Lepidium campestre Var B cinereum
Examinons ces trois citations :
1.0 Le Thlaspi heterophyllum DC. Lois, est cité avec raison^ et j'indique en effet moi-même en synonyme le Lepidium heterophyllumlienVh. M. Schullz s'étonne que j'aie mis la plante dans le genre Thlaspi , tout en reconnaissant que la silicule n'a qu'une graine dans chaque loge , mais il aurait dû compléter sa citation eu ajoutant qu'immédiatement après le mot loge j'avais mis la demande : « [par avorlementi) », qui aurait du le faire revenir un peu de son étonnement. MM. Loiseleur et Decandolle ont également mis la plante dans le genre Thlaspi. Toutefois n'ayant trouvé que deux ovules dans plusieurs ovaires examinés depuis avec soin , j'avais corrigé l'exemplaire de ma Flore à mon usage, en reportant celle espèce dans le genre Lepidium.
2.0 Mon Lepidium hirtum (Thlaspi L.) a les silicules hérissées de longs poils blancs, comme les échantillons du Dauphiné conservés dans l'herbier de Villars. On trouve aussi à la Roche des Arnauds le vrai Lepidium heterophyllum à silicules très-glabres et que M. Serres a désigné sous le nom de Lepidium pratense. Mais la description de Villars et la mienne ne peuvent laisser aucun doute , puisque les silicules sont dite? hérissées [pilosis)',
{ 157) M, Schullz me pcrmeltia donc de tenir pour bon mon Lepidium hirtum, dont je montrerai les échantillons, soit à lui-même , soit à toute personne venant de sa part.
3.0 Ma Var B cincreum du Lepidium campcstre , cueillie à la montagne de Saint-Eynard, près Grenoble, a 12 tiges simples , ascendantes ou presque dressées, naissant d'une même racine, et cou vertes, «ainsi que les feuilles, de petits poils cendrés; les silicules sont ponctuées- glanduleuses ou tuberculeuses , et (non-mûres) ont un style d'environ | de millimèîre; or, le Lepidium heterophyllum, auquel ma planle ressemblerait assez d'ailleurs pour le port, a les silicules trèsglabres, terminées par un style de i — il millimètre.
M. Schultz me permettra donc également de conserver ma plante en Var. au Lepidium campestre. En outre, je l'engage, dans son propre intérêt , à ne plus citer mes plantes aussi légèrement, pour éviter de tomber à l'avenir dans de pareilles erreurs; j'ai déjà relevé plusieurs de ses citations inexactes par lettre insérée dans le journal strasbourgeois l'Alsace, N.» du 1.^«' septembre 1840, dont il fera bien de prendre connaissance.
J'ai maintenant à rectifier , relativement au Lepidium heterophyllum , un double emploi qui a échappé à la sagacité de M. Schullz, et que M. Lloyd m'a fait faire à une époque où , privé de mon herbier, je n'avais aucun objet de comparaison. La plante de la Loire-Inférieure, décrite page 154 de mon Supplément final , sous le nom de Lepidium Smithii Hook , n'est autre chose que \& Lepidium heterophyllum Benth. , auquel on doit la réunir en synonyme.
Voici maintenant comment je distingue cette espèce et ses
voisines. ,i:! '>■:',,:,: i^J> ii /.-: jc - .1 ,'•
Lepidium campestre. — Silicules ovales , arrondies-échancrées, tuberculeuses , à style très-court , peu ou point saillant. — Tiges simples ou rameuses.
Lepidium heterophyllum, — Silicules ovaleS'oblongues , Iron-
quées, glabres, ù style Ircî-sailiant, (igalant | de ia , y silicule. — Tiges simples ou rameuses.
Lepidium hirtum. — Silicules ellipliques-oblongues , profondément échancrées, très-velues, à style très-saillant, égalant la moitié de la silicule. — Tiges simples. Lepidium humifusum [Thlaspi Corsicum Soleirol). — Pétales à lame arrondie , à onglet filiforme ; silicules ovales , jeunes pubescentes, à la fin chauves, à style égalant leur longueur. — Tiges nombreuses, diffuses.
