CORRÉGIDOR — CORRÈZE
faines branches de la police d’une portion plus ou moins grande de territoire, appelée corregimiento.
Les corrégidors se divisent en trois classes : les corregidores letrados, politicos o de capa y espada, et militares. Leurs prérogatives sont à peu près les mêmes, Seulement ceux des deux dernières classes ont des alcades majors qui leur sont adjoints comme assesseurs, et dont ils doivent prendre l'avis dans les affaires eontentieuses.
CORRELATION, rapport réciproque et de même espèce entre deux idées. 11 y a corrélation entre celles de maître et de serviteur, de père et de Jils, de vieillard et de jeune homme. En somme, la corrélation est le terme par lequel on désigne qu’il y a rapport entre deux objets, sans dire lequel on compare à l’autre; l’un n'est pas plus présent à l'esprit que l’autre, du moins au moment où l’on assure qu’il y a corrélation entre eux. Quant à la nature de la corrélation, elle consiste dans le rapport de deux qualités dont l’une ne peut se concevoir sans l’autre.
Le terme corrélatif marque cette relation réciproque entre deux idées. IL se dit également des mots qui vont ordinairerment ensemble et qui servent à indiquer une certaine relation entre deux membres de phrase, tels que e0 et quo, tantum et quantum, en latin, et {ellement et que, en français, etc. On dit, dans un sens analogue, que deux membres de phrase sont corrélatifs.
CORRESPONDANCE, terme de relation, dont l’emploi s’est borné d’abord à exprimer une communication de pensées entre des personnes placées à distance, Attendu que dans ce genre de relation on s'adresse réciproquement des demandes et des réponses, des dits et des redites, le mot correspondance (de cum, avec, et de spondere, pris pour dicere , dire, et de la particule itérative re) donne exactement dans sa valeur étymologique la signification propre de l'idée première pour laquelle il a été créé.
Il est des correspondances qui sont des chefs-d’œuvre, telles que celles de Cicéron, de Pline le jeune, de Muret, de M®° de Sévigné, de Voltaire, de Grimm, de Diderot, de Jean de Muller, de Frédéric II, de Catherine 11, de Napoléon, etc. De tout temps, et surtout depuis la renaissance de lettres, les hommes connus dans le monde savant par leurs travaux éprouvèrent le besoin d'établir entre eux des communications plus on moins fréquentes. Les journaux et les correspondances épistolaires furent les instruments de leurs doctes confidences. Perdant le dix-septième siècle surtout, ces relations entre les philosophes, les érudits et les savants, eurent une grande activité : témoin les collections de lettres de Descartes, de Bayle, de Leibnitz, etc., de celles de leurs illustres correspondants, et les recueils périodiques où s’enregistraient les discussions qu’excitaient leurs doctrines, leurs écrits et leurs découvertes ; les Acta Eruditorum de Leipzig, les Nouvelles de la République des Lettres, de Bayle et de Basnage; la Bibliothèque critique et universelle de Le Clerc, le Journal des Savants, etc. Ces correspondances se continuèrent pendant le dix-huitième siècle, mais surtout entre les philosophes etles littérateurs. L'extension prise par lesjournaux et la liberté de la presse depuis la révolution française ôtèrent une grande partie de leur importance à ces échanges épistolaires. Les Académies continuèrent cependant à dépouiller une correspondance active et importante. En outre, les journaux ont en différents pays des correspondants qui teur adressent des nouvelles particulières; mais souvent ces comimunications sont supposées. Quelques correspondances te journaux ont eu une certaine importance,
Depuis que les nations, de plus en plus civilisées, ont agrandi tous leurs genres de relation, la correspondance, à Paide des signes écrits ou par lettres, se fait au moyen des grandes et des petites postes, soit entre les personnes qui gvuvernent les peuples (correspondance politique , diplomatique), soit entre celles qui administrent les diverses
branches du service public des États (correspondance administrative), seit entre les diverses corporations qui, sous l'égide des gouvernements, cultivent les sciences, les lettres, les arts, le commerce (correspondance académique , scientifique, littéraire, commerciale ), soit enfis entre toutes les personnes qui se communiquent par cette voie leurs vues d'intérêts ou leurs opinions et leurs sentiments les plus intimes (correspondance particulière).
