‹ Diphtérie et Phlegmon de l'AmygdaleChapitre 7 sur 20 · RU DURS · texte numérisé non relu

RU DURS

OgservarTion VII (Docteur CHALIER)

T... Louis, 27 ans. Entre le 5 août 1927.

Le malade a eu de fréquentes angines, surtout dans la ueuxième enfance.

L’affection actuelle à débuté, il y a huit jours, par de la dysphagie, des céphalées et de la fièvre.

À l'entrée, on est tout de suite frappé par la présence d’une tuméfaction siégeant dans la région sous-maxillaire gauche et vers l’angle de la mâchoire, tuméfaction dure, douloureuse, adhérente à la peau qui est rouge et luisante.

Dysphagie marquée, gene de la respiration et dysphagie. Trismus intense, gênant l’examen de la gorge.

La témpérature oscille entre 37°5 et 38°5.

Examen de la gorge : épaisses fausses membranes blanchâtres, qui se prolongent sur la voûte palatine sur la ligne : médiane.

Examen de l’exsudat pharyngé : présence de Lôüffler.

Le 8 août, dépuis hier, le malade crache du pus venant sans doute d’une collection péri-amygdalienne, qui occa sionne le trismus. On aperçoit toujours des fausses membranes confluentes à allure sphacélique et de coloration brunâtre. Haleine particulièrement fétide.

La tuméfaction sous-maxillaire persiste identique.

Dans les urines, petit disque d’albumine et cylindres épithéliaux.

Le 9 août, l’état du malade semble s’aggraver progres sivement. 11 présente à présent un état d'intoxication avec une température qui baisse progressivement vers l’hypothermie et atteint ce main 36°. Pouls petit et rapide à

Le malade présente de plus une tendance aux hémorragies (epistaxis). A la gorge, il persiste des fausses membranes brunâtres, moins nombreuses peut-être qu’hier, mais l’haleine est toujours très fétide.

Dosage d’urée dans le sang = 1 gr. 35.

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Le 13 août, l’état général semble nettement s’amélio. rer. Les hémorragies ont disparu ; la température est actuellement entre 36°5 et 37°. Dans les urines, disque moyen d’albumine.

Localement, diminution très nette de la tuméfaction sous-maxillaire, qui est moins douloureuse. Le trismus est moins accentué. Dans la gorge, présence d’un léger exsudat pultacé, mais il n’y a plus les fausses membranes épaisses, confluentes du début.

Le 18 août, urée sanguine = 0 gr. 90.

Le 20 août, amélioration très nette de l’état général, mais, depuis quatre jours, paralysie du voile du palais avec les troubles ordinaires. Pas de paralysie de l’accommodation. Réflexes rotuliens normaux. On reprend la sérothé- .rapie.

L'examen de l’exsudat pharyngé montre quelques streptocoques.

Persistance d’albumine et de cylindres granuleux dans les urines.

Le 28 août, le malade quitte volontaire le service.

Le 29 septembre, le malade revient dans un état lamentable avec une paraplégie et une paralysie faciale gauche. Etat général très altéré. Température à 37°5. Le malade est en proie à une dyspnée continuelle, avec accès de suffocation, quand il se met dans le décubitus dorsal ou quänd on examine sa gorge. Expectoration continuelle, purulente, très adhérente.

Examen de la gorge : pas de fausses membranes, nappe purulente sur l’amygdale gauche.

En somme, paralysie de l’accommodation (à la lecture seulement).

Paralysie du voile, du pharynx, de la trachée, des bronches.

Paralysie du facial gauche avec prédominance sur le facial inférieur, de l’hypoglosse droit.

Parésie marquée des membres inférieurs avec abolition totale des réflexes.

we Jb 2.

Au cœur, fachycardie sans arythmie ; bruits affaiblis. surtout le premier.

Dans les urines, pas d’albumine.

Examen de l’exsudat pharyngé : nombreux streptocoques en longues chaînettes.

Urée dans le sang : = 0 gr. 58.

Comme traitement, sérothérapie, strychnine, adrénaline.

Le 25 octobre, le malade est encore en cours de traitement à l'hôpital. Les paralysies se sont améliorées, mais persistent à l’état de parésies assez accentuées. Les réflexes rotuliens en particulier sont toujours aboli.

L'état général est bon.

OBsegrvaATION VIII (Docteur CHALIER)

Sœur G..., 24 ans. Entrée le 5 août 1927.

