CESSE
H. MARTINIEN , un des sept Dormants, martyrs d'Ëphèse. Voy. Dormants, n° 1.
III. MARTINIEN (Saint), ermite en Palestine, né à Césarée, vivait au iv* siècle. Il se retira à l'âge de dix-huit ans parmi les ermites d'une montagne appelée Lieu de T Arche, e\ située près de Césarée. 11 y vécut pendant vingtcinq ans dans une si grande pureté, que Dieu l'honora du don des miracles; néanmoins une femme nommée Joé parvint à le séduire ; mais Martinien, rentrant bientôt en lui-même, convertit Joé , qui fut reçue dans le monastère de Saintc-Paule, à Bethléhem, où elle passa le reste de ses jours dans la pénitence. Quaut à saint Martinien, il vécut pendant six ans sutun rocher , exposé jour et nuit à l'intempérie des saisons ; au bout de ce temps il erra de désert en désert, et arriva à Athènes, où il mourut. Sa mémoire est en
dans l'Eglise grecque. On célèbre sa féte le
. BoUaud chard et Uiraud
13 février. Voy.
Drande vénération
ôé
us , au 13 février. Ri-
IV. MARTINIEN (Saint), martyr sous les Vandales, était l'esclave d'un oflicier de I aimée de Genséric. Son maître ayant voulu le marier avec une de ses esclaves, nommée Maxime , celle - ci persuada à Martinien d'embrasser le christianisme , et Mat t mien convertit à son tour ses trois frères. Us se sauvèrent tous les cinq pendant la nuit , et , tandis que les quatre trères trouvaient un asile dans le monastère de Tabraque, Maxime se réfugiait dans un monastère de tilles qui était situé non loin de là. Leur maitre les découvrit pourtant , et les tourmenta cruellement pour les déterminei i
MART
recevoir le baptême des Ariens, mais il ne put I y réussir, et mourut peu après. Maxime ayant | recouvré la liberté, entra dans un monastère i dont elle devint supérieure; mais les quatre frères furent donnés à Sarsaon, parent de Genséric, puis à Capsur, roi des Maures. Ils convertirent un grand nombre de Maures, et souffrirent le martyre sous Genséric. On célèbre leur féte le 16 octobre., Voy. Victor de Vite , M st. de In iiersécut. de t Eglise <T Afrique sous les Vandales. 1. I , ch. x. Richard et Giraud. MARTIN 1ÈRE ( BRUZEN DE LA). Voy. Bru-
/EN DE LA MaRTINIÊRE.
MART1NIS (Octavien), né à Sessa,TÎvait au xv siècle. Il a laissé, entre autres ouvrages : un Eloge de la Vie de saint Bona^enture , rapportée par Surius, tom IV, 13 juillet.
I. MARTINISTES FRANÇAIS. Foy. Pasqualis (Martinet) et Saint-Martin.
II. MARTINISTES RUSSES. La conformité de la doctrine des Martinistes français avec celle d'une secte qui naquit dans l'université de Moscou vers la fin du règne de Catherine II , et qui eut pour chef le professeur Schwarti, a fait donner le nom de Martinistes aux membres de cette secte. Ils étaient d'abord nombreux; mais, comme ils traduisirent en russe quelques-uns de leurs écrits et qu'ils cherchèrent a répandre leur doctrine, plusieurs d'entre eux furent emprisonnés sous le règne de Paul I", puis» élargis. Aujourd'hui ils sont réduits à un petit nombre; ils professent un grand respect pour
. la parole de Dieu, qui non-seulement révèle l'histoire de la chute et de la délivrance de l'homme, mais qui , selon eux, contient encore les secrets de la nature. Aussi cherchent -ils partout dans la Bible des sens mystiques. Us admirent Swedenborg, Bœhm, F.kartshausen, etc. Ils recueillent les livres magiques et cabalistiques, les peintures hiéroglyphiques emblèmes dos vertus et des vices, et tout ce qui tient aux sciences occultes. Voy. Piukerton, InteUectual iir^.ntory of the new Church , n. 25, p. 34 et suiv. Bergier. Diction, de tltéol.
MARTINIUS (Matthias), Voy. Martini, n« V.
MARTINUS (Thierri). Voy. Martens.
