ACTE II, SCÈ.NE II
CAMGOU, riant.
Oui, fies millions!... j'aime à répéter ce mot-là, il me rejouit... il m'égaye... il paraîtque ce n'est pas commo eu pour vous... Quelle figure sombre et renversée! DAiJBRAY, à part.
Adieu tout mou espoir... {Haut.) M. Didier est riche... {Avec émotion.) Alors... je n'ai plus rien à lui dire.
'^INIGOU.
Ça se trouve bien... car à peines'il vous écouterait... Il a un air rêveur et préoccupé'... il ne parle à personne... pas même à sa fille î
DAUBRAY
En vérité!...
CANIGOU
lia un très-mauvais caractère, le bourgeois... q«iand il liérite ! et il paraît que les millions produisent sur lui... le même effet que sur vous... cela le fâche.
DAUBRAY
Allons donc?
CAKIGOU.
Enfin... voilà une demi-heureà peine qu'il a touché le premier à-compte... centmiileécus .'... moi! ça m'aurait rendu aimable et gracieux...
DAUBRAY
Eh bien?
CANIGOU
Eh bien! lui, qui d'ordinaire est le meilleur des maîtres, est dcvenii insupportable, bourru, emporté... il fronce le sourcil... il se promène en grognant... la tête courbée... enfin, un dernier trait qui vous ferajugcr... je ne suis pas avide... et ne demande jamais que le strict nécessaire... mais il est de nécessité absolue que j'aie cinq mille francs pour m'établir... un fonds de merceries qui en vaut le double... alors, croyant le moment favorable... j'ai hasardé ma requête... savezvous ce qu'il m'a rénoiidu...
33 DIDIBR L'HON^tÂTB HOMUE.
DAUBRAT, sans l'écouter.
Non!...
CAMGOUu
Je vous Tai dit tout-à-riieure : Va-t'en au diable... je n'ai rien... je ne possède rien!... lui qui possède des ruinions... hein?... monsieur, comme la fortune change le caractère...
DAUBRAT, rêvant.
C'est étrange !...
CANIGOU
Tenez... tenez... voilà mamzelle...
Mïxde la Valse de Giselle.
La voyez-vous, elle qui d'ordinaire, Vous a toujours un air si gracieux, La v'Ià maintenant Irisle comme son père. Et comme lui sombre et baissant les yeux.