‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 147 sur 370 · FUT · texte numérisé non relu

FUT

FlININ, s. m. {Voy. FRâwc-riuif.) FUSEAUX, 5. m. Nom qu'on donne quelquefois aux taqqetsdes cabestans.

FUSÉE,s.^. Partie centrale d'un cabestan. (Voy. ce mot.) — Les pommes de tournevire sont quelquefois nommées fusée$. — La futée d'un aviron est sa partie non arrondie qui reste en dedans du plat-bord près de la tdletière.^On emploie des fusées ordinaires pour faire des signaux à la mer.

FUSTE,.s. f. Ancien bâtiment long et saillant pett sur Teau , qui marchait â l'aviron et â la Toile.

FUT, s. m. Châssis léger dans lequel on encadre l'étamine, qui forme la girouette d'an mât, et qui est disposé de manière â pouvoir tourner librement sur le fer rond on sur le paratonnerre qui termine le mât.

FUTAILLE, s. f. Nom collectif des pipes, iMtrriqoes , tiergoos et quarts.

GABARE , s. f. C'est, comme nous Tarons dit an mot Bâtiment, la désignation d'une espèce de navire de transport.

Comme, depuis la barque pontée â panneaux mobiles ou même non pontée, qui, sous le nom degabare plate, sert sur les rivières au transport, pour le commerce ou pour la marine royale, dtj matières, d^i denrées et autres sortes d*approvisionnemens, jusqu'aux g^bares armées faisant partie de la flotte de guerre, il y a un grand nombre de distinctions â établir, d'une part;

Comme, d'un autre côté, parmi ces distinctions, il en est une de beaucoup d'intérêt, en ce qu'elle place la gabare au point de vue spécial de bâtiment de découvertes et autres expéditions scientifiques, et qu'en remontant aux entreprises traditionnelles de ce genre on est amené, par l'examen de cette espèce de bâtiment, â reconnaître qu'il a dû presque nécessairement être employé pour les accomplir ;

Comme, enfin, parmi les gabares et les autres navires qui, sous divers noms, remplissent la même destination pour le service de la marine de l'état, les uns sont, ainsi que nous le disons plus haut, susceptibles d'être classés, soit d'une manière fixe, soit accidentellement, dans les cadres de la flotte, les autres, dans la catégorie des bâtimens de servitude, que nous avons mentionnés

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an mot FABRiciiTioii {P^oy. ce mot), au nombre dei moyens matériels d'exécution des travaux des ports, on voit qu'il y a là un sujet d'étude importante â essayer.

Nous l'abordons sous le dernier aspect, en établissant pour l'ensemble des gabares ( y compris la corvette de charge qui Constitue la plus forte gabare), et des autres bâtiineus de transport, deux divisions ou classes :

La première se composant de ceux de ces bâtiment qui, portant de l'artillerie, appartiennent à la flotte de guerre, ou qui, en recevant accidentellement, font de même partie temporairement de cette flotte ;

La deuxième, formée des gabares et autres trani^^orfs qui ne sont, quanta la marine royale, que des moyens matériels d'exécution, soit des travaux, soit de l'approviâionnement général des ports, et constituent la catégorie des bâtimens de servitude.

Bâtimens appartenant à la flotte* — La nomenclature des bâtimens qui composent la flatte admet cinq clauses de gabare ; savoir :

Les corvettes de charge, du port de 8M tonneaux \ . Les gabares de 650 â 450 tonneaux { Les gabares de 400 â 350 tonneaux ; Les gabares de 350 â 250 tonneaux.

Les transports de 200 tonneaux et au dessous; der* nière classe desgabares comprenant les autres bâtiment

qui, armés de quelques canons ou caronades» reçoitent la même destination*

Artillerie. -^ Les gahtiTeSf ou mieux, les corvettes de charge de 800 tonneaux, reçoivent des canons de 12 et des caronades de 24, au nombre de 22 i 28 bouches à feu; on les arme même, dans ces derniers temps, de 4 cauons-obusiers du calibre de 30.

Les gabares de 650 à 450 tonneaux sont armées de caronades de 18 et de canons de 12» au nombre de 14 * 18 bouches à feu.

Les gabares de 400 i 350 tonneaux reçoivent depuis 12 jusqu à 14 des mômes bouches à feu.

Enfin, les gabares de 300 à 250 tonneaux, «insi que les transports, portent de 6 i 10 bouches i feu, en caronades de 18 ou de 12 et en canons de 6, suivant leur échantillon, auquel est toujours nécessairement subordonnée la force de leur artillerie.

Chacun de ces bAtimens reçoit, eu outre, un certain nombre de perriers et d'espîngoles, tant pour farmement du bâtiment lui-même que pour Tarmement de ses embarcations.

La flotte admet encore, pour les expéditions maritimes de quelque importance, une espèce de bâtiment de transport qui, ayant la force d'échantillon nécessaire, et étant armé d'un mortier, lequel est l'objet d'une installation spéciale, prend alors la désignation de galiote i bombe ou simplement Bomb^bde. {Yoy, ce mot.)

On sait quel heureux emploi l'habile amiral commandant l'expédition du Mexique, et les artilleurs exercés sous ses ordres, ont fait récemment de cette puissante . machine de destruction, dans Tattaque suivie sitôt ^e la prise du fort de Saint- Jean d'Ulloa, jusqu'alors réputé comme inexpugnable.

En vue d'expéditions analogues, on arme encore accidentellement en flûte des bâtimens de guerre de grande dimension, ou même des vaisseaux pour servir au transport, soit d'un matériel d'artillerie considérable, soit d'autres sortes d'approvisionnemens militaires, soit de troupes de débarquement. A cet effet, les vaisseaux et frégates laissent dans le port, ou quelquefois emportent dans leurs cales, une partie de leur artillerie, et, dans cet état, les Lâtimens de guerre sont dits ar^ mé$ en[(lûte.

Nous ne mentionnons, qu'afin de ne rien omettre, les bâtimens marchands que , dans les mêmes circonstances, la marine loue ou frète au commerce pour des transports semblables â ceux qui précèdent^ bâtimens qu'il faut souvent installer en conséquence, surtout lorsqu'il s'agit d'embarquer des chevaux. On arme ces bâtimens des quelques pièces de faible calibre qu'ils sont capables de|)orter, ainsi que de quelques perriers, pour qu'en cas de dispersion des convois, ils ne restent point lout«â-faU sans défense, et afin aussi que,

dans les temps de brcme , ils puissent se faire rallier.

Bâtiment dits de servitude. — Les transports â considérer comme bâtimens de servitude, en dehors delà flotte , composent, suivant la distinction que nousavons établie , la deuxième catégorie des gabares.

