CONJONCTION — CONJUGAISON
par exemple, qu'il y a un avantage réel à être instruit ; et que nous ajoutions, sans aucune liaison, qu’il ne faut pas que la science inspire de l’orgueil, nous énonçons deux sens séparés; mais, si nous voulons rapprocher ces deux sens et en former l’un de ces ensembles qu'on nomme périodes, nous nous apercevons d’abord de la disconvenance et d’une sorte d’éloignement et d'opposition qui doit se trouver entre la science et l’orgueil. Voilà le motif qui nous fait réunir ces deux objets; en les rassemblant, nous énoncerons cette idée accessoire par la conjonction mais, et nous dirons qu'il y à un avantage réel à être instruit, mais qu’il ne faut pas que cet avantage inspire de l’orgueil. Ce mais rapproche les deux propositions ou membres de la période et les met en opposition. Ainsi, la valeur de la conjonction consiste à lier des mots par une nouvelle modification, ou idée accessoire, ajoutée à l’un par rapport à l’autre.
Les anciens grammairiens ont balancé s'ils placeraient les conjonctions au nombre des parties du discours, par la raison qu’elles ne représentent point d'idées de choses, Il est vrai qu’elles n’énoncent pas, comme les noms, des idées d'êtres , ou réels, ou métaphysiques, mais elles expriment l'état ou l'affection de l'esprit entre une idée et une autre idée , entre une proposition et une autre proposition; ainsi les conjonctions supposent toujours deux idées et deux propositions, et elles font connaître l’espèce d’idée accessoire que l'esprit conçoit entre l’une et l’autre.
Mais la conjonction n’a pas seule la propriété de lier un sens à un autre : le verbe lie aussi Pattribut au sujet; les pronoms lui, elles, eux, le, la, les, leur, lient une proposition à une autre; il y a aussi des adjectifs relatifs qui font l'office de conjonction, comme qui, lequel, laquelle ; et des adverbes même qui remplissent cette fonction, comme ain que, à cause que, parceque, encore, déjà. Cesmots doivent être considérés comme adverbes conjonctifs.
A l'égard des conjonctions proprement dites, il y en a d'autant de sortes qu’il y a de différences dans les points de vue sous lesquels notre esprit observe un rapport entre un mot et un autre mot,ouentre une pensée et une autre pensée. DuuaRsaIs.
CONJONCTION ( Astronomie ). On nomme ainsi l'aspect qu'offrent deux planètes, ou une planète et le soleil, ayant même ascension äroite. Quand la lune est en conjonction avec le soleil, si elle se trouve assez rapprochée d’un de sesnœuds, ily a éclipse de soleil. Mercure et Vénus, planètes qui sont plus près du soleil que la terre, peuvent se trouver en conjonction de deux manières différentes. Si Mercure ou Vénus se trouve en ce moment entre la terreetle soleil, on dit que la conjonction est inférieure ; elle est dite supérieure dans le cas contraire. Quant aux autres planètes, qui sont plus éloignées du soleil que la terre, elles ne peuvent offrir qu’une seule espèce de conjonction.
Il peut y avoir des conjonctions de trois , de quatre, ete, planètes, mais ces grandes conjonctions arrivent d’autant plus rarement que le nombre de planètes qui doivent se trouver sur une même ligne est plus considérable.
L'observation des conjonctions est d’un bon usage en astronomie pour déterminer avec précision les mouvements des corps célestes. Ainsi, quand Vénus, par exemple, passe sur le disque du soleil, ilest facile de noter ce moment, car l’image de la planète est un point noir. TEYSSÈDRE.
CONJONCTIVE (en latin conjunctiva, de conjungere, conjoindre), nom d’une membrane muqueuse ainsi appelée parce qu’elle unit le globe de l’œil aux paupières. Elle recouvre la face interne de ces voiles mobiles, et se replie en formant un cul-de-sac autour de la partie antérieure du globe de l'œil, dont elle tapisse environ le tiers. Elle n’adhère fortement qu’à la face interne des cartilages tarses et à la cornée transparente. Sa minceur et sa diaphanéité sonttellement grandes dans cette partie de son étendue, où elle est traversée par les rayons lumineux, qu’on a
DICT. DE LA CONVERS. — M, Yi.
douté de son existence, et qu’on a cru qu’elle ne s’étendait pas au delà de la circonférence de la cornée, Mais par la macération, on parvient à séparer cette lame de la conjonctive, dont on observe quelquefois l’épaississement dans les inflammations de cettemembrane, qu’on nomme op htha lmies ou conjonctiviles, La surface externe de la conjonctive est lubrifiée par une humeur muqueuse qui se mêle en partie aux larmes, à la chassie fournie par les glandes de Meibomius et la caroncule lacrymale, et dans les animaux, à l'humeur de la glande d’Harderus. Toutes ces humeurs , jointes au poli de la surface de cette membrane, repliée sur elle-même, favorisent les mouvements des paupières dans le clignottem ent, et ceux du globe de l'œil. La conjonctive se continue avec les membranes muqueuses des conduits excréteurs des glandes , qui versent leurs produits à sa surface, et avec celle des voies lacrymales. Ainsi, tout est admirablement disposé pour le versement des fluides nécessaires au uéttoiement du globe de l'œil et pour lécoulement du superflu de ces humeurs.
La sécheresse ou l'humidité plus ou moins grandes de la conjonctive ont été rapportées à l’œil lui-même; de là viennent ces locutions : œil sec, œil terne, yeux mouillés, baignés , inondés de larmes ; les larmes lui roulent dans les yeux, etc. La nappe légère de ces humeurs sans cesse renouvelées sur la conjonctive fait donc plus que se prêter aux mouvements si fréquents de l’œil et des paupières. La conjonctive en reçoit le vernis naturel qui brille dans la santé, surtout pendant le jeune âge, et qui disparaît dans les maladies longues et aux approches de la mort.