‹ Diptères exotiques nouveaux ou peu connus (volume 2)Chapitre 564 sur 1200 · e SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

e SUPPLÉMENT

Depuis que j'ai publié le 3.e supplément de mon travail sur les Diptères exotiques nouveaux ou peu connus, il m'a été communiqué par l'administration du muséum d'histoire naturelle de Paris une collection considérable d'insectes de cet ordre , récemment rapportés par plusieurs des voyageurs de cet établissement et particulièrement par MM. Verreaux , envoyés dans l'Océanie. En déterminant les nombreuses espèces qui composent cette collection, je me suis assuré que les trois quarts n'étaient pas encore connues , et je les ai décrites et figurées. Quoique j'en aie fait connaître un grand nombre de cette partie du globe dans les livraisons précédentes de mon travail , et surtout dans celle qui a été publiée en 1846 , je n'ai pu m'étonner de découvrir tant de nouvelles espèces, en pensant que c'était pour ainsi dire une mine à peine ouverte , dont l'exploitation doit être féconde en produits , si Ton en juge d'après celle des premiers filons. Elle est d'autant plus abondante pour nous , que nous sommes seuls jusqu'ici à en mettre les richesses au jour. Nous savons bien que la Grande-Bretagne , à l'instar de la France , y envoie ses voyageurs naturalistes , et qu'ils en ont déjà rapporté de nombreuses cargaisons de Diptères comme d'autres insectes ; mais presque tout reste encore enseveli dans les vastes magasins inexplorés du musée britannique.

Les espèces de l'Océanie que comprend cette partie de notre travail appartiennent pour la plupart à des genres précédemment connus , et quelques-unes nous ont offert des caractères qui réclamaient la formation de genres nouveaux ; tels sont les genres Pelecorhynchus et Mesomyia, de la tribu des Tabaniens ; Codula , des Asiliques ; Ectinorhynchus , des Xylolomes ; Acreotichus , des Bombyliers ; Epicerina , des Vésiculeux ; Mesolampra et Orthoproèopa , des Syrphides: Pleurocerina , des Conopsaires : Aprotheca et Polychœta , des Tachinaires. Ces genres, plus ou moins distincts des types européens, sont en rapport avec l'éloignement qui sépare ces deux parties du globe.

À ces Diptères de l'Océanie, nous en joignons d'autres apportés au Jardin-des-Planlespar M, Gay, du Chili; par M. DOrbigny , de la Bolivie ; par M. Clausse , du Brésil ; par MM. Brémonl et Ghisbrecbt, du Mexique ; par M. Botta, des côtes de l'Arabie. Nous en décrivons d'autres encore des États-Unis . qui nous ont été communiqués par M. Hoffmeister, de Xorûshausen ; ceux que M. Bigot a rapportés de l'Egypte et de la Syrie, et qu'il s'est procuré du Cap- Vert, du Sénégal, de Madagascar, de Java, du Chili, du Mexique , de la Floride , de la Virginie et de la Californie: enfin quelques-uns de noire collection , qui ont été recueillis à Silhet , au nord du Boolun , au pied du prolongement oriental de l'rlymalaja.

L'ensemble de notre travail sur les Diptères exotiques , joint à l'étude particulière que nous avons faite de l'ouvrage considérable de Wiedemann sur le même sujet , nous permet de présenter quelques aperçus qui intéressent la zoologie géographique générale, branche de la science, qui , comme on le sait , est peu avancée, surtout à l'égard des animaux invertébrés , el des insectes en particulier. Les généralités données primithemenl par liuffon , et ensuite par M. I. Geoffroy- St. - Hi laire , relativement aux mammifères et aux oiseaux, sont applicables , mais non pas toutes, aux insectes et particulièrement aux Dip-

( 311 ) tères. La loi d'après laquelle aucune des espèces de la zone torride , trouvée dans l'ancien continent , ne s'est rencontrée dans le nouveau, régit aussi les Diptères, mais avec une exception singulière, que présente la Volucella obesa , espèce commune à l'un et à l'autre.

