‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 177 sur 494 · OBSÉDER, ASSIÉGEB · texte numérisé non relu

OBSÉDER, ASSIÉGEB

Obséder signifie littéralement assiéger.

Au propre , on assiège une ville , une place , un ennemi , etc. Obséder ne se dit qu'au figuré. Il paroît qu'obséder a été spécialement emprunté du latin pour le style mystique. Dans ce style, il suffit de dire qu'un homme est obsédé, pour faire entendre qu'il l'est par le malin esprit, qui s'attache à 1q poursuivre d'illusions pour le posséder.

On assiège par l'assiduité, les assauts, les poursuites, pour parvenir à un but quelconque : on obsède par l'assiduité, l'ax'tifice, la malignité 5 pour pai-venir à gagner et gouverner la

lyi OBSERVATION.

personne. Ainsi , obséder quelqu'un , c'est l'assiéger sans cesse, le circonvenir ou l'envelopper par les circuits artilieieux de la séduction, pour s'emparer de son esprit et de ses volontés. Ij'obsession a pour but la possession. (H.)

83^. OBSEUVATION, OBSEBVANCE.

Selon la remarque de Bouho'urs , observance signifie proptement règle, institut , constitution religieuse, réforme. T\ous disons les observances régulières, l'étroite observance. Nous appelons aussi observances les cérémonies légales , les pratiques extérieures. Nous disons les observances de la loi de Moïse.;

On a dit aussi ^observance pour l'observation des commandements de Dieu, des règles d'un monastère , etc. Ainsi, comme le remarque Bouhours, la règle, qui est elle-même l'observance, a conduit insensiblement à l'observance de la règle.

Il résulte de là qu'observance se dit pour et comme observation, en matière religieuse : dans tout autre cas , on ne dit qu'observation. On ne dira pas l'observance des lois civiles ou des règles de l'art.

Il en résulte encore , que l'observance regarde proprement les règles monastiques et les pratiques cérémonielles. On loue un religieux de son zèle pour l'exacte observance des constitutions de son ordre : on loue les gentils de leur zèle pour l'observation de la loi naturelle. On dira l'observance du jeûne, et l'observation des préceptes de la charité.

L'observance est proprement le résultat de l'observation, ou l'observation accomplie. L'observation fait , exécute : l'observance suppose la chose faite, exécutée. En suivant la même idée , observation sera plus propre à désigner une action pax'ticulière , l'observation particulière d'un précepte, les observation différentes des différents préceptes; et observance'^ l'exécution I^abituelle et entière, l'observation fidèle, constante*, absolue de la loi. (R.)

OBSERVER. rj3

Page 1