‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 152 sur 370 · GON · texte numérisé non relu

GON

rémir étroitement deux eordages, de manière qu'ils ne poissent glisser Ton sur l'aotre, ni se séparer.

• 6ENOPER , V. a. Appliquer la genope sur deux cordages, et en faire Tamarrage.

GENOU 9 I. m. Pièce de bois qui fait partie de la membrure. (Voy. Cocplk et Construction.) — On nomme aussi gen&u la partie d'un aviron comprise entre la poignée et le point d'appui.

* GENS , s, m. pi. Tous les marins non brevetés par Fétatse nomment gem de mer.

GBRCB ou Gerçdae, s. /. Fente dans le sens du fil d'une pièce de bou, produite par une longue ex» position au soleil.

GERME ou Djbrme, s. f. Grande barque d'Alexandrie, portant deux mâts à antennes.

GIBEIiOTy s. m. On donne quelquefois ce nom à la pièce de bois qui lie les lisses de l'éperon à l'extrémité de la guibre, en arrière de la figure du bâtiment. — Dans les embarcations, le gibelot est la pièce fixée entre les deux plat»-bords et Fétrave.

GIBERNE D'ÉQUIPAGE, s.f.^ouCARTOUCHiEa.

—Plus petite que les gibernes des troupes de terre et contenant autant de cartouches de calibre, elle se porte appliquée sur le ventre à Taide d'une ceinture.

GIROUETTE, s. /. Bande d'étamine, cousue dans le bois de girouette et montée à la tète des mâts, et plus généralement à la tète du grand mâl^ sur le fer du paratonnerre qui lai sert d'axe. Les girouettes sont rouges, blanches ou bleues, et elles servent à indiquer la direction du vent. — En armée ou en escadre, elles forment, par leur nombre et leur couleur, un signe de recomiaîssance.

GISEMENT, s. m. Situation des côtes f la direc* tien qu elles suivent par rapport aux différens points de la boussole.

GIT. On dit de tel objet qu'il gît à Tégard d'un autre, à certain air de vent, lorsque la ligne qui réunit ces deux objets a la direction de l'air de vent désigné.

GLÊNE, s. f. La couche annulaire que forme un cofdage, ou une partie d'un cordage ployée en rond sur elle-même, se nomme glène.

GLENER, ». a., une manœuvre courante, c'est faire sa glène, ployer en rond Fexcédtant de cette manoeuvre pn&s de la poulie de retour sur les ponts, ou les gaillards d'un bâtiment.

GOELETTE, $.f.{Foy. Batimbwt.)

GOLFE, s. m. Yaste enfoncement de la mer dans les terres. C'est par ses grandes dimensions qu'un golfe est distingué d'une baie.

GONDOLE , s. f. Embarcation de passage et d*agré« ment en usage à Venise. Les hommes qui conduisent une gondole se nomment gondoliers,

GONNE , 9. f. Baril de goudron.

GORGÈRE,i.f. (Fov. Taille^mbe.)

GODILLE ou GonniLLE, $. f. Aviron qui , placé â l'arriére d'une petite embarcation^ est employé seul à la mouvoir.

GODILLER ou Gondiller, v. n. Faire mar« cher une embarcation avec une godille. Le godilleur, le dos tourné â l'avant de Tembarcation, tient l'aviron à deux mains, et lui imprime un mouvement de droite à gauche et de gauche à droite, la pale étant au tiers dans l'eau.

GOUDRCNV, s. m. Matière résineuse que Ton extrait des bois de pin et sapin, distinguée par la dénomination de goudron végétal, du produit similaire que l'on relire de la houille (charbon de terre) et que Ton nomme goudron minéraL

Ces deux substances sont concurremment employées pour composer l'enduit, que l'on applique sur la carène des bâtimens, dont on recouvre les coutures ou joints des bordages des ponts, de ceux des murailles, dont on revêt rinlérieur des soutes, etc.

En vue de ces divers emplois, le goudron est modifié et amené à l'état de brai gras on â celui de brai iec, tant au moyen de la cuisson, que par la mixtion d'autres substances. Mais on se sert plus particulièrement du goudron végétal pur, pour enduire les fils de chanvre dont se composent les cordages, qui sont alternativement exposés à l'ardeur du soleil et à l'influence de l'eau de mer ou de l'eau de pluie. ( Vog. MAnasuvRE.)

