RÉSERVE DE TOUS DROITS
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Nous sommes à une époque de révolution sociale et religieuse, à une superbe époque de rénovation. Jamais l’on ne vit pareil travail pour la recherche de la vérité, pareille révolte des âmes pour la revendication de leurs droits et de leur liberté. Qui connaît l’histoire et l’a un peu méditée sait bien que le Progrès est la Loi divine à laquelle notre globe est soumis. Le Progrès est la Loi universelle qui pétrit la matière dans l’espace et préside aux destinées éternelles de l’éternelle création. C’est en vertu de cette Loi que le bien naît du mal et que tout se transforme dans la nature : que le minéral devient plante, que la plante devient animal et que l’homme devient ange. Mais le Progrès est la grande récompense humaine que l’on n’obtient qu’à force de souffrances et de labeurs. C’est tout tremblant et tout meurtri que le papillon sort de sa chrysalide, et la femme qui vient de mettre un fils au monde est déchirée dans ses entrailles et presque morte.
Ainsi, les pionniers de la Paix, du Progrès et de la Vérité doivent à la Planète qui leur a donné l’être leurs travaux et leurs souffrances.
Aujourd’hui deux hydres sont à combattre et à vaincre : le doute et le matérialisme.
Le premier était un mal nécessaire, car au milieu de ce chaos des sottises humaines il est bien vrai de dire que le doute est le commencement de la sagesse. La pauvre Humanité s’aperçoit qu’elle a été trompée, qu’elle a fait fausse route et qu’elle fut jusqu’à ce jour le jouet de l’orgueil et de l’égoïsme. Que faire alors pour trouver le fil conducteur qui doit lui permettre de retrouver son chemin au milieu des ténèbres qui couvrent son ciel? Notre grand Descartes, le sublime Douteur, est là pour nous le dire : Faire table rase^ soumettre tout au creuset de la science et de la raison, fonder sa croyance et sa foi sur Vévtdence.
Qu’est la foi de nos jours? C’est un ensemble de doctrines souvent pusillanimes dont la vérité est impossible à démontrer et que, sans nul égard pour la dignité humaine comme sans respect aucun de son libre arbitre, on veut imposer par la force. La Foi! c’est croire à priori à l’infaillibilité d’un pape et de ses prêtres; c’est croire cette monstruosité : que des hommes, pauvres pygmées sur la terre, peuvent représenter Dieu parmi nous, Dieu ! dont l’éternelle pensée anime chaque atome de cet incommensurable univers, sans bornes dans son infini, sans limites dans son éternité. La Foi ! c’est croire à l’horrible confession dans les ténèbres; c’est croire à l’enfer éternel d’un Dieu vindicatif et haineux; c’est croire enfin à tous les dogmes qu’inventèrent.
pour dominer leurs semblables, d’orgueilleux cirons aussi haineux et vindicatifs que leur Dieu lui-même.
Aujourd’hui, l’étude au front noble et sévère, la critique et la science, ont mis à nu l’esprit démoniaque qui entraînait le monde à l’esclavage et à la mort. Nous voulons voir la vérité toute nue, belle, noble et grande comme tout ce qui est nu et ne ment pas. Et si, dans ce conflit des idées et ce chaos des défaillances, le doute a planté ses racines dans le cœur meurtri de l’homme, nous voulons le chasser de la surface du globe et planter à sa place la vraie foi, celle qui, avec la vérité, met la paix et le bonheur dans l’âme ; la Foi scientifique. Rien n’est plus facile : le Spiritisme nous prête des armes bien trempées et les travaux de nos savants nous ont préparé des riches moissons au milieu desquelles nous n’avons plus qu’à nous baisser pour récolter.
