‹ Diptères exotiques nouveaux ou peu connus (volume 3)Chapitre 109 sur 516 · G. TAON, Tabanus · texte numérisé non relu

G. TAON, Tabanus

Le type organique que présentent les Taons et dans lequel la nature semble se complaire , tant elle le multiplie , se diversifie, quoique légèrement , en nombreuses modifications dont la plupart affectent les espèces exotiques. Le corps est tantôt large, tantôt étroit, convexe ou déprimé. La tète s'épaissit dans le T. atralus, Fab., mâle , de l'Amérique septentrionale , comme dans le fulvus de l'Europe. La trompe s'alonge un peu dans les T. posticus, acupalpus, Nob. , de la Nouvelle-Hollande. Les palpes , dans ces mêmes espèces , sont subitement atténués vers le milieu de leur longueur; ils sont très-velus dans Valexandrinus. Le front, assez large dans quelques espèces 2 (1), est trèsétroit dans d'autres (2). Les antennes , qui , par les cinq divisions du dernier article et par la dent dont la première est munie , fournissent le principal caractère du genre , se modifient assez souvent : elles sont fort épaisses dans quelques-uns (3) ; d'autres ont les deux premiers aiticles hérissés de poils [k] ; la dent du

(1) Z". fasciatus, Ç^ Fab. , latipes, ochraceus, ditœniatus , Ç, Nob.

(2) T. aurora, Nob.

(3) T. tibialis, Fab., rrassicornis, Wied.

(4) T. l'illosus, carolinensis, ^^^Nob.

( 121 ) troisième s'alonge dans plusieurs espèces (1), comme dans le genre Dichélacère. Quelquefois les yeux se couvi'ent de poils dans les deux sexes (2) , et parfois ils ne sont velus que dans les mâles (3). Tantôt les jambes antérieures sont remarquables par leur forme épaisse et arrondie en avant (4) ; tantôt les postérieures sont ciliées (5). Enfin les modifications des nervures des ailes consistent dans la deuxième cellule sous-marginale, appendiculée comme dans la plupart des Pangonies , et les Haematopotes (6) •-, dans la première cellule postérieure fermée (7) ou simplement entr'ouverte (8). *»

Sous le rapport des couleurs, la diversité n'est pas moins grande, et ce sont elles qui distinguent le plus grand nombre des espèces eu se combinant de manière à former divers groupes différant entre eux par la livrée.ïels sont les Taons, dont l'abdomen porte une seule bande dorsale de taches blanches, triangulaires (9) ; ceux qui sont marqués de trois rangs de taches (10), ou

(i) T. lineola, Fab., impressus, planicentris, ruficornis, megerlei, crassicornis , fulcohirtus , iheotœnia, Wied. , ocAracea*, ciridifentris, liictiiosus, laticentris, rufipennis, cingulatas-, Nob.

(2) T. capensis , Wied., régis Georgii, acupalpus, erioplitlialma, incertus, lasiophthalma, testaceo-maculatus , alhilateralis, teniiicornis , Nob.

(3) T. fulcits, alexajidrinus, Meig., lineola, Fab., caroUnensis, Nob.

(4) T. fasciatus, Fab., latipes, fenestratus, Nob.

(5) T. tibialis, Fab. , cilipes, Nob.

(6) T. meccicanus,^ah., festitiis , miles, macali permis , sorlillans, apicalis, rubripes, posticus, Wied. , Anricinctus, acupalpus, regis-Georgii, boiiarie?isis, obliqueinaculatus , tenuicornis , et ^lelquefois le ditœniatas, Nob.

(7) T. notabilis , Nob., abdominalis , impressus , monochroma , albibarbis , Wied.

(8) T. atratuSytah.y maculatissimus ,^oh.

(9) Z". molestus, Say, ttirbidus, melaiiocerus, elongatus, cinerarius, Wied., régis Georgii, Nob. , etc.

(10) T. albibarbis, rnhidus, gtitlalas, Wied., frifarius, "Nob. ^ etc.

( 122 ) de trois bandes blanches (1) ; ceux qui n'offrent qu'une couleur uniforme, le noir (2), le ferrugineux, etc. (3). Les différences , souvent très-légères , qui distinguent les espèces de chaque groupe , rendent la détermination spécifique minutieuse et quelquefois incertaine , d'autant plus que la couleur et les taches du corps sont formées par le duvet qui le couvre et qui est plus ou moins enlevé par le frottement; de sorte que ce n'est souvent que par l'inspection de plusieurs individus de la même espèce qu'il est possible d'en faire une description exacte, et ce moyen manque fréquemment pour les Taons exotiques.

Parmi les caractères considérés comme spécifiques , la forme de la callosité du front des femelles est aussi un guide peu sûr. Comme elle n'est autre chose qu'une petite saillie qui, plus exposée à perdre son duvet que la partie plane du front, est plus ou moins dénudée par le frottement , il en résulte qu'elle est plus ou moins grande ; qu'elle varie de forme , particulièrement suivant l'âge de l'individu, et qu'elle disparaît même entièrement.

Les bandes irisées et plus ou moins nombreuses des yeux ont aussi été employées pour caractériser les espèces ; mais comme elles ne sont appréciables que dans l'état de vie, elles sont d'un bien faible secours pour remplir cette destination.

Ces causes, jointes à ce que trop souvent les femelles seules sont connues, expliquent comment la détermination des espèces laisse encore beaucoup à désirer.

Les Taons exotiques sont répartis dans les différentes parties du monde de la manière suivante : L'Afrique en possède

(i) T. indicus, tricittatus, Fab., lineola, Palissot B. , occidentalis , Linn. Irilineatus, Latr , dorsiger, costalis, Wied., consanguineus, Nob.

(2) T. atratus, Fab. ater, nigriscens, Pal. B., aleccandrinus, Meig.

(3) T. unicolor, Wied., latirentris, aurora, ochracens, ^oh., etc.

(123) environ 20 espèces connues, l'Asie 12, l'Archipel indien 12, la Nouvelle-Hollande 2, l'Amérique méridionale 74 , la septentrionale 40. L'on voit que le nombre des espèces du nouveau continent est bien supérieur à celles de l'ancien , même en comptant celles de l'Europe, au nombre de 45. L'on peut donc considérer l'Amérique méridionale et particulièrement le Brésil comme la station centrale des Taons , d'où ils s'étendent, en diminuant de nombre , sur les autres régions , non seulement en avançant du midi au nord , mais encore d'occident en orient. La Nouvelle- Hollande paraît être à l'extrémité de leur domaine ; mais s'ils lui font en quelque sorte défaut, elle est en revanche plus riche en Pangonies. Nous avons eu l'occasion, en décrivant les Diptères assez nombreux des îles Canaries rapportés par MM. Webb et Berthelot, d'observer avec quelque surprise l'absence complète de ce genre et même des autres Tabaniens, quoique toutes les autres familles y fussent représentées.

Quelques espèces étendent fort loin leur station : le Tabanus abdominalis de l'Amérique septentrionale a été trouvé à la Guyane par M. Leprieur. Le T. mexicamis se rencontre dans une grande partie des États-Unis et à la Guadeloupe.

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