‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 754 sur 1220 · IV. ENFANTS DÉVORÉS PAR DES OURS · texte numérisé non relu

IV. ENFANTS DÉVORÉS PAR DES OURS

Le prophète Elisée ayant été raillé par une troupe d'enfants, les maudit au nom du Sei- {jrneur; et aussitôt deux ours sortirent du bois voisin et déchirèrent quarante-deux de ces enfants. Les incrédules nient la véracité de ce récit , sous prétexte que la mort de ces enfants est punie d'une peine trop rigoureuse. Mais c'est Dieu lui-même qui infligea ce châtiment; par conséquent il est juste. On comprend aisément que Dieu ait voulu donner cet exemple de sévérité dans un pays idolâtre, pour faire respecter ses prophètes. Voy. IV Rois, ii, 23.

V. ENFANTS PUNIS DU PÉCHÉ DE LEURS , PERES. Plusieurs philosophes modernes ont prétendu que Dieu ne pouvait sans injustice punir les enfants du péché de leur père. Ges philosophes ont oublié sans doute qu'un souverain, pour crime de rébellion, est en droit de dégrader un de ses sujets , de confisquer ses biens , de l'envoyer au supplice ; ses enfants nés et à naître se trouvent déchus de l'héritage et de la fortune dont ils auraient joui sans le crime de leur père ; ils en portent donc la peine ; et cependant personne n'oserait dire qu'il y a là une injustice. On reconnaît généralement qu'il est du bien commun qu'un criminel puisse être puni non -seulement dans sa personne, mais dans celle de ses enfants, qui doivent lui être chers ; c'est un frein de plus contre le crime. A plus forte raison. Dieu peut-il agir de même. Voy. Bergier, Diction, de tliéol.

VI. ENÏANTS TROUVES ou EXPOSÉS; l'usage de la Daterie est de regarder les enfants trouvés comme illégitimes, et d'observer à leur égard tout ce qui s observe pour les dispenses ordinaires, ex defectu natalium. Voy. Corradus, Traité des dispenses, 1. III, ch. ii. Boniface, tom. II, L III, tit. VI, ch. i et ii.

ENFER ou ENFERS (Infenius, Inferni , en hébreu Sc/ieô/, c'est-à-dire lieu creux, enfoncé, souterrain. Ce terme se prend dans l'Écriture : 1° pour le lieu où demeurent les âmes, bonnes ou mauvaises , après la séparation de leurs corps; 2° pour le lieu particulier où les âmes des justes attendaient la venue du Sauveur, et d'où elles sortirent après sa résurrection, pour aller dans le ciel jouir d'un bonheur éternel ; ce lieu est appelé limbes; 3° pour le séjour des démons et des damnés, c'est-à-dire le lieu destiné dans l'autre vie à la punition éternelle des mauvais anges, et des hommes qui meurent en état de péché mortel; 4» par métonymie, pour les habitants de l'enfer; 4" selon plusieurs, pour

la mort, le tombeau. A la vérité les Septante l'ont rendu par thanatos, ou mort, mais une fois seulement (II Rois, xxii, 6); car partout ailleurs ils l'ont traduit par le mot adés. Selon nous, il n'y a pas un seul passage de l'Écriture où enfer signifie mort ou tombeau. Les rationalistes eux-mêmes en conviennent; l'un des plus habiles d'entre eux, Gésénius, dans son Thésaurus , en a parfaitement exposé et établi le vrai sens. Ainsi c'est à tort que les incrédules se sont fondés sur cette prétendue signification pour soutenir que les anciens Hébreux ne croyaient pas à l'immortalité de l'âme. Quant aux peines de l'enfer, c'est la privation de la présence et de la vue de Dieu , et d'horribles tourments, parmi lesquels un feu éternel, sans aucun adoucissement. Vny. Richard et Giraud , et Bergier, Diction, de théol., qui répondent parfaitement à l'objection des incrédules contre l'éternité des peines de l'enfer. Compar. notre art. Descente de Jésus -Christ aux enfers.

ENFIELD (WiUiam), théologien anglican non-conformiste, né à budbury l'an 4741, mort en 1797 à Norwich , fut nommé en 1763 ministre d'une congrégation à Liverpool ; plus tard il remplit les fonctions pastorales à Norwich. Ses principaux ouvrages sont : 1" Hiographical sermons on the principal cliaracters in the Old and Neit) Testament; 1777, in-12; — 2o Sermons, 1779, 2 vol. in -8"; — 3" The Enylish preacher : 1773, 4 vol. in-12. Voy. Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. uénér.

ENGADDI , ville de la tribu de Juda , appelée aussi Asason-Thamar. (II Paralip., xx, 2.) Cette ville , qui était située près du lac de Sodome , à trois cents stades de Jérusalem , non loin de Jéricho , est devenue célèbre par l'abondance de ses palmiers , de ses vignes et de ses baumiers. Voy. Josué, XV, 62. I Rois, xxiv, 1. Cantiq., I, 13. Joseph, Antiq., 1. VI, c. XIV; 1. IX, ç. i. De Bello, Jud., 1. III, c. Il; l.V, c. m. Hieronym., in cap. XLVii , 10 Ezechiel. ; mais Compar. Reland, Palœstina illustr., p. 307, 847, 356, 449, 462, 707,763.