L'observation qui a constaté l'identité d'une partie des espèces de mammifères et d'oiseaux qui vivent dans les climats froids de l'Europe et de l'Amérique a été vérifiée par nous sur les Diptères,

Quant à l'observation de Buffon, d'après laquelle les animaux du Nouveau -Monde sont généralement plus petits que ceux de l'ancien, elle n'est aucunement applicable aux Diptères, et nous sommes portés à adopter l'opinion contraire pour ces insectes, eu voyant que la plupart des espèces les plus remarquables par leur grandeur appartient à l'Amérique méridionale.

Buffon a encore observé que chaque sorte d'animaux , c'està-dire cbaque genre naturel, a le plus souvent sa patrie particulière. Cette règle est également peu applicable aux Diptères. Nous voyons un grand nombre de genres de Tipuîaires, de Tabaniens, d'Asiliques , de Bombyîiers, de Syrphides , de Muscides , répandus sur toute la surface du globe.

Cependant nous avons signalé plusieurs exceptions qui sont conformes à l'observation de Buffon , et nous citerons le nombreux et beau genre Rutilia, de la tribu des Dexiaires , qui est propre à l'Océanie.

Belativensent au problème posé dans ces derniers temps et formulé ainsi : les diverses espèces d'un même genre ne seraientelles bien souvent que des races d'une même espèce primitive, modifiée par le temps, le climat et les circonstances extérieures ? Nous sommes disposé a croire qu'il sera résolu affirmativement, si nous considérons la multitude d'espèces voisines que présentent un grand nombre de genres de Diptères , souvent d'autant plus semblables qu'elles appartiennent à des pays peu éloignés

les uns des autres. Cependant cette identité originelle est encore impo&sible à constater dans l'état actuel de la science.

Quant à l'allégation de M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. que I immense majorité des genres et des espèces ont leur maximum de taille dans les contrées les plus chaudes, et descendent à leur minimum dans les régions les plus froides , nos observations sur les Diptères y sont enlièrement conformes; la progression est sensible , mais lente , de même que le changement que la température opère sur la présence des espèces. Nous avons acquis cette conviction en voyant un très-grand nombre d'espèces trouvées en Syrie , en Egypte , en Algérie , dans l'état de Maroc et même dans les îles Canaries identiques avec celles du midi de la France ; mais nous devons attribuer à une autre cause la présence de quelques espèces trouvées dans diverses parties plus éloignées du globe. Dans les relations des européens avec les autres habitants de la terre , dans leurs transmigrations , leurs colonisations , ils ont dû transporter avec eux un certain nombre d'espèces , et particulièrement celles qui sont plus ou moins domestiques et parasites, telles que les Mouches, les Stomoxes, î'Hippobosque. Nous avons en outre retrouvé VAsilus crabroniformis au Brésil, leBibio Marci, le Chrysops cœcutiens, ÏJIœmatopota pluvialis , â la Nouvelle-Hollande , le Dasypogon teutonus dans la Floride, le Cyrtonevramactdata dans laCafrerie, et plusieurs autres.

Ces résultats nous semblent donner un intérêt général aux recherches spéciales que nous avons entreprises sur les Diptères exotiques ; tout ce qui concerne la zoologie géographique est bon à recueillir dans l'état peu avancé où se trouve encore cette partie de la science.

Ce supplément à notre ouvrage, ainsi que les trois qui ont été récemment publiés , rendaut quelquefois longue la recherche des genres et des espèces qui y sont consignés . nous avons cru nécessaire d'y joindre une table générale et méthodique des

( 313 ) matières, daus laquelle nous indiquons la patrie de chaque espèce, afin d'en faciliter encore plus l'usage.

NEMOCÈRES, Nemocera.

CULICIDES, Culicides.

G. COUSIN, Culex.

Culex calopus , Hoffm., Mei<j.

Fuscus argenteo-punctatus. Pedibus argenteo-annulalis.

Nous rapportons à cette espèce trouvée primitivement enPor lugal et ensuite dans le nord de l'Afrique un individu 9 , recueilli à Smyrne par M, Bigot. Il diffère du type par sa couleur noire, par deux lignes longitudinales blanchâtres sur le thorax, et par les incisions blanches des deuxième , troisième, quatrième et cinquième segments de l'abdomen.

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