e Tribu
ASILIQUES, AsiLici.
Antennes K style court, tan- (Aîles à cellule marginale „ ,.-,p ^,„„.
tôtpointu, tantôt obtus,! °r"*^'V,', "•/ '^ ^^SYPOGONTTES .
.„„.A* «i,i;iivi «,. ^,,1 I Ailes a cellule marginale
tantôt obh.ere ou nul. ( f^^^ée. Style nd. T. . . . .. LAPHRITES.
Antennes îi style alongé , ordinairement sétiforrae.
Ailes à cellule marginale fermée .*.».«, 3. ASILITES.
Autant la tribu des Mydasiens est restreinte , autant celle des Asiliques est étendue, si nous la considérons dans son ensemble, dans ses modifications, dans sa diffusion sur le globe terrestre. Quoique la diversité soit extrême dans la forme de chaque organe en particulier , la plus grande unité se maintient dans le type ; c'est toujours ce front concave, large dans les deux sexes , cette forte trompe, cette rude moustache qui protège la face, ces pieds armés d'ongles robustes , hérissés de soies, aussi propres à marcher qu'à saisir une proie , ces aîles rapides et fortement réticulées, enfin c'est toujours cette nature éminemment favorable à la guerre , mais modifiée avec cette richesse de conception qui n'appartient qu'à l'intelligence Suprême. Cependant, pour découvrir cette variété si remarquable , il faut considérer les AsiHques exotiques, celiés de l'Europe n'en donnant qu'une idée imparfaite; il faut les voir dans toutes les parties du globe que leurs races nombreuses habitent plus ou moins, les unes, en se disséminant sur toutes les régions , les autres , en se con*^ centrant dans une seule.
L'organisation de cette tribu se divise en trois modifications principales qui, sans paraître importantes sous le rapport physiologique , semblent exercer une influence mystérieuse sur les autres organes qui se coordonnent avec elles. La forme du style des antennes , combiné avec la cellule marginale des aîles ouverte ou fermée, présente le caractère essentiel de ces trois divisions qui renferment toute la tribu , et qui ont fait instituer les genres Dasypogon , Laphrie et Asile , lorsque la nécessité de subdiviser le genre Asile , de Linnée , s'est fait sentir. Depuis, les découvertes successives ont signalé un grand nombre de modifications inférieures , surtout parmi les espèces exotiques , et elles ont rendu nécessaire la formation de nouvelles coupes génériques dont la plupart sont établies par nous. Toutes les parties de l'organisation y sont sujettes : le tronc varie extrêmement de grandeur; il s'élargit dans les Craspédies, les Mallo-
pliores; il s'aîonge en cylindre dans les Microstyles, les Doîichodes; les poils dont il est couvert se hérissent en épaisses fourrures , ou forment le duvet le plus soyeux , le plus brillant. La tête se déprime bizarrement en disque dans les Discocé^ pbales, les Amphibolies. Le front se rétrécit dans les Plésiommes. La face , saillante tantôt au milieu , tantôt dans le bas, s'aplanit dans les Sénoprosopes , les Apoclées; elle se raccourcit dans les Tapinocères. La moustache est touffue dans les Acnéphales, les Laxénécères ; très-longue dans les Lophonotes, elle ne garnit que le bord inférieur de la face dans les Microstyles. La trompe s'aiguise en pointe dans les uns, s'émousse dans les autres; (1) l'extrémité se recourbe en-dessous dans les Xiphocères. Les palpes se terminent en globule velu dans ce dernier genre; ils s'alongent en s'atténuant et se terminent par des soies dans les Discocéphales. Les yeux sont très-grands et presque contigus dans les Plésiommes , et les ocelles ont une insertion insolite au milieu du front. Les antennes , indépendamment des caractères qui distinguent entr' elles les trois grandes divisions , se modifient dans leurs différentes parties , moins cependant que dans beaucoup d'autres tribus.' Elles ont leur base insérée près de la cavité buccale , et elles sont trèscourtes, dans les Tapinocères; elles sont composées de cinq articles distincts dans les Cératurgues et les Dioctries ; c'est-àdire , que les deux qui les terminent, au lieu de s'effiler en style et de changer de nature et de nom , se montrent sous la forme ordinaire. Le premier article s'aîonge dans les Atomosies ; le troisième est velu dans les Laxénécères , les Dolichodes , dilaté à l'extrémité dans les Sénobases. Le style se garnit de longs cils en-dessous dans les Ommaties; il se termine en palette dans les Lécanies et dans quelques Trupanées.
