‹ Didier l'honnête homme, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 44 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

BLANCHE, MONÏMORIN, DIDIER.

Â(i lever du rideau, Didier est devant une table à droite du spectateur et écrit, Blanche est assise à gauche, lisant un journal; Montmorin, qui tient une chaise à la main, va se placer près de Blanche.

MONTMORIN, à Didier, Coriilinuez vos calculs, mon cher Didier, vous me ^lonnerez audience quand vous aurez fini... je vîiis pendant ce temps, faire ma cour à W^^ Blanche votre fille... (A Blanche qui recule sa chaise et pose son journal sur la table.) Rassurez-vous, un notaire n'est pas dangereux!... Et puis, ce n'est pas pour mon compte... c'est pour celui de mon fils... à moins quejenevous déange... car vous lisiez.

BLANCHE

Je parcourais les nouvelles maritimes.

MONTMORIN

Ce qui est moins attrayant pour vous que Particle modes de Paris.

BLANCHE

Vous vous trompez.

Air d'Yelva, Rien ne m'intéresse, au contraire, Ni ne m'occupe plus ici...

L'Océan ! c'est après mon père, Mon plus ancien, mon plus fidèle ami !...

Puis, je lui dois de la reconnaisance...

Comblant mes vœux, couronnant nos çfforts,

On lui confie une espérance, ^

Il nous rapporte des trésors.

DIDIER, à droite, écrivant.

Il en garde bien quelquefois sa part. «f

MONTMORiN, montrant Didier.

Ab ! il nous écoute malgré ses additions... en tous cas... ce n'est pas à lui à se plaindre; tout le favorise, ce cher ami ! vingt maisons craquent autour de lui, la'' sienne n'en est pas même éblanlée... elle reste sur sa" base aussi solide que mon étude de notaire! ^ BLANCHE, à demi-voix.^ Mais aussi que d'activité!... et surtout quelleioyautc! on ne l'appelle dans Cherbourg que Didier V honnête homme.., et quand mon père a donné sa parole...

MONTMORIN

C'est comme si tous les notaires y avaient passé... (Baissant la voix.) Ce qui m'étonne, c'est qu'avec une probité si rigide... il^ait pu faire une si belle fortune. BLANCUE, étonnée.

Comment, M. de Montmorin? '

MONTMORIN

Je veux dire, c'est extraordinaire... et surtout denos jours !... aussi, beaucoup de gens trouvent cela invraisemblable.

BLANCHE, toujours à demi-voix.

Et moi, je vais vous l'expliquer !... c'est que depuis vingt ans, il est dans sa maison le premier levé et le dernier couché ; c'est qu'il voit tout par lui-même... jamais un moment de perdu... jamais rien d'employé inutilement.

Air du Piège.

Pour s'enrichir voilà tous ses secrets... Aucun luxe chez lui ne brille...

11 n'en met que dans ses bienfaits.

Et dans ses cadeaux à sa fille.

MORTMORITT.

Bh! quoi, vraiment, tel est l'emploi

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