G. SYRPHE, SYRPHCS,Fa
Les Sjrphes exotiques connus sont un peu plus nombreux que ceux de l'Europe (1) ; ils se répartissent, pour la plupart, dans les mêmes groupes, distingués entre eux par la forme du corps, par de légères différences dans les organes et par quelques particularités dans les couleurs. Ainsi , en commençant par les Syrphes dont le corps est large , la modification assez remarquable , par la forme du front, que présente notre S. pyrastri , se retrouve dans le S. albomaculatus , Nob., du Mont Sinaï, et dans le S. lunatus, Wied. , de la Chine. Le type beaucoup plus commun que nous offrent en Europe les S. ribesii, corollœ et plusieurs autres, à l'abdomen ovale , aux bandes jaunes ; dans les 5. emericanus , WieA. , philadelphicus, Lesueurii, Nob., de l'Amérique, et autres; le S. balteatus , dont l'abdomen est alongé et orné de bandes alternativement larges et étroites; dans les S. anchoratus, Nob., de l'Amérique, et nectarinus,Viied,, de la Chine; les S. nobilis et glaucus , aux bandes ardoisées; dans le 5. serarius^ Wied., de la Chine; le S. hyalinatus , qui,
(0 Ce nombre est d'environ soixante-cinq. Meigen décrit quatre-vingt-seize espèces d'Europe, mais en y comprenant celles, au nombre de quarante-quatre, que nous avons détachées pour en former les genres Chéïlosie, Doros et Sphœrophorie.
seul en Europe, a, à la fois, le corps large et l'écusson vert comme le thorax ^ dans le S. biicephalus , Wied., du Brésil.
Parmi les Syrphes dont le corps est étroit , les espèces européennes, dont l'écusson est jaune (1), telles que les S. decorus , umbellatorum , sont représentées par les S. nasutus , Nob., de rile-de-France , tibicen, musicus , Fab., de Terre-Neuve, et quelques autres; ceux dont l'écusson est de la même couleur que le thorax , comme les S, scalaris, mellinus , le sont par les S. quadratus , Wied., de la Pensylvanie , annulipes, Nob., de l'île Bourbon, et autres.
Outre ces analogies qui réunissent les Syrphes exotiques aux groupes que forment les espèces européennes, nous devons signaler aussi des ressemblances plus grandes encore , par lesquelles des espèces exotiques représentent particulièrement des européennes , dont elles ne diffèrent que par des caractères de peu de valeur. C'est ainsi que les S. lunatus , confraler, nectarinus , de la Chine, reproduisent à peu près nos S. pi/rastri, ribesiî, baîteatus. Enfin , il y a quelques espèces qui se retrouvent identiques dans plusieurs parties très-différentes du globe: le S. ribesii se rencontre à l'Ile de France , le S. corollœ à l'île de Bourbon et à la Chine , le S. scalaris à l'Ile de France et au Brésil , le S. pyrastri au Chili (2).
Nous n'avons pas encore observé d'espèces exotiques appartenant au groupe caractérisé par la dilatation des tarses antérieurs, comme les S. albimanus , peltatus ; mais, d'un autre côté, nous avons signalé parmi elles plusieurs modifications étrangères aux espèces d'Europe. La face avance en saillie épaisse et comme tronquée à l'extrémité dans les S. duplicatus ,
(i) Nous ne comprenons pas parmi ces espèces celles dont est formé le genre Sphserophorie , telles que S' menthastri, scriptus , etc.
(2) MM. Webb etBerthelot ont aussi troavé , aux îles Canaries, les S. pyrastri, luniger, corollœ, decorus^ scalaris. Ces espèces se rencontrent aussi à Alger.
( 144 ) Wied., de Montevideo, calceolatus, Nob., du, Chili; elle est tantôt courte, L. conjunctus, "Wied. [1) ; tantôt elle atteint le bas des yeux (2) , ou elle s'alonge en descendant (3). La proéminence, très-épaisse dans les uns (4) , est presque nulle dans d'autres (5). Les antennes sont insérées sur une saillie plus ou moins prononcée du front; le troisième article est rond dans les uns, ovalaire dans les autres. Les yeux se couvrent de duvet dans le S. albomaculatus , Nob. L'abdomen s'épaissit en massue dans le S. flavipennis, Wied. Les pieds ne présentent guère d'autre modification que Talongeraent du premier article des tarses antérieurs dans le S. albomaculatus. Enfin les ailes se diversifient légèrement dans la disposition de leurs nervures. La sous-marginale entre quelquefois dans la première cellule postérieure , mais toujours moins que chez les Eristales, lesHélophiles et autres (6). La cellule basilaire externe s'étend jusqu'à la moitié de la longueur de la discoïdale dans le S. immaculatus ; elle n'atteint, dans quelques autres, que le tiers (7), et le plus souvent le quart (8) ou le cinquième (9). La nervure terminale de la première postérieure est plus ou moins tortueuse ; celle de la discoïdale Test un peu quelquefois (10): elle est plus ou moins
(i) S. musicus , anckoratas , tïbicen , pictus , etc. (s) S. philadelphiciis , Lesueurii , etc.