ENGALLIM, en hébreu Ein Eglaim, lieu mentionné par Ézéchiel, qui l'oppose à Engaddi. D'après saint Jérôme, Engallim est située au commencement de la mer Morte, où le Jourdain entre dans cette mer. Voy. Ézéchiel, XLVii , 40. Hieronym., in cap. xlvii , 40 Ezechiel., et Compar. Reland, p. 763. D. Galmet, Comment, littér. sur Ézéch., xlvii, 10.

ENGANNA. Saint Jérôme, dit D. Galpiet, parle d'une ville de ce nom qu'il place vers Gérasa, au delà du Jourdain. Voy. D. Galmet, Diction, de la Bible, et Compar. Engannim , n"II.

I. ENGANNIM , ville dans la plaine de la tribu de Juda. Voy. Josué, xv, 34.

II. ENGANNIM, ville de la tribu d'Issachar, qu'on donna aux lévites de la famille de Gerson. Eusèbe remarque sur ce mot qu'il y a un village du nom d'Eganna (saint Jérôme lit Enganna), aux environs de Gérasa, dans la Pérée , et que ce village est près de Béthel. Voy. Josué, XIX, 21 ; xxi, 29, 29. Reland, Palœstina illustr., p. 762, 763.

ENGASTRIMANDRE ou ENGASTROMANTE , ENGASTRIMYTHE {Engastrimythus), gens appelés aussi ventriloques parce que leur ventre parlait, soit que leur bouche fût ouverte ou fermée. Saint Ghrysostome parle de ces hommes, dont le ventre articulait des oracles; ce qui avait lieu par l'intervention du démon. Voy. Léo .lUatius , de Engastrimytho syntagma , et Compar. Python,

ENGE

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ENGAU (Jean-Rodolphe), jurisc. protestant, né à Erfurth l'an 1708, mort en 1755, fut reçu docteur en droit en 1734, professeur agrégé en 1738 , et professeur titulaire en 1740. Outre des ouviages de droit civil, on a de lui : 1" Elernenta juiis canonko-itontificifi-eccksiasticA; léna, 1739, 1753, 1765, in-8», 5» édit.; — 2° Traité du droit des vrinces protestants- {evangelischer Fùrsten) sur les professeurs qui otxupent des chaires: 1787, in-8<>. Cet ouvrage avait été d"abord écrit en allemand ; mais, en 1752 , l'auteur le recomposa en latin, en l'augmentant considérablement. yoi/. Feller, Biogr. univers. La \omi-. Biogr. ge'/ii'r.

EN6EL (Louis), bénédictin allemand, vivait au xvii« siècle. 11 fut conseiller ecclésiastique, vice -chancelier de l'Université, et professeur de droit canon à Salzbourg. Il a laissé , en latin : 1" Collège du droit canonique; Salzbourg, 1671, 1677, 1681, etc.; ouvrage qui, pendant plus de cinquante ans, servit à l'enseignement du droit canon dans les universités allemandes, et qui obtint 15 éditions de 1671 à 1770; — 2" Traité du for compétent: ibid., Iti63; — 3» les Privilèges des monastères, tirés du droit commun: ibid., 1664; — 4° le Manuel des curés, avec leurs fonctions et obligations: ibid., 1677. Voy. le Diction, encgclojj. de In théol. cat/iol.

ÉNGELBERG , nom dune abbaye célèbre située dans une des plus belles vallées de Suisse, dans le canton d'Unterwalden. Cette vallée, ap-

felée d'abord Surenenthal . a pris le nom de abbaye qui , ainsi qu'un monastère de femmes F lacé sous sa dépendance , fut fondée , d'après opinion commune, en 1082, par Conrad, noble de Seldenbûren , qui vint plus tard se mettre comme frère lai sous la direction de saint Adelhelm. Les deux couvents prospérèrent de plus en plus. Et quand le protestantisme se présenta, il ne put y pénétier; les couvents et toute la vallée elle-même surent se préserver de toute erreur. En 1548, la peste enleva un grand nombre d'habitants de la vallée et tous les moines, sauf un seul, qui était curé de Kussnacht, sur le lac de Lucerne. Plus tard les deux couvents se repeuplèrent insensiblement. Le monastère est toujours plein de sollicitude pour léducation de la jeunesse; il donne à cinquante jeunes garçons l'enseignement complet du gymnase, y compris la musique et le dessin. Voy. le Diction, de kl t/w'ol. cat/iol.

l. ENGELBERT (saint), vulgairement Inglevert, rnorten 814. Voy. Angilbert.

IL ENGELBERT (saint), archevêque de Cologne, né d'une famille distinguée du Berri, mort le 7 novembre 1225, manifesta dès l'enfance les inclinations les plus heureuses. L'an 1215, promu par le pape Innocent III à l'archevêché de Cologne, il déploya le plus grand zèle pour soulager "les peuples ,' protéger les faibles et les orphelins, et maintenir partout l'ordre et la discipline. Il périt assassiné par son cousin Frédéric, comte d'Issembourg , qui pillait les revenus de l'abbaye d'Essende, dont il était avoué , et qui n'avait pu pardonner à Engelbert les remontrances que celui-ci lui avait adressées à ce sujet. Voy. Surius. Gilles Gelenius, Vindex libertatis ecclesiaslicœ et nmrtyr S. Engelf>ertus. Richard et Giraud. Le Diction, de la théol. cathn/.Gaet. Moroni , vol. XXI, p. 280.

III. ENGELBERT, abbé de l'Ordre de Citeaux, vivait au xni'^ siècle. Il a laissé : la Vie de sainte Iledwige, rapportée par Surius au 13 octobre. On lui attribue : Spéculum virtutum moralium. Voy. Heniiquez, in Menolog. Cisterc.

t\. ENGELBERT, bénédictin allemand, mort

en 1331 , fut nommé , l'an 1297, abbé d'Admont ou d'Aimont, en Styrie (Abhos Admontensis). Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages indiqués dans Richard et Giraud, et dont les principaux sont : 1» de Gratiis et virtutibus B. Mariœ. virginis, dans Bernard Pez, Anecdota, tom. I; — 2° Tractât us super passionem secundum Malthœum. dans le P. Pez, Bihlioth. ascetica, tom. VIII; — 3» de Providentia Dei, dans le même recueil, tom. YI; — 4" de Libero avbitrio, dans les Anecdota, tom. IV; — 5° de Statu defunctorum, dans la Bihlioth. ascetica, t. IX ; — 6" Expositio super psalmum Beati immaculati . dans le Codex diplomatico-hùitorico-epistolaris. Voy. Fabricius, Biblioth. lat. mediœ et infimœ œtatii , tom. II, 1. V, p. 29-297. Trithème, Catalog. Scriptor. Possevin. in A}>par. sacr.

ENGELBRECHT (Jean), né en 1599, tils d'un tailleur de Brunswick, et lui-même fabricant de drap dans cette ville, mort en 1697, prétendit dès l'année 1622 avoir des visions et des révélations, entendre les anges chanter et jouer des intruments. 11 prétendit encore qu'il avait été conduit au ciel et dans l'enfer ; il annonça même un nouveau ciel et une nouvelle terre; attaqua avec force les prédicateurs luthériens, exhorta tout le monde à la pénitence , aux œuvres de charité, et, en confirmation de sa mission divine, il jeûnait des semaines entières. Si Engelbrecht prêchait, il ne laissait pas que d'écrire; il publia, en 1625, sa Vision du ciel et de fenfer. Elle fut souvent réimprimée depuis lors et suivie dune collection de ses œuvres, sans date ; cette collection fut traduite en hollandais et publiée à Amsterdam en 1697. Foy. le Diction, ejici/r/op. de la théol. cathol.

ENGELCKEN ( Henri- Ascagne), théologien luthérien, né à Rostock l'an 1675, mort en 1734, professa la théologie , et devint surintendant de l'église de Saint-Georges, àParchim. Outre plusieurs Dissertations , il a augmenté leCollegiuvt novissimai'um controversiarum . nnti-socinianum, anti-calvinianum et anti-pontificium de Schomerus. Il a travaillé aussi au Catéchisme de Meckelbourg. Voy. Richard et Giraud.

ENGELEN (Guillaume VAN), en latin Ab Angelis , théologien hollandais, né à Bois-le-Duc en 1583, mort à Louvain en 1649, était profondément versé dans la théologie dogmatique et scolastique. 11 se montra l'adversaire déclaré des doctrines de Jansénius. Il professa la théologie et la morale; il fut nommé en 1648 à l'évéché de Ruremonde; il mourut avant d'avoir reçu ses bulles. On a de lui : 1" la Doctrine que les ministres calvinistes s'efforcent d'introduire dans Bois-le-Duc..., ou Défense de l'ancienne créance catholique et apostolique contre les nouveautés des quatre prédicants hérétiques de cette ville ; Louvain , 1630 , in-12 ; cet ouvrage est en allemand: — 2" Declaratio sive protestatio octo theologorum et professorum Lovaniensium ; ihid., 1642; — 3» Relation des troubles excités à Louvain par Fimpression de l'Augustinus de Jansénius; 1641, et dans le Disquisitio hist .-theol . de Montbron; Cologne, 1692. Voy. Foppens, Biblioth. Belgica. La Souv. Biogr. génèr.

1. ENGELGRAVE (Henri), jésuite, né à Anvers l'an 1610, mort en 1670, fut recteur des collèges d'Oudenarde, de Cassel et de Bruges, lia laissé : 1" Cœleste Panthéon , sive cœlum novum in festa et gesta sanclorum totius anni, morali doctrina varie illustratum; Cologne, 164/, in-fol.; 1658, 2 vol. in-4''; Amsterdam, 1658. 2 vol. in-8<>; — 2« Lu.c evangelica, sub vélum •^''^'^ rum emblematum recondita. etc.; Anvers, lo*8; Cologne, 165^» et 1690, in-4''; ouvrage mis a 1 /«-

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