Nous n'avons pas â décrire ici la fabrication bien connue du goudron végétal, non plus que celle du goudron minéral. L'opération se résume, quanta ce dernier, à réduire, par la combustion, le charbon de terre à l'état de coack, comme^ pour le premier, à amener dea bois de pin et de sapin, fendus en menus barreaux, & l'état de charbon. Par l'un et l'autre procédé, le goudron se sépare, et l'on n'a plus qu'à l'épurer.

Le meilleur goudron végétal provient de Riga, ainsi que les meilleurs bois de pin et sapin, et de Dantzig ; le goudron minéral s'obtient en France; la marine re- Qolt principalement de Bayonne des produits de très bonne qualité, dans les deux espèces; les brais gras de M. Luscombe et le goudron minéral consolidé de M. Meyrac sont reconnus comme supérieurs. Cependant le goudron, en général, a encore, dans ces derniers temps, été amélioré, au moyen du mélange réglé à diverses doses de chaux éteinte, lesquelles^ combinées avec différens degrés de cuisson du goudron, amènent, aelonles besoins, cette matière à l'état de brai plus ou moins gras, ou à celui de brai plus ou moins sec. (Voy. Perfectionnbmknt.)

GOUDRONNAGE, s. m. Action de goudronner.

GOUDRONNER, v. a. Enduire des mâts, des vergues ou des toiles de goudron liquide. On goudronne

le fil de caret en le faisant passer vivement dans une chaudière pleine de goudron chaud.

GOLDROXNERIE; 8. /. Endroit où « dans un port, on chauffe et on prépare le goudron pour les usages auxquels il est destiné.

GOUFFRE. Endroit d'un courant en mer et dans les fleuves , où Teau, tournant avec vitesse sur ellemême, forme des espèces d'entonnoirs, dans lesquels elle entraîne tout ce qui s'approche de leur tourbillon et les précipite au fond.

GOUJER, v. a. Pratiquer une cannelure sur la surface d'un bois quelconque, à l'aide d'un ciseau nommé gouje.

GOUJON, s. m. Cheville en fer, ronde, triangulaire ou carrée, qui a à peu près la même grosseur dans toute sa longueur.

GOUJONNER, V. a. Fixer en place une pièce de bois avec des goujons.

GOU JURE , s. f. Cannelure pratiquée avec un ciseau sur un bois quelconque.

GOULET , s. m. Canal étroit et court, par lequel la mer communique avec un port ou une rade.

GOUPILLE, s. /. Languette en fer plat, qui se sépare, s'ouvre en deux, pour, après avoir été enfoncée dansleboutd'une cheville percée, être reployée, afin de fixer la cheville dans les pièces de bois quelle traverse.

GOURA BE ou Gourablb^ s. m. Barque de commerce, en usage dans les Indes-Orientales.

GOURBI AGE ou Gourbillàge. Action ou résultat de l'action de gourbiller.

GOURBILLER , v. a. Creuser en entonnoir l'entrée d'un trou, afin que la tète du clou ou de la cheville qu'il doit recevoir puisse s'y perdre.

GOURDIN , s. m. On donne ce nom, dans la Méditerranée, aux rabans qui servent à enverguer une voile sur son antenne.

GOURNABLE , s. f. Longue cheville de bois de chêne, de forme presque cylindrique, qui sertà fixer les bordages sur les membres. (Voy. Rais.)

GOURNABLER , v. a. Fixer une pièce de bois avec des gournables. — Un b&timent est goumabU^ lorsque toutes les gournables sont en place.

GOURNABLIER, s. m. Ouvrier qui fabrique des gournables.

GOUSSE , «. m. Embarcation du golfe de Gènes, dont les extrémités se terminent en pointe^ et qui marche à la voile et à l'aviron.

GOUSSET , a. m. {Foy. Jaumière.)

