‹ Didier l'honnête homme, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 4 sur 44 · ACTE I, SCE3XE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCE3XE III

i:LA5CBE, qui pendant ce temps à repris lejauma/. Que vois-jeî... est-il possible.' ^

MOTCTHOBiN, quj S€ dirige vers Dfdier^ s'arrêtanl. Qu'est-ce donc?

BLANCHE

En rade, le Saint- Nazaire, arrivant de Saint-Jean-

dXMloa.

Il faut bien qu'il en rcTiennc, puisqu'il y a ëlë.

BLA>CÎ1E.

Mais le Saint-Nazaire,.. c'est ce vaisseau de TEtat qui m'a ramenée de >'ew-York. où j'étais allée voir ma tante, il y a trois ans !.... quel plaisir de le savoir si près de nous... vous comprendriez cela. M. de Alonlmorin, si comme moi, vous aviez navigué deux grands mois!

AiB : ^ l'âge heureux de quatorze ans.

Car le navire où l'on fui passager

Est une seconde patrie, A son destin on n'est plus étranger.

Pour lui sans cesse on tremble, on prie. A rhoriion s'il vient se révéler, Alors se ravivent sur terre.

Tous les plaisirs dont on aime à parler... 'A part.) Et les souvecirs qu'il faut taire.

(Elle reste pensive, les yeux attachés sur !e joamal; pendant ce temps, Montmorin et Didier ont commecé à causer à droite du théâtre.

iiOMiiORi.N, à Didier.

Eh bien! oui, il faut en finir... et pour commencer, fixer le jour du contrat.

BLANCHE, à part y à gauche.

Ah î mon Dieu î...

DIDIBB.

Cela m'est impossible!...

BLANCHE, à part.

A la bonne heure'...

\i) DIDIEH l'honnête HOMME. '

MONTMORIIV.

Et pourquoi?...

DIDIER

Nous sommes dans une crise commerciale si forte, que chaque matin j'attends le courrier eu tremblant; tel hier se croyait riche, qui, entraîné dans un désastre imprévu, apprend aujourd'hui sa ruine... Et ne pouvant me rendre compte à moi-même de ma position, je ne saurais, en ce moment, fixer de dot à ma fille.

MONTMORÏN.

Quelle qu'elle soit mon fils et moi nous l'acceptons.

DIDIER

Et moi je ne veux promettre que ce que je puis tenir.

BLANCHE, vivement.

Mon père a raison... la crise commerciale...

MONTMORIN

Ne nous cfïraye pas!... M. Didier est un si honnête homme.

DIDIER

Eh! mon Dieu!... il est aisé deTétre, mes amis, quand la fortune etlebonheurvousonttoujourssouri!...Pour mériter réellement ce titre, il faulavoir connu les mauvais jours, avoir lutté contre le malheur, etses mauvais conseils... contre les tentations de la misère; et c'est quand on a traversé pur et intact l'adversité, qu'on peut seulement se dire : Je suis un honnête homme.

BLANCHE

Mais vous, mon père?

DIDIER

Moi ?

Air : Quand P Amour naquit à Cythère.

Avec honneur de cette épreuve Je sortirais, j'en ai l'espoir; Et par là, j obtiendrais la preuve De ma force et de mon pouvoir.

Jusque-là le doute est possible...

On a beau croire à sa vertu...

Comment peut-on se prétendre invincible

ACTB 1, SCfeNB IV. 11

Quand on n'a pas encore combattu ?

(Voyant Ganigou qui reparaît à gauche.) Encore toi ?... Qu'est-ce que c'est?

Page 1