Observation. Je profite de l'insertion de celte note dans les savans mémoires de la société royale de Lille pour détruire le nom à'Àlyssum tomentosum fondé sur une erreur ; il faut donc supprimer tout l'article inséré sous ce nom dans ma Flore française , tome 1 , p 89.
NOTE SUR LE VIOLA LACTE A Smith.,
Par le même.
siANCE DU 17 MARS l843.
La plante que j'ai décrite dans ma Flore française , sous le nom de Viola pumila Villars et Var B. elatior , tome 1 , p. 452. et que j'ai figurée sous les mômes noms dans la première table supplémentaire, F. 1 et 2, n'est autre chose qu'une variété du Viola lactea, Smith. (F. Stagnina Kit., Koch. syn.)
M. Schultz est l'unique cause de la grave erreur que j'ai commise ici , comme il résulte des dernières additions au tome 1 de ma Flore , où il est dit , p. 511 : et M. SchuUz m'a indiqué une
D belle localité dans une prairie humide, située à côté de » Mauerhoff....» J'ai en effet récolté plus de deux cenis échantillons de la plante en question , dans la localité citée, où M. Schullz me conduisit lui-même , et où il me garantit que c'était le vrai Viola pratensis Koch. Entraîné par son assertion, ne possédant pas d'ailleurs le Viola pratensis, j'ai figuré la plante de Mauerhoff, dans ma première table supplémentaire , sous le nom erroné de Viola pumila et Var. elatior. (F. pratensis , Koch). M. Schultz, trouvant plus tard que cette plante diffère du Viola pratensis , la nomma Viola Billotii, et la publia ainsi dans la Bol. Zeit. (février 1840.) Il reproduisit ensuite ce travail dans le texte de sa 3.*^ centurie (plantes sècbes), où mes deux figures sont citées avec raison à son Viola Billotii; mais il aurait dû ajouter, en toute loyauté, qu'il avait lui-même causé mon erreur. Je l'avais, au reste, reconnue moi-même depuis long-temps, et j'attendais l'occasion de recliOer cet article.
Maintenant j après avoir examiné de nouveau un grand nombre d'échantillons , je pense que le Viola Billotii Schultz n'est autre chose que le Viola lactea, Smith, et Rehb. fig. 4507 [Viola stagnina Kit. Koch syn.), ou plutôt une variété à stipules intermédiaires, plus développées qu'à l'ordinaire par l'humidité de la station. Je possède un bon nombre d'échantillons dont les stipules sont comme dans les trois belles figures N.® 4507 de M. Reichenbach , qui expriment parfaitement le port et les détails de la plante. Dans le plus grand nombre de mes échantillons , les stipules intermédiaires sont seulement un peu plus courtes que le pétiole, ou même l'égalent en longueur. Mais ce caractère, qui, dans tous les cas, ne suffirait pas pour établir une espèce , est ici trop variable pour avoir quelque valeur. M. Schultz dit les feuilles pubescentes, ce qui est seulement vrai lors de leur développement; dès que la plante est en fleur, les feuilles et les stipules sont glabres, excepté sur les nervures postérieures restant hérissées de très-petits poils.
( 160 ) . Celle planle, que je regarde donc comme une variété à grandes stipules du Viola laclea Smith. , diffère* beaucoup plus du Viola etatior Fries, espèce bien plus raide, toute pubcscente dans le haut , garnie de feuilles plus étroites, et de plus en plus longues , à mesure qu'elles s'approchent du sommet de la plante.
Quant au Viola pratensis Koch. , je persiste à croire que ce n'est autre chose que le Viola pumila Vill., dont la Ogurc cadre parfaitement avec celle de M. Reichenbach (Fig. 4507, B.), avec les descriptions et avec des échantillons authentiques du V. pratensis. Cette espèce diffère de toutes les voisines par ses feuilles très-glabres , toutes ovales en coin , prolongées sur le pétiole , et non en cœur à la base. Elle croît très-près du polygone de Strasbourg.
