Psalmorum ad utiliorem divini officii recitationem , e multiplici sanctorum Potrum et insignium doctorurn expositione, tam littcrali quam spirituali, decerpta; Rome, 1623, in-4o; — S" Alia argumenta Psalmorum; ibid.;
— 4" la Concordia espiritual; Bruxelles, 1626, in-8"; trad. en français sous ce titre : de la Théologie mystique; 2 vol.; — 5» de la Protection de la Vierge; Paris, 1645, in-24; — 6" plusieurs autres écrits qui sont indiqués dans Richard et Giraud. Voy. la. Biblioth. Carmelit. ,iom. I, col. 413. La Nouv. Biogr. ge'ne'r. Richard et Giraud , art. Dominique de Jésus-Marie.
DOMINICAINES, religieuses de l'Ordre de Saint-Dominique qui suivaient la même règle et avaient les mêmes constitutions que les Dominicains. Elles furent fondées l'an 1207, et placées par saint Dominique dans le monastère de Notre-Dame de Prouille, au diocèse de Toulouse, qui fut plus tard celui de Saint-Papoul. Voy., pour cet article et le suivant, le P. Hélyot, Hist. des Ord. relig., tom. III, c. xxviii, xxi.\. Bergier, Diction, de théol.
DOMINICAINS ou FRÈRES - PRÊCHEURS , religieux de l'Ordre de Saint- Dominique. Cet Ordre est canonial ou canonique, c'est-à-dire de chanoines réguliers. On appela ces religieux Jacobins, parce que leur premier couvent de Paris fut bâti dans la rue Saint- Jacques. Cet Ordre fut fondé par Dominique de Guzman, gentilhomme espagnol , né l'an 1170 ; Innocent III l'approuva l'an 1215, et, l'année suivante, Honorius III le confirma sous la règle de Saint-Augustin et sous des constitutions particulières. Voy. YHistoria gênerai y vida de San Domingo y de su Orden de Predicadores , por Hernando de Castillo y Juan Lopez. Malvendi, Annales fird. Prœdic. A. Senensis, Chron. Fratr. Prœdic, et Biblioth. viror. insignium Ord. Fr. Prœdic. V Année dominicaine. Echard, Scriptor. Ordin. Prœdicator. Bergier, Diction, de théol. Le P. Jacob, Mémoires sur la canonicité de l'instit. de S.-Dominiq. Richard et Giraud. Le Diction, encyclopéd. de la théol. cathol., art. Dominique (saint) ET LES Dominicains. Dominique DE Guzman.
DOMINICAL (Linteum dominicale), linge sur lequel les femmes recevaient autrefois la sainte Eucharistie , tandis que les hommes la recevaient dans la main nue. Le dominical servait probablement encore à consei-ver le corps de Notre-Seigneur dans les temps de persécution pour pouvoir communier dans l'intérieur des maisons, usage dont parle Tertullien dans son livre intitulé ad Uxorem. Un synode tenu à Auxerre vers la fin du vi» siècle ordonna aux femmes de communier avec leur dominical. C'est à ce linge qu'a succédé la nappe de communion. Voy. Bergier, Diction, de théol.
I. DOMINICALE, nom donné dans la primitive Église aux leçons qui étaient lues et expli- 3uées tous les dimanches, et que l'on tirait tant e l'Ancien que du Nouveau Testament, mais
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particulièrement des Évangiles et des Épitres des apôtres. Ces explications étaient autrement nommées Homélies. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif. Bergier, Diction, de the'ol. . II. DOMINICALE , recueil de sermons sur les Évangiles de tous les dimanches de l'année. III.' DOMINICALE (LETTRE). Lettre de l'al-
f»habet qui sert à marquer dans le calendrier es dimanches pendant tout le cours de Tannée. Ilyena sept: A, B,C, D,E, F, G. C'est pour trouver l'ordre de ces lettres qu'a été inventé le cycle solaire, qui fait partie du comput ecclésiastique, lequel dure 28 ans. ( Voy. Cycle.) Les premiers chrétiens introduisirent dans le calendrier les lettres dominicales à la place des lettres nundinales du calendrier romain. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. IV. DOMINICALE (ORAISON). Voy. Oraisondominicale.