(3) S. fenestratus , etc.
(4) S. nasutus , annulipes , Gaji , etc.
(5) S. grandicornis.
(G) S. salwicB , calceolatus, aiichoratus , securiferus , flacomaculatas , tihicen , etc.
(^) S. albomaculatus , tibicen, etc.
(8) S. philadelphicus , fuscotibialis ^ longipennis , auropulferatus , Gaji , nasutus , musicus, etc.
(g) S. geniculatus , pictus, annulipes , fene stratus , etc.
(lo') S. immaculatus^ longicornis , albomaculatus , jjiusîcus , calceolatus , duplicatus , etc.
( 145 ) droite dans quelques-uns (1). Les première ei deuxième nervures postérieures sont souvent prolongées un peu au-delà de la première cellule postérieure et de la discoïdale. La base de cette dernière et celle de la sous-marginale sont ordinairement à la même distance de celle de l'aile ; mais la discoïdale prend quelquefois naissance plus en avant (2). Enfin la nervure anale décrit généralement une courbe inclinée dans les espèces dont le corps est large ; elle est à peu près droite dans celles qui sont étroites.
Les Syrpbes exotiques se répartissent sur le globe de la manière suivante: L'Afrique, l'Asie et l'Amérique septentrionale comptent cbacune à peu près le cinquième de la totalité , c'està-dire treize à quatorze , et l'Amérique méridionale les deux autres. Une seule espèce jusqu'ici a été rapportée de l'Océanie. En comparant , sous ce rapport , les deux parties de l'Amérique avec l'Europe et l'Afrique , qui leur sont analogues , nous trouvons une distribution très-différente quant aux climats. L'Amérique méridionale possède le double des Syrphes de la partie septentrionale , tandis que l'Afrique , qui est la partie méridionale de l'ancien monde, en compte cinq fois moins que l'Europe. Si ces différentes parties de la terre avaient été également explorées , ce résultat aurait lieu de nous étonner ; mais l'Europe l'ayant été beaucoup plus que les autres , nous ne pouvons en tirer aucune conclusion ; mais nous pouvons admettre que les Syrphes des deux parties de l'Amérique sont à peu près également connus , et en voyant la partie méridionale compter les deux tiers des espèces du nouveau monde , nous pouvons croire qu'elle leur convient davantage. Cette préférence pour les climats méridionaux , qui paraît constatée
(i) 6". genicalatus , annuïipes, auropult'eratus , salfiœ , etc. (s) S. geniculaiiis , fenestratus ^ fuscotihialis , sccuriferus , calceolatus , nalficB , anchoratus , fibicen , etc.
en Amérique , doit exister aussi dans l'ancien continent , et quoique, dans l'état actuel de nos connaissances, l'Afrique possède cinq fois moins d'espèces que l'Europe , elle devrait , dans la môme proportion qu'en Amérique , en compter le double. Cependant, comme les Syrphes vivent sur les végétaux, en humant le suc des fleurs dans l'état ailé , en dévorant les pucerons des plantes dans l'état de larve, et comme l'Afrique est généralement très-inférieure en végétation à l'Amérique méridionale , et même à l'Europe, nous pouvons croire que ces Diptères sont réellement moins nombreux que dans ces deux parties de la terre , ainsi que l'indique le nombre des espèces actuellement connues. Une autre raison de rapporter le nombre des Syrphes à la végétation plutôt qu'au climat , c'est qu'en Europe nous ne voyons pas que les espèces soient plus nombreuses au midi qu'au nord. La Suède ( soigneusement explorée , il est vrai , par Fallen ) , en possède au moins autant que la France méridionale , et c'est à l'abondance des végétaux qu'il faut l'attribuer.
Nous n'avons obtenu aucune information concernant la manière de vivre des Syrphes. Le nom seul du S. Salviœ , de Java et de Sierra-Leone , où il a été découvert par Pflug, pourrait indiquer qu'il se trouve particulièrement sur la fleur des sauges; mais la même espèce avait été nommée aussi S. ericetorum , probablement parce qu'elle a été trouvée sur des bruyères. Au reste , en voyant les Syrphes exotiques différer peu des espèces européennes sous le rapport organique, nous pouvons croire qu'il y a également peu de différence entre leurs habitudes.