‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 817 sur 1294 · SACH · texte numérisé non relu

SACH

des pécheur*, plus élevé que lescieux, capable cependant de compatir à nos faiblesses, et de les soulager. Jésus -Christ est vraiment notre prêtre : 1" parce que, selon l'apôtre saint Paul, dans les jours de sa chair, ayant offert avec larmes et grands cris des prières et aes supplication* à celui gui pouvait le sauver de la mort, il a été exaucé (Hébreux, v, 7); -" parce u'il est livré lui-même pour nous en oblation Dieu et en hostie de suave odeur (Êphés., v, 2); 3° parce qu'il est dans le ciel à la droite du Père, et que même il intercède pour nous (Rom. ix, 34); 4° parce que, comme dit saint Augustin, c'est par lui et en lui que nous prions; 5° enfin parce que tous les jours il fait pour nous la fonction de prêtre, en offrant par le ministère des prêtres, ses vicaires, le sacrifice non sanglant de son corps et de son sang pour la consolation et la sanctification des fidèle*. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.

S ACER DOS . nom propre latin de Sadroc et de Su y dot

SAC HACHA, ville de la tribu de Juda. Voy. Josué . xv, 61.

SACHAR, père d'Ahiam, et un des braves de l'armée de David. Voy. I Faralip., xi, 34.

SACHETS {Fratres de sacco ou Fratres saccor um , t'ratres saccati, Fratres saccarii) , nom donné aux religieux d'un Ordre qu'on appelait 1" Ordre de la Pénitence, de Jésus- Christ, Y Ordre du Sac et les reliyieux sachets, parce qu'ils portaient des habits laits en forme de sacs. Ou ne connaît pas bien l'origine de cet Ordre ; et il y a des auteurs qui en attribuent l'établissement à saint Jean Bon. Quoi qu'il en soit, cet Ordre est plus ancien que l'union générale des ermites de Saint-Augustin. Zurita dit , dans ses Annules d'Aragon, que les Sfichets avaient un monastère à Saragost** en 1198; l'an 1261 , saint Louis les institua à Paris, à Poitiers et à Caeu. Us s'établirent en Angleterre sous Henri 111, et ils avaient aussi des maisons en Flandre et en Allemagne; mais ils en perdirent une grande partie après la publication du décret du concile de Lyon de l'an 1274 . qui supprimait beaucoup d'Ordres religieux. Cependant ils subsistèrent plusieurs années après. Les Sachets menaient une vie très-austère ; ils allaient les pieds nus , portaient des sandales de bois, ne mangeaient

Sis de viande et ne buvaient pas de vin. Cet rdre religieux et plusieurs autres ont été sup-

tirimés par le concile de Lyon de 1274. Voy. le \ Hélyot, Hist. des Ord. monast., t. III , ch. xx. Huet. Origines de Caen, ch. x et xvi. Richard et Giraud. Le Diction, ecclès. <■( ranun. portatif. Bei^ier^Dic/iott. de théol. Gaet. Moroni, vol. LX,

P SACHETTES, religieuses qui avaient pris ce nom parce qu'elles suivaient la Règle des Sachets, c'est-à-dire des Frères de l'Ordre de la Pénitence. Les Sachettei avaient autrefois une maison à Paris, près de Saint- André-des-Arcs; elles ont laissé leur nom à la rue des Sachettes. Compar. l'art, précédent.

SACHOT (Étienne), avocat au parlement de Paris, mort en 1604, est auteur d'un ouvrage sur les matières bénéticiales, intitulé : Notir Caroli Nolina<i , Georgii Lonri, Ant. le Vaillant, circa rem beneficianam ; Paris , 1723, in -12. Voy. l'éloge de Sachot, dans Bretonnier, Ooservations sur la dernière des questions posthumes de M. Henris, tom. Il de l edit, de 1708, p. 808.

SACI. loy. Lemaistre, n» IL

SACIENS, hérétiques. Ce sont les mêmes que les anthropomorphites. Voy. Anthropo-

MOlU'HITtS.

SACILLUM, aujourd'hui S AGILE, ancien siège épisc. d'Italie de l'État de Venise, dans la Marche Trévisane , et sous la métropole d' Aquilée. On n'en connaît qu'un évèque, Agnellus, qui siégeait en 590. loy. Ughelh, Italia Sacra, tom. X. col. 162. Gat t. Moroni, vol. LX, p. 132.

