PUBLICAIN
Il est fâcheux que les romans de chevalerie , à force de cé~ lèbrer les extravagantes prouesses de leui-s chevaliei^ errants , aient décrié ce mot , beaucoup mieux mar(jué que celui d'earploit, au coin de la valeur et de l'héroïsme. La prouesse n'est plus proprement que l'action d'un chevalier, d'un paladin; l'exploit est d'un grand capitaine, d'un général. Le roman raconte les prouesses d'Amadis etd'Esplandian , et l'histoire dira Ie5 exploits d'Alexandre et de César. Il n'y a qu'un aventurier qui fasse des prouesses , et qu'un homme ridiculement vain qui parle de ses prouesses : le héros , le conquérant, font des exploits ^ et c'est aux exploits que la renommée et la gloire s'attachent. Un trait de courage singulier, étonnant, mais sans un grand dessein et un grand intérêt, pourroit peut-être s'appeler fort bien encore une prouesse; mais il faut pour Vexploit de grands intérêts et de grands effets. .Te voudrois du moins dire la prouesse du soldat qui fait un beau coup de main , et Vexploit du capitaine qui force la victoire ou qui fait rougir la fortune. S'il faut absolument que prouesse n'exprime plus qu'un ridicule , je voudrois qu'on n'emplojât pas aussi le mot d'erploh dans le même sens. (R.)
95(>. ruBLlCAl\, FINAîîClER, THAITANT, PÀftTTSAN , IttALTÔXIEft.
Le publicaia est littéralement le percepteur des revenus publics; il ne s'applique qu'à la finance de l'antiquité.
Financier, intéressé dans les finances de l'État, lève l'impôt en argent fin, etnon en nature ; il est ou fermier, ou régisseur, ou entrepreneur.
Les traitants étoient ceux qui traitoient pour une certaine somme, pour la rentrée d'un recouvrement particulier. On appela traitant celui qui , à la création de certains offices , s'en chargea pour les revendre à son profit, celui qui acheta les droits du domaine sur les îles et alluvions des rivières navigables.
Partisan présente l'idée du soldat qui met à contribution le pays ennemi. C'est une dénomination odieuse qu'on donnoit au traitant, qui se chargeoit d'une levée vexatoire..
Le m.ltôtier étoit une dénomination injurieuse qu'on donnoit aux traitants qui vexoient. Financier est plus ncble ; trai-