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Diptères exotiques nouveaux ou peu connus

Depuis que nous avons divisé le groupe des Diptères Télrachœtes en Tanystomes et en Brachystomes , la suite de nos observations sur les espèces exotiques nous a démontré que les caractères sur lesquels nous les avons fondées étaient plus ou moins entachés d'instabilité , par le grand nombre de modifications nouvelles que nous avons eu l'occasion de signaler. Le principal de ces caractères, celui d'où est tiré le nom des deux divisions , consiste dans les dimensions respectives de la trompe , ordinairement alongée , menue , coriacée , dans les Tanystomes ; courte , épaisse , membraneuse , dans les Brachystomes. Or , les dimensions , dans toutes les parties des êtres organisés , sont fort variables et peu propres à caractériser des groupes considérables. Dans chacune des tribus naturelles qui composent la famille des Tanystomes , la trompe est sujette à perdre les dimensions qui appartiennent au plus grand nombre , et à se confondre avec celle des Brachystomes , et vice versa. C'est ainsi que la longue trompe des Empides, des Vésiculeux, des Némestrinides, s'accourcit dans les Hilares , les Acrocères , les Hirmonèvres , et que la trompe épaisse et courte des Mydasiens , des Anthraciens , des Syrphies , des

( 284 ) Dolichopodes , s'alonge et s'atténue dans îes Céphalocères , les Mulions , les Rhingies , les Orlhochiles.

L'un des caractères qui distinguent encore les deux familles , consiste dans l'insertion du style des antennes , et , quoiqu'il se montre plus constant que le précédent , de nombreuses exceptions viennent également l'accuser d'instabilité. Cette insertion , ordinairement apicale dans les Tanystomes , est dorsale dans le genre Ocydromie , de la tribu des Hybolides , et dans le genre Athérix , de celle des Leplides ; ordinairement dorsale dans les Bracbystomes , elle est apicale dans les Céries , les Callicères , les Chymophiles , parmi les Syrphies et dans une partie des Dolichopodes.

La même impuissance de caractériser nettement ces deux familles se manifeste dans les nervures des ailes. Les deux cellules sous- marginales qui distinguent ordinairement les Tanystomes se réduisent à une dans une partie des Empides et des Vésiculeux , comme dans les Bracbystomes.

Cette variabilité des caractères distinctifs des deux groupes nous détermine à les supprimer , de sorte que nous divisons immédiatement en tribus la grande série des Télrachœtes, dont le caractère essentiel , tiré de la composition de la trompe et de l'insertion de ses palpes , est aussi constant que ceux qui reposent sur ses dimensions le sont peu. La seule exception qui se présente consiste dans l'oblitération des deux soies maxillaires qui sont rudimenlaires dans une petite partie de ces Diptères , tels que les Dolichopodes , quelques Empides et Vésiculeux,

La considération la plus importante que présentent les Tétracbœles , c'est la série qu'ils forment , c'est la progression organique qu'ils suivent et qui se manifeste d'une manière plus sensible et plus continue que dans les Entomocères , où nous avons vu les Tabaniens , suivis des Stratiomydes , sans autre transition que la faible tribu des Xylopbagiens.

Entre les Mydasiens et les Dolicliopodes , qui occupent les deux extrémités de la série des Tétrachœtes , tous les degrés relatifs de la grandeur à la politesse, de la force à la faiblesse , sont remplis sous le rapport des divers organes en particulier ; nous voyons , par exemple , la trompe des Asiliques assez robuste pour percer l'enveloppe la plus dure des autres insectes; celle des Bombyliers et des Syrphies ne peut que humer le suc des fleurs ; et pour remplir ces deux destinations , elle se modifie diversement, ainsi que nous l'avons dit plus haut , en conservant sa composition essentielle. Les antennes passent aussi progressivement de la forme qu'elles présentent dans les Mydasiens et qui les rapproche des Entomocèr es , à celle qu'elles affectent dans la plupart des Syrphies et des Dolichopodes , et qui se reproduit dans la généralité des Diptères inférieurs. Les nervures des ailes montrent encore plus cette progression , en descendant du plus haut degré de réliculation dans les Mydasiens et les Némestrinides, à une grande infériorité , dans les Dolichopodes , et dans une partie des Empides et des Vésiculeux.

Du reste, cette série, ainsi que toutes celles des êtres organisés , est complexe ; elle ne peut se présenter que d'une manière très-imparfaite sous la figure linéaire ; mais la filiation naturelle des diverses tribus qui la composent est convenablement figurée par un arbre généalogique, dont la base est occupée parallèlement par les Mydasiens et les Némestrinides , qui paraissent se rattacher aux Pangonies et aux Âcanthoraères, tiges principales des Tabaniens et des Notacanthes , parmi les Entomocères. Les Mydasiens se lient de près aux Asiliques , dont la longue suite conduit, par son extrémité, aux Hybotides; celles-ci sont suivies de près par les Empides , dont les dernières se rapprochent des Dolichopodes , qui terminent la série par cette branche.

De leur côté, les Némestrinides se lient aux Bombyliers,

dont le long rameau est pour celte branche ce que celui des Asiliques est pour la précédente , et qui s'arrête à la hauteur des Empides.

Un autre rameau qui paraît sortir de la base des Asiliques constitue la tribu des Xylotomes suivie des Leptides, à laquelle se rattache le beau groupe des Syrphies.

Cette appréciation des différents degrés de composition organique qui forment la série des Tétrachœtes , est faite d'après la considération simultanée des organes extérieurs dont les modifications ont le plus d'importance physiologique : les antennes , la trompe et les ailes considérées dans leurs nervures. Elle aurait offert un résultat un peu différent, si nous l'eussions faite d'après chacun de ces organes pris à part. Si nous n'avions égard qu'aux antennes , les Mydasiens domineraient toute la série , qui se terminerait par les Syrphies , dans lesquelles cet organe prend généralement la modification propre aux familles inférieures de Diptères. Si nous ne voyons que la trompe , les Némestrinides occupent le sommet , et les Dolichopodes , le degré le plus bas ; mais le plus et le moins de développement n'est que dans les dimensions des parties. Si nous ne considérons que les ailes , les Némestrinides et les Dolichopodes se trouvent également aux deux extrémités , mais en suivant une autre ligne.

La série des Tétrachœtes n'est pas seulement complexe sous le rapport des diverses branches dont elle se compose ; elle l'est encore en ce que toutes les tribus en forment de secondaires qui concourent à la formation de la principale , et dont plusieurs, celles des Asiliques, des Bombyliers, des Syrphies, ont une grande étendue , et présentent de nombreux degrés de l'échelle organique.

La filiation de ces insectes se manifeste particulièrement par les nombreuses modifications des organes , observées dans les Diptères exotiques. Ils contribuent à rendre la série plus continue et plus nuancée.

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