DE LA SEPTIÈME ÉDITION
One guerre et une révolution sanglantes viennent de passer sur la terre de France, et comme une trombe infernale l'ont agitée et bouleversée, ne laissant derrière elles que la ruine et la mort. La guerre était due à l'ambition de quelques hommes criminels et à l'ignorance des masses, dont le faux patriolisme se laisse encore exalter par des chimères politiques. L'insurrection de Paris était due aux absurdes principes de quelques prétendus républicains, aussi criminels que les princes auxquels Machiavel a appris à faire litière des peuples ; elle était due aussi à l'ignorance des masses qui se laisse dominer par des chefs de partis, fous furieux qui pour régner à leur tour réduiraient volontiers le globe à l'état de cimetière* Les passions politiques ont allumé et entretenu cette double folie, si funeste pour l'Europe entière, et peut-être la guerre civile sous laquelle nous venons de frémir n'est-elle que le prélude d'une longue Guerre Sociale.
Pendant que des myriades d'insensés s'entretuaient, et que les lueurs fauves de Paris incendié semblaient annoncer le crépuscule de la civilisation, on réimprimait cette septième édition française de
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notre livre sur Die^i dans la Nature. Il est difficile de reconnaître la main de Dieu derrière les mitrailleuses, les canons et les obusiers ; car le « Dieu des armées » qui bénit les victoires et s'enivre du sang de la vengeance est un Dieu fait à l'image de l'homme : ce n'est pas le Dieu de la Nature. Il est facile au contraire de constater que ces catastrophes funèbres sont dues à l'absence de sentiments vrais dans le cœur des hommes, à l'absence de principes purs dans leur esprit. L'animal à face humaine (nous venons de le voir, hélas !) n'est pas encore, quoi qu'il en dise, un animal raisonnable. Il semblerait même, en de tels jours, que l'espèce humaine soit l'une des plus déraisonnables qui existent sur ce globe. La planète située entre Mars et Vénus est une planète extravagante. Tout le monde prétend faire de la politique; or jusqu'à présent la politique n'existe pas : la diplomatie ne consiste encore que dans l'art de se tromper, et de se détruire au besoin , les uns les autres. La politique ne pourra naître et exister, il n'y aura de gouvernement possible pour les hommes, que du Jour où ils cesseront d'être des animaux ignorants. Tant que l'homme ne sera pas sorti de la carapace de l'animalité, qu'il n'aura pas senti et affirmé l'existence de son âme personnelle ; tant qu'il n'aura pas appris à connaître les éléments de la vérité naturelle, c'est-à-dire : quelle planète il habite, ce