‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 37 sur 128 · VII. — Prieuré Saint-Jean d’Ulmoy · texte numérisé non relu

VII. — Prieuré Saint-Jean d’Ulmoy

Il existait à Ulmoy, hameau dépendant aujourd’hui de Maurupt, un double monastère d’homrnes et de femmes, sous le

(t) Archives départementales (le la Haute-Marne. — Voir surtout les excellents travaux de M. Férié! sur Joinville.

(2) La raison qui m’a fait passer rapidement sur l’histoire de l’abbaye de Cheminon me forcera à ne pas m’étendre davantage sur celle de la maison de Sermaize.

vocable de saint Jean, et ses archives possèdent la bulle du pape Anastase IV, qui approuve une transaction faite entre Philippe, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, et les religieuses d’Ulmoy, dépendant de cette abbaye d’une part; et Guy ad Buccam, chevalier d’autre part (1153). Une autre charte de Boson , évêque de Châlons, parle d’une donation faite par Guerrand d’Oscher (1157), pour le repos de son âme et pour sa fille Gertrude,

« ut sanctimonialis fieret, dedit in eleemosinam Sancto Johan- » ni a Ulmeto, et monachis et sanctimonialibus ibidem manen- » tibus, molendinum unum et mansum juxta, cum prato apud » Rubeccse curtem super Everam fluvium situm , etc. Testes » autem: Hadivilidis, eomitissa de Domno Petro, Raynaldus,

» avunculus ejus, etc. » (1). De nombreuses donations vinrent enrichir cet établissement, qui acquit au moyen-âge presque le développement d’une abbaye, de la part de Manassès, châtelain de Vitry (1 1 59) , de l’abbé de Sain t-Pierre-au-Mont (1 175), d’Etienne de Pringy (1180), de Guy d’Estrepy (1181), d’Aalis de Blacy, en faveur de l’aumônerie (1187), de N. de Boissun (1210), de Sibille de Blacy (1212), de Beaudouin Taillefer d’Amance (1213), de Pierre du Bourg, chevalier (1215), d’Aubert du Plessis (1216). En 1175, le comte de Champagne donna au prieuré 1 usage de ses bois de Vitry et de Larzicourt pour le feu et les constructions. Une charte de 1174 contient un accord entre les monastères de Ulmoy et de Hancourt , village voisin de Saint-Remy en Bouzemont; c’est le seul document que nous ayons sur cette dernière maison.

Gautier d’Arzillières, dans un titre de 1 230, parle de la donation par lui faite d’hommes et de femmes de corps à ladite église;

« dictæ ecclésiæ, monachis et monialibus » (2). En 1340, l’évêque de Châlons acquit le droit de présenter une religieuse à Ulmoy pour son joyeux avènement. Après cela la trace se perd, et je n’ai pu retrouver le moment où Ulmoy ne fut plus qu un prieuré d’hommes seulement; une charte du comte Thibaut de Champagne, que je donne dans les pièces justificatives 1261),

(■!) Archives déparlcmenlnles delà Marne.

« Dedi altari sancti Johannis Evangeiisli Adelmam tiliam Balduini , de Colle, uxorem Terrici de Druile, meam feminam de capite, cum lic beris ejus ut sint, sic homines corporis dicte ecclesie, monachis et mo- « nialibus d’Ulmeto. » (Arch. déparlcwenlalcs de la Marne.)

mentionne les biens d’Ulmoy, sis à Heilz-le-Maurupt, Minecourt, Jussecourt, Doucey, Vavrey, Decourt; en 1708, ils consistaient en six fermes, deux moulins et quelques pièces de terre isolées, rapportant net 3,031 livres, non compris 360 livres que le fermier devait au chantre et au chapelain; un bail, du 27 novembre 1 595, nous montre ces mêmes propriétés affermées moyennant 1,500 livres, huit septiers de pois, deux muids de blé et deux d’avoine.

Page 1