GOUTTIÈRE, s. /. Les gouttières sont les deux bordages les plus près du bord sur les ponts ; ils régnent à plat tout autour du bâtiment en se joignant à la fourrure de gouttière. Ainsi, il y a deux rangs de gouttière de chaque bord et de bout en bout du navire» sor

cM>n

chacun des ponts ainsi que sur les gaillards. Les gouttières sont entaillées et chevillées sur tous les baux, qu'elles contribuent à maintenir dans leur distance respeclîYew GOUVERNAIL, s. m. Assemblage de charpente qui forme un solide presque prismatique, dont deox faces parallèles sont étendues et égales, et dont Tépai»seur est peu considérable relativement à ses autres dimensions (PL XIV, fig, 1.). Le gouvemailj destiné à tourner verticalement le long de Vétambot^ est composé d'une forte pièce de chêne, qui sert de base à tout Tassemblage et qui est nommée mèche du gouvemaiL C'est à cette mèche que sont ajoutées d'autres pièces de bois de sapin , qui sont chevillées avec elle pour composer la partie extérieure et saillante qu'on nomme safran. Le gouvernail lient à la quille par des aiguil-^ lots Cxés sur la Tace arrière de la mèche^ et qui roulent dans des femelots dont Vétambot est garni. La mèche est percée d'une mortaise à la partie supérieure de la batterie basse, pour un vaisseau, et c'est dans cette mortaise qu'on applique une barre qui, se mouvant horizontalement danslagrand'chambre au moyen d'un cordage que des poulies, des rouels, des coulisses» conduisent sur le gaillard d'arrière, imprime à la machine un mouvement de rotation autour de ses points de suspension, et fait présenter à l'un de ses deux plans latéraux une sut face plus ou moins oblique à l'égard du plan diamétral du bâtiment. L'extrémité inférieure de la mèche se nomme talon ou talonnière; elle est taillée en onglet, pour ne pas porter sur le bout arrière du talon de la quille. Sa partie supérieure se noQime tèie; elle est cerclée en fer, a ordmairemeot ; de plus de largeur et i de plus d'épaisseur que Ja quille. Au tiers de la longueur de la mèche, en descendant, les dimensions de celle-ci commencent à diminuer, et dans la partie la plus basse, elles ne sont plus que les 3/4 de celles de la quille. La longueur du safran est Ti de la largeur principale du bâtiment ; elle diminue du bas vers le haut, au point d'être réduite d'un i à la flottaison. Sur les faces latérales du gouvernail et près de la flottaison, on fixe un ôtrier en cuivre, qui porte un anneau au bout de chaque branche ^ on y attache des chaînes nommées sauvegardes, qui tiennent â la préceinte et sont destinées â retenir le gouvernail, s'il venait par accident à sortir de sa place. — Les cordages nommés droises du gouvernail, qui, fixés sur la barre, aboutissent sur le gaillard d'arrière et servent â faire mouvoir celle-ci, s'enroulent sur un cylindre appelé marbre de la roue, horizontalement porté sur deux montans et garni d'un petit mécanisme nommé axiome* ire ou indicateur, qui montre sur le pont même quelle est la position de la barre ; ce cylindre est garni de rayons partant de la base et liés ensemble par des

courber» qui forment co qa*oo nomme la rif%^ du goo«.

Teraail. C'est à rextrémité de ces rayons que se fait rapplication de la force.— La tamisaiUe ou le crotssanî sert de point d'appui k Textrémité de Ja barre. Cette pièce circulaire est garnie de petits rouleaux pour diminuer les frotlemens, et la barre repose sur elle au moyen d'une mAchoire, appelée crapaud, fixée sur sa face supérieure. La tamisaiUe se compose dedeux pièces chevillées avec les baux; ses extrémités se réunissent à la bauquière, et sur sa face antérieure est pratiquée une cannelure qui contient la dro$$e. Enfin, deux traversins établis verticalement au dessus de la barre d'aroasse encadrent l'ouverture appelée iaumièrconétam^ àraîj par laquelle passe la tète du gouvernail.