On appelle aussi correspondance une agence qui se charge de faire parvenir aux journaux des différents pays les renseignements qui peuvent intéresser le public. Ces correspondances sont expédiées sous enveloppes cachetées, en la forme de lettres ordinaires; elles sont fabriquées au moyen d’un procédé autographique, de façon à en faire autant d'exemplaires qu’il y a de journaux abonnés.
Gn entend d'ordinaire par correspondant une personne avec laquelle on est en commerce de lettres, ou celle qu’on a chargée de quelque affaire dans un lieu où l’on n’est pas, et de qui l’on reçoit des informations régulières. On dit : correspondre par terre, par mer, lorsque les lettres ou autres objets arrivent par ces deux voies. Le té/égraplhe, les sémaphores, les divers signaux de nuit et de jour, employés dans les armées de terre et de mer, sont les moyens les plus ingénieux et les plus favorables à une correspondance très-active et très-rapide. Nous attendons qu’au premier moment les aéronautes nous ouvrent des voies de communication et de correspondance par air.
En géographie, en topographie, lorsqu'il s’agit de déterminer les situations respectives des continents , des îles, des mers, etc., etc., et des villes, on se sert fréquemment du mot correspondance pour indiquer ces rapports de situation ou de conlingence. En géologie, la correspondance des terrains , des formations, des dépôts, est aussi l’objet d’études sérieuses. Dans la construction des maisons particulières, des bâtiments ou édifices publics , on établit le plan de manière à ce que les diverses pièces d’un appartement ou d’un étage correspondent entre elles. On observe également dans les habitations souterraines de quelques animaux, en outre des pièces qui leur servent de nid pour leurs petits et de magasin pour leur nourriture , des voies nombreuses de communication et de correspondance entre ces pièces, et d’autres pour l’extérieur. Dans les sciences mathématiques et astronomiques, on admet des points ef des angles correspondants, des lignes, des surfaces et des hauteurs correspondantes. L. LAURENT.
CORRESPONDANTES (Hauteurs). Voyez Hau TEURS CORRESPONDANTES.
CORREZE (Département de la). Ce département, l’un de ceux qui ont été formés du haut et du bas Limousin, est borné au nord par les départements du Puy-de-Dôme, de la Creuse et de la Haute-Vienne ; à l'est, par ceux du Puyde-Dôme et du Cantal : au sud, par ceux du Cantal, du Lot et de la Dordogne ; et à l’ouest, par ceux de la Dordogne et de la Haute-Vienne.
Divisé en trois arrondissements, dont les chefs-lieux sont Tulle, Brives et Ussel, il compte 29 cantons, 286 communes et 302,746 habit. (1872), Il envoie six députés à l’Assemblée. Il forme avec les départements du Cantal, de la Haute- Loire, de la Haute-Vienne et de l’Aveyron, le 28e arrondissement forestier, constitue la 3e subdivision de la 91e division militaire, dont le quartier général est à Limoges, ressortit à la cour d'appel de Limoges et à l’académie de Clermont, et compose le diocèse de Tulle, suffragant de l'archevêché de Bourges. Il comprend 3 collèges communaux, 2 institutions secondaires libres, 482 écoles primaires et 6 salles d'asile. L'instruction y est très-arriérée; plus de la moitié des habitants ne sait ni lire ni écrire.
Sa superficie totale (d’après le cadastre) est de 586,609 hectares, qui se partagent ainsi : 194,336 hectares en terres labourables; 73,047 en prés; 16,652 en vignes;
41,029 en bois; 169,809 en landes, pâtis et bruyères, etc. On y comptait, en 1862, 160,000 bêtes à cornes, 651,000 moutons et 153,000 porcs. La valeur totale des cultures y dépassait alors 57 millions de fr., dont 6 millions représeniaient celle des vignobles.
