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I. — Baronnie d’Arzillières

La baronnie d’Arzillières est une des principales terres de Champagne et ce n’est cependant qu’avec beaucoup de peine que j’ai pu reconstituer très-imparfaitement son passé; elle mouvait de roi etvingt-six fiefs en relevaient (1). Le château existait dès le XIe siècle, époque ou nous savons que Hersind, sœur du sire d’Arzillières, apporta en dot une partie de la vallée où se trouvaient les villages de Glannes, Champillon etCourdomange à son mari Hugues, frère de Guy-à-la-Barbe, qui fondèrent ensemble l’abbaye de Huiron. Guy-à-la-Barbe eut un fils nommé Arbert qui épousa Ermengarde, petite-fille de Dodon de Vitry qui donna quelques terres à l’abbaye de Monstier en 1170. Au XIIe siècle, les chartes sont muettes et ce n’est qu’en 1202 que nous trouvons un Henry d’Arzillières qui revenait de la croisade et qui avait pour femme Agnès. Ils eurent vraisemblablement pour enfants Gautier, Guy et Raoul d Arzillières, tous deux qualifiés chevaliers en 1231 et la dame de Fayel (1221). Gautier d’Arzillières (1220, 1221,1225, 1231, 1250, 1255) fut marié d’abord avec Isabelle (1225), puis avec Béatnx (1238) ; il prit part à la croisade contre les Albigeois (1226); on ne lui connaît qu’un fils nommé Guillaume qui, en 1270, en qualité de seigneur d’Arzillières et d’une partie de la vallée d’Huiron, affranchit les serfs de ce canton ; il vivait encore avec Anne d’Aunoy, sa femme, en 1293, et paraît avoireu pour fils Gautier qui acte comme seigneur d’Arzillières en 1302, père lui-même de Gautier, seigneur d’Arzillières en 1392. Ce dernier devait avoir épousé une fille du comte de Dampierre, car il paraît dans la charte de 1392 comme seigneur de Dampierre-le-Chateau en partie. Il hérita ensuite de toute la terre et sa fille

- (1) Tous ces renseignements sont extraits du charlrier de Cheminon.

(2) Charlrier de Huiron.

HISTOIRE FÉODALE , 289

unique porta son riche domaine à la famille de Hangest, qui le conserva pendant un siècle environ. Guillaume de Hangest, chevalier, comte de Dampierre, baron d’Arzillières, ne laissa à son tour qu’une fille unique, Louise, de Marguerite de Torcenay, laquelle fonda, comme douairière d’Arzillières le 6 juillet 1512, une messe annuelle dans la chapelle du château. Louise épousa Jacques de Grandpré-Vonc, baron de Hans, d’où naquirent deux enfants : Guillaume , mort sans alliance en 1521 , et Madeleine qui hérita des trois terres de Dampierre, de Hans et d’Arzillières et les porta à son mari Henry Hesse, comte de Linange et d’Apremont (1530).

Madeleine se maria deux fois: 1° avec le comte de Linange et n’en eut qu’une fille unique, Anne, qui épousa Claude de Bossut, seigneur de Longueval, d’où naquirent deux fils et'deux filles, Madame deProisy et Guillemette, femme de M. delaVieuville; 2° avec François de Cadenet, dont elle n’eut pas d’enfant; elle donna le domaine d’Arzillières à M. de Cadenet, qui le céda le 18 novembre 1556 au duc de Guise, en échange des seigneuries de Lambesc, Orgon, Esgallières, Guys, et Vallebonat, en Provence ; le duc conservait seulement sur ces terres la foi et l’hommage et stipulait qu’il pourrait les racheter pour 46,000 liv. (1). Mais les habitants de la baronnie s’opposèrent à ce changement et parvinrent à décider M. et Madame de Cadenet à revenir sur leur décision en donnant cette fois Arzillières, ou le prix convenu avec le duc de Guise, à leurs neveux Arnoud de Cadenet, François et Pierre d’Escordes. Les de Bossut, évidemment lésés dans ce partage, intervinrent et vendirent leurs droits 20,000 écus au duc ; Robert de la Vieuville seul résista et racheta aux divers co-héritiers tous leurs droits pour une somme considérable, et le duc Charles de Guise, afin de demeurer paisible possesseur, eut encore à lui solder 137,600 livres 9 sols 6 deniers (18 août 1598) (2)1 Presqu’aussitôt le duc rétrocéda la baronnie à ses premiers propriétaires et probablement aux mêmes conditions; le 19 octobre 1602, Robert de la

(1) Cart. de Joinville, bib. imp. mss. supp. français n° 2725.

(2) Inventaire général des titres de la baronnie d’Arzillières, très beau manuscrit du XVIIe siècle, mais lacéré et très incomplet ; Archives de la Marne.

Vieuville en rendit hommage au roi (1). Depuis, la baronnie demeura dans cette famille ; en 1789, Marie-Henrielte-Augustine-Renée d’Alposso, marquise de la Trousse, signa, comme baronne d’Arzillières, le cahier des remontrances de l’ordre de la noblesse du bailliage de Yitry.

L’inventaire des titres de la baronnie d’Arzillières au XYIP siècle (2), mentionne dix-neuf fiefs dépendant directement de la terre : Biaise, S. Louvent, Labreul, S. Remy, Huiron, Glanne, Courdemange , Champillon, Landricourt , Champaubert-aux- Bois, Montcelz, la Héronnière, Saint-Jean-de-Lamv, le Coisard, Jumécourt, Bussy-aux-Bois , les Grandes-Portes, les Petites- Portes, la Grange-au-Blé, la Mauljouy. Depuis, plusieurs deces seigneuries furent aliénées et, en 1 /89, la baronne d Arzillières, que je viens de mentionner, ne parait que comme dame de Biaise, Glannes, Huiron, Courdemange et S. Louvent. Un bien plus grand nombre de terres relevaient de la baronnie comme vasselage et il ne sera pas sans intérêt de rapporter ici l’extrait de l’acte de foi et hommage rendu au seigneur d’Arzillières à la fin du XVIe siècle (3).

1584. Hommage de Geoffroy d’Aunay, pour Frampas et Mo-

rambert, en partie.

Simon Thevenot , pour les Essarts , et

Morambert, en partie.

1 585 . — Gaspard de Biffard, pour S. Genys, en

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