‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 39 sur 128 · IX. — Prieuré de Saint-Martin et de Vinetz · texte numérisé non relu

IX. — Prieuré de Saint-Martin et de Vinetz

Une erreur généralement répandue attribue la fondation du prieuré de Vinetz à une noble dame nommée Aaliz, tandis

(1) J’ai retrouvé à la bibliothèque impériale des copies authentiques de quelques titres relatifs au Val-d’Osne. — Charte de fondation de 4126, et non pas 1140, comme dit Beaugier; — 4187, rente de 4 quarteîs de blé par Renaud de Chevillon, à cause de sa sœur entrée au prieuré. — 1195, Geoffroy de Joinville donna deux fours à Osne et la soignia du village. — 1 204 , rente de 8 septiers de blé par Helwide de Chatonrup avec [approbation de Simon de Joinville. — 1248, donation de terres par Jean de Joinville. — 1262, don de 1200 harengs par Gérard le Phisicien, chanoine de Vitry. — An 4677, procès-verbal constatant que les eaux des montagnes ont rendu le prieuré inhabitable. ( Section des mms. topog. de Champ.)

quelle se contenta quelques années après son institution, ainsi que nous allons le voir, delui faire une assez large aumône (1). Le prieuré existait avant 4 401 ; il y avait une charte aux .archives de Molesme, pièce dont la copie authentique se trouve au dépôt de la Marne , par laquelle Regnard , évêque de Langres, cède à Robert, premier abbé de Molesme, la juridiction sur divers monastères, entre autres le Yal-dOsne, Andecy et Yinetz, membre de l’abbaye de Juilly (MOI) (2). C’était alors un monastère double, composé de religieux , et de religieuses, mais dont je perds ensuite la trace jusqu’au milieu du XIIe siècle. Un des premiers documents que l’on puisse citer, est une charte par laquelle Jean, seigneur de Montmirail, etHelwide, sa femme, donnèrent à l’abbaye de Toussaints leurs dîmes de Coolus , à 1 exception d une rente de six septiers d’orge précédemment octroyée au prieuré de Yinetz (1157). Après, les titres deviennent nombreux; d’abord Aaliz, fille de Noë, donne un vaste territoire près du chemin de Reims à Melette , et les aumônes affluent désormais , mais je n’entrerai dans aucun détail à cet égard, aimant mieux renvoyer nos lecteurs au cartulaire de \inetz, que je publie a la suite de cet ouvrage.

L’abbaye Saint-Pierre-au-Mont possédait la seigneurie de Saint-Martin, sur le territoire de laquelle était situé le hameau de Yinetz du côté deRécy, et à cause de cette situation exerçait une sorte d’autorité sur le prieuré, notamment en ce qui concernait les cérémonies religieuses , comme patron de la paroisse ; dès 1155 cependant, l’abbé permit aux religieuses de faire bénir l’église qu’ elles venaient de faire bâtir, mais ne leur accorda pas le droit d’y pouvoir enterrer (3). Dans la suite, les deux monastères vécurent en bonne intelligence, car je ne veux pas

(1) M. Barbai, dans son histoire de Châlons, fait encore fonder Vinetz en M55.

(2) En Ml 4, Le pape Eugène III confirma le don de l'abbaye de Juilly à celle de Molesme fait par Miion, comte de Bar-sur-Seine. lamêmeannée, Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons , approuva à son tour cetle translation pour ce qui concernait son diocèse ( Arch . de la Marne.)

(3) Il ne paraît pas que les religieuses aient profité de suite de cette permission, car, en 1188, le vicomte de Mareuil et le sire de Louvois, donnèrent de la pierre de Louvois pour bâtir l’église du prieuré.

m’arrêter sur quelques démêlés insignifiants (1). Les guerres n’épargnèrentpasplusVinetz queles autres maisons religieuses, et celle-ci était arrivée à un état assez déplorable pour que monseigneur Clausse jugeât utile de donner aux religieuses le couvent où résidaient auparavant les Récollets, transférés rue Grande-Étape (1621). Le dernier fait que nous ayons à enregistrer, avant la destruction révolutionnaire, est la tentative que les Bénédictines de Vinetz firent, en 1651, pour se soustraire, je ne sais dans quel but, à la filiation de 3Iolesme ; la prieure, Marguerite de Beaudier, fut vertement tancée et l’affaire en resta là (2).

