‹ Didier l'honnête homme, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 36 sur 44 · DIDIER, DAUBRAY · texte numérisé non relu

DIDIER, DAUBRAY

DAUBRAY

Pardon ! monsieur!

DIDIER, naturellement.

Qui êtes-vous, monsieur, et que me voulez-vous?

DAUBRAY

C'est moi qui me suis présenté ce matin pour toucher une traite de six mille hancs.

DIDIER, avecbonté'

Ah! c'est juste... je vous reconnais maintenant... le compagnon de voyage de ma fiile?... mais cette traite, on vous l'a payée.

DAUBRAY

Aussi, n'est-ce pas une réclamation que je vous adresse, mais un service (|ue je viens vous demander.

DIDIER

Un service?... parlez, monsieur, parlez.

DAUBRAY

Je vous avouerai franchement ma position comme j*on parierais à mon père... dans quelques instans je dois me battre... j'ai une affaire d'honneur !

DIDIER

Un duel?...

DAUBRAT.

Oui... il s'agit d'une personne que j'aime... on me la dispute... je suis marin... j'ai provoqué mon rival... il m'attend.

5i DlDICn L^HaNNÊTe ROMMB.

DIDIER

Mais que puis-je faire pour vous?

DAUBRAY

Recevoir en dépôt la somme que j'ai touchée ici ce matin.

DIDIER, aiec Joie.

Et c'est à moi que vous venez confier...

DAUBRAY

Ce modique capital qui est toute ma fortune et dont la destination est sacrée... aussi regarderais -je comme une inapréciable faveur de pouvoir le placer sous la sauvegarde de votre probité... si Ton avait pu me citer un nom plus honorable que le vôtre, ce n'est pns vous que j'aurais importuné.

DIDIER, toujours plus ému.

Vous!... importun?... non, vous ne l'êtes pas... j'accepte votre dépôt, monsieur, et je vous remercie do votre confiance!

DAUBRAT.

Voici les six mille francs... si le sort des armes m'est favorable... ce que je ne souhaite pas... jeviendraivous les réclamer... si je sivis tué, vous voudrez bien les envoyer à cette adresse, celle de ma mère ! ... ^

DIDIER

Vous avez une mère?... et vous allez vous battre; voyons, jeune homme, est-ce qu'il n'y aurait pas moyen d'arranger cela?

DAUBRAY

Non, monsieur.

Air : Un page aimait la jeune Adèle, Le sentiment qui vous inspire Fait réloge de votre cœur ; Mais je n'ai qu'un mol à vous dire, Monsieur, il y va de l'honneur.

L'honneur, dont vous êtes l'apôtre !... Et comme chacun tient au sien, Quand vous gardez si bien le vôtre, Laissez-moi défendre le mien.

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