ACANTHOCÈRE
ri. .SILVIUS.
is. CHJRYSOPS.
i3. tf/EMATOPOÏE.
Les Tabaniens, connus dans tous les temps et dans tous les lieux, doivent cette espèce d'universalité à leur appétit sanguinaire, qui les a toujours signalés parmi les animaux nuisibles, et qui , les attachant comme parasites ù toutes les races mammifères , les rend la terreur du Léopard sous la Ligne, comme du Renne dans les régions polaires, comme du Kanguroo dans la Nouvelle-Hollande. Il n'y a pas de point habitable sur le globe où les Tabaniens n'exercent leurs hostilités. Les espèces exotiques, fort nombreuses, ont été recueillies avec plus de soin que la plupart des autres Diptères , en faveur de leur grande taille ; cependant, outre qu'une grande partie de la terre n'a pas encore été explorée , une cii'constance s'oppose à la connaissance complète des espèces; c'est que l'un des sexes est beaucoup plus rare que l'autre dans les collections. Les mâles , peu avides de nourriture et ne recherchant que le suc des fleurs , restent souvent cachés ; les femelles , au contraire , se mettent fort en évidence , et il en résulte que sur dix individus recueillis il ne se trouve guère qu'un mâle, et que, parmi les Tabaniens exotiques, dont peu d'individus de la même espèce ont été observés , les deux sexes ne sont connus que dans la même proportion.
Les Tabaniens exotiques se répartissent ainsi qu'il suit : kh- en Afrique , 20 en Asie , 17 à Java et dans les autres îles de l'Océan indien, 10 dans la Nouvelle-Hollande , 127 dans l'Amérique méridionale, et 53 dans la septentrionale.
L'on voit que les régions intertropicales conviennent aux Tabaniens plus que les autres, et que le nouveau continent est leur station favorite. Cependant , la plupart des genres se disséminent dans les différentes parties du monde, mais dans des proportions souvent très-inégales. Les Pangonies , par exemple , présentent 17 espèces en Afrique, 20 en Asie, 17 dans l'Océanie, en y comprenant Java, 10 dans la Nouvelle-Hollande, 29 dans l'Amérique du sud , et une seule dans celle du nord.
(96) D'autres genres sont propres à une seule région : les Diabases appartiennent exclusivement à l'Amérique méridionale; il en est de même des Dichélacères, à l'exception d'une seule espèce africaine.
Les Tabaniens exotiques présentent la plupart des modifications organiques de ceux de l'Europe (1), et, de plus, quelques autres parmi lesquelles nous en avons trouvé d'assez importantes pour en faire les caractères de nouveaux genres. Le corps se revêt d'écaillés brillantes dans les Lépisélages ; la trompe se raccourcit dans plusieurs Pangonies ; elle s'alonge dans quelques Taons, dans les genres Erodiorhynque et Ecténopside ; elle se relève dans les Rhinomyzes. Les antennes sont de la longueur de la tête et du thorax dans V Acanthocera Iongicornis ; la première division du dernier article se bifurque assez souvent dans les Taons , et ce caractère se joint à plusieurs autres dans les Dichélacères; elles offrent , dans la Dicrania cervus, les huit divisions du dernier article dentées en scie, conformation bien propre à démontrer, s'il en était encore besoin, que ces divisions dans les antennes des Tabaniens et des Notacanthes en général , ne sont pas des anneaux empreints dans le troisième article, ainsi qu'elles ont été considérées, mais qu'elles sont autant d'articles particuliers et que l'ensemble forme cette troisième et dernière partie de toutes les antennes des insectes , que Kirby, en la signalant, a nommée Clavola, et qui se modifie d'une manière si prodigieuse.
Les jambes antérieures se dilatent dans quelques espèces. Quant aux ailes, les nervures ne présentent guère que les modifications que nous trouvons dans les Tabaniens d'Europe.
Les mœurs des espèces exotiques ne nous ont offert aucune particularité qui leur soit propre.
(i) Le genre Hexatome est le seul qui ue comprenne pas d'espèces exotiques.
( 97) Cette famille contient un grand nombre d'espèces dont Wiedemann a fait connaître la plus grande partie. Le naturaliste voyageur qui a le plus recueilli ces Diptères et qui les a le mieux décrits et figurés, c'est Palissot de Beauvois, de Lille, qui, dans son bel ouvrage sur les insectes et les plantes de l'Amérique et des royaumes d'Oware et de Bénin, en Afrique, s'est fait un nom si recommandable dans les sciences naturelles. Parmi les espèces nouvelles que nous décrivons, nous devons celles du Cap à M. Delalande, de l'île de France à M. Desjardins, de Madagascar à M. Barmès, du Bengale à MM. Diard et Duvaucel, de l'Océanie à M. Durville , de l'Amérique méridionale à MM. Sylveira, Gay, Leschenault , Saint-Hilaire , Gaudichaud , Vautier ; des États- Unis à M. Bosc et à M. Bastard.