MARTINON (Jean), jésuite, né à Brioude en Auvergne, mort en 1062, a laissé : 1° un Traité de Dieu et des anges ; Bordeaux , Itiii; — 2» Traité de t Incarnation, des sacrements en gi* uéral, de la pénitence et des autres sacrements en particulier; ibid., 1646; — 3* De la Foi, de l'es* pérance, de la charité, de la justice et du droit; Poitiers, 1663; - De ta Béatitude, des actes humains, des péchés, des bis H de la grâce; Paris .1663: — 5» L'Anti-Jansenius ; ibid., 1652.
MARTIUS. Voy. Maivts.
MART0RAN0 (Marturanum), ville épisc. sous l'archevêché de Cosenxa , située sur les frontières de la Calabre ultérieure. Son premier évéque, Réparât, assista au concile assemblé à Rome en 649. Voy. Ughelli, Ital. Sacr., t. IX, p. 270. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, volume XLUI, p. 206-207.
M ARTS ou MARS (Saint), en latin Martms, abbé , né en Auvergne vers Van 440, mort vers 530, mena dans le monde une vie qui n'était qu'un exercice continuel de pénitence et de piété. Plus tard il se retira sur une montagne, où il tailla quelques cellules dans les roches, «t le nombre de tes disciples augmenta tellement, qu'il fut obligé de bâtir un monastère plus régulier. Dieu l'honora de son vivant du don des miracles. On célèbre sa féte le 13 avril. Voy. saint Grég. de Tours , Recueil de la vie des Pères, ch. xiv.
MART
MARTULA. Voy. Marta, n» I.
I MARTURANUM. Voy. Martobano.
MARTTN (Henry), anglican, missionnaire, né à Truro, dans les Cornouailles, en 1781, mort à Tokat, dans l'Asie Mineure, en 1812, s'embarqua en 1805 pour les Indes, afin de prfrtager les travaux des missions évanpéliaues du H. Charles Siméon. Il a laissé : 1* The Setr Testament of J.-C, translated into the hindoostonee language from the original greek ; Calcutta, 1M08; 1815, in-8»; — 2« Novum Testamentum J. C. e graco in persicam linguam datum ; Saint- Pétersbourg, 1815, in«4°. Voy. Silvestre de Sacy, dans le Journ. des Savants , septembre 1816. La Nouv. Biogr. génér.
I. MARTYR, mot dérivé du grec, et qui signifie témoin. On donne le nom de martyrs à ceux qui souffrent pour rendre témoignage à la vérité de l'Évangile, et il n'y a qu'une seule cause qui fasse le martyr : la foi des choses qu'il faut croire ou faire. On distingue les martyr* désignés (martyres designati); les martyrs consommés ou couronnés ( martyres consommait sive coronatt) et les martyrs avérés (nuirtyres vindicati). Les premiers sont ceux que l'on a condamnés a mort , mais dont la sentence n'a pas encore été exécutée ; les seconds sont ceux
2ui sont morts dans les tourments ou par suite e la violence des tourments , et les troisièmes sont ceux que l'Eglise, après un examen canonique, propose à la vénération des fidèles. Autrefois on a aussi donné le nom de martyrs aux confesseurs qui avaient souffert l'exil ou quelque tourment pour Jésus-Christ, quoiqu'on ne leur eût pas été la vie; mais c'est improprement, puisqu'il n'y a de martyrs proprement* dits que ceux qui meurent réellement dans les tourments, ou ensuite par la violence des tourments, ou au moins qui en mourraient, si Dieu ne les préservait de la mort par un miracle de sa toute -puissance. — Pour qu'un homme soit censé martyr, il faut nécessairement qu'il donne librement sa vie, ou pour quelque vérité spéculative de la religion chrétienne, tels que les articles de foi, ou pour quelque vérité pratique, tels que les actes de vertus chrétiennes. Il faut de plus , de la part du tyran, la haine de la foi ou d'une bonne action prescrite par la foi de Jésus-Christ. Si le martyr est catéchumène, il est obligé de recevoir le baptême d'eau s'il en en a la possibilité. Dodwel, dans sa dissertation de Paucitate martyrum, a prétendu infirmer les preuves que nous avons du nombre des martyrs, de leurs vies et de leurs tourments; mais D. Ruinait l'a solidement réfuté dans ses Actes autherdùjttes des martyrs, où il établit l'authenticité des actes et des écrits qui se sont précieusement conservés dans toutes les églises. Ajoutons que cette traditiun des églises chrétiennes est pleinement confirmée par le témoignage des auteurs païens , tels que Pline , Tacite, Sénèque, Celse, Libanius. — Les anciens persécuteurs du christianisme n'ont accusé les premiers chrétiens d'aucun autre crime que d'impiété et de superstitions, de ne vouloir pas adorer les dieux, sacrilier aux idoles, d'être opiniâtrément attachés i la nouvelle religion qu'ils avaient embrassée. C'est donc faussement que les incrédules modernes et les protestants prétendent que ces mêmes chrétiens étaient des hommes turbulents et séditieux , qui troublaient la tranquillité publique, qui allaient insulter les païens dans leurs temples et les magistrats sur leur tribunal ; qui provoquaient de