Pour ce qui est du matérialisme, au moins celui-là est franc dans ses allures et montre au grand jour son but et ses prétentions. Bien que née aussi de l’orgueil de l’homme qui, là encore, se croit pape infaillible et suprême intelligence n’ayant rien au-dessus d’elle, cette grande erreur est respectable car elle est le fruit du travail consciencieux de l’âme humaine. Mais le matérialisme a des conclusions tellement navrantes, des influences et des résultats tellement tristes et malsains pour notre pauvre Humanité terrestre, qu’il faut le com-
battre et le vaincre. Cela est encore facile, car avec le Spiritisme nous pouvons nous mettre sur son terrain même et le prendre dans ses propres filets. Si le positivisme, qui est la philosophie heureuse et triomphante de nos jours, ne nie pas et a pour devoir d’attendre et de rester sur la réserve, le matérialisme lui, audacieux dans son orgueil, pose à priori la négation absolue de l’immortalité de l’âme. « Pourtant, dit M** J. Camille Chaigneau dans son beau livre des Chrysanthèmes de Marie y pourtant si notre matière visible et palpable était doublée d’une autre matière invisible et impalpable relativement à nos sens actuels, si notre corps passager contenait dans son intimité un autre corps plus subtil et capable de résister aux causes de décomposition qui détruisent le premier, si cela pouvait se prouver, les matérialistes ne pourraient-ils pas admettre la vie d’outretombe sans renier leur principe : il n'y a pas de force sans matière et pas de matière sans force ? Or, cette preuve existe : c’est ce qui sera exposé plus loin. » C’est bien cela. Nous nous proposons de prouver scientifiquement qu’ils ne sont autres que des spiritualistes sans le savoir, des spirites à l’état naissant, et que pour les amener dans nos eaux et les forcer à croire à Dieu et à l’immortalité de leur âme, ils n’ont qu’à nous suivre sur le terrain de la science et de l’expérimentation.
Oui, tel est le triste sort de la société de nos jours qu’elle n’a plus pour illuminer sa voie que
le doute et le matérialisme. Aussi une seule passion domine toutes les pensées et tous les actes : l’amour de l’or et la recherche du bienêtre dans les jouissances exclusives de la matière. Développer outre mesure la mémoire au moyen de laquelle on accapare sans le comprendre le savoir des autres, placer au pinacle l’intelligence, l’adresse, la ruse, à telle enseigne même que tout ce qui vient du cœur : bonté, dévouement, amour, pitié, est tourné en ridicule, mis au ban de la pensée, tel est le but. Etre intelligent dans les affaires de la vie, réussir, gagner beaucoup d'argent, briller au milieu de toutes les satisfactions de l’orgueil, oui tel est le noble but auquel visent les parents pour leurs fils.
Et cependant il est bien certain que tous les vrais bonheurs viennent du cœur. Aimer, pouvoir aimer, savoir aimer, voilà les vrais trésors qui enrichissent l’ame humaine et la conduisent au bonheur. Mais pour aimer il faut croire, il faut n’être pas matérialiste car : malheur à qui n'aura aimé que des corps, des formes, des apparences! La mort lui ôtera tout. » Celui qui croit à l’âme immortelle retrouvera toutes celles qu’il a aimées ; et c’est là en quoi consiste le bonheur d’aimer : c’est de savoir qu’on pourra aimer toujours , c’est de savoir que le cœur et l’amour grandissent et que le cœur de l’homme peut espérer devenir un jour aussi grand que le cœur de Dieu.
Ces grandes joies de l’âme le Spiritisme nous
les donne, et la pauvre table tournante est le nouveau rédempteur qui vient ramener l’espérance et la foi sur la tei*re et remplir nos cœurs d’amour et de paix. Nos aspirations avaient été étouffées ; l’orgueil, l’esprit de domination, la baveuse ignorance, avaient mis sous le boisseau le soleil des âmes et voilà que la science sjnrite vient inonder de lumière notre pauvre Planète et la sortir des ténèbres. Elle vient nous dire, cette science du ciel, que la mort n’est qu’une des phases lumineuses de la transformation des êtres ; que mourir c’est renaître à une vie plus facile et plus complète ; que l’enfer c’est vivre dans l’espace avec tous ses crimes daguerréotypés devant soi, avec les remords qui vous rongent, avec le doute qui vous fait croire à l’éternité de la peine ; que le purgatoire c’est la réincarnation nécessaire à la réparation des fautes commises et à la réhabilitation ; que le paradis c’est l’espace immense où vivent les séraphins et les Esprits purs, où gravitent des Planètes merveilleuses dans lesquelles vivent les âmes des bienheureux ; qu’enfm cette puissance infinie qu’on appelle Dieu est la Bonté sans bornes qui ne punit jamais mais qui a fait présent à notre âme du libre-arbitre pour l’éternité , afin que son bonheur fût le fruit de ses œuvres et ses tribulations la conséquence de son ignorance et de ses faiblesses.