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( 161 j EXPLICATION DES FIGURES»
Fig, 1. Epidendrum flavom Mul.
a. Fleur vue de face, grandeur naturelle, i. Fleur vue de profil, e. Colonne et labelle vus de face, grandeur doubled. Colonne et labelle vus de profil.
Fig. 2. EPiDENDRUM CALOCHEILUM Hook.
a. Fleur vue de face^ grandeur naturelle, b. Fleur vue de profil avec le pédoncule, c. Colonne et labelle vus en-dessus , grandeur double, d. Colonne vue de face. e. Colonne vue de profil, f. Deux masses de pallen très-grossies , vues de profil, avec leurs caudicules soudées, g. Masses de pollen écartées de leurs caudicules.
Fig. 3. Barkeria elegans Lindl.
a. Fleur vue en-dessus, grandeur naturelle, b. Fleur vue de profil, c. Colonne vue de face , grandeur double, d. Anthère vue en-dessous, grandeur quadruple, e. Deux masses de pollen vues de profil, avec leurs caudicules soudées. /".Deux masses de pollen vues de face. g. Masses de pollen Irès-grossies, écartées de leurs caudicules.
DIPTEEES EXOTIQUES
NOUVEAUX OU PEU CONNUS, Par M. J. Macquabt , Membre résidant.
• ■!. , i:\'-}\i :'■ ■}'■•■ â." Subdivision.
DICHŒTES , DicHOETA , Nob.
Si- Suçoir de deux soies. Palpes insérés sur la base de la trompe. Antennes ordinairement patelliformes , à style dorsal. Ailes ordinairement à une seule cellule sous-marginale, trois postérieures, anale ordinairement courte.
Les Dichœtes forment le dernier embranchement de cet ordre , et une série organique plus graduée et bien plus vaste encore que la précédente. Voisine, par son sommet, des dernières tribus des ïétracbœtes, elle descend par une dégradation presque insensible jusqu'à des familles où le type des Diptères s'affaiblit, s'oblitère et se confond à-peu-près avec celui des insectes Aptères.
Les espèces qui composent cette division étant généralement plus petites que les précédentes, ont été moins recueillies par les voyageurs. lî en résulte que le nombre des exotiques connues est relativement moindre que celui des européennes, et infiniment inférieur sans doute à celui des espèces existantes.
Les modifications organiques que présentent les Dichœtes
( 163 ) exotiques sont nombreuses ; cependant la plupart ne constituent que des espèces de genres connus en Europe. Un assez grand nombre d'autres présentent des caractères qui nécessitent l'établissement de genres. Une seule a paru assez importante pour former le type d'une tribu : c'est celle qu'offrent les Diopsidées , si remarquables par la dilatation du front en deux cornes latérales, à l'extrémité desquelles les yeux et les antennes sont situées. Parmi les genres, les plus singuliers sont les Célyphes, dont l'écusson recouvre tout l'abdomen ; les Longioes, aux antennes gigantesques; les Strèbîes , aux nervures alaires anomales.
'.\..-'''.--<î; Tribus. > Nir;');;/
Antennes sans style. Deux cellules sous-marginales i. SCËNOPINIENS.
/ Style des antennes apical 2. CONOPSAIRES.
l / Trompe longue , menue ,
Antennes 1 ( souvent bicoudée. Cellule
munies d'un] l anale longue 3. MYOPAIRES.
style; une seu- < 1 / Cavité Luc-
ie cellule sous- j ! 1 cale ordinaire- -^. - ■,;- :, ,1, ,,
marginale. I Style des/ Trompeor-S ment fermée. ' '■'• r'
f antennes dor- |d[n.t courte , iTrompe nulle .';:.;;,•,;- \ sal. lépaisse, quel-y ou rudimen-
Iquefois nulle. \ taire 4- OESTRIDES.
j Cellule anale i Cavité bue- \ courte. s cale ouverte.