firopos délibéré la haine des persécuteurs et la m t u i des bourreaux. S'il en était ainsi, Jésus-
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Chnst »«iit m tort d'annoncer à ses disciples qu'us seraient poursuivis et mis à mort pour ton nom, a mue de bti ; qu'ils souffriraient persécution pour Injustice , et non pour des crimes ; il tes «rot prévenus sans doute contre les excès d'ua bn zèle , et leur aurait défendu d'exnu r centre eux la haine publique : mais il leur dit qnll les envoie comme des brebis au milieu i*% impt. « On nous maudit, dit saint Paul, ■ .-: liions; on nous persécute, et nous k apportons; on nous blasphème, et nous 1; bous sommes devenus jusqu'à présent les ordures du monde, et les balayures nytees de tous (I Corinth., iv, 12-13). • Le j putd Apùtre dit encore : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus -Christ souffriront persécution (11 Timoth., m, 12). » Si les premiers fidèles n'avaient pas suivi cette leçon et ces exemples , nos apologistes, saint Justin , Ati:«na£ore, Minutius rélix, Clément d'Alexan- •rie, TertulUen, Origène . saint Cyprien , etc., auraient été d'une impudence incroyable; ils reprxhaient aux païens de sévir contre des innocents, de mettre à mort des citoyens paisibles . soumis aux lois , ennemis du tumulte et des séditions , qui jamais n'ont trempé dans lacune des conjurations qui étaient pour lors a fréquentes ; auxquels on ne reproche d'autre cnme que de refuser leur encens à de fausses divinités. Et c'est aux empereurs, aux gouverneurs de province . aux magistrats , qu'ils osent but ces représentations. Enfin, comme nous Tenons de le dire quelques lignes plus haut, les auteurs païens eux-mêmes, en retraçant le tableau des nombreuses persécutons dirigées contre les chrétiens , et des supplices horribles qaon leur faisait souffrir, avouent que tout ce çu >n avait à leur reprocher se réduisait à leur opiniâtreté dans leur religion, et au mépris des iieox de l'État. Et si Tacite et Suétone accuchrétiens d'appartenir à une secte perperverse et malfaisante (exitialis *uperthtio- superstitionis vruvee atque maleficn) , cest uniquement que les païens regardaient i impiété des chrétiens envers leurs divinités la cause des fléaux de l'empire et des publics. Xiphilin assure , dans la Vie it Ipstmhen , que ce prince condamna plusieurs personnes considérables à l'exil pour avoir changé de religion, et non pour aucun autre cnme. Voy. dans Richard et Giraud , et surtout lans Bertner (Diction, de théol.), les détails et des différentes assertions que nous •s dans cet article ; ce dernier prouve de peu, contre les incrédules et certains prote-itanu, en répondant à toutes leurs diverses •ji;«r.:tio'j(n. IV), que la constance des martyrs et le* cmerttoru qu'elle a opérées sont un phénomène mmaturel ; (n. V) que le témoignage des *.t une preuve solide de lu divinité du chnstvtnitme (n. V 1), que le culle religieux rendu sur martyrs est légitime , louable et bien fondé; que ce n'est ni une superstition, ni un abus. Richard et Giraud renvoient, pour tout ce qu'ils oet dit des martyrs, au savant traité latin de Benoit XIV intitulé : De Servorum Dei Beati/icahone et beatnrum canonisatione , etc., lib. I, «•p. U. et lté. Ul. cap. XI, et cap. xu, et cap. XX. D. Macri Hterolexicon. VEncuclopéd. cathol. GaeL Morom, qui, vol. XLI1I, p. 480-198, expose plusieurs questions relatives aux marri rs , qu'il distribue en différentes classes, et < ite plusieurs ècri vain* qui ent ont parlé.