(i) Les soies inlérieures dépassent la trompe pour sucer les insectes , et elles restent (juclquefois ainsi dans les Asiliqucs mortes.
Le Ihorax s'élève et se hérisse de soies dressées en crèle, dans les Lophonotes. L'abdomen, dans ce même genre, se dessine en carène ; il prend la forme d'une massue dans les Séuobases ; il s'atténue au milieu dans les Michotames; il se garnit latéralement de cils découpés en festons , dans les Craspédies. L'organe copulateur , plus que tous les autres , est riche en modifications, du moins dans les mâles : chacune des parties qui le composent affecte des formes très-diverses. L'opercule supérieur a l'extrémité fléchie en-dessous dans les Microstyles ; il est muni d'un long filament corné qui se recourbe et passe par dessous dans le Dasyjjogon maculipennis ; il est souvent surmonté d'un petit tube velu , dirigé obliquement en arrière ; le côté inférieur est fort convexe et arrondi dans plusieurs Laphries. L'opercule inférieur varie également dans sa forme et ses dimensions ; il est quelquefois terminé par un appendice velu, ou par deux crochets disposés en pince. Deux pièces latérales servent souvent de valves et quelquefois de serres; elles sont d'une giandeur remarquable et relevées obliquement dans les Erax , longues , menues et doublement rameuses dans les Lophonotes, très-larges et velues dans les Craspédies, dilatées seulement vers l'extrémité et dentelées au bord postérieur , dans quelques Laphries. Plusieurs pièces encloses dans les précédentes complètent l'armure copulatrice et sont plus ou moins développées , souvent peu distinctes. L'organe femelle , constituant l'oviductus, est beaucoup moins diversifié ; il est trèsaiongé dans les Phonées, les Trupanées; il se termine par un cercle de petites pointes divergentes, dans les Proctacanthes , les Microstyles et les Apoclées.
Les modifications que présentent les pieds sont également considérables : ils sont plus ou moins garnis de soies , de poils , de duvet; leur épaisseur et leur longueur diffèrent. Les cuisses se dilatent en massue dans plusieurs Laphries ; elles sont épaisses et épineuses dans les HopUstomères. Les jambes antérieures se termiuenl'par un crochet dans une partie desDasypogons, et
( iU ) alors le métatarse présente une échancrure qui correspond au crochet et le reçoit ; les intermédiaires sont munies d'un tubercule dans quelques Microstyles. Les postérieures sont arquées dans la plupart des Laphries ; elles se dilatent à l'extrémité dans les Discocéphales, les Araphibolies. Le premier article des tarses intermédiaires est armé d'une pointe dirigée en arrière dans quelques Microstyles. Les ongles de plusieurs Dasypogons sont fort alongés et presque droits, et les pelottes sont nulles dans les Acnéphales et les Gonj^es.
Enfin les ailes, qui ne présentent dans leur forme qu'une seule modification distincte , la dilatation du bord extérieur dans une partie des Erax et des Ommaties mâles , se diversifient souvent dans la réticulation de leurs nervures. Outre les deux dispositions principales qu'offre la cellule marginale, fermée dans deux des grandes divisions de la tribu et ouverte dans l'autre, et qui s'accordent avec le style des antennes pour les caractériser , nous mentionnerons les trois cellules sous-marginales des Mallophores et des Trupanées; la deuxième sousmarginale appendiculée des Erax, c'est-à-dire, la nervure sousmarginale dépassant la base de cette cellule , incomplète et ne s'anastomosant pas à la nervure marginale , comme dans la modification précédente. La première nervure transversale est oblique dans les Lophonotes ; la première cellule postérieure est fermée dans les Acnéphales , les Laxénécères et dans quelques espèces isolées de plusieurs autres genres ; la deuxième avance fort sur l'espace qu'occupe ordinairement la première , dans les Microstyles; la troisième prend la forme transversale dans le même genre ; la quatrième est pétiolée dans les Michotames, les Proctacanthes ; elle est tantôt ouverte, tantôt fermée, lorsque la troisième nervure postérieure devient transversale et rencontre la quatrième. Les deux nervures transversales qui ferment la cellule discoïdalc et la quatrième postérieure sont presque sur la même ligne dans les Atomosies; les nervures postérieures n'atteignent pas le bord de l'aile dans les Acnéphales.
