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SYRPHIDES, sYRPHiD^.
Les Sylphides forment un groupe isolé parmi les Diptères Tétrachœtes ; leurs affinités avec les autres sont nulles ou hypo" théliques. Tandis que nous voyons la plus part des tribus se lier les unes aux autres, les Notacanthes continuer en quelque sorte les Tabaniens, les Bombyliers remonter aux Némestrinides, les Asiiiques aux Mydasiens, les Leptides aux Xylotomes , les Empides aux Hybotides , les Syrphides ne se rattachent distinctement à aucun anneau de cette chaîne complexe ; mais , par l'ensemble de leurs caractères , elles se placent très-naturellement vers l'extrémité , et se rapprochent des Dichœtes particulièrement par la disposition des antennes dont le style est généralement inséré à la base du troisième article.
Quoique les Syrphides exotiques soient au nombre des Diptères qui ont été le plus recueillis en faveur de leur éclat métallique souvent rehaussé d'ornements jaunes ou fauves; quoique cette tribu vive sur les plantes, et que les végétations si diverses dans les différentes parties du globe semblent devoir nourrir des animaux également dissemblables entr'eux , le type de cette tribu ne présente pas de grandes modifications étran-
( 66 ) gères à l'Europe, mais la plupart de celles qui y ont été signalées se rencontrent aussi dans les Syrphides exotiques. Le plus grand nombre des genres formés pour les espèces européennes en renferment (1) qui appartiennent aux autres parties du globe. II n'y a même assez souvent que de légères différences entre les unes et les autres.
Peut-être doit-on cbercber la cause de ce fait dans la considération suivante :
Comme les Syrpbides se nourrissent généralement du suc des fleurs , et que nous voyons celles de l'Europe butiner assez indifféremment sur toutes, nous pouvons en conclure que ce suc varie peu de nature, quelle que soit la diversité des plantes qui le sécrètent, et que les végétations si différentes entr'elles de l'Europe, du Brésil, du Cap, de la Nouvelle-Hollande, n'entraînent pas pour les Syrpbides la nécessité de modifications organiques appropriées à chaque végétal , comme nous le voyons dans tous les insectes qui vivent exclusivement sur un seul.
Ce que nous venons de dire de ces Diptères considérés dans l'état adulte peut s'appliquer également à l'état de larves. Quoique , dans cet état, elles aient généralement peu de rapports avec les plantes , et qu'elles forment plusieurs groupes de mœurs beaucoup plus différentes que dans l'état ailé, elles ont dans chaque groupe des besoins propres à un grand nombre d'espèces; les unes se développent dans le fumier (2); d'autres dans les détritus du bois (3) ; d'autres dans les eaux chargées de substances végétales ou animales en décomposition
(i) Les genres exclusivement européens sont les genres Callicère, Psare, Criorhine, Mallote, Didée, Bracliy palpe, Brachyope , Pélécocère, Dores, Orthonivre , Psilote et Sphégine.
(2) Les Rhingies , les S y rit tes.
(3) Les Milésies , les Criorhines , les Xylotes.
( 67 ) (1) ; il y en a dont les mères ont placé le berceau dans les bulbes des Liliacées (2) , ou au milieu des hordes des pucerons dont ils paraissent destinés à restreindre la multiplication (3) . Enfin plusieurs éclosent dans les nids des Bourdons ou dans les Guêpiers, et y font de grands ravages parmi les larves de ces Hyménoptères; mais ces instincts des larves, quoique restreints à chaque groupe , ne paraissent avoir rien de spécial. Cependant il a été formé plusieurs coupes génériques pour des Syrphides exotiques ; mais elles sont rarement caractérisées par des modifications fort importantes, et elles ne comptent qu'un petit nombre d'espèces (4) , tandis que plusieurs genres qui n'en renfermaient primitivement que d'européennes, tels que les Voluceîles , les Eristales , les Syrphes , en comprennent beaucoup d'exotiques. (5)
La plupart des organes présentent des modifications ou des combinaisons propres à des Syrphides exotiques , et qui ont motivé la formation de ces coupes génériques. Les antennes au style apical se trouvent chez les Chymophiles de l'Amérique septentrionale , comme chez les Céries et les Callicères de l'Europe, mais jointes à une trompe longue et menue et aux principaux caractères des Aphrites. Les Cératophyes, les Mixogastres, les Sphécomyies et les Mixtémyies , voisins des Chrysotoxes et des Psares par la longueur du premier article des antennes, en diffèrent, soit par la ténuité ou la brièveté du
(i) Les Eristales et les Hélophiles.
(3) Les Mérodons.