Ces pages que nous offrons au public sont le recueil d’une série d’articles bi-mensuels que
nous avons publiés dans un courageux petit journal belge, (1) le Messager, créé par des cœurs désintéressés et généreux à l’effet de répandre la Religion nouvelle qui sème tant de paix et de courage dans l’ame. Ces articles sont sérieux , mais ils ne le sont pas trop. La science est le seul flambeau qui nous guide et Ton peut dire que savoir c’est naître à la vie consciente ; mais la science est toujours grave et l’on ne peut être initié à ses secrets que par le travail et la méditation. Nous avons essayé dans ces articles de condenser tout ce que l’homme sait aujourd’hui sur la création en éliminant les formules arides et en nous évertuant à rendre la science aimable et simple. La tâche était ardue, et bien que nous ayons fait pour cela tout ce qui nous était possible, nous ne croyons pas avoir atteint notre but. Nous nous estimerions véritablement heureux que nos lecteurs voulussent bien nous faire à ce sujet leurs observations ; la critique est le grand maître qui conduit au Beau et au Vrai. Nous avons d’ailleurs l’intention de reprendre un jour ces lignes, trop promptement élucubrées , pour en faire un volume mieux soigné qui pourra servir de guide à nos frères dans leurs méditations pour la recherche de la Vérité. Nous pensons que l’éducation scientifique que nous avons reçue nous
(1) Le Messager. Spiritisme et Magnétisme. Journal bimensuel. Bureau: rue Florimont, 57, à Liège. Abonnement:
5 fr. pour la Belgique ; 5 fr. pour l’étranger.
met à même de nous rendre utile à nos semblables et de les aider dans leurs études.
On nous pardonnera d’avoir pris la méthode magistrale et didactique, elle découlait naturellement de la force de nos convictions et de notre foi dans la valeur et la vérité de ce que nous avancions. D’ailleurs l’on n’est pas toujours maître de soi et souvent votre plume est conduite par des inspirations qui viennent d’êtres supérieurs qui vous aident et qui vous guident. Il faut savoir respecter cette force extra-terrestre et se soumettre à la mission qu’on vous donne. Nous commençons par l’astronomie par la raison qu’il faut que, dès l’abord, Thomme sache bien le peu qu’il est encore dans l’échelle des êtres, afin qu’il ait moins d’orgueil et plus de foi. Il fallait d’ailleurs commencer à parler de la Cause Première et nous familiariser avec elle en visitant son domaine et prenant une idée de l’espace et de l’infini dans lesquels se meuvent et se développent les âmes. Des nébuleuses à l’état de germes nous sommes descendu aux agglomérations d’étoiles , puis aux soleils, puis à notre système solaire et finalement nous arrivons naturellement à étudier notre terre et l’humanité qui l’habite.
Telle est l’étude que nous offrons à nos frères et pour laquelle nous demandons l’indulgence.
René CAILLÉ.
Avignon, 18 Avril 1881.
Sous ce titre « Dieu et la Cvéalion » nous nous proposons de faire une étude de l’ensemble de l’Univers ; nous nous proposons surtout de forcer les esprits à sortir enfin de la surface de notre Terre où ils végètent dans les laideurs d’un monde égoïste uniquement occupé d’intérêts matériels, en ies obligeant à élever leur âme vers les splendeurs de l’infini où la science de nos jours nous permet presque déjà de lire comme dans un livre ouvert. Ce livre, ce grand livre du mystère et de l’inconnu, c’est le livre de Dieu qui nous a créés pour en tourner éternellement les pages, sur chacune desquelles nous devons trouver un peu plus de Foi, plus de science et plus de bonheur, et surtout un courage invincible à déchirer les voiles
qui dérobent à nos regards Télernelle transformation des êtres et l’immuable Vérité.
Tout ce que nos éludes nous ont permis d’acquérir , le peu que nous savons, sans orgueil ni prétentions , nous l’offrons à nos frères de la Terre qui croiront y trouver un aliment pour leur cœur et leur intelligence ; mais nous l’offrons surtout aux spirites, plus disposés à nous écouler’ plus capables de nous comprendre, ei avec lesquels nous sommes complètement en communion d’idées. Etre spirite c’est porter en soi le germe des grandes aspirations; c’est croire son âme immortelle; c’est croire à la pluralité des existences, à l’épreuve, à l’expiation , à la récompense , au progrès, au travail, à l’éternité de la vie ; c’est croire aux Dieux protecteurs des êtres inférieurs, et surtout c’est croire à un Dieu unique et tout-puissant. Beauté parfaite , Bonté infinie , Sagesse immuable. Justice infaillible, Intelligence et Puissance suprêmes gouvernant l’univers au moyen de Lois qui nous étreignent tous, atomes et Dieux , dans leur étau d’acier.
A tous, nous offrons notre cœur et notre dévouement. Notre devise est : « A^nour et Foi. »
Nous regardons le « Spiritisme » comme la plus grande Idée des temps modernes. Ce n’est pas qu elle soit nouvelle cette croyance à la réincarnation et à la communion entre les vivants et les morts , elle est aussi vieille que le monde ; mais elle a pris de nos jours une allure qui l’a fait