Ce sont les gabares plates non pontées, celles, également plates, pontées au moyen de panneaux mobiles , les gabares pontées â demeure , telles qu'on les voit, en grand nombre, de Nantes â Paimbœuf, sur la Loire ; do Rochefort â Saintes et au dessus , sur la Cluirento ; de Brest â Pinfel , sur la rivière de co nom, etc. Elles sont principalement employées au transport des bois de construction.

Les gabares â vase déjà mentionnées à l'article bateau (Voy. ce mot) transportent, â quelque distance des ports, les vases qu'on extrait de leur fond au moyen des cure^molles.

Il faut ranger aussi dans la catégorie des bâtimens de servitude les chalans, les bugalets, les citernes: les premiers non pontés et sans mâts, ui voiles par conséquent, destinés au transport , soit de bois de construction , soit de pièces d'artillerie ou d'autres objets, d'un dépôt âun autre dépôt, i un chantier ou â tin bâtiment en armement, dans l'intérieur des arsenaux maritimes; les seconds (les bugalets) pontés , matés et gréés au contraire , employés â porter aux bâtimens qui sont en rade , soit des vivres , soit des objets de gréement ou d'armement; les derniers (les citernes) enfin , servante remplacer à ces bâtimens, avant leur appareillage, l'eau douce d'armement qu'ils se trouvent avoir consommée.

Telle est la nomenclature des gabares et transports dans les deux distinctions qui rattachent â la flotte une partie de ces bâlimcus, et l'autre partie au service des ports et arsenaux.

Quant à l'ordre de vues spécial qui se rapportent â la construction des gabares , deuxième objet do l'étude à laquelle nous nous attachons, leur destination seule indique , indépendamment dos autres remarques générales qui vont suivre, que leurs fonds doivent être tenus plus pleins que ceux des bâtimens de guerre , dont l'une des qualités les plus essentielles est de bien marcher. Toutefois, les progrès de l'architecture navale ont, dans ces derniers temps, eu l'effet de donner une marche avantageuse à des corvettes de charge de 800 tonneaux et à des gabares, ainsi que plusieurs autres qualités, qu'il est difficile de concilier avec la condition d'une grande capacité qu'ils doivent remplir comme bâtimens do transport , et que pourtant les gabares doivent réunir au plus haut degré pos.«ibIe , si on les envisage comme bâtimens de découvertes.

Les remarques tout-à-fait générales auxquelles donne HeUi au surplus, la diversité des bâtimens d«

IraMport que nous avoDS passés en revue dans cet arlicle, rapprochées do celle des vbâlimens de guerre apécialement envisagés comme tels* remarques qui peuvent s'appliquer tant à presque. lous les navires du commerce, que même, sous plusieurs rapports au moins, i ces mêmes bàiimens de guerre, mais qui ont particulièrement en vue Tespèce de bâtiment dont nous traitons ici, sont :

Que, séparant en deux ellipses toutes les espèces debâtimens, et rangeant, dans k première classe les plus petits y ceux dont on se sert pour le eabotage et les courtes navigations ; dans la deuxième classe , les plus grands , ceux qu'on emploie aux voyages do long cours et sont propres à naviguer sur l'Océan ;

Les bfttimens de la première classé présentent nombre de différences dans leurs proportîous, leurs formes, leurs mâlures et leurs gréemens; différences qui, d'ailleurs , constituent une sorte de perfectionnement, en ce qu'elles résultent des climats, de l'étendue et de la profondeur des mers , des positions des pays par rapport à chaque mer et entre eux , non moins que de la destination particulière des bâtimens;

Qu'au contraire ceux de la deuxième classe , construits pour le môme but, se ressemblent chez les diverses nations sous les rapports les plus importans ;

Qu'ainsi, en général , la largeur est entre le tiers et le quart do la longueur, les moindres ayant , sauf des exceptions , plus de largeur, par rapport à la longueur, que les plus grands ;

Que le tirant d'eau est quelque chose de plus ou de moins que la demi-largeur ;

Que la liauteur au dessus de l'eau , réglée d'ailleurs d'après la destination du bâtiment , est quelque chose de plus ou de moins que le quart de cette demi-largeur ;

Que la plus grande largeur est toujours un peu en avant du milieu de la longueur;

Que tes façons de la carène sont toujours plus fines à l'arrière qu!à l'avant ;

Que les bâlimens destinés pour la cAarje^sont plus pleins dans les fonds ;

Que les fonds de ceux destinés pour la marche sont , au contraire , plus taillés ;

Que tous, ou presque tous du moins, ont plus de tirant d'eau â l'arriére qu'à l'avant ;

Que tous ont leur centre 4e gravité un peu en avant du milieu ;

Que le centre de gravité de voilure est toujours en avant du centre de gravité du bâtiment y etc., etc. ;

Mais qu'avec ces données générales, et dans les limites qu elles déterminent pour la relation usuelle entre les proportions principales, les, formes données aux carénée présentent une infinité de différence! dans

leurs effets , en produisant un très grand nombre da qualités ou de défauts , rarement toutes les qualités désirables, quelquefois toutes sortes de défauts.

C'est « comme on le sait, que rien n'est aussi difficile que de déterminer les meilleures de ces formes , que de douer un bâtiment de qualités qui ne se nuisent pas réciproquement.

Il est déjà facile d'apercevoir le motif pour lequel nous avons reproduit ici les considérations générales qui précèdent; c'était notre introduction la pins rationnelle à l'étude qui va nous occuper.

La dénomination de gabare , qui comprend , d'après la nomenclature que nous avons développée plus haut, jusqu'aux barques pontées ou même non pontées naviguant sur les rivières, donne, par cela seul, l'idée de bâtimens de l'ordre le plus inférieur, et, dans le langage vulgaire , on a souvent , en effet , attaché la qualification de gabare â tous bâtimens , môme de guerre, marchant mal , et ayant beaucoup de défauts , sinon toutes sortes de défauts.

P(on seulement il se peut, mais môme il faut reconnaUre comme fait incontestable , que cette espèce de bâtiment , dont le nom dérive vraisemblablement de gabie^ sorte de hune tenant au calcet , bloc carré qui terminait anciennement les mâts des galères, et d'où provient le nom de gabiers qu'on donne maintenant encore aux matelots d'élite placés dans les hunes des vaisseaux, frégates, etc., a présenté, non seulement dans Torigine , mais encore pendant de longues années, pendant un ou plusieurs siècles sans doute, les plus grands défauts, et notamment celui de très mal marcher.

Il s*est Inévitablement écoulé beaucoup de temps avant que l'on ait connu et pu appliquer, môme en partie, les principales règles que nous avons rappelées plus haut. Essayons d'esquisser un aperçu de la marche des progrès successifs que la construction et la gréement du navire, type évident de la gabare, ont vratsemblabfement sui?te.