Je vais essayer derelracerl’ensemble desbiensduprieuré; j’ai dû chercher mes renseignements dans les dossiers de son chartrier et l’on comprendra que cet état sera probablement moins exact que ceux que je puis extraire d’un inventaire régulier :

Athies, ferme acquise le 31 août 1693 pour 5680 livres.

Aigny, cense.

Bussy-le-Chateau, ferme de 109 journels (non bâtie) donnée, le 4 février 1623, par Pasquier Gargam, écuyer et élu à Châlons, comme dot de sa sœur Marie, converse au prieuré.

Buisson, ferme achetée, le 6 septembre 1638, à Pierre Picart, vicomte de Saint-Germain, capitaine d’infanterie.

Chalons, Roger de Verzy donne une rente de 2 muids de vin et 4 septiers de blé-seigle, sur le minage de Châlons, à cause de l’entrée de sa fille au prieuré (XIIIe siècle).

Coolus, part de dîmes (1157).

Epernay, rente en grain donnée par Remy , chevalier de Montmort, à cause de l’entrée de sa fille au prieuré (1215).

Faux-sur-Coole, dîmes.

(1) Je n’ai pu tetrouver, non plus que pourÜlmoy, le moment où Vinetz a cessé d’être un monastère double; un accoid passé le l'r janvier Ifc2i7, entre la maison et les habitants de Saint-Martin, par devant f official de Châlons, cite Dominique, prieur, Mathieu, chambrier, et Hellisande, prieure. Le 8 mai I40t, le duc d’Orléans reconnaît, pour ce qui est de sa terre de Champagne, les droits revendiqués par Denis, prieur de Vinetz Je crois devoir appeler l’attention des érudits sur ce fait, car je ne pense pas qu’on ait jusqu’ici une preuve aussi positive de l’existence d’un monastère double au XVe siècle.

(2) Protestation de l’abbé de Molesme contre ces tentatives, 2 décembre 1051. ( Arr.h . du départ, de la DJarne.)

Juvigny, cense donné par Pierre-le-Roux, chevalier (1206, mai); — ferme achetée le 27 mars 1683, pour 2,400 livres.

Lépine, ferme.

Livry, rente sur le moulin, léguée par Milon de Chalons, chevalier, avec la franchise de mouture pour les religieux et

leurs domestiques (1180).

La Cheppe, rente en grain constituée par Jean de Verneuil pour sa sœur Mathilde entrée au prieuré (1180').

La Veuve, rente en grains donnée par le comte de Champagne

Louvois, usage dans la forêt donné par le comte Henry de Champagne (1161) ; le comte Thibaut le racheta en cédant la propriété de dix arpents au même lieu (1270).

Mareuil, cense.

Pringy, rente de vin (1254).

Recy, terres, cense (1206).

Saint-Memmie, ferme.

St-Martin-sur-le-Pré, part de seigneurie, dîmes, terres, cense.

Sagy terre ,

Saint-Quentin-sur-Coole . — Jean Dapifer et sa femme cons tituent une rente en grains pour l’entrée de leur belle-mère au prieuré (1250).

Scrupt, ferme achetée, le 5 janvier 1638, à Nicolas Aubertin, pour 3,400 livres.

Vadenay, rente en grains donnée par Boson de Bussy, à cause de l’entrée de sa fille au prieuré (1180).

. Vésigneul-sur-Coole, terre partagée entre le prieuré et l’abbaye de Toussaints.

Vertus, rente en grain sur le moulin donnée par le comte de Champagne (1161).

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