I. DOMINICI ou DOMINIQUE (Jean), dominicain, né à Florence vers l'an 1356, mort à Bude en 1419, était profondément versé dans la théologie et le droit canon. Il prêcha avec distinction dans plusieurs villes de l'Italie, et, après avoir rempli dans son Ordre les fonctions les plus éminentes, il fut député à Rome par la république de Florence pour exhorter les cardinaux à élire un Pape et à mettre lin au schisme. Grégoire XII fut élu, et il créa Dominici archevêque de Raguse, puis cardinal. L'an 1418 Martin V l'envoya en Bohême pour ramener les Hussites à la' foi catholique. On a de lui : 1» Tract utus de omore c/ian/afiy; Venise, 1555, réimprimé sous ce titre : Trattato de la Carità, di nuovo ristampato ; Florence, 1595, in-S"; — 2o des Lettres en italien, insérées dans le Lettere de' Santi e Beati Fiorentini; Florence, 1736. Voy. la Nouv. Biogr. qénèr.
II. DOMINICI ou DOMINICY (Marc-Antoine), jurisconsulte et historien, né à Cahors, mort à Paris vers l'an 1650, professa le droit à Bourges. 11 prenait le titre de conseiller du sacré consistoire. Outre des ouvrages historiques, il a laissé : 1° rfe Sudurio capitis Christi ; Cahors, 1640, in-4'' ; — 2» Ad canonem secundum et quintum concilii Agaltrensis et ultimum llerdensis , sive de communione peregrina , in qua obi ter de censuris pontificiis et desuetudine veteris canonicœ pœnitentiœ: Paris, 1645, in-4*'. Voy. Richard et Giraud. La Souv. Biogr. gêner., art. DoMiNiCY.
DOMINICOPOLIS. Voy. Saint-Domingue.
I. DOMINIQUE DE GÙZMAN (saint), fondateur de l'Ordre des Dominicains, né à Calarvega , dans la Vieille - Castille , l'an 1170, mort le 6 août 1221 , prit ses degrés à l'université de Placentia, et prêcha avec beaucoup de succès dans plusieurs villes d'Espagne. Il entra dans le chapitre de la cathédrale d'Osma, dont il fut bientôt nommé sous-prieur, puis il se rendit à Rome pour demander au Pape la peiinission de résider en France, alin de combattre les Albigeois. Innocent III y consentit, et saint Dominique s'appliqua dès lors à les convertir, soit par sa parole , soit par ses écrits. L'an 1207 il fonda le monastère de Prouille ; il prêcha dans le midi de la France, établit le rosaire et la milice de Jésus-Christ, qu'il plaça sous la règle de Saint- Augustin. A Rome, où il' fut nommé raaitre du sacré palais, il rendit la vie à trois morts et multiplia les pains. De là il passa en Espagne, où il lit plusieurs établissements. Le but de son Ordre était de former des prédicateurs pour combattre l'hérésie. Grégoire IX le canonisa l'an 1234. Il ne nous reste de lui que quelques Lettres. Voy. Vincent de Béarnais, Miroir historial. Le P. Touron, Vie de saint Dominique:
Paris, 1739. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers. Gaet. Moroni, vol, XX, p. 185 et suiv. Le Diction, enci/c/op. de la théol. cathol.
II. DOMINIQUE LORIGAT ou L'ENCUIRASSÉ (samt), ermite, mort à Fonta-Vellano, en Ombrie, le 14 octobre 1060, fut ordonné prêtre; mais, par humilité, il ne voulut jamais exercer les fonctions sacerdotales , et il se mit sous la conduite d'un saint homme nommé Jean du Montféverte ou Montfeltre , recteur d'un ermitage où l'on pratiquait des austérités extraordinaires. Dominifpie fut surnommé P Encuirassé parce qu'il portait toujours sur lui une cuirasse de fer, et il moumt dans l'exercice de la pénitence la plus rigoureuse. L'Église honore sa mémoire le 14 octobre. Voy. le B. Pierre de Ti3.m\en,Epistolœ , 1. 1, epistola 19. Surius. Feller, Biogr. univers. Gaet. Moroni, vol. XX, p. 188.
III. DOMINIQUE, patriarche de Grado, vivait vers l'an 1U40. On a de lui une Lettre à Pierre , patriarche d'Antioche, au sujet des différends de l'Église latine et de l'Église grecque. Cette lettre se trouve dans LéonAllatius et dans Cotelier, torn. 11.
IV. DOMINIQUE ou DOMINICI, DE DOMI- NICIS. Vo>i. DoMENiCHi (Domenico de).