//. MABTm (PIERRE), hérétique. Koy.VBRaTLlf.
lll. MARTYR D'ANGHIERA (Pierre), Ang/u-
riensts, Angleriiu, né à Avone, dans le Milanais, l'an 1455, mort en 152T», prit d'abord du service en Espagne, puis il reçut les ordres sacrés, et se consacra à l'instruction des jeunes seigneurs de la cour. L'an 1501 , Ferdinand et Isabelle l'envoyèrent comme ambassadeurextraordinnin» à Venise, puis en Egypte, où il obtint du sultan la permission de réparer les Lieux saints et la cessation des avanies que l'on faisait subir aux pèlerins. De retour en Espagne, il fut nommé doyen du chapitre de Grenade, puis chapelain de la reine Jeanne, mère de Charles-Quint. En 15U7, le cardinal Ximenès le nomma à un bénéfice considérable aux environs de Guadalajara , et, en 1515, Martyr en obtint un autre à Lores, près de Carthagène. Charles-Quint le Ht entrer dans son conseil des Indes, et, l'an 1524, il le nomma abbé de Saint-Jacques de la Jamaïque ; Martyr employa les revenus de la première année a en bâtir l'église. On a de Martyr d'Anghiera : 1» Opus Kpistolarum ; 1530, in-fôl.;1670, in-fol.; — • 2° une Histoire de la découverte du Nouveau -Monde, sous ce titre: lie Sovo Orbe Décades; Paris, 1536, in -fol., et 1587, in-40; — 3* De Legatione Babylonien ; Cologne, 1574,in-V°; — 4° De Insulis nuper inventif et incolarum mort bus; Bàle, 1521, in-4». Voy. Nicolas-Antonio, Bibl. Hispan., tom. II, p. 302 et suiv. Le P. Nicéron, Mémoires, tom. XXIII, p. 202 et suiv. Chauffepié, Nouv. Diction, histor. et crit.,X. III, p. 47 et suiv. Richard et Giraud , qui donnent quelques détails sur les écrits de Martyr.
MARTYRAIRE( Martyvarius), ancien officier de l'Église qui était le même que le mansionnaire;on l'appelait martyraire, parce qu'il était garde de l'Eglise, et chargé surtout du soin de conserver les reliques des martyrs. On donnait aussi le nom de martyraire au prêtre préposé à une église dédiée à Dieu sous le nom d'un martyr, et que l'on appelait en latin Marlyrium. Voy. D. Macri Hierolericon , ad voc. MaRTTOa- RIU8. Richard et Giraud.
I. MARTYRE IMartyrhtm) , souffrance des tourments ou de la mort pour la religion chrétienne. Le martyre supplée au baptême d'eau dans les adultes' non baptisés, et efface en eux le péché originel et les péchés actuels, quant à la coulpe et à la peine temporelle et éternelle : soit qu'il produise ses effets par sa propre vertu (ex opère operato), soit qu'il les produise par le moyen de la charité du patient (ex opère oj>e~ rnntis). On peut désirer le martyre, mais on ne peut ni se le procurer, en excitant les bourreaux, parce que ce serait les pousser à un crime, ce qui est illicite, ni se le donner à soimême, en prévenant les bourreaux, à moins qu'on n'y soit déterminé par un mouvement particulier de l'Esprit-Saint. Mais on est obligé de le souffrir, sous peine de damnation, lorsqu'on ne peut s'en dispenser sans commettre un péché mortel, ou que l'on est interrogé sur la religion, soit publiquement, soit juridiquement, soit même en particulier et dans des circonstances où l'on ne pourrait s'abstenir de répondre sur la religion sans qu'il en arrivât du scandale. Voy. Thomas, 2. 2., q. 124, art.l.ad 3, et art. 3, ad 1. Benoit XIV, De Servorum Dei Beatificatione et beatorum canonisatione, etc., I. III, c. xv, n. 7 et 8. Le Discours sur le mérite et la dignité du martyre; discours qui a remporté le prix d'éloquence a l'Académie française en 16H3. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, qui, vol. XLIII, p. l'J8- 200, donne quelques détails sur les supplices usités dans le martyre des chrétiens, et cite plusieurs auteurs qui ont écrit sur ce sujet.