SAC0NAT (Gabriel de), théologien, né au château de Saconay. dans le Lyonnais, mort à Lyon en 1580, parvint, jeune encore, à la dignité de chanoine-comte de Lyon, et obtint, en 1551, de Henri H la confirmation des privilèges de son chapitre. Il en fut élu doyen trente ans plus tard, et il exerça à Lyon les fonctions de censeur. Il se montra toujours plein de zèle pour la défense de la foi. On a de lui : 1° lu la Providence de Dieu sur les rois de France, avec V Histoire des Albigeois; Lyon . 1568, in -4° ; — 2° Traité de la vraie idolâtrie de notre temps; — ibid.. 1568, in-8°; — 3° Discours de % premiers troubles advenus à Lyon; Lyon, 1562; suivi d'une Apologie pour la ville de Lyon ; ibid., 1569, in -8°; — 4« Généalogie et fin des huguenots, et Découverte du calvinisme; ibid., 1572. in-8°. Voy. la Croix du Maine et du Verdier Vauprivas. Bibliolh. Franc. Sainte-Marthe , Gallia Christ.

SACRACELLA. Voy. Cercant.EAU.

SACRAIRE (Sacrarium). Voy. Armoire.

SACRAMENTAIRE (Sacramentanum), nom qu'on donnait autrefois à un livre ecclésiastique qui renfermait les prières et les cérémonies qui se pratiquaient dans la célébration de la messe et l'administration des sacrements. C'était tout à la fois un pontifical, un rituel, un missel, dans lequel cependant on ne trouvait ni les iutroïts, ni les graduels, ni les épitres, ni le« évangiles, ni les olfertoires, ni le» communions, mais seulement les collectes ou oraisons , les préfaces , le canon , les secrètes et les postcommunions , les prières et les cérémonies des ordinations, et un nombre de bénédictions; ce que l'on nomme k'ucoluge dans l'Église grecque. Le pape Gélase 1". qui monta sur le siège apostolique en 492, est le premier auteur du Sucramentaire ; saint Grégoire le Grand le revit, le corrigea et l'abrégea un siècle après. Mais ni l'un ni l'autre n'ont été les auteurs du fond de la liturgie; avant eux elle se conservait par tradition , et l'on a toujours cru qu'elle venait des apôtres. Le P. le Drun a prouvé ce fait essentiel au mot Grégorien. Voy. le Brun, Explicat. des Cérémonies de la «icwe, tom. III, p. 137 et suiv. Bergier, Diction, de théol.

SACRA MENT AIRES , mu n qui n'a d'abord été donné qu'aux hérétiques, tels que les calvinistes et les zwinulieus, qui niaient la présence réelle de Jésus -Christ dans la sainte Eucharistie, et qui n'y reconnaissaient qu'un simple signe sacré ou sacrement qui signifiait la grâce, mais qui ne la donnait pas. Plus tard on a appelé Sacramentaires tous les hérétiques qui ont combattu la doctrine de l'Église au sujet des sacrements. Compar. Antiluthékikns.

S ACRAMENTAUX. On appelle ainsi les choses sacrées, les actions ou les prières instituées par les apôtres ou par l'Église pour obtenir la rémission des péchés véniels ; ainsi, par exemple, la consécration des personnes et des choses , les bénédictions données par les ministres de 1 Église, l'usage des choses bénites, comme des cierges , de l'eau bénite , des cendres et des rameaux, etc. Les sacramentau.r différent essentiellement des sacrements, parce qu'ils n'ont pas été institués par Jésus-Christ, et qu'ils ne confèrent pas la grâce ex opère optrato. Voy. le Traité des Sacrements dans les théologiens. L'abbé André, Cours alphaUt. de droit canon.

SACR

SACR

Le Diction, de ta théol. cathot., art. Sacramentelles ( choses ) SACRA'

TDS (Paul), chanoine de Ferrare, sa >ie, où il «st mort à l'âge de soixante-quinxe , vivait au xv* siècle. Nous citerons de lui : 1° In Principtum Oenesens Commentarius ; Ferrare, 1589, in -8»; — 2* Commentarius in psat- /nos Iriyintu Ires prioret; ibid., 1088, in -8"; 3» Commentarius in seplem psalmos pamitentiales ; ibid., 1585, in-12. Koy. le P. le Long, Uiblioth. Sarre"*, in -fol., p. 938.