Pour monter le gouvernail, on croche une caliorne A une main de fer fixée au bau qui est an dessus de la jaumtère ; on garnit le garant de la caliorne au cabestan, et on fait affaler celle-ci par là jaumtère, afin de la cro« cher à une erse frappée à la tète du gouvernail, qui est suspendu sur le cété d'une embarcation placée é l'arriére du bftlimenti On amarre ensuite deux bouts de cordage appelés^ 6ras, sur deux taquets cloués de chaque cété du gouvernail, à la hauteur du troisième at* guHlot, et l'on fait entrer ces bras, l'un à tribord, Tautre à bâbord, par les sabords les plus en arrière, afin de conduire le gouvernail dans la direction de l'élambot, lorsque la caliorne aura placé les aiguiUois à la hauteur des femelots. Au moment d'affaler le gouvernail pour le faire porter sur ses ferrures, on passe une barre de cabestan dans le trou destiné pour sa barre, afin de pou* voir lui imprimer quelques mouvemens pour faire entrer les aiguillots tous ensemble dans les femelots. On met ensuite en place la tauvegarde^ les chaînée^ la barre et la braie. On a déjà parlé des chaînes, qui se nomment aussi sauvegardes, et de la barre; quant à la sauvegarde, c'est un gros cordage fourré de bitord qui passe dans un trou, traversant la mèche du gouvernail Ters la flottaison, et dont les deux bouts vont s'amarrer tribord et bâbord du couronnement, et elle sert à peu près pour le même usage que les chaîaes. La braie est une toile goudronnée qu'on place autour de la tète du gouvernail, A l'endroit où elle traverse la jaumièret pour empêcher Teau de s'introduire A bord quand la mer est forte. — Gomme on l'a vu, on fait agir le gouvernail A l'aide de sa barre. On va indiquer sommairement les résultats principaux de cette action. — Un bâtiment, en s'avançant, laisse successivement derrière lui l'eau qu'il tient de traverser ; cette eau glisse le long delà carène, de la même manière que si le bAtiment était arrêté et que le courant vint de l'avant. Dans ce cas, les deux côtés du navire étant parfaitement symétriques, et le résulUt des voiles, suivant CA {pi. XIY, fig. 2), étant seulement considéré, la direction du navire ne déviera point de CA< Si «lor» on yient A obliquer le gouYernail

en CE, sa surface, représentée en projection par CE, recevra une poussée dans le sens de la direction du courant, poussée qui peut se décomposer en deux forces. Tune DN, perpendiculaire à ta surface, l'autre DC, parallèle A cette même surface et par conséquent sans effet. Quant A la première, DN, on la subdivise ellemême en deux nouvelles forces : la première, agissant suivant DP, parallèlement A AC, et la seconde, suivant DM, perpendiculairement A AC. Il est évident que la force DM, poussant l'arrière du cété où se trouve la barre du gouvernail CO, force l'avant à se présenter du cété opposé. Ainsi, la barre étant droite suivant CA, le bAtiment suit cette direction ; mais si on la met A tribord, le bAtiment tourne A bâbord, de même que si on la met A bâbord, le bAtiment lance vers tribord. Quant A la force DP, son effet évident est de solliciter le navire A culer, et elle est d'autant plus grande que l'angle DCM approche d'être droit. — Dans le cas où il y a de la dérrve, ce n'est point évidemment quand la barre est droite que le gouvernail est sans effet, mais bien quand elle se trouvedans la direction de laAouacfce/car alors, seulement, le gouvernail n'éprouve aucune percussion du fluide (Fojf.Siix^GE). Si le vaisseau cule, il faut mettre la barre A tribord pour le faire abattre sur tribord, et à bâbord pouic le faire abattre sur bâbord. — L'angle ACE est le plus favorable possible, pour donner au bAtiment le mouvement de rotation le plus vif> lorsqu'il est dfe 45°. Mais, jusqu'ici, la forme de Tarrière et la longueur de la barre empêchent que cet angle excède 3ô«. Cette quantité suffit dans les cas ordinaires. >- Les bAlimens qui.ont plusieurs ponts ont la barre du gouvernail sous le plancher du second et une roue sur l'arrière du pont le plus élevé ; ils gouvernent A la roue. Ceux qui n'ont qu'un pont ne montent pas de roue et gouvernent A barre franche. — On nomme gouvernai/ de drt$se on guide, une petite barre de fer terminée d'un bout par un croissant et dé l'autre par un anneau, tandis que sur sa longueur elle est percée de plusieurs trous. Le galhauban de hune le plus de l'arrière traverse l'anneau, et le croissant s'appuie sur l'itaguo de hune ; d'ailleurs, ce gouvernail est lié A l'itague par de petits cordages» qui passent dans les trous percés sur sa longueur. Le gouvernail peut glisser contre, le galhauban, en maintenant constamment les drisses des huniers A la même distance des galhaubans, et il. empêche Titague de tourner ou tout au moins de diminuer les tours qui se font dans les drisses.