Situé presqu’en entier dans le bassin de la Garonne, sauf une petite partie au nord, qui est comprise dans le bassin de la Loire , ce département est arrosé par la Dordogne et ses affluents ou sous-affluents, la Vezère, la Corrèze, qui donue sen nom au département, la Cère et la Maronne, au nord par la Vienne, dont il renferme les sources. Le pays est montagneux, surtout au nord et à l’est ; il est traversé au nord par une chaîne élevée, contre-fort des montagnes de l'Auvergne, qui sépare le bassin de la Garonne de celui de ja Loire, et. dont le point culminant est le mont Oudouze, d’une altitude de 1,364 mètres ; le sol est peu fertile, excepté dans un' petit nombre de valiées.
Le gibier de toute nature est abondant et excellent ; toutes les rivières sont très-poissonneuses. Dans les bois et les plantations isolées les essences qui dominent sont le chêne, le bouleau, le hêtre, l’aulne et le peuplier. Il existe aussi des plantations considérables de noyers et de châtaigniers. Les produits minéraux exploités sont le fer, la houiïlle, des ardoises, des pierres meulières, des pierres à aiguiser, du granit, des calcaires à bâtir et à chaux hydraulique et de l’argile à poterie.
Quoique la Corrèze soit un pays exclusivement agricole, Y'agriculture y est peu avancée; on n’y fait qu'uné"écolle insuffisante de céréales, mais on y supplée par une abondante récolte de pommes de terre et surtout de châlaiynes, On récolte aussi des truffes; on y obtient des vins en surabondance, maïs # sont en général de qualité médiocre, ct les meilleurs sont l.4 vins rouges d’Allassac, Saillac et Donzenac, classés parmi les bons vins ordinaires de la France. On y fait une sulture importante d’arbres fruitiers et une récolte abondante de foin. On élève beaucoup de gros bétail, moutons et porcs, des chevaux de cette race estimée qu’on appelle race limousine, mais négligés et dégénérés, des mulets et des ânes estimés, ainsi qu’une assez grande quantité d’abeïlles, qui donnent un miel excellent.
L'industrie manufacturière est sans aucune importance ; un ne peut guère citer parmi les principaux établissements industriels que la manufacture d'armes de Tulle, quelques filatures, quelques forges, quelques houillères et un petit nombre de fabriques, manufactures d’étoffes de laine, etc.
Le département est sillonné par un chemin de fer, 5 routes nationales, 9 départementales et 1,414 chemins vicinaux.
Les principales villes sont : Tulle, chef-lieu; Brives; Ussel , sous-préfecture, sur une colline, entre la Sarsonne et la Diège, à 61 kilomètres au nord-est de Tulle, avec une population de 3,830 habilants (1872), des fabriques d'éto.fes de laine, de selles, de toiles à voiles, des tanneries, dus clouteries, un commerce de chanvre et une exploitation
de mines de fer; on y remarque un beau pont : cette ville a soutenu plusieurs siéges , et elle a beaucoup souffert dans le treizième, le quatorzième et le quinzième siècle, durant les guerres contre les Auglais; elle fut dévastée par plusieurs incendies, en 1358, 1404 et 1472; entin, elle fut presqu’entiérement dépeuplée par la peste en 1438, 1564 et 1587; Uzerche, jolie petite ville, adossée à une colline, près la rive droite de la Vezère et de sun confluent avec la Bradascon, à 28 kilomètres de Tulle, avec une population de 3,022 habitants : ses maisons , presque toutes flanquees de tourelles et couvertes en ardoises, lui donnent une physionomie particulière; Treiynac, à 45 kilomètres au nord de Tulle, sur la rive gsuche de la Vezère, avec une population de 2,788 habitants : ville ancienne, qui possède une église gothique remarquable, un collége, une halle couverte, une jolie promenade, et un pont d’une seule arche, jelé entre
CORREZE — CORROBORANT
deux rochers , sur la Vezère; on peut encore adtnirer audessus de la ville les ruines imposantes du château de Treignac, qui a successivement appartenu aux maisons de Coraboen , de Pompadour et d’Hautefort; Argentat, sur la rive droite de la Dordogne, avec 3,350 habitants et un grand commerce de merrain; Beaulieu, sur la Dordogne, avec 2,530 habitants : son église gothique offre des sculptures remarquables; Bort, avec 2,698 habitants, une industrie et un commerce actifs : à 2 kilomètres de cette ville on voit une belle cataracte dite le Saut de la Sauie. Citons encore Turenne, ancienne vicomté qui appartint au célèbre maréchal de cenom; Pompadour, où l'on voitunharas impérial; Noailles, qui a donné son nom à une grande famille, ete.
CORRIDOR (de l'italien corridore, dérivé de currere, courir), sorte de longue allée qui, dans l’intérieur d’un bâtiment ou d’un simple appartement, conduit à plusieurs chambres. On ne peut le confondre avec une galerie, qui suppose toujours une certaine élégance de décoration. Se bornant à l'utilité, le corridor sert à rendre l'entrée et la sortie des chambres plus libres et plus commodes : elles n’ont alors besoin de communiquer ensemble qu’autant qu’elles forment un appartement, Les corridors sont nécessaires dans les édifices destinés à la circulation d’un grand nombre de personnes, tels que les couvents, les collèges, les ministères, les théâtres , etc., et aussi dans les prisons où est appliqué le système cellulaire. Tantôt ils n’offrent de chambres que d’un seul côté, ce qui permet de les éclairer par des ouvertures percées de l’autre. D’autres fois ils en ont à droite et à gauche ; l'architecte doit alors chercher à leur donner la plus grande quantité possible d’air et de jour, ce qui n’est guère facile que dans l'étage supérieur, où on peut les couvrir d’un vitrage : aussi la plupart sont-ils sombres et mal aérés.
Dans les anciennes fortifications, on donnait le nom de curridors à ces chemins profonds et étroits qui règnent autour des places fortes, et qu’on nomme aujourd’hui plus justement chemins couverts.
CORRIENTES ou SAN-JUAN DE CORRIENTES, cheflieu de l'État du même nom, dans la Confédération Argentine, sur la rive gauche du Parana, au-dessous de son confluent avec le Paraguay , possède une citadelle et 16,000 âmes, qui font un commerce assez important. Cette ville ne date que des premières années du dix-huitième siècle. Prise et reprise en 1865 par les troupes du Paraguay et par les Argentins, elle fut occupée, le 12 octobre, par les alliés, à la suite de la déroute de Lopez à Richuero,
La province maritime de Corrientes comprend une superficie de 1,390 myriamètres carrés et compte 129,023 habitants (1869), dont 100,000 indigènes,
CORROBORANT, CORROBORATIF (du latin corroborare, corroborer, fortilier, dérivé de robur, force). Ces deux adjectifs, pris substantivement, servent à désigner, en langage vulgaire, les moyens médicamenteux et alimentaires employés pour donner des forces, pour les relever et les ramener à leur type normal. Ils ont pour synonymes les termes confortants, confortatifs et fortifiants, qui ont absolument la même signification.
La corroboration est alimentaire lorsqu'on remédie à la perte des forces par une nourriture bien adaptée à la constitution et à l’âge des individus, Elle est dite analeptique lorsqu'on a recours à des moyens qui réunissent la qualité nourrissante et la propriété tonique ou excitante. Lorsque, pour remédier à la faiblèsse produite par la laxité, le relàchement des tissus organiques, on emploie des substances amères et styptiques, on obtient une corroborafton Lonique. Enfin, la confortation ou la corroboration est exvitante ou stimulante lorsque des médicaments propres à aiguillonner les organes sans les restaurer relèvent promptement les forces, les exaltent au delà de leur rhythine normal, et tendent même à les épuiser si on ne sait en bien graduer l’action. Le LAURENT,