( 135 ) Celte énumératioR longue , et cependant bien incomplète , des modifications que subissent les organes des Asiliques, particulièrement les espèces étrangères à l'Europe, et dont un grand nombre n'avaient pas encore été signalées, donne la raison de l'établissement des nouveaux genres assez nombreux que nous avons cru devoir former. Piasieurs d'entr' elles ont éîé mentionnées par M. Wiedemann dans ses Diptères exotiques; mais il a placé les espèces qui les présentent dans les genres dont elles se rapprochent ie plu». Il en est résulté , selon nous, un pêlemêle au milieu duquel toutes ces modifications sont à peine aperçues, et cette confusion, nuisible ù la science, se serait accrue au point de devenir uu véritable chaos , si nous avions continué la môme marche au milieu des nombreuses espèces exotiques que nous avions à faire connaître et qui nous ont offert ungrandnombre de combinaisons organiques nouvelles. L'établissement de ces genres fait ressortir C3S modifications qui deviennent caractères génériques. Il est d'ailleurs conforme au principe adopté ea entomologie de considérer comme genre tout groupe faisant partie d'une tribu et distingué des groupes voisins par plusieurs différences organiques qui modifient îe type. Cependant nous considérons cette dénomination comme arbitraire. On peut la donner exclusivement au genre Asile fondé par Linnée , comme à ceux qui en ont été démembrés par Meigen et Wiedemann , comme à ceux que nous établissons aujourd'hui, et nous nous servirions également, et même de préférence, de celle de sous-genre , comme plus conforme au rang que ces groupes tiennent dans la série , si nous ne voulions coordonner notre travail à l'état actuel de l'Entomologie. A\\ surplus , nous ne devons pas mettre plus d'importance qu'il ne faut à ces dénominations qui De peuvent être considérées comme définitives dans l'état trop peu avancé de la connaissance des espèces dont les neuf dixièmes , suivant les supputations admises, restent à découvrir , en admettant toutefois que la science, dans ses progrès , ne
( 136) parvienne à démontrer qu'un grand nombre des espèces recon-» nues el à reconnaître ne sont que de simples variétés produites par les différences de climats, et à les déterminer rigoureusement. Ce qu'il nous importe de faire en attendant, c'est d'accuxnuler les observations , de signaler particulièrement les modifications dans les organes , et de les mettre en évidence , en multipliant progressivement les groupes.
Les Asiliques étrangères à l'Europe , dont nous nous occupons ici , considérées sous le rapport géographique, sont répandues sur toutes les parties habitables du globe. Dans l'état actuel des découvertes, elles se répartissent de la manière suivante : l'Afrique en possède à peu près 100, l'Asie, 80, l'Océanie, 15, l'Amérique méridionale, 170, et la septentrionale, 65; total, environ 430, dont 163 sont nouvelles. Ce nombre est plus que double des espèces européennes , mais il serait bien supérieur encore si les explorations avaient été faites dans la même proportion qu'en Europe. Cela est surtout évident si l'on remarque que les espèces sont d'autant plus nombreuses qu'elles appartiennent à des pays chauds ; et que sur les 430 exotiques connues , 70 à peine habitent des climats froids ou tempérés comme l'Europe,
Les espèces d'un grand nombre de genres sont disséminées dans les différentes parties du monde. Les Dioctries , par exemple , présentent trois espèces en Afrique , une en Asie , une dans l'Océanie , deux dans l'Amérique méridionale et une dans la septentrionale. Celles de quelques autres appartiennent à une seule région. C'est ainsi que les Mallophores, lesAtomosies sont toutes américaines; les Laxénécères, du Bengale, les Lophonotes, du Cap , à l'exception d'une espèce européenne.