GOUVERNER, v. a. Diriger un bAtiment en mouvement sur un air de vent désigné, et le ramener à cette direction quand il s'en écarte, par le moyen du gouvernail. — Un bAtiment gouverne d'autant mieux qu'il est plus sensible A l'action de son gouvernail.— Qouyerner sur. tel ou tel point, sur une rade, un port,

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une îl6, c'eat ienit la proue du bâtimeiit eoDstammeni 4irigée vers ce pcmit, A Taide da gouyernaii. — Gouyer* ner sur son ancre» c'est présenter la proue du bâtiment yers le lieu où son ancre est mouillée. ^Gouyerner à tel ou tel air de yent» c'est courir sur cet air de yent, *-Gouyernw au plus près> o'est tenir le bâtiment dans une position telle, que le yent. Tenant de l'ayant, lasse ayec sa longueur un angle de 46* â 34<>.-r-Gouyerner où on a le cap, c'est maintenir un bâtiment sur la direction qu'il suit dans un instant désigné. — Gouyemw un yaisseau et faire gouverner indiquent deux actions différentes; la première est celle du marin, qui agit par ses prqpres bras sur le gouv^nail ; la seconde, celle de VofBcier quicemmande au précédent de porter la barre à bâbord on â tribord, suivant le cas.—* Gouverner A la lame, c'est, â Taide du gouvernail, donner à la proue une direction telle, que lebâtiofient éprouve le moindre effet possible de la part des lames qui viennent Tassaillir. -«- Gouverner dans les eaux d'un bâtiment, c'est diriger la route d'un navire dans les eaux d'un autre qui le précède. — Enfin, un bâtiment ne peut gouverner, lorsqu'il obéit diffieiFement â son gouvernail , ou qu'il n'a pas d'espace pour tourner sur lui-même, ou que sa vitesse n'est pas assez grande pour qu'il résulte de l'action de l'eau sur son gouvernail une impulsion assez forte pour produire une rotation.

GRAIN, 8. m. Coup de vent passager, subit et de peu de durée. Les marins expérimentés savent prévoir ces cbangeraens violens dans l'atmosphère ; ils veillent au grain. — Un bâtiment qui diminue de voiles â l'approche d'un grain amène pour le grain; il est chargé par le grain , lorsqu'il en est surpris et qu'il n'a pas manœuvré â temps. Un grain est pesant lorsqu'il souffle avec violence ; il est noir ou blanc, suivant le nuage qui le produit.

GRAIN D'ORGE , s. m. On donne ce nom à des

petits morceaux de bois qui servent à remplir des vides ^ ou des défauts dans une pièce de. charpente ou de mâture. — Ce sont aussi des morceaux de bois courts , qui servent â maintenir latéralement les pièces de la quille d'un bâtiment lorsqu'elles sont établies sur des tins.

GRAIN ASSE ou Gheivasse, s. f. Petit grain de. vent accompagné ordinairement de pluie.

GRAND, adj, Grand^bran^ bras de la grande vergue. — Grand cabestan , cabestan â deux rangs de barres. — Grand-chouquet , chouquet capelé â la tète du grand mât. — Grand-frais^ fort vent qui souffle uniformément. — Grand mât, mât principal d'un bâtiment. — Grand mât de hune^ mât de hune du grand mât. — Grand mât de perroquet , mât de perroquet du grand mât. — Grand perroquet ^ voile que porte la ?ergue du grand mât de perroquet.--^ Grmdc «murt^.

amure de la grande yoile. — Grande bouline ; booltii» de la grande voile. -*- Grande chambre , ehamhra qui , dans les grands bâlimens , se trouve sur l'ai riàre du seeood pont. — Grande marée, marée qui a llea lors des syzygies. — Grande vergue ^ principale yersw d'un bâtiment ; elle est portée par le grand mât, et la grande voile s'eavergiie dessus.

GRAPPIN , n m. Verge de fer armée, â l'bne de ses extrémités, de plnsienrs crochets recourbés intérieurement, et doni l'autre se termine par un anueao. (PL XIY, fig. 6; 7, 8.) Les grappins servent d'ancren aux petites embanations. — Il y a des grappins d'abovdage qui s6Dt plut légers que les précédons , et donl les crochets sont pointus : ils servent â accrocher nn bâtiment ennemi qu'on veut combattre de près. Oa place ces grappina, disposés sur un chaîne , au bout dee basses vergues , et on les laisse tomber dans les agrée de l'ennemi ; on en suspend d'autres aux bout-dehors de bonnettes poussés au large , et on les Unee de môme que les premiers; quelquefois même on lance des grappins â la main de dessus les bastingages. Quand ces grappins Ont mordu, on tire les chaînes auxquellea ils sont attachés , afin de rapprocher les deux bâtimens.

GRAPPE DE RAISIN, s. f. Paquet de mitraille formé de grosses balles de fer.

