‹ Dionysos et les nymphesChapitre 19 sur 29 · LE SILENCE · texte numérisé non relu

LE SILENCE

Nous écoutions s'unir parmi l'ombre du bois L'appel des veneurs et le vôtre,

Dryades à la bouche arrondie ! et ces voix Ont expiré l'une après l'autre.

Des peupliers couverts d'oiseaux je n'entends plus Gazouiller les hautes quenouilles.

Dans les iris, au seuil des grottes, se sont tus Les gosiers gonflés des grenouilles.

La marche du ruisseau sous le pin -parasol A même arrêté ses murmures ;

Et le bruit a cessé que faisait sur le sol La chute des amandes mures.

A la cime d'un roc où des rayons blessés Saignent avant de disparaître,

S'est assis un éphèbe aux longs cheveux lissés Et qu'entoure un rameau de hêtre :

Jeune homme doux et frêle, au geste si léger, Aux pâles yeux si pleins d'absence

Qu'à peine devant lui la brise ose bouger : Il est l'image du silence.

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