SACRE, cérémonie solennelle dans laquelle on donne l'onction aux évêques et aux rois. L'onction des rois, dit saint Augustin {in Psaim. av), a commencé . par l'ordre de Dieu, à Saûl ; elle a été continuée en David et en Salomon , •t les rois de Juda et d'Israël ont généralement été sacrés a leur exemple. De là le sacre des rois a passé dans presque tous les pays chrétiens. Quelques auteurs font remonter le sacre dos rois de France jusqu'à Clovis, en 496; mais le sacre du roi Philippe Ier, qui fut fait à Reims le jour de la Pentecôte, le 23 mai 1059, est le premier dont nous ayons l'acte authentique. Voy. D. Martenne, De Anliguit Hitibus Ecclesiœ. VHist. des sacres et couronnements de nos mis faits à Reims; Reims, 1722, in-12. Menin, Traité histar. et chronol. du sacre et couronnement des rois et des reines de France , depuis Clovis jusr/u'ù présent , et de tous les souverains de c Europe t augmenté de la relation exacte de la cérémonie du sacre de Louis XV, dédié au roi ; Paris, 1723, in-12. Richard et Giraud. Le Diction, ecctés. et canon, portatif. Dergier, Diction, de théol. Marlot, Théâtre d'honneur. Godefroy, Cérémonial français. L' Encyclopéd '. cathot.

SACRÉ-CŒUR Voy. Cœur, n" II et III. Bergier, Diction, de théol., au mot Cœur. L' Encyclopéd. cathol., art. Sacré-Cœur ( Dévotion et Fête du), et au Supplém., art. Cœur de Jésus (Sacré).

SACRÉ COLLÈGE. Onappelle ainsi lecorpsdes cardinaux de l'Église romaine. Voy. Cardinal.

I. SACREMENT; ce mot est formé du verbe latin sacrare, consacrer, ou du nom secret um , secret, parce qu'il consacre le sujet qui le reçoit et l'initie aux choses sacrées, ou parce qu'il signifie une chose secrète , cachée , invisible. C'est pourquoi le mot mystère, chez les Grecs, signifie la même chose que sacrement parmi nous. Ainsi le mot sacrement peut se >rendre pour une chose secrète et cachée ; pour e signe d'une chose secrète , mais sacrée ; pour le signe d'une chose secrète, sacrée, et par laquelle le sujet est consacré. Conformément à cette dernière acception, on peut définir un sacrement en général, une chose sensible qui, par tinsiUution divine, a ta vertu de signifier et de produire la sanctification à ceux qui le reçoivent. 1° C'est une chose nu un signe sensible: soit que ce soit un élément physique , comme de l'eau , de l'huile, etc.; soit que ce soit une action de la part du ministre ou du sujet , comme sont , dans le sacrement de fiénitenee, les actes du pénitent et l'absolution du prêtre. 2° Oui a la vertu de signifier et de produit e la justification ; soit que cette justification soit intérieure , soit qu'elle ne soit qu'extérieure et légale, parce qu'il est de l'essence d'un sacrement en général de signifier et de produire quelque sainteté. 3» Elle a cette vertu par l'institution divine ; en effet , Dieu seul peut élever une chose commune et profane à la dignité de signe pratique d'une chose sacrée. — On distingue deux sortes de sacrements, les sacrements anciens ou de rancienne loi , et les sacrements nouwaux ou de la