GRAS {bfi)« L'équerrage d'une pièce est en gras, elle a été travaillée en gras, lorsque deux de ses laces adjacentes forment entre elles un angle plan dont la grandeur excède 9(P.

GRATTE , s. /. Péitlte plaque triangulaire en fer, tranchante sur ses cétés, et qui a une douille pour recevoir un manche. Elle sert pour gratter les ponts , les mâts et les carènes.

GRATTER , v. a. Racler un pont, etc., avee nue gratte.

GRAU , t. m. Sorte d'embouchure de canal qui communique â la mer.

GRAVE , 8. f. Sol ferme près du rivage , qui s'étend en pente douce yers la mer.

GRAYIER , s. m. Petit caillou uni , bon pour lest.

GRBEMENT, s. m; On nomme ainsi la catégorie des objets de l'ordre des matériels d'armement, teb qne les cordages , les poulies , etc. , dont se composent les apparaux servant pour la tenue , ainsi que pour la manoeuvre des mâts et des voiles; apparaux qu'il faut distinguer de ceux qui sont spécialement employés pour la manœuvre des ancres , et que constituent les câbles en chanvre , les câbles-chalnes avee les différens objets qui s'y rattachent.(Foi;. MiiiaBUYRB.)

GRÉER , v. a., un bâtiment , établir â leur pîacel toutes les parties qui composent son gréement. — On grée ainsi un mât, une vergue, une voile en les gar«

uissânt de tous les cordages et de toutes 1er poulies

nécessaires pour lenr propre soutien et pour les usages auxquels ils sont destinés. — On dit qu'un bâtiment est gréé en carré, en auriques, en brick, en goëlette, etc., suivant son modedegréement et la forme de ses yoiles.

GRÉES, s. m. pi. Ce mot comprend en général tout ce qui concerne le gréement, cependant il s*applique plus particulièrement aux étais, haubans, gaihaubans et sous-barbe. — On dit, nous avons tenu no$ grées , il faut tenir les grées , lorsqu'on a raidi ou qu'il faut raidir ces manœuvres dormantes.

GRÉEUR, s. m. Officier marinier qui , dans les ports, fait métier de gréer les bàlimens de commerce.

GRÊLE, adj. Des mâts, des vergues sont grêles , lorsque la faiblesse de leur échantillon ou leur trop grande longueur les fait paraître trop menus comparativement au corps du navire.

GRELIN, s. m. Cordage composé de trois ou quatre aussières commises ensemble ; il ne diffère des câbles que par la grosseur. Jusqu'à trente centimètres de circonférence, il conserve dans la marine militaire le nom de grelin ; au dessus il prend le nom de câble. Le grelin est employé comme câble sur les petits bâtimens ; il sert à amarrer ou à touer les grands bâtimens, et souvent il s'étalingue sur une ancre à jet.

GRENADE , s. f. C'est un petit boulet creux du poids de 1 kilogramme , et de 51 millimètres de diamètre, qu'on charge de 106 grammes de poudre. Elle porte une fusée en bois de frêne, garnie de salpêtre en farine et de soufre. Les grenades qu'oh embarque sur les bâtimens de guerre sont hérissées de clous dont les têtes sont fixées par une ligne sur la circonférence du boulet, de manière à ce que les pointes saillantes de ces clous puissent pénétrer dans les bordages du pont ennemi sur lequel on les a lancées mèche allumée.

GRENIER, s. m. Couche de lest en galet ou en billettes qu'on établit dans le fond de la cale d'un bâtiment pour servir de plate-forme élevée sur laquelle on place des marchandises , qui » pour être conservées, doivent être écartées de Teau qui s'accumule toujours en volume plus ou moins grand dans les parties basses d'un bâtiment.

GRENIER (en) , aiv. On charge un navire en grenier lorsque, l'intérieur de sa cale ayant été revêtu de nattes ou de grosses toiles , on y verse en monceaux, comme dans un grenier, du blé, du sel , etc. Ordinairement, lorsque la cale est spacieuse, on la divise en plusieurs greniers par des cloisons , afin d'éviter que la charge ne tombe tout entière sur un bord.

GREVE, s, /. Les marins distinguent là grève de la plage par la différence du sol. Celle-ci est formée par un sable uni , tandis que la grève est garnie de balattes ou de petites pierres.

GRIBANE, s. f. Sorte de barque qui a on grand

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