‘Comme antécédents, il y à trois ans, pleurésie sérofibrineuse suivie d’une fièvre typhoïde.

L’affection actuelle a débuté hier pendant une veille de nuit : dysphagie, douleur au niveau des ganglions cervicaux, frissons.

Le 5 août, signes d’angine diphtérique maligne d’emblée : fausses membranes confluentes et grises, enveloppant les deux amygdales et la luette, respectant le pharynx ; odeur fétide de l’haleine, grosse amygdale gauche ; trismus léger ; gros cou proconsulaire avec ganglions tuméfiés et douloureux, plus volumineux à gauche ; Lôüffler courts, moyens et longs à lexamen direct et à la culture ; petit disque d’albumine sans cylindre dans les urines. Température à 39°1.

On fait immédiatement du sérum intra-musculaire.

Le T août, paralysie du voile ; dysphagie et trismus plus accentués.

Le 8 août, la malade crache un peu de pus ; elle souffre moins à la déglutition ; un trismus léger persiste. Les gan-

we 0 à à

glions cervicaux sont toujours volumineux à gauche. T'empérature décroissante ; légère. albuminurie. Anesthésie complète du pharynx. Aucun réflexe nauséeux.

Le 15 août, difficulté et fatigue à la lecture. Les pupilles réagissent pourtant aux deux modes. Le réflexe rotulien droit est beaucoup plus faible que le gauche.

Le 25 août, les paralysies persistent comme auparavant. Toux et expectoration mousseuse sans signes pulmonaires. Disparition à peu près totale du trismus. Rien de spécial à l’examen de la gorge. Quelques petits ganglions cervicaux à gauche.

Le 30 octobre, persistance de la paralysie du voile. La malade part faire un séjour à Giens.

OgsERvaïion IX (Docteur CHaLier)

Ch... Bérangère, 19 ans. Entrée le 17 septembre 1927.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires et personnels, sauf une angine pultacée sans abcès il y à trois ans.

L’'angine actuelle à débuté le 16 septembre par de la dysphagie.

A l’entrée, grosse amygdale droite avec déviation de la luette. Enduit pultacé sur cette amygdale. Pas de fétidité de l’haleine. Gros ganglions cervicaux droits. Léger trismus. | Ù Température à 39°2. Pas d’albumine dans les urines.

L'examen des autres organes est négatif.

Le 18 septembre, apparition de fausses membranes sur l’amygdale malade. La culture de l’exsudat pharyngé montre des Lôffier courts, moyens et longs et quelques pneumocoques.

Le 19 septembre, ouverture spontanée de l’abcès ; la malade crache du pus. Cessation du trismus. Chute de la température. Pas d’albumine dans les urines.

Le 29 séptembre, état général satisfaisant. L'examen

bactériologique de l’exsudat pharyngé montre des strepto. coques.

Le 15 octobre, la malade quitte le service, complètement guérie, sans avoir présenté d’accidents graves.

Dans un rapport à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris (20 mai 1904), Martin signale la cœxistence possible du phlegmon de l’amygdale et de la diphtérie «question rarement traitée par les auteurs récents ». Sans insister davantage, il en signale trois cas personnels.

Deux ont guéri rapidement et sans complication.

Le troisième, entré le 7 août dans son service, présentait un phlegmon de l’amygdale gauche avec présence de Lôffler dans la gorge.

Le 11 août, issue spontanée d’un pus abondant.

Le 13 août, malgré le sérum antidiphtérique, paralysie du voile.

Le 25 août, aphasie transitoire avec paralysie faciale, déviation de la langue à gauche durant une heure environ.

Le 10 septembre, parésiz des membres supérieurs.

Le 25 septembre, impotence presque complète des quatre membres, des muscles du cou ; troubles de la vue ; amaigrissement.

Malgré tout, guérison.

Dans les archives de Médecine et de Pharmacie militaires (Octobre 1906), Legrand publie les 5 premiers cas d'une endèmo-épidémie diphtérique au 3° Dragons, en avril 1905. Fait curieux, ces 5 cas, sauf un douteux, présentèrent, en outre, un abcès amygda-

si tre

Len, tandis que les autres, qui suivirent, évoluèrent comme des angines diphtériques simples. Voici ces 5 observations, malheureusement très succinctes, telles

qu'elles ont été publiées,

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