I Trompe disl lintte 5 MUSCIDE^.
fi.'-'^ Trîhai,
SGÉNOPINIENS, ScENOPiNii, iWi'/;/
G. SCÉNOPINE , ScENOPiNus , Lai.
Trompe non saillante. Antennes insérées vers le bas de la tê(e ; 3.« article subulé , sans style. Un petit tubercule de cbaquc côté du prothorax. Cuillerons petits. Ailes ù deux ccHulos sousmarginales; anale alongée.
i l«4 ) Nous avons dit, dans ies suites à Buffon : « Le genre Scénopine » présente dans son organisation un contraste fort singulier : à » ne considérer que la trompe bisétale , les palpes insérés sur la » base de la trompe , la petitesse des euillerons , la faiblesse du » vol, el tout l'habilus,\\ ue peut trouver sa place que parmi les » Diptères très-inférieurs. Si l'on examine les nervures des ailes » formant deux celiules sous-marginales el une anale alongée , » et les antennes sans style , il senîble s'élever dans la série à la » hauteur de quelques Anlhraciens ou Bombyiiers , tels que les » Usies , les Gérons , dans lesquels ces organes ont à-peu-près » la même disposition. » Depuis lors, M. L. Dufour, dans son grand travail sur l'anatomie des Diptères , qui montre la concordance la plus remarquable entre !^ progression des organes extérieurs et intérieurs, a observé que l'organisation intérieure des Scénopines est d'un ordre beaucoisp plus élevé que celle des Diptères Dichœtes , et qu'elle se rapproche de celle des Bombyliers, ainsi que les antennes et les nervures des ailes l'indiquent dans l'organisation extérieure. Cette observation fait voir l'importance de ces derniers organes dans la classiflcalion , et malgré l'infériorité relative des parties de la bouche, nous pensons que dorénavant les Scénopines devront être placées à l'extrémité de la tribu des Bombyliers , de même que nous avons vu lesNotacanthes, dont la bouche est également bisétale, se ranger très-naturellement à la suite des Tabaniens , si supérieurs sous ce rapport.
Une seule Scénopine exotique , S. pallipes , Say., Wied., était connue jusqu'à ce jour. Elle est de la Pensylvanie Nous en décrivons une nouvelle.
SCENOPINUS SCUTELLATUS, Nob.
Niger. Pedibus rufis^ Halteribus albis. Sctitello flavido. Çîab. i ,
fig. 1.)
Long. 2 ' /'jj 1. $. Cette espèce ne diffère du 5. fenestralis ^ Meig., que par récusson d'un jaune pâle. De l'Afrique. Muséum.
• 3.» 'ffrâhiE.
CONOPSÀIRES, CoNOPSABi^, Lut.
G. CONOPS, CoNOPS, Linn. .,.., ,. , , , , ! : '
Corps étroit. Tèle grande. Trompe longue , menue, coudée à la base , dirigée en avanl. Lèvres terminales petites , menues. Front large c^ ^. Abdomen recourbé en-dessous, à base ordinairement étroite. Cuillerons petits. Ailes couchées ; première cellule postérieure fermée ; anale fermée et alongée.
Dans cette tribu , placée sur les confins des deux grandes divisions des Diptères, et qui , ne présentant aucune modification importante ne comprend qu'un seul genre, les espèces exotiques, dont le nombre connu égale celui des européennes , se diversifient un peu plus que ces dernières. Les antennes varient dans les dimensions respectives de leurs articles, la face et le front dans celles de leurs saillies. La trompe est quelquefois peu alongée ; l'abdomen prend dans les femelles la forme de massue à pédicule plus ou moins alongé; dans les mâles, l'espèce de valve qui sert d'auxiliaire A l'organe copulateur prend des dimensions assez variées. Enfin les ailes se modifient dans leurs nervures et particulièrement dans celles qui terminent la première cellule postérieure et la discoïdale. Il est assez remarquable que celle dernière nervure est oblique dans le plus grand nombre des espèces exotiques , tandis qu'elle est perpendiculaire à sa base dans toutes les européennes que nous connaissons.
Les vingt Conops exotiques connus se répartisscot ainsi . L'Afrique en compte trois, l'Asie quatre , l'Amérique septentrionale cinq , et la méridionale sept.