‹ Diptères exotiques nouveaux ou peu connusChapitre 426 sur 786 · MIÎLAÎNOMIORF · texte numérisé non relu

MIÎLAÎNOMIORF

Biépharipèzes ont les jambes postérieures ciliées; les Belvoisics se font remarquer par la largeur du corps; les Uramyies par le long oviducte des femelles; les Trichoprosopes par les villosités de la face.

Les espèces exotiques décrites par Wiederaann présentent souvent une difîicuîté de classification que nous n'avons pas toujours pu résoudre: Ce savant naturaliste, à l'exemple de Meigen pour les espèces européennes (1) , a formé un seul genre de la presque totalité de cette tribu , qui restait ainsi dans un état scientifique fort arriéré, et qui exigeait impérieusement la fondation de genres nombreux , motivée sur l'importance des modifications organiques. Les descriptions spécifiques de Wiedemann ne font pas toujours mention de celles de ces modifications devenues caractères génériques, de sorte qu'à défaut souvent d'avoir sous les yeux des individus appartenant à ces espèces, et de pouvoir reconnaître les caractères omis, nous n'avons pu déterminer qu'avec doute aux quels de nos genres appartenaient la plupart des espèces décrites par cet auteur. Plusieurs d'entr'elles doivent sans doute être considérées comme types de genres à établir ; mais les descriptions ne sont pas assez complètes pour en déduire les caractères : Telles sont les T. Beelzebut et Dtabolus, dont ]e corps, très-grèle, est noir ainsi que les ailes; les T. fsis et spinipennis , au corps filiforme, aux longues antennes; la T. marginella, si remarquable par les tarses antér;eurs dilatés, d'un noir velouté et munis do pelolles blanches.

Sous le rapport des habitudes et de l'instinct si singulier des Tacbinaires, dont les larves vivent dans le corps des chenilles

(i) Meigen, dans le 7.' volume de sou ouvrage, qui en l'ail le supplémeiil , a .^doplé la plupart des genres que nous avons adoptés dans les suites à BufFon

( 188 ) comme celles des iclineumons, une seule observation a été faile sur une espèce exotique, et elle l'a été à Paris. M. Bois- Duval, le savant Lépidoplériste , avait reçu d'Amérique des chrysalides vivantes d'un beau papillon, le Cerocampa regalis. Au lieu du papillon, il sortit de l'une des chrysalides plusieurs individus d'une espèce de Tachinaires, qui était déjà connue comme Américaine; faible commencement d'observations à faire, si nous considérons la multitude des espèces exotiques de Lépidoptères, qui ont peut-être chacune une Tacbinaire pour parasite, ainsi que des observations nombreuses faites sur des espèces européennes donnent lieu de le soupçonner.

Les Tachinaires exotiques que nous connaissons sont répandues sur le globe de la manière suivante : Sur les 200 espèces décrites, l'Amérique méridionale enpossède environ une moitié, et l'autre se répartit à-peu-près également entre l'Amérique septentrionale, l'Asie et l'Afrique. L'Australasie en compte à peine 4- jusqu'à ce jour. En comparant le nombre des espèces exotiques dans chaque partie de la terre avec celui des européennes, on voit combien les parties septentrionales de l'Asie et de l'Amérique ont été peu explorées sous le rapport de ces insectes, puisqu'elles ne présentent chacune que 40 espèces environ , tandis que, sous la même latitude, l'Europe en compte 500. On voit aussi , par le grand nombre relatif des espèces découvertes dans l'Amérique méridionale , que les Tachinaires n'ont pas leur station principale dans la zone septentrionale du globe, comme on serait porté aie croire d'après leur multitude en Europe. Nous ne pouvons guère douter que ces insectes , parasites des Lépidoptères, ne soient répandus , dans la même proportion que ces derniers, dans toutes les parties de la terre couvertes de végétaux.

Une grande partie des genres de Tachinaires que nous avons formés pour des espèces européennes, en contiennent aussi d'exotiques; quelques autres paraissent entièrement étrangers

à l'Europe. Tels sont les Dejeanies, à la trompe et aux palpes alongés; les Jurinies, au troisième article des antennes convexe, et plusieurs autres dont les caractères sont également remarquables.

l.er G. DFJEANIE, Dejeania , Rob. D. Echinomyia , Macq. S. à B.; Tachina, Wied.

Corps large, épais, velu et épineux. Tête assez petile. Face nue; épistorae fort saillant. Trompe menue, au moