‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 143 sur 1294 · LUCI · texte numérisé non relu

LUCI

D. Mabillon, Ad. des SS. Benedict., y* siècle de l'Ordre. Richard et Giraud.

XI. LUCE DE NARNI (La bienheureuse), dominicaine, née à Narni, en Ombrie. morte l'an 1541, ressentit dès l'enfance une grande dévotion pour la sainte Vierge, et fut honorée, bien jeune encore, du don de prophétie. Mariée contre son voeu, elle persuada à son mari de rder une perpétuelle continence, et à partir ce moment sa piété ne lit que s'accroître; sa charité fut inépuisable, et son humilité devint extraordinaire. Elle supporta avec la plus grande patience toutes les épreuves que Dieu lui envoya; et, après la mort de son mari, qui finit saintement ses ioursdans l'Ordre de Saint- François, elle entra dans le Tiers-Ordre, où elle se fit remarquer par sa fidélité â observer la règle jusque dans ses moindres détails. Envoyée à Viterbe pour rétablir la vie régulière parmi les religieuses de l'Ordre, elle reçut les sacrés stigmates. De là elle se rendit à Ferrare, où elle fonda, en l'honneur de sainte Catherine de Sienne, un couvent dans lequel elle s'enferma. Elle y souffrit, pendant trente-huit ans, la calomnie, les injures, les outrages et les maladies les plus douloureuses. On l'enferma même comme folle; mais Dieu ne permit pas 4 ses ennemis de triompher plus longtemps ; car, six mois avant sa mort , son nom devint plus célèbre que jamais , et sa sainteté fut connue de tout le monde. Clément XI a approuvé son culte, et Benoit X 11 1 a permis aux Dominicains, ainsi qu'aux clergés de Narni, de Viterbe et de Ferrare, d'en faire l'office du commun d'une vierge. Vêf* le P. Marchèse, Dinrium domïnicnn. Lopex, part. IV, 1. 1, C. xcv. Le P. Jean de Sainte- Mai ie, Vies des Saintes de FOrdre de S.- Dominimie, tom. II. Richard et Giraud*.

LU GENA (Jean de), jésuite , né à Trancoso en 154H, mort en 1600. professa pendant plus de vingt ans la philosophie à Kvora , et se rendit célèbre par son talent pour la prédication. Il est considéré comme un des écrivains vraiment classiques de la littérature portugaise. On a de lui en portugais : Histoire de ta Vit du P. François - Xavter ; Lisbonne, 1600, in -fol.,

Plusieurs fois réimprimée, et trad. en italien en 613, et en Espagnol en 1619. Voy. Barbosa Machado, Hihfrith. Luiitana.

LUCENTI ( Jules-Ambroise), abbé de l'Ordre de Cîteaux en Italie , et consulteur de la Congrégation de Y Index, vivait au xvin* siècle. Il a laissé l'histoire des saints de Foligno sous ce titre : Fuigor F*lqinii tu sptendorttms Sanctormm, etc.; Home , 1703, in-4e. Voy. les Mém. de Tréifttx, 1705, tom. Il, p. 630.

LU GEO RI A. Voy, LCCKO.

LUGERA ( Luceria ) , ville épisc. du royaume de Naples dans la Capitanate, sous la métropole de Bénévent. On croit que l'Évangile y fut annoncé dès les premiers siècles, car on y voit des évèques dès I an 300. On y unit au xv siècle l'évéché de Ferenzuola. Le premier évéque de Lucera est saint R .-issus , qui souffrit le martyre. Voy. Ughelli. Itnlui SaCra , t. VIII . col. 813, et tom X , col. 279. De Commanville , t** Tahte atyhabét., p. 1 W. Richard et Giraud. Sarnelli, Chronot. episc. Syjiontinontm , p. "21 et 26, et JUemorie degti aravescovi rfi Botevento , p. 246. Gaet. Moroni, XL, p. 80-83. Compar. Ferenzuola.

LU CERNA. Foy. LuSERNt.

LUCERNAIRE (Lwoerwirtum, tucernatis hora), térme liturgique qui signifie quelquefois le répons qu'on chante aux vêpres , et quelquefois tes vêpres mêmes, parce qu'en les disait au so-

leil couchant, au moment on on allumait les lampes et les bougies, ou parce qu'on se servait de lumière pour dire les oraisons ; d'où est venu l'usage d'y porter des cierges allumés. Cher les Grecs, le lucernaire consiste dans un grand nombre de prières beaucoup plus longues que les vêpres des Latins, et semblables aux prières qui se disent à prime et à vêpres les jours de férié. Voy. Moléon , Voyage liturgique, p. 281. Chastelain, Lnctmariwn. D. Macn, Hiervieximn , ad. voc. LucERtURlUM et Vesper<e.

LUCHET. Voy. LicnKT.

LUCHI (Michel - Angelo). Voy. LtccHi, n» H.

LUCIANISTES ou LUCANISTES (Lucianistœ ou Lucanistœ), hérétiques du il* siècle qui avaient embrassé les erreurs d'un certain Lucien (Luernnus) ou Lucan (Lwcom/*), disciple de Marcion , qui ajouta de nouvelles erreurs a celles de cet hérésiarque. H admettait trois principes ou principautés : le Père, le Fils, Dieu des chrétiens, et le Saint-Esprit, Dieu des gentils. Il niait l'immortalité de l'âme, qu'il croyait matérielle , et admettait deux Dieux, l'un bon, l'autre mauvais. D'autres Lucianistes , qui soutenaient les mêmes erreurs , parurent quelque temps après les Ariens: ils avaient pour cîief un nommé Lucien , que les Ariens regardaient comme un martyr. Vny. Tertullien, De Prtrscript. Pratéole. Philastr. Le Grand , Uist. hœresiarcharum , p. 38. Richard et Giraud. Bergier, Diction, dr théologie.

LUCIDE (Luctdtm) , prêtre français du v* siècle, et que Von croit originaire de la Provence, passait pour prédestina! i en. C'est à ce titre que Fauste , évèque de Riez , l'accusa au VIII* concile d'Arles, tenu en 475. Or ce concile ne nous est connu que par les ouvrages de cet évéque . ouvrages qui , d'après le P. Pagi , contiennent tout le venin du semi-pélagianisme, et qui , comme tels, ont été mis entre les apocryphes par le pape Gélase I"", à la tète de soixante -dix évèques, l'an 496. Quoi qu'il en soit, Lucide , condamne dans ce concile, y signa, selon le témoignage de son adversaire, une rétractation complète , et dont le texte se trouve dans toutes les Bibliothèques des Pères, et dans les recueils des conciles. Voy. la Regia , t, IX. Labbe, tom. IV. Hardouin, tom. IL Pagi, in Baron., tom. VIII, p. 522 et 525. VHist. littér. de h France, tom. II, p. 454. La Noue. Biogr. génér. Le Diction, de h théol. cathoL

LUCIE. Voy. LtrcE, n« X.

^ L LUCIEN (Saint), prêtre d'Antioche, nè à Samosate vers l'an 285, martyrisé a Nicomédie Fan 312, acquit une grande réputation de science et de vertu. Il établit à Antioche une école chrétienne, où il enseignait la théologie avec autant de piété que d'éloquence; mais Pancrace,

prêtre sabellien contre lequel il avait défendu la foi , le livra aux persécuteurs de l'Église . l'ayant conduit à Nicomédie , lui firent end

qui,

divers supplices; on ignore le genre de sa mort. On a regardé Lucien comme le précurseur des Ariens, soit parce que les chefs des Ariens avaient été ses disciples, soit à cause de m s liaisons avec Paul de Samosate : mais saint Athanasc , saint Jérôme et saint ChrysosUme l'ont proclamé un saint martyr et un docteur trèsorthodoxe. Il est auteur de la formule de foi proposée et acceptée par le concile d'Antioche de Fan 341. Il avait en outre composé divers petits ouvrages et quelques lettres, dont il ne nous reste que peu de chose. On célèbre sa fête le 7 janvier. Voy. saint Jérôme, De Scriptor. ecci. De La Motte, Vie de saint Lucien. TiRemont,

LUCî

Mémoires, tom. V. D. Ceillier, Hist. des Aut. i MO*, et ecclés., tom. IV, p. 46 et suiv. Richard et Girand.

II. LUCIEN et MARCIEN (Saints), martyrs à Nicomédie, vivaient au m* siècle. Ils étaient païens , et professaient publiquement la magie ; mais, n'ayant pu réussir à corrompre une vierge chrétienne, et les démons leur ayant appris qu'ils n'avaient aucun pouvoir sur ceux que Jésus-Christ protégeait, ils se convertirent, et confessèrent la foi devant le proconsul de Bithynie , qui les fit brûler. On leur donne pour compagnons deux saints Flores, saint Héraclc et saint Tite. Les anciens Martyrologes et le romain moderne marquent leur féte au 26 octobre jour de leur mort. Voy. D. Thierri Ruinart. Tillemont, Hist. de la persécut. de Dèce.

III. LUCIEN (Saint), prêtre et martyr de Carthage du temps de saint Cyprien, son évéque , accordait trop facilement la paix a ceux qui étaient tombes dans la persécution. On trouve une Lettre de ce saint parmi celles de saint Cyprien ; il y Tait l'histoire de cette indulgence des martyr* de Carthage.

IV. LUCIEN (Saint), grand chambellan de l'empereur Dioctétien, se servit de son crédit pour convertir plusieurs officiers, dont quelques-uns souffrirent le martyre à Nicomédie. On célèbre sa féte le 9 septembre.

V. LUCIEN DE BEAU VAIS (Saint), martyr, mort vers l'an 290, vint de Rome dans les Gaules avec saint Quentin On croit qu'il était prêtre , et qu'il contribua, tant par ses miracles que par ses prédications et ses exemples , à la conversion des habitants de Beauvais. 11 se retirait souvent sur uue montagne appelée depuis Mont m il le , située à une lieue de la ville, et c'est là que les soldats envoyés par le préfet pour le tuer le trouvèrent, en compagnie de deux de ses disciples : Maximien ou Maxien , ou Messien, et Julien ; tous trois eurent la téte tranchée. La principale féte de saint Lucien a lieu le 8 janvier. Voy. Tillemont, Mémoires , tom. IV. Loisel et Louvet, Histoire de Beauvais.

VI. LUCIEN (SAINT-), en latin Sanctus Lucianus, abbaye de l'Ordre de Saint-Benoit, située près de la ville de Beauvais, fut fondée, l'an 58*2, par Chilpéric I*r. Les Normands, les Anglais et les calvinistes la ruinèrent tour à tour ; mais les religieux de la congrégation de Saint - Ma ur , à qui on la donna en lb65, y introduisirent la réforme , et lui rendirent sa première splendeur. Voy. d'Expilly, Diction, géogr., art. Beauvais.

VII. LUCIEN, prêtre de Jérusalem au v siècle , était fort distingué par sa vertu. Gamaliel lui apparut, et lui révéla le lieu où l'on trouverait les corps de saint Êtienne, premier martyr, de Nicodème, le sien et celui de son lils, nommé Aàibai. Lucien a écrit à ce sujet une Lettre grecque qu'Avitus, prêtre espagnol , traduisit en latin 1 an 415. Voy. Baronius. Bellarmin.

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