(3) Les Voluceîles
(4) Les genres exclusivement exotiques sont les genres Chymoplule , Cératophye , Mixogastre , Sphécomj'ie . Mixtémjie , Temnocère, Plagiocère, Mégaspide , Priomère , Dolichogyne, ïmatisme , Sénogastre, Conorhine , Graptomyze et Ocyptame.
(5) Il y a aussi un assez grand nombre d'espèces européennes qui se retrouvent dans d'autres parties de la terre. Voici celles qui ont été recueillies eu Algérie : Ceria cespiformis; Chrysoloxum arcuatum; Erlstalis œneus , Arhusioriim, Floreus ; Sjrphiis pyrastri , Corollœ ., Luniger -^ Cheilosia mutabilis.
( 68 ) troisième, soit par l'abdomen pétiole, ou par les cuisses postérieures armées d'un ergot. Les antennes caractérisent encore les Temnocères qui se distinguent des Volucelles par la longueur du troisième article , les Plagiocères dans lesquels il est plus large que long, les Platynochœtes dont le style des antennes est terminé en palette.
La face montre une diversité beaucoup plus grande que celle des Syrphides d'Europe , dans sa longueur et dans la proéminence dont elle est souvent pourvue. Les Volucelles et les Eristales en offrent surtout des modifications remarquables. L'épistome s'élève ou s'abaisse, ou s'étend; il se prolonge en une sorte de mufle dans les Conorhines et les Graptomyzes , à peu près comme nous le voyons dans les Rbingies , et alors la trompe s'alonge et s'effile dan s la même proportion.
Le thorax présente une modification étrangère aux. Syrphides européennes dans la grandeur de l'écusson chez les Mégaspides; l'abdomen , dans l'étranglement de celui des Sénogastres ; l'armure copulatrice s'alonge remarquablement dans les Dolichogynes.
Les pieds n'offrent rien de particulier. Les ailes se modifient souvent , mais légèrement dans leurs nervures , et elles offrent les moyens de distinguer les genres , les subdivisions génériques et même quelquefois les espèces. Les Aphrites , les Volucelles , les Eristales , les Syrphes , en fournissent de nombreux exemples. Les caractères les plus utiles que les nervures présentent à cet égard sont : la cellule marginale ouverte ou fermée; la sous-marginale diversement dilatée et pédiforme dans une partie des Syrphides les plus grandes ; la basilaire externe qui s'étend plus ou moins le long de la cellule discoïdale; surtout la première postérieure dont les contours sont trèsdiversifiés et souvent appendiculés.
Les Syrphides exotiques recueillies jusqu'ici s'élèvent au nombre de trois cents espèces environ , un peu moins que celles
.( 69) de l'Euiope , et l'on peut s'étonner de cette infériorité numérique en la comparant à la grande supériorité que présentent sous ce rapport les principales tribus précédentes. Cependant on ne peut attribuer cette différence à la négligence que mettent les voyageurs à les recueillir. Leur grandeur relative, l'éclat de leurs couleurs et leur station habituelle sur les fleurs, attirent les regards, et elles ont dû être recherchées au moins autant que les Bombyliers , les Asiliques , les Tabaniens. On ne peut pas davantage en chercher la cause dans le climat et l'attribuer au besoin d'une température semblable à celle de l'Europe , qui les rendrait étrangers ou rares dans les pays chauds; car plus du tiers d'entr'elles appartient à l'Amérique méridionale , et particulièrement au Brésil , tandis que la partie septentrionale en comprend à peine un sixième. Le reste se répartit à peu près également entre l'Afrique et l'Asie. L'Océanie en compte à peine trois de connues.
Nous croyons que l'on peut attribuer cette infériorité numérique des Syrphides exotiques à la même cause par laquelle nous avons cherché à expliquer leur peu de modifications organiques. N'étant exclusivement attachées à aucune plante , mais puisant leurs sucs nourriciers sur toutes , les différences spécifiques ne doivent pas être relativement plus nombreuses que les génériques.
Les espèces appartenant à chaque genre se répartissent souvent dans les différentes parties du globe. Seulement les Graptomyzes appartiennent exclusivement à l'île de Batavia, les Cératophies à l'Amérique. Les Aphrites , les Volucelles, les Xylotes exotiques , à peu d'exceptions près , sont aussi du nouveau continent.
Aucune observation n'a été faite sur leurs mœurs.
l.erG. CÉRIE, Ceria, Fab.
Aux deux espèces exotiques décrites par Wiedemann , et
dont l'uuc , distincte par l'abdomen pétiole , est de Java, et l'autre du Cap, nous en joignons une nouvelle, découverte à Alger. On trouve également dans cette colonie les C. conopsoldes et vespiformis de l'Europe.