Nous n'avons recueilli aucune observation nouvelle sur les mœurs de ces Diptères exotiques qui , comme les espèces européennes, vivent de la guerre qu'ils font aux autres insectes en les saisissant au vol avec leur pieds et en humant avec leur trompe
( 137 ) toute la substance fluide de leur proie Nous n'avons également rien recueilli sur leur jeune âge qui , depuis que Degeer a fait connaître la larve et la nymphe de l'Asilus forcipatus, ne paraît pas avoir donné lieu à une observation directe. A la vérité , M. Duméril a dit , dans sa Zoologie analytique , que les larves vivent dans le sable et qu'elles se nourrissent d'insectes comme les insectes parfaits , mais il n'a pas dit l'avoir vu. Plus récemment M. Robineau-Desvoidy (1) a vu un Asilus diadema, Fab. [Dasypogon punctatus, Meig.) entrer dans un trou et y déposer une abeille ouvrière qu'il venait de prendre au vol. Que ce trou fût son ouvrage ou non, M. Desvoidy croit qu'il y portait cette abeille pour la subsistance future de sa larve, ce qui est vraisemblable ; cependant ce pouvait être pour sa propre nourriture , et si l'on jugeait par analogie on serait porté à ne pas adopter son opinion. Tous les Diptères dont les larves observées jusqu'ici vivent de chair ou de sang, comme les OEstres, les Sarcophages, les Syrphes , les Tachinaires , les Conopsaires, et bien d'autres, ont une nourriture végétale , et réciproquement ceux qui dans l'état adulte vivent de proie ou en parasites, tels que les Cousins , les Taons , les Stomoxes , se nourrissent de détritus végétaux dans l'état de larves. Ce ne serait donc que par exception à la loi générale que les Asiliques auraient une subsistance animale dans l'un et l'autre période de leur vie; ce qui n'empêche pas que cela ne puisse être , et que l'opinion de M. Robineau- Desvoidy ne soit peut-être vraie. Il nous reste trop à connaître sur le premier âge des Diptères et particulièrement des Tanystomes, pour en juger autrement que sur des faits, et il eût été bien à désirer que M. Desvoidy eût continué son observation, afin de s'assurer, par la présence de la larve dans le trou où l'Asile était entré , que l'abeille y avait été portée pour lui servir d'aliment.
(i ) Journal de l'Institut^ quatrième année, N." 187, et Introduction à l'Entomologie de M. Lacordaire , tom. 2 , 489-
( 138 ) Quoique nous ne nous soyons pas livrés à celte digression à l'occasion des Asiliques exotiques , nous avons cru devoir la faire pour attirer l'attention des Entomologistes voyageurs et les exciter à faire des recherches pour éclairer celte partie de la science.
l.re SOUS-TRIBU.
DASYPOGONITES , Dasypogonitœ.
Caractères : antennes terminées ordinairement par un style court et quelquefois par deux articles obtus. Organe copulateur c^ ordinairement peu saillant , à opercules et pinces souvent cachés; oviducte 2- court, obtus, ordinairement terminé par un cercle de pointes. Ailes : cellule marginale ouverte ; quatrième postérieure tantôt ouverte , tantôt fermée.
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Le genre Dasypogon , établi par Meîgen , assez homogène dans les espèces d'Europe, présente dans les exotiques tant de modifications importantes que nous avons senti la nécessité de le démembrer et d'en faire une sous-tribu à laquelle nous joignons les genres Dioctrie, Meig., et Cératurgue, Wiedem., qui en présentent les principaux caractères. Parmi ces nombreuses modifications , les plus remarquables sont celles que nous offrent la tête déprimée des Discocéphales, les yeux contigus des Plésiommes, la trompe fléchie en arrière des Xiphocères, les tarses sans pelottes des Acnéphales , les nervures alaires des Microstyles.
A l'exception du genre Dasypogon, tel que nous le réduisons, qui reste très-nombreux et qui est répandu dans toutes les parties de la terre, les autres ne comptent encore que peu d'espèces et ils sont généralement propres à une seule région. C'est ainsi que les Gératurgues appartiennent à l'Amérique septentrionale; les Xiphocères et les Acnéphales à l'Afrique; les Plésiommes et les Sénobases au Brésil. Quelques genres sont plus ou moins disséminés : les Discocéphales se trouvent dans l'Amérique méridionale et à la Caroline ; les Microstyles , dont la plupart des espèces habitent l'Afrique, sont représentés par quelques-unes aux Indes Orientales et une seule en Amérique. Les Dioctries , qui ne paraissent nombreuses qu'en Europe, sont dispersées en peu d'espèces dans les autres parties du globe.
i. G. CÉRATURGUE, Ceraturgus, Wied. ^ "
Ce genre, par la conformation des antennes, forme une transition entre les Mydasiens et les Asiliques. Cet organe est composé de cinq articles dont les deux derniers représentent le style.
L'espèce nouvelle que nous décrivons est de l'Amérique boréale comme le C. aurulentiis , Wied.
i. Ceraturgus NIGER, Wied.
Niger. Abdomine segmentis albo maculatis. (Tab. 2, fig. 1.) Long. 4 1- $•
Face et front d'un jaune grisâtre. Moustache simple, jaunâtre. Antennes noires. Thorax à duvet roux , grisâtre et bandes noires ; l'intermédiaire divisée par une ligne. Abdomen à reflets bronzés ; deuxième-quatrième segments à petite bande blanche de chaque côté, au bord postérieur. Pieds fauves 5 un peu de noir aux genoux intermédiaires et postérieurs 5 jambes noires et articles des tarses noirs à l'extrémité. Ailes jaunâtres.
De rAraérique boréale.