Lors des premières tentatives faites en vue de naviguer-à une certaine distance des côtes, on a dû probablemcnt passer de la galère , nécessairement très rase sur l'eau (car le besoin de s'élever au dessus de la mer a dû être resseiitî tout d'abord), â une forme de bâtiment ayant plus de hauteur, et aussi plus de profondeur ou de pied dans l'eau. En môme temps, la longueur a dû probablement aussi être diminuée relativement â la largeur, d'une part, et , de l'autre , les mâts courts avec leurs hunes ou gabies , conservés ou peu sensiblement modifiés. On conçoit que les terribles exemples des nombreux naufrages résultant, malgré la timidité des essais, du défaut d'expérience, ait iTçndu trèa circonspect duna Tadoption de p^rf^ctioniie^

mens que l'on pouTait entrevoir, mais auiquels on n*08&it s'abandonner; que, par suite, on ait longtemps hésité à risquer de compromettre, pour obtenir l'avantage d'une meilleure marclie ou autres avantages que Ton soiihaitait , la sûreté de la navigation ; qu'enfin la suprême loi , celle du salut de l'équipage, plus encore que de la conservation du bâtiment, ait été la règle litnitalive des innovations.

Cependar t quelques succès partiels ayant enhardi, et des observations suivies, que les périls à surmonter rendaient très perspicaces, étant venues en aide, à Fépoque où les relations commerciales tendaient à se former , les pruporlions principales dea navires et entre autres leur creux ou la capacité de leurs cales, en vue du transport des marchandises , auront sans doute été , quoique timidement encore, augmentées;. la longueur aura été rapprochée de celle des galèrea, avec une largeur plus grande ; on aura ainsi commencé à deviner la première de nos règles, celle du rapport entre h longueur et la largeur, en s'en rapprochant peu à peu; il en aura été de même des autres principes, quoiqu'avec plus de lenteur. On aura, vraisembiabtement aussi, accru les longueurs , ainsi que les diamètres des mâts et des vergues, en embarquant des voiles également plus grandes , quoique toujours de la forme primitive ( la forme latine) « pour les essayer dans les beaux temps d'abord , puis dans les mauvais. Le catcet aura ensuite été percé pour recevoir un mât supérieur, et sera devenu, â peu près du moins , le chouquet actuel ; vers répoquedeces premiers progrès , la voile carrée ou trapézoïdale , tenue à une vergue horizontale, aura remplacé en partie, comme essai, puis tout-â-fait sur le même Lâtiment,la voile latine avec son antenne à pic. Cette voile latine aura^ toutefois, été conservée pour les bâtimens perdant peu les côtes de vue , et elle est encore de nos jours , couime on le sait, en usage principalement dans la Méditerranée. Les formes de la carène auront été , de lâtonnemens en lâtonnemens, modifiées et améliorées ; de progrès en progrès, dont la recherche et Tapplicalion se rapportaient surtout nécessairement aux voyages de long cours , les diverses parties de la mâture et du gréement auront été successivement aussi améliorées jusqu'au jour où lo naviro aura été jugé eu état d'entreprendre de lointaines cxcur. sions. Ainsi perfectionné, comparativement avec les premiers essais, le navire, remarquons-le, ne pouvait être autre qu'une gabare^ quelque nom que l'on ait alors donné à ce résultat de tant de longs efforts successifs ainsi (^e des perfectionnemens qui les ont suivis plus tard; car, comme nous l'avons fait observer, quant à la grande diversité des autres espèces de bâtimens que nous avons rangés dans la première de nos deux distinctions (ceux destinés au cabotage et aux

courtes navigations) , e'est la considération des otimats, des vents le plus constamment régnant le long àm côtes, etc., qui a déterminé les perfectionnemens, et cette diversité même qui constitue le plus notable des progrès, en les résumant.

. La gabare a donc été le premier bâtiment dont les plus hardis navigateurs Se sont servis pour leurs périlleuses explorations. Ainsi , et â leur tète, c'est avec dea gabares que les Portugais découvrent et doublent» au quinzième siècle, M cap de Bonne-Espérance; que Christophe Colomb découvre l'Amérique (car la SwnXa- Maria^ la Pinta et la Nina, qui composaient sa flotille, ne pouvaient être que des gabar«s); que Yasco de Gama pénètre jusqu'aux Indes; que Magellan (avec la Viitoria^ autre gabare encore évidemment ) passe le fameux détroit qui a conservé son nom , etc., etc.

Les anciens et éminens services des gabares pour l'accomplissement des grands événemens produits par ces découvertes, capitales entre une infinité d'autres^ ne sauraient être mieux prouvés. Mais, sans remonter aussi loin , qui , de nos jours n'a pas entendu, avec admiration, parler des glorieux voyages autour du monde effectués par les gabares YAttrolabUf la MHêe^ YUranie^ etc. ? C'est qu'en effet cette espéoe de bâtiment est la plus propre, par son tirant d'eau moindre que celui des bâtimens de guerre des mêmes dimensions, par la solidité de sa construction, la capacité de sa cale , qui lui permet de prendre des rechanges et des vivres pour de très longues campagnes, par sa stabilité et par les autres qualités dont elle est susceptible, à entreprendre les plus lointaines explorations. Elle est consëquemment appelée , plus spécialement que toute autre sorte de bâtiment, â rendre, comme par le passé , d'éminens services â la navigation , au commerce , à la science ; et cela en temps de guerre , aussi bien qu'en temps de paix , puisque , dans les cas d'hostilités, les bâtimens chargés d'expéditions scientifiques sont toujours reconnus neutres, quel que soit leur pavillon.

Que la gabare , à ce point de vue élevé , soit donc , comme elle le mérite, Tobjet d'une sérieuse étude basée sur les observations que nos célèbres navigateurs n'ont point manqué de faire et de consigner , et que l'on ne saurait trop prendre en considération , au sujet des défauts qu'il peut être praticable de détruire ou tout au moins d'atténuer, sans nuire aux qualités déjà obtenues ; — que les coques soient encore , s'il est possible, consolidées, sans être alourdies, et ce en vue , soit des terribles chocs contre des montagnes de glaces flotUntes,soit des étreintes plus terribles encore entre des bancs de glace subitement fixés , que , dans eerUins parages si périlleux â traverser , les gabares peuvent avoir à supporter ;-Kiueeontre d'aussi grands danftn

les moyens prteerratifa à Vextériear soient accrus et per^ fectioonés , d'après les indication» des navigateurs qui se sont trouvés dans ces situations critiques; — qua pour tant d'autres circonstances des plus difficiles, les gabares de découvertes soient également pourvues des meilleurs appareils de sauvetage ou des moyens de les composer rapidement, sana omettre celui encore iméditer , dans le but de suppléer , pour les cas d'é<chouage dangereux» aux béquilles , que les dimensions et par conséquent le poids de ces bàtimeos ne permets tent pas d'employer ; — que toutes les pièces de la mâture et leurs rechanges soient de premier choix, et que les diverses pièces du gréement » ainsi que de la voilure, ne laissent rien à souhaiter ; — que lesembarcations qui peuvent devenir le seul moyen de salut des équipages, soient extrêmement soignées, et qu'elles soient délivrées en nombre suffisant pour parer à des perles presque inévitables ; on pourrait, comme on le sait, en construire de grandes dimensions, qui fussent susceptibles d'être montées et démontées par parties, puisque, lors de la première expédition d*£gypte, ce système a été appliqué, en grand, èJa construction d*une corvette qui devait ^tre transportée par tranches , à travers Tisthme de Suez , jusqu'à un port sur la mer Rouge; que cette ressource soit donc mise à profit, ainsi que celle de l'emploi de bateaux . insubmersibles^ si le chef de Texpédition le demande. Yoilà pour le matériel; les hommes spéciaux qui seront. appelés A méditer et A appliquer les perfectionnemens que les gabares de découvertes peuvent recevoir, suppléeront à ce que nous aurions omis dans ce rapide aperçu.

Quant au personnel : qu'à un chef et à un état^major, dont la composition actuelle du corps des officiers de vaisseau garantit d'avance la haute capacité, on donne une maistrance ainsi qu'un équipage d'élite ; que des maîtres et des ouvriers d'élite aussi, dans les professions de charpentiers, calfata, forgerons, dont la présence à bord est toujours si utile, trop souvent si nécessaire , fassent partie de l'armement ; qu'ils embarquent un choix judicieux d'approvisionnemens en matières et outils ; que la prévoyance > en ce qui concerne les vêtemens et la nourriture des équipages selon les diverses latitudes, ainsi que sous tous autres rapports, n'ait aucunes bornes , puisqu'il n'y en a aucune au courage, A la résignation, au dévouement de ces hommes qui affrontent tous les périls capables d'effrayer le cœur des plus intrépides : périls des ouragans ; périls dès rigueurs d'un froid excessif et de la contagion du scorbut ; périls des glaces fixes ou Ootlantes ; de ces hommes, enfin, qui s'exposent aux plus horribles souffrances, aux plus cruelles privations, et parmi lesquels il pa faut pai omettre de citer l^s aarana et c<Nirag9tti

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naturalistes , dont la coopération , dans les expéditlona lointaines dont il s'agit, est d'un si haut intérêt pour la science et pour le pays.

La gabare n'est pas la seule espèce de bâtiment employée pour les voyages scientifiques, et, indépendamment des corvettes de charge, les frégates du dernier rang, Uk.ThéUs et autres, en ont, comme on le sait, accompli de fort importans dans ces dernières an» nées. Le tirant d'eau de ces bâtimeas^peu supérieur A celui des grands transports ou Oùtes, les autres qualité» qui les distinguent et que nous avons rappelées A l'article Frégate (iiey. ce mot), les rendent propres, en

effet, quoiqu'A un moindre degré que les gabares, ainsi que les corvettes de charge , à exécuter ces sortes d'entreprises.

D'un autre cAlé , ri parait que l'on a renoncé A ces anciennes flûtes du port de 900 A OftO tonneaux qua nous venons de mentionner, et dont il ne reste plus actuellement que deux, dans notre marine, sous le nom de transports. Ces flûtes constituaient, d'aileurs, un perfectionnement dans la catégorie des grands bâti* mens de charge qu'on employait en France , dont s^ servaient les Eapagnols, sous le nom de galions, el dont se servent encore les Hoiiandais, sous celui de flûtes et de galtotes« •

Ces mêmes bAtimens, an surplus, comme tous ceux d'une construction analogue, n'étaient et ne sont encore que des gabares de dimensions plus ou moins grandes* Si la série des conjectures qu'en l'absence complète de documens traditionnels , nous avons cru pouvoir hasar«« der , au sujet de la progression des essais prrroitifs qui, de l'ancienne galère considérée comme point de dé**, part , ont conduit A la construction de navires propres aux voyages de long cours, n'est point inadmissible, OÉ peut encore ranger parmi les probabilités du même ordre , qu'A l'époque où des gabares ont accompli les premières expéditions lointaines, il doit vraisemblable* ment avoir suffi qu'un seul de ces navires ait été re* connu et proclamé A son retour, comme|ayant le moins de défauts et se rapprochant, conséquemmeot, le plus de quelques unes des règles générales que nous avons rappelées, pour que ce même navire ait servi, selon ceux des principes qui auront été vaguement saisis , A déterminer^ avec de nouveaux perfectionnemens, l'ao^ croissement graduel des principales dimensions.

Quant aux Lâlimens A construire , A taiUer spéciale* ment pour la marche, il parait hors de doute que c'est A la galère elle-même que les premiers perfectionne» mens ont été apphqués^ et que c'est sur cette espèce de bAtiment, que le premier progrès de la science les a saisis. Nous reprendrons cotte hypothèse au mot Vaissbac {Foy* ce mot), en donnant quelque dévelop» pemeat A l'exposé dea principaux réaaliala des reoheri

ch€9 êTchMogiqaeê faites lur la marine des anciens » et notamment sor celle des Grecs.

Conclaons , en ce qui a concerné particulièrement ici les gabares et les transports , que l'art de la construction , s*étant , de nos jours , élevé à une grande hauteur, par Tapplicalion des sciences physiques et mathématiques , il n'est pas de perfectionnement, dans la construction spéciale des gabares de découverte, que l'on ne doive espérer, lorsque l'attention se sera quelque temps arrêtée sur le degré d'intérêt à y attacher.

Cet intérêt a été passagèrement excité par îa disparition de la canonnière-brick la LiUoise^ qui avait été envoyée en croisière dans les mers du Nord, pour exercer les moyens de répression devenue nécessaire contre Findiscipline des équipages des bâtimens baleifiiers. On sait les appréhensions graves sur le sort de la Lilloiie qui, en 1834 , une année environ après le départ de ce bâtiment, déterminèrent à expédier, pour les mêmes parages, une seconde canonnière-brick, la Bordelaiêef avec la mission de parcourir les mers polaires à la découverte des renseignemens qu'il serait possible de recueillir, mission dangereuse remplieavec on dévouement absolu , mais qui n'a point été récempensé par la réussite. Cependant Texemple du capitaine Ross qui avait été retenu jusqu'à trois années dans les glaces polaires t ne permettant point de renoncer à tout espoir, une seconde expédition fut résolue, et cette fois, du moins «'l'on s'arrêta * constroire, comme bâtiment spécial t une gabare dont le nom qu'elle reçut, Ui Recherche, indiqqait la destination.

Là Recherche a été construite, en effet, avec la plus grande solidité ; sa carène a été revêtue d*un second doublage en bois, dit soufflage, bardé de fer. Des scies à glace ont été embarquées, avec un choix complet de l'armement le mieux approprié à la dure et périlleuse navigation qu'elle devait entreprendre. Cette nouvelle expédition a été, malheureusement, aussi infructueuse que celle qui l'avait précédée , en ce qui concerne la Lilloise 9 dont il a été encore impossible de retrouver les traces, mais ellcf n'a point été sans résultats de haut intérêt pour la science , dus i la coopération du célèbre naturaliste qui en a fait partie.

Toutefois , au point de vue du perfectionnement encore attendu, nous ne pouvons nous dispenser de faire remarquer que c'est sur un ancien plan , celui de la Pourvoyeuse, que la Reeherihe a été construite, ce que justifie d'ailleurs l'urgence de la mission h lui donner, tandis qu'il serait 'très désirable que la construction spéciale des gabares de découverte fût, comme nous l'avons déjà dit, l'objet de nouvelles études, et par con. iéquent de plans nouveaux que l'on mettrait utilement au concours, après qu'un programme, basé sur hê observations des navigpleara les plus ^périmantes i

aurait déterminé les principales conditions à remplir. Il serait déraisonnable d'attribuer, même indirectement, le naufrage ou plutôt laperte trop vraisemblable delà Lilloise à l'espèce de ce bâtiment, puisque Ton ignore complètement la cause du sinistre. Cependant il faut reconnaître que les canonnières-bricks, en général, sont, par les formés qu*affecte leur construction , peu propres à la navigation dans des latitudes élevées, et que cette navigation exige notamment des navires plus hauts sur Peau et d'un plus fort échantillon , indépendamment des autres considérations qui dominent le sujet. Mais nul doute qu'en consultant les plus savans explorateurs des mecs du Nord, et en appelant les autres hommes spéciaux à résoudre les quest'tons que ce même sujet pourra soulever, la marine ne doive être douée, dans un avenir assez prochain , do gabares de découverte qui réuniront les qualités votilues.

GABAHER , V. n. (Voy, Gonbiller.)

GABAllI , s. ni. Il serait sans intérêt derecherchcr si ce mot a quelque relation d'élymologie avec le mot gabare^ qui a été le sujet de notre précédent article. Quoi qu'il en soit, on nomme gabarit engénéral, une espèce de modèle, ébauché, de patron, destiné à reproduire, en partie, les formes d^un objet présentant diverses configurations ou divers contours que l'on a besoin de relever, en vue delà fabrication d'un ou de plusieurs de ces objets.

La construction des bâtiniehs , et particulièrement celle des bâtimens de guerre, exigeant des procédés d'une grande précision dans la reproduction des formes queles plans de ces bâtimens déterminent pour leur carène, ( tla formation des ga1)aris constituant, après le tracé du bâtiment, le principal de ces procédés, c'est aussi celui que nous allons décrire, d*abord, sommairement.

Le travail des gabaris a donc pour objet, à ce point de vue spécial, de reproduire la conflguration, les contours des pièces, soit à une, soit à plusieurs courbures qui entrent dans la charpente, et notamment dans la membrure des vaisseaux, frégates et autres bâtimens.

Les contours étant déterminés par le tracé du Irait extérieur' de la confi'zuration des pièces, qui a été opéré sur le planciier de la salle des gabaris {Voy* Ports), on présente, devant ces contours, des planches de sapin que l'on taille peu ft peu, à la commande de chaque trait, et dans leur largeur, jusqu'à ce que Ton obtienne la représentation parfaitement exacte des courbures. Il est facile de concevoir que si la courbure est peu pro« noncée, si elle approche de la ligne droite, une seule planche, de la longueur et delà largeur nécessaires, peut suffire pour donner le gabari d'une pièce. Lorsque, au contraire, il faut obtenir la figure d'une pièce qui a beaucoup d'arc, le gabari a besoin d'être formé de deux morceau^ de planche» pour augmenter la largeur , oa

de plasienrs planches. Dans le premier cas, on fixe, au moyen de gardes, le* morceau curviligne ajouté à la planche ; dans le second, on réunit les planches par les bouts, en superposant on doublant chacun de ces bouts convenablement amincis en sifflet, sur une partie de la longueur de la planche, de manière que cette partie ne ioît pas très sensiblement plus épaisse que les autres. Les portions doublées sont alors solidement fixées l'une sur l'autre, au moyen d'un assez grand nombre de pe« tits clous fabriqués pour cette destination , et que l'on nomme cIouè à gabari».

Après que l'on s'est assuré que chaque gabari repro* duit très fidèlement le trait qui détermine le contour extérieur de la pièce dont il doit régler le travail, on marque profondément au ciseau sur la face du gabari (c'est évidemment celle qu'il présente, lorsque le bord ou l'arête des planches qui le composent est placé le long du trait que Ton a suivi) les points d'intersection de chacune des lisses avec les couples (lesquelles sont projetées, par des lignes droites , sur le tracé du plan vertical du b&timent), afin de reproduire ces points sur les pièces, lorsqu'elles auront été travaillées {Foy. TRàCÉ). On conçoit que ces opérations , qui exigent beaucoup d'attention et une très grande exactitude, ne peuvent être confiées qu'aux contre-maîtres et ouvriers les plus habiles et les plus exercés, sous la surveillance continue tant de l'ingénieur qui a conduit le tracé que du premier maître qui en a suivi, sous ses <Nrdres» lea résultats successifs.

On transporte alors les gabaris au chantier de con* struction du bfttiment, où leur premier emploi est de servir au choix à faire, parmi les bois que l'on a réunis à l'avance sur le parterre de ce chantier, de ceux qui, par leurs dimensions et l'arc de leur courbure, sont les plus propres à fournir les pièces dont les gabaris règlent la destination.

Ce choix, qui doit être opéré par le premier miAtre du chantier, toujours sous la surveillance de l'ingénieur chargé de la construction, a beaucoup d'importance ; car il faut, d'une part, éviter les déchets ou pertes de bois d'un prix élevé, lesquels accroissent sensiblement la dépense de la construction, et, de l'autre, examiner si la courbure naturelle est suffisante pour que l'on ne soit pas forcé, lors du travail de la pièce, à trancher le fil du bois (et par conséquent à en altérer notablement la force), afin d'obtenir la courbure exigée par le gabari, ou si celte courbure naturelle n'est pas, au contraire, trop forte, ce qui présenterait le même inconvénient* Chaque maître de chantier, qui ne voit que la construction qu'il a à conduire, est trop souvent porté i employer des bois de dimensions supérieures et par cela même très rares, pour des pièces qui ne l'exigent point lJ>solument, et c'est encore une source de dommages à

éviter par les soins de l'ingénieur chargé du bâtiment. Il convient, enfin, d'examiner avec soin chacune des pièces de bois sur laquelle on présente un gabari, et ce principalement lorsque les bois proviennent d'un appro* visionnement déjà ancien, pour s'assurer que le bois n'a point contracté de vices, ou que ceux signalés parle résultat des vérifications à la recette, ne se sont pu accrus, et pour éviter de payer une main-d'œuvre qui serait en pure perte, sans omettre cette considération d'économie, qu'après le retranchement du bois vicié, la pièce laissée intacte eût pu être utilisée pour une construction de moindre importance, tandis qu'étant tra* vaillée inconsidérément, elle finit par tomber tout entière en rognures ou en copeaux, et cela n'arrive que trop fréquemment.