loi nouvelle; car c'est le sentiment de l'école, d'après saint Thomas (3», q. 51 , art. 3), qu'il n'y a pas eu de sacrement dans l'état d'innocence. Les sacrements de l'ancienne loi étaient des signes visibles, sacrés, permanents, institués par Dieu pour signifier seulement la sanctification ou justice intérieure; tels furent plusieurs sacrifices et plusieurs rites extérieurs prescrite par la loi de Moïse ; ils furent permanents, c'est-à-dire qu'ils durèrent autant que la religion juive, pour laquelle ils avaient été institués. //* signifiaient et produisaient par eux-mêmes une sanctification ou sainteté extérieure; ainsi les Juifs, qui étaient impurs selon la loi, étaient purifiés par certaines ablutions, certains sacrifices, certaines cérémonies charnelles imposées par la loi. ÈÊais Us signifiaient seulement la grâce intérieure; c'étaient, selon saint Paul, des éléments faibles et impuissants qui ne pouvaient pas plus justifier que la loi a laquelle ils appartenaient. C'étaient, selon saint Basile, des ombres, des figures et des images de nos sacrements. La différence des sacrements de l'Ancien et du Nouveau Testament est , dit saint Augustin , que les uns promettaient le Sauveur, Tes autres conféraient le salut. Les sacrements de l'ancienne loi, dit saint Thomas, n'avaient aucune force pour conférer la grâce; mais ils signifiaient seulement la foi par laquelle l'homme était justifié. Cette doctrine, qui est celle de tous les Pères, se trouve confirmée par les conciles de Florence et de Trente. — Les sacrements de la nouvelle loi sont des signes visibles tt sacrés, institués par Jésus-Christ Notrc-Seigneur pour être durables et permanents, et pour produire par eux-mêmes , et en vertu du signe extérieur, la sanctification ou sainteté intérieurs, 1* Ils sont des signes visibles; car ils signifient et démontrent comme présente la grâce qu'ils opèrent ; et, comme ils doivent être administrés à des hommes par des hommes, ces signes peuvent et doivent être aperçus par les sens. 2* Us sont sacrés, parce qu'ils signifient quelque chose dt* sacré, qu'ils sont d'institution divine, et qu'ils consacrent le sujet auquel ils s'appliquent. 9> tt» sont institués par Jésus -Christ Notre - Seigneur . Les apôtres . au témoignage de saint Paul, n'ont été que les dispensateurs des mystères de Dieu; d'où saint Ambroise conclut que Jésus -Christ seul en est l'auteur. Toute la tradition pnseigne la même vérité, et le concile de Trente l'a confirmée sous peine d'anathème; c'est pourquoi les Pères de ce concile reconnaissent que l'Église peut , à la vérité , changer quelque chose touchant les cérémonies des sacrements, mais qu'elle ne peut rien sur la substance de ces mémos sacrements. Remarquons que Jésus- Christ, nui comme homme est hypostatiquement uni au Verbe* divin, aurait pu sans employer des signes sensibles, et par le seul acte de sa volonté , produire les effets des sacrementt. 4* Ils doivent être durables et permanents , c'est-à-dire subsister jusqu'à la consommation des siècles, durer autant que l'Église chrétienne, pour laquelle ils ont été institués. 5» Ils produisent par eux-mêmes , et en vertu du signe extérieur, la sainteté intérieure; ce qu'on appelle dans le Ih tirage théologique ex opère operato. Il faut observer ici que trois choses sont nécessaires pour faire un sacrement : la matière, la forme et le ministre. Nous avons expliqué ces mots aux articles qui les concernent, comme nous avons fait conuaitre, en traitant de chaque sacrement , sa matière, sa forme et son ministre propres, attendu que ces trois éléments constitutifs ne

