I2II. VIEUX, A5C1EN, ASTIQUE
Ils enchérissent 1 un sur l'autre t antUjue sur ancien, et celui-ci au-dessus de vieux.
Une mode est vieille lorsqu'elle cesse d'être en usage : elle est ancienne lorsque l'usage en est entièrement passé : elle est antiijue lorsqu'il y a déjà long-temps qu'elle est ancienne.
Ce qui est récent n'est pas vieux • ce qui est nouveau n'est pas ancien; ce qui est moderne n'est pas antique.
La vieillesse regarde particulièrement 1 âge : l'ancienneté est plus propre à l'égard de l'origine des familles : l'antiquité convient mieux à ce qui a été dans des temps fort éloignés de ceux où nous vivons.
On dit vieillesse décrépite, ancienneté immémoriale, antiquité reculée.
La vieillesse diminue les forces du corps et augmente les lumières de l'esprit. L'ancienneté fait perdre aux modes leurs agréments, et donne de l'éclat à la noblesse. L'antiquité faisant périr les preuves de l'histoire, en affoibiit la vérité, et fait valoir les monuments qui se conservent. (G.)
I2I2. VIGOUKEUX, FOUT, BOBUSTE.
Le vigoureux semble plus agile , et doit beaucoup au courage. Le fort paroit être plus ferme , et doit beaucoup à la cojistruction des muscles. Le robuste est moins sujet aux infirmités , et doit beaucoup à la nature du tempérament.
<^n est vigoureux par le mouvi ment et par les efforts qu'on fait. On est fort par la solidité et par la résistance des membres. On est robuste par la bonne conformation des parties qui servent ;.ux fonctions naturelles.
Vigoureux est d'un usage propre pour le combat, et poui
5i4 VIOL.
tout ce qui demande de la vivacité dans l'action. Fort convient en fait de fardeau et de tout ce qui est de défense. Robuste se dit à l'égard de la santé et de l'assiduité au travail.
Un homme vigoureux attaque avec violence. Un homme fort porte d'un air aisé ce qui accableroit un autre. Un homme robuste est à l'épreuve de la fatigue. (G.)
I2l3. ViOL, VIOLEMEîîT, VIOLATION.
Ces termes expriment tous trois l'infraction de quelque devoir considérable j c'est la différence des objets violés qui fait celle des termes.
Le viol est le crime de celui qui attente par force à la pudicité d'une fille ou d'une femme. Viotement ne se dit que de l'infraction de ce qu'on doit observer, et ce mot exige toujours un complément qui fasse connoitre la nature du devoir qui est transgressé. Violation se dit plus spécialement des choses sacrées ou très-respectables , quand elles sont comme profanées.
Quand les mœurs d'une nation sont corrompues , au point que le viotement des bienséances fait partie des manières reçues, et que l'impudicité ose se permettre impunément la violation publique des saints lieux, on ne sauroit plus répondre que le viol n'y sera pas bientôt traité comme une pure galanterie. (B.)
1214. VIOLENT, EMPOUTÉ.
Il me semble que le violent va jusqu à 1 action , et que Remporté s'arrête ordinairement aux discours.
Un homme violent est prompt à lever la main ; il frappe aussitôt qu'il menace. Un homme emporté est prompt à dhe des injures , et il se fâche aisément.
Les emportés n'ont quelquefois que le premier feu de mauvais : les violents sont plus dangereux.
Il faut se tenir sur ses gardes avec les personnes violentes j et il ne faut souvent que de la patience avec les personnes enu portées. (G.)
121 5. VlS-A-VIS, EN FACE, FACE A FACE.'
Vis-à-vis désigne le rapport de deux objets qui sont en vue l'un de l'auti'e, en perspective l'un à l'autre; qui se regar-
YI Si. j:^i<.t s. 5i5
dent , qui sont en opposition directe et sur la même ligne de Fajon yisuej.
Ainsi vis-à-vis marque un rapport ou un aspect plus rigoureusement direct entre les deux objets qu'en face; c'est pourquoi l'on renforce quelquefois l'indication vis-à-vis, par le mot tout, tout vis-à-vis. Il marque, comme face à face, une parfaite correspondance , mais , abstraction faite de l'étendue des objets , désignée par le mot fack.
On ne dira pas qu'une maison est en face d'un arbre : un arbre peut être en face d'une maison; deux arbres seront viS' Ci-vis l'un de l'autre, et non face à face. (R.)
I2l6. VISCÈRES, INTESTINS, ENTRAILLES."
Les viscères sont des organes intérieurs destinés à produire dans les aliments ou dans les humeurs des changements utiles à la santé ou à la vie : le cœur, le foie , les poumons , comme les boyaux, etc. , sont des viscères. Les intestins sont proprement des substances charnues en dedans, Aiembraneuses en dehors, qui servent à digérer, à purifier, à distribuer le chjle , et à vider les excréments. Tout cela est renfermé dans les entrailles , mais indistinctement et indéfiniment , de manière qu'un viscère, un intestin, fait partie des entrailles.
Les viscères se distinguent comme des corps différents , chargés chacun d'une fonction particulière, tendant à un but commun. Les intestins forment un corps continu (le canal infe^fi/ia/) , qu'on distingue en différentes parties, selon leur place, leur grosseur, leur service particulier dans un genre particulier de travail. "Vous distinguez surtout les entrailles par les sensations que vous éprouvez , et par un caractère de sensibilité que vous leur attribuez.,
Les entrailles ont donc un caractère moral : on a 'des c/i- Irailles, lorsqu'on a un cœur sensible : on dit des entrailles pa^ ternelles, les entrailles de la miséricorde, etc. Elles semblent alors tenir particulièrement au cœur, comme prcecordia, chez les Latins. (R.)