La règle est, quant à la distribution des bois entra les divers chantiers, que le soin de la déterminer, en conséquence des assor timens,appartienne exclusivement au premier maître charpentier de l'arsenal ; sa surveiN lance peut donc prévenir plusieurs des pertes que nous venons de signaler. Le choix des pièces et la formation des gabaris donnent lieu à une derpière observation de quelque intérêt.

Comme nous l'avons dit dans notre article Fabbici- TioN {Foy. ce mot), du moment où le tracé sur le plancher de la salle des gabaris est terminé, le travail de la formation des gabaris, ainsi que celui de la préparation des chantiers ou tins^ sur lesquels doit reposer la quille du bâtiment, sont compris dans le devis des travaux de main-d'œuvre de la charpente à exécuter par entre« prise, et payés aux ourriers d'après les prix fixés par ce devis. Or, nous pensons, arec beaucoup de person« nés dont l'opinion, sur ces matières, a quelque poids , qu'eu égard à leur importance, les travaux prépara* toires, en général, dont il s'agit, et surtout la formation des gabaris qui exige une grande précision, devraient toujours être exécutés à la journée. Nous croyons qu'il serait très convenable d'en charger, avec quelques ouvriers d'élite, toujours sous la surveillance de Tingé» nieur et du premier maître du chantier, des élèves de l'école de Maistrance, instituée dans chacun des grands arsenaux maritimes, que l'on aurait exercés aux opérations du tracé. C'est aussi avec le concours de ces élèves, qu'on aurait préalablement employés à la recette des bois {Voy. Recbttr), que le choix des principales pièces à déterminer au moyen des gabaris devrait être fait le plus habituellement, au lieu d'être laissé, comme cela arrive fréquemment, à la discrétion des ouvriers dits chets de pièces, lorsque tous les instans du premier maître du chantier sont de nécessité à bord du bâtiment, et que les travaux ont pris, pour quelque motif que ce soit, cette grande activité qui est fort avan« tageuse aux intérêts des ouvriers réunis en association^'

jnai9 est, d'an autre cAtô, très aasceptible de nuire tant à la perrectioQ du travail qu'à l'écoDomie dans remploi des matières.

Indépendamment des gabaris relevés sur le tracé à la salle, on confectionne encore des gabaris sur place pour déterminer les contours de certaines pièces courbes à superposer sur des parties plus ou moins concaves de l'intérieur des coques. Tels sont les gabaris des guirlandes, des courbes, etc. {P^oy, Travaux.)

La dépense, en main-d'œuvre et matières, occasionnée par la formation des gabaris, pour la coque des bâmens de guerre, est d'autant plus considérable que cette dépense se renouvelle à chaque construction do b^timens, soit des divers rangs, soit du même rang^ quoique évidemment, dans ce dernier cas, les gabaris soient ou, du moins, doivent être (ce qui n'a pas toujours lieu) exactement seipblables. Aussi a-t-on, quelquefois, essayé de conserver les gabaris. Mais outre qu'il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de les réunir soit complets» soit intacts, deux conditions de rigueur, pendant ou après une construction, ces gabaris sont des objets d'un grand encombrement, et de plus ils sont sujets à se déjeter par la sécheresse, et par conséquent k se déformer, ce qui, en peu de temps, les met hors d'emploi. La confection de gabaris enfer préserverait de ces dépenses si souvent réitérées, en pure perle, dans un grand arsenal, et, une fois accomplie avec soin d'après des gabaris ordinaires, formés eux-mêmes avec i|ne rigoureuse prépision, sur qn tracé d'une complète exactitude, elle aurait, surtout quant aux bâtimens à construire sur lesplaps réglementaires, et quant à ceqx dont les excellentes qualités auraient été bien reconnues, l'avantage de reproduire très parfaitement les formes de tous ces b&timens, ce qu'il n'est possible d'obtenir que très approximativement, dans l'état de choses actuel, selon le plus ou le moins de perfectioii des tracés successifs» On a constamment jusqu'ici reculé devant la première dépense qu'exigerait la confection de ces gabaris en fer , et peut-être aussi devant cette considération qu'en raison de leur poids ils seraient peu faciles à manier. Cependant, si, dans un arsenal où les travaux de construction ont toujours une grande activité, on calculait le montant des frais, en main-d'œuvre et matières, payés pour la formation do plusieurs collections des mêmes gabaris, la dépensa nécessaire pour se procurer une seule collection de ga« baris en fer, comparée à ces frais, cesserait assurément de paraître aussi considérable ; et, quant au poids, il serait aisé de le diviser, en composant les gabaris avec des laites de fer qu'on pourrait réunir ou di^oindre, h volonté, au moyen de petits boulons à écrous.

Les gabaris en fer sont, au surplus, d'un usage presque général pour régler le travail 4^ la membrure et

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des autres principales pièces des embarcations; il n'est pas, nous le croyons, dans les grands ports, d'atelier des chaloupes et canots qui ne possède une collection complète de ces gabaris pour les chaloupes, ainsi que pour les canots destinés aux bâtimens de divers rangs.

L'avantage en résultant, sous le rapport économi* que , est toutefois fort atténué par cette remarque : que la construction de ces chaloupes et canots , chaque espèce d^ ces embarcations considérée isolément, est loin de présenter, dans les divers arsenaux de la marine, l'uniformité qui serait si désirable. Chaque port construit des embarcations, comme il le veut, dans certaines limites de longueur seulement qui sont à peu près observées ; il s'ensuit que les embarcation^ confectionnées dans tel port, passent pour être très bonnes , et le sont effectivement , tandis qu'elles sont réputées, avec raison, mauvaises et lourdes dans tel ou tel autre port. Plusieurs des objets qui composent le matériel d'armement sont, fort judicieusement, soumis à des règles dp fabrication fixes, et si l'on a encore à souhaiter de voir ces mêmes règles étendues à un assez grand nombre d'autres objets, on est à plus forte rfilson surpris qu'elles ne soient point appliquées à la construction des chaloupes el canots , quant à celles de ces embarcations, surtout, qui sont données aux bâtimens construits sur des plans réglementaires. En présence des avantages qui résulteraient de Tuniformitc, si facile d'ailleurs à établir au moyen d'une simple décision prescrivant la formation de plans soignés , c'est une imperfection notable qui nous paraît devoir fixer l'attention, et nous avonp été d'autant plus rationnellement conduits â la signaler, en traitant des gabaris de fer, qu'à côté de leur utilité positive pour assurer la fixité des bonnes qualités des chaloupes cl canots, se trouve l'inconvénient grave de perpétuer les défauts de celles des embarcations qui sont reconnues mauvaises.

Les gabaris en fer sont, comme on le sait, d*un excellent emploi, dans les fabrications des ateliers de rartillerie, pour la confection des affûts etde plusieurs autres objets de dimensions variables. On connaît d'ailleurs quel parfait système d'uniformité et de précision domine, en général , les travaux afférens à celto arme spéciale. Ce système ne produirait pas de moindres avantages s'il était appliqué, au moyen du même em<* ploi de gabaris en fer, dans des ateliers dépendans des autres services , pour la confection d'un grand nombre d'objets, et co serait encore un perfectionnement très notable.

Il y aurait une longue nomenclature à faire des divers iisages des gabaris en bois, soit dans la construction, soit dans la préparation des matériels d'armement des bAlimeps de la flotte. Ajoutons seulepient ici que Tpn

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9% tert de cei gabtrig poar relever les formes de le carèoe des bâtimeni entrés dans un bassito, lorsque ees formes paraissent mériter d*ôtre étudiées et conservées, tant à cause de la réputation des bàtimeos, que dans un but d*obserYatîons comparatives avec les formes d'autres carènes. C'est ce qui contribue encore à faire dire, en parlant d'un bâtiment dont l'ensemble présente des contours bien suivis et agréables à Tosil » qu'il â un beau gabari.

Nous avons, pour conclure, & mentionner les gabe* ris en bois que Ton forme avec le plus grand soin , pour la confection des modèles servant à la Eibricatiou des penturcs de gouvernail , en fonte de cuiVre dit ro> sette, et qu'on nommait autrefois ferrures, parce qtté primitivement les pentures étalent de fer; oh sait qtié ees pentures , dont les unes à essieuï , honlmées aigoillotset les autres à œillets, appelées femelots, «ont fikées solidement, les unes sur rétambot, et les autres sur le gouvernail, pour que ce dernier se trouve porté ou suspendu , et puisse obéir iiu mouve« ment de rotation qui lui est imprimé de Tintérieur du bâtiment. Afin d'obtenir le plus de solidité possible , les pentures doivent embrasser, entre leurs branches d'une longueur convenable , chacun des celés de Yé^ tembot, ainsi que chacun des côtés du gouvernail. Des gabaris en bois servent donc, d'abord, pour relever sur place les façons ou courbures que présente Tétambot aux points d*encastrement des peotul'es , puis pour confectionner les modèles qui seront employés à fondre ces pentures elles-mêmes ; on opère de la même manière à l'égard des pentures à fixer sur le gouvernail. Pour les unes comme pour les autres, les modèles sont faits en bois dur, et particulièrement en bois de noyer de choix et très sec, dans un atelier à bois de précision, tel, par exemple, que l'atelier de la poulierie. Nous reviendrons, autant qu'il sera utile, sur les procédés de la fabrication spéciale des pentures de gouvernail en fonte de cuivre. [Foy, Usine.)

Il semblerait qu'on dût mettre en place les pentures d'étambot avant le lancement du bâtiment, et il en serait ainsi nécessairement, si on lui avait appliqué son doublage en cuivre, ce qui n'a lieu que pour les lâlimens de faible échantillon ; comme cette application n'est exécntée^ pour les vaisseaux et frégates, que lorsqu'on lésa fait entrer dans un bassin, c^est alors seulement aussi que l'on place les pentures d'ëtambot, et qu'un gabari en bois, de la longueur exacte du gouvernail, est employé à relever les points d'encastrement de ces pentures, pour déterminer, avec précision, remplacement de chaque penture correspondante sur la mèche de ce gouvernail.

Au moyen des modèles en bols soigneusement confectionnéSi que Ton envoie auxfonderiespour la fabrication

dlM pentures de gouvernail, appropriées aux bâtimens de ehaque rang, cea établissemens sont en mesure d'en approvisionner â l'avance les arsenaux. Lors donc que l'on a les pentures en magasin, on .les. présente par précaution sur l'étambol , avant le travail du parage, au point où chacune doit être placée , pois Ton opèr« le parage en conséquence des * ouvertures exactes ^ ainsi que du devers des branches. On prend ensuite le même soin â l'égard des pentures que doit recevoir le gouvernail ; dans ces circonstances, on est, comme on le voit , dispensé de faire usage de gabaris , ai ce n'est de celui qui est spécial au gouvernail, après l'applicatioA du doublage en cuivre sur la carène du bâtiment.

GABARIAGE > s. m. Plan de séparation de deut membres accolés qui forment un seul et même couple: Nom du trait qui sépare deux membt'es gabarlés peut former un couple.

GABARIER , s. m. Patron d'une gabare du com« meree qui navigue sur les rivières.

GABAHIER , tf . a. , une pièce de bois, le travailler d'après un gabari, donner â son arête iin contour où une courbure semblable au gabari.

GABAROT, s. m. Petite gabare du commerce â fond plat et non pontée , principalement en usage suf la Loire.

GABASSE , 8. f. Lourd bâtiment de commerce eu Usage dans la Baltique et dans la mer du Nord , sa mâture ressemble â celle de la ketch. [Foy. ce mot.)

GABET, s. m. Vieux mot qui servait â désigne^ une girouette de bâtiment ou une pinnule de certains instrumens astronomiques.

GABIE , s. f. Demi-hutte en caillebotls , appliqujié sur un des côtés de la tète des mâts â antennes.

GABIER, s. m. Titre dfstinctif de certains matelots désignés pour la surveillance et les travaux d'en* tretien â la tète des mâts. Ils sont choisis parmi les hommes d'élite de l'équipage. (Foy.ORGAifisATioN.)

G ABORD , 8. m. Bordage extérieur qui se place sur les varangues de fond , â joindre la quille , en s'emh boitant dans sa râblure ; il forme le premier rang de bordages de long en long de la quille.

GABCRON , 8. m. Nom que l'on donne quelquefob â une jumelle de brasseyage. {Voy. ce mot.)

GAFFE X s. f. Instrument de fer â deux branches. Tune droite et l'autre recourbée avec une douille emmanchée d'une longue perche. La gaffe sert, dans les embarcations, â défendre les abordages, â accrocher, s'il y a lieu, et â pousser au large d'un bâtiment, d'une cale ou d'un quai.

GAILLARD, s. m. On donne ce nom, dans les grands bâtimens, â deux parties du troisième pont qui sont bordées : la première, le gaillard d'arrière , de« puis le couronnement jusqu'au grand mât; la seconde,^

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gaillard d'aTaal , depa» les apôtres jusqu'aQ boni de l'arrière des porte-haubans de misaine. Ces deux parlies commniiiquent par le passe-avant.

GAINE , f . f. Sorte douriet large et plat qu'on fait sur les bords d une Toile en repliant sa toile sur ellenème^ Les paTîllons et les flamones ont une gaîne du ç6ïé où on les hisse.

GALÉAGE, s. f. Ancienne galère vénitienne, à trois vAUf allant à la voile et à la rame.

GALÈRE» s. m. Bâtiment déjà connu dans le ttoyen-AgOt long, étroit, d'un petit tirant d'eau, portant deux mftts * antennes, et marchant à la voile et à l'aviron. Les galères naviguaient dans la Méditerranée , on employait des forçats pour rameurs. — Les galères de l'antiquité différaient de celles dont il vient d*ètre fait-mention* Si l'on croit les historiens, les Grecs, les Carthaginois et les Romains > armèrent des galères à bnit rangs de rameur^, dont les dimensions égalaient cdiesdenoavaisseauxdeligne. Ilest fftcheux pour la acience qu'aucun détail certain sur la construction de ces bàtimens n'ait été conservé. — On dit quelquefois d*une ancre de détroit qu'elle est mouillée en galère.

GALEBIE, s. /. Sorte de balcon saillant en dehors de la poupe sur toute la largeur d'un vaisseau de ligne , de niveau avec le plancher du gaillard d'arrière, et orné d'une balustrade sculptée.— -On a supprimé la saillie •n dehors des galeries. (Yoy. Vaisseau.}— On nommait aussi galerie une sorte de corridor d'un mètre de largeur environ , qu'on ménageait sur le contour du laux-pont d'un vaisseau de ligne, pour faciliter la visite de la muraille dans tous les temps : cette galerie a été également supprimée. (Yoy. Lvstaixition.)

GALET, s» m. Caillou rond, dur et pesant, qu'on emploie souvent comme lest dans la marine marchande,

GALETTE, s. f. Nom des pains, biscuit.(;^. ce mot.)

GALGALE , s. f. Mastic composé de chaux, d'huile et de goudron , dont on enduit la carène des bàtimens doublés en bois. Les Indiens composent très bien la gaigale, les vers ne peuvent la percer, et, en se durcissant, elle adhère parfaitement au bordage.

GALHAUBAKS, s. m. pi. Longues manœuvres dormantes qui servent i étayer latéralement les mâts de hune, de perroquet et de cacatois; ils descendentdu sommet de ces mftts au bord des porte-haubans. Leur point d'appui se trouvant en arrière des haubans desmèmea mftts, ils les assujettissent plus parfaitemen t. ( Voy. GaÉs- MENT.) — Il y a aussi des galhauàant volans, munis de poulies, qui permettent de les larguer quand ils gênent au brasseyage, ou de les raidir quand cela est nécessaire. —Les galhaubans se distioguenl par le nom du mftt auquel ils appartiennent.

GALION , s. m. Ancien bâtiment d'un fort tonnage et armé en guerre, que TEspagne employait autrefois au

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transport des marchandises précieuses de ses coloniaa.

GALIOTE , s. f. (Foy. Batiiient.)

GALIPOT, s. m. Mastic composé de résine et de matières grasses, qui sert à enduire les carènes, les murailles extérieures, les mftts et les vergues des bàtimens de commerce.

GALOCHE , s. f. Sorte de poulie longue et plate , ouverte transversalement, sur une de ses faces, près le bord du réa, pour faciliter le passage d'un cordage .qui doit courir sur le réa, ou en être éloigné â volonté. ( Foy. Pouues.} — On nomme aussi galoehet des blocs de bois ouverts de plusieurs mortaises garnies de rëas , qu'on encastre dans différentes parties de la muraille ou du pont, oA elles servent au passage des écoutes des basses voiles , aux drosses du gouvernail , etc.

GALVETTE, s. f. Petit bâtiment armé de canons, que les Marattes employaient â la piraterie.

GAMBES, s. f. pL ou Haubans de revers, cordages en double qui prennent, de chaque bord, depuis le trélingage des bas haubans d'un grand bâtiment, jusqu'au bord des hunes où elles sont crochées sur la queue des lattes en fer qui estropent les caps de mouton placés sur le bord de la hune , et chacune est fortement attachée par l'autre extrémité au hauban inférieur qui lui correspond, et â la hauteur du trélingage. (Foy. Grébment.)

GAMBIER ou Gimbillbr, v. a. Changer de bord une voile à bourcet par rapport au mât.

GAMELLE , s. f. Vase de bois cerclé en fer , et de la forme d'un seau , qui sert de soupière à chaque plat de matelots.

GANSE , s. f. Estrope en quarantenier ou tresse roustée en natte placée i chaque capelage des vergues de perroquets et de cacatois pour passer les balancines dedans, afin de les empêcher de décapeler. — C'est aussi le nom d'une forte ligne épissée, que l'on bague avec l'estrope de la dernière poulie d'un palan. Cette ligne est garnie d'une cosse, dans laquelle on peut crocher un nouveau palan. — Lorsque les voiles sont déferlées, les rabans de ferlage sont ployés en yoiues.

GARANT , s. m. Un cordage passant sur les réas des poulies d'un palan , le bout de ce cordage auquel est appliqué la puissance motrice en est le garant. Les tours et retours de ce même cordage sur les différentes poulies du palan , la partie de ce cordage sur laquelle on agit, en est le courant.

GARCETTE , s. f. Tresse de fil caret ou de bitord. ^On distingue les garcettes de ris {Foy. ce mot) et les garcettes de tournevire, plus longues et plus fortes que les premières; elles servent â souquer le câble avec la tournevire pendant qu'on vire dessus au cabestan.

GARDE, s. /*., en construction. C'est un bout de planche, qui sert â maintenir momentanément Tassemblage de deux pièces de bois, en^la clouant sur Tune et

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mr l'autre; ou bieDt une jumelle âvec laquelle on for* iifie proYisoiremeDi une pièce de bois qui a éclaté ou qui est trop faible.

GARDE-CORPS ou Garub-fov , s. m. Cordage tendu sûr un pont supérieur, pour servir de point d'appui aux hommes pendant un gros temps.

GARDE-COTES , s. m. Bâtiment de guerre qui croise près des côtes, pour protéger les navires du commerce.

GARDE-FEU, s, m. {Foy. Gargoussibii).— Cest aussi une ceinture en bois de chêne, qu'on place à la hauteur de la flottaison d^un navire dont on chauffe la carène.

GARDE DE LA MARINE , $. m. Nom qu'on donnait avant la révolution aux élèves de marine.

GARDE-MONTANTE, s. f. On donne quelquefois ce nom i l'aussière de terre, qui soutient un bâtiment contre la marée.

GARDE-TEMPS ou CHROfioiiàTnE.(Fby. Montre

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