SACR

SACR

sont pas les mêmes pour tous les .incréments. Le sujet des sacrements, comme on dit en théologie, ou le sujet capable de recevoir les sacrements, n'est autre que l'homme qui vit sur la terre, parce que les sacrements ont été institués comme des moyens pour obtenir la grâce et le salut; ce qui ne convient qu'aux hommes qui vivent sur la terre. Cependant tous les hommes indifféremment ne sont pas des sujets capables de recevoir tous les sacrements. Ainsi les enfants qui n'ont pas l'usage de la raison, et les insensés perpétuels, ne sont pas capables des sacrements de pénitence , de mariage et de l'extrême - onction , ni les femmes de celui de l'ordre. Mais, même pour recevoir les sacrements dont on est capable il faut certaines dispositions, dont les unes sont nécessaires pour la réception valide , les autres pour ht réception licite et utile des sacrements. — L'effet principal de tous les sacrements est la grâce sanctifiante. Mais, outre la grâce sanctifiante, le baptême, la confirmation et l'ordre impriment dans l'âme un caractère ineffaçable ( t>oy. Caractère). De plus, le baptême et la pénitence ont été institués pour rendre la vie spirituelle aux personnes qui étaient mortes à la grâce ; c'est pourquoi on les appelle sacrements des morts. Les autres sacrements ont été établis pour augmenter la foi îles fidèles qui sont déjà en état de grâce avant île les recevoir; d'où ils sont nommés sacrements îles virants. — Tertullieu , saint Amb roi se , saint Augustin, tous les Pères en général, et toute la tradition, font mention de sept sacrements. De là l'Église ne reconnaît que ce nombre; le concile de Trente prononce anathème contre quiconque dira qu il y a plus ou moins de sept sacrements , savoir : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême - onction , l'ordre et le mariage. Le même concile déclare en outre : 1° Que tous les sacrements ne sont pas tellement égaux entre eux qu'il n'y en ait aucun plus excellent que les autres. En effet . le sacrement de l'eucharistie est le plus excellent de tous, en ce qu'il contient substantiellement Jésus- Christ, l'auteur de la grâce, et que tous les autres sacrements se rapportent en quelque sorte à l'Eucharistie. 42» Que tous les sacrements sont nécessaires au salut , mais qu'ils ne sont pas tous d'une égale nécessité, m tous nécessaires à chaque fidèle. En effet , le baptême et la pénitence sont nécessaires de nécessité de moyen; en sorte que l'on ne peut obtenir la grâce de la régénération, ou la justice perdue par le péché mortel, sans les recevoir, ou désirer au moins de les recevoir. Les autres sacrements ne sont nécessaires que de nécessité de précepte ; et encore , quoiqu'ils soient nécessaires au corps de l'Eglise , ils ne sont pas nécessaires à chacun de ses membres. L'ordre, par exemple, et le mariage ne sont pas d'obligation pour tous les fidèles. — L'Église emploie dans l'administration des sacrements et dans la célébration du saint sacrifice certaines cérémonies publiques et solennelles, dont la plupart remontent a la plus haute antiquité. L'usage de ces rites extérieurs est appuyé sur de solides raisons • 1° Ces cérémonies servent à imprimer le respect dû aux saints mystères. Elles font connaître distinctement, et mettent comme sous les yeux les effets que produisent les sacrements , et servent à en faire éclater la sainteté. 3» Elles élèvent l'esprit de ceux qui les observent avec attention , et excitent en eux des sentiments de foi et de charité. C'est pour celte raison , dit le concile de Trente, que 1 Eglise se sert de certains ornements , fait

des lu'nédictions et autres cérémonies qui sont de tradition, et qu'elle défend, sous peuie d'anathème.de négliger ou d'omettre sans quelque nécessité. Vo>/. Concii. Trident., sess. VIL Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon. Dernier, qui s'attache particulièrement à réfuter les erreurs des protestants sur les sacrements. Le Traité des Sacrements en général dans les théologiens.

II. SACREMENT (SAINT ou TRÈS-SAINT), c'est-à-dire le sacrement par excellence, qu'on nomme encore sacrement de l'autel, parce qu'il contient le corps adorable du Sauveur, qui réside sur nos autels. « On lui donna ce nom dans 1 Église catholique, et là seulement on peut le lui appliquer , dit avec vérité le savant Mast , parce que, suivant sa doctrine seule, ce sacrement contient véritablement , réellement et substantiellement l'Homme- Dieu, le souverain Bien, Jésus-Christ avec sa divinité, son corps et son âme, sa chair et son sang, tel qu'il est au ciel. La présence du Seigneur dans le très-saint Sacrement résulte de la transsubstantiation ou de la transformation de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, qui s'opère par la vertu divine des paroles de la consécration , prononcées par un prêtre catholique légitimement ordonné {sermu operatorius Cnristi. S. Ambroise). En examinant de près ce mystère de la foi, il devient

' évident qu'il est le mystère des mystères, le ' sommaire de tout ce qu'il y a de mystérieux dans la religion chrétienne. (Test ici le triomphe de la foi, car les sens ne prêtent plus aucun secours à l'esprit ; on croit malgré ce que disent les sens (pratstet fuies supplementum sensuum defectui). » Le saint Sacrement doit être conservé dans un endroit décent et fermé. Le pape Honoré 111 a fait à ce sujet un règlement trèssage (Cap. Sane , de Ceicbratione missurum). Les saints canons permettent de garder la sainte hostie dans les églises paroissiales . dans celles des réguliers et dans les cathédrales; toutes les autres chapelles et églises, y compris les collégiales qui ne sont pas des paroisses , ne le peuvent pas sans la permission du Pape, comme le remarque Joseph Ferrante. Koy. Mast, dans le Diction, de la tfiéol. cathol. Jos. Ferrante, Elemetda juris canonici, p. 77. L'abbé André, Cours alphabét. de droit canon, où se trouve rapporté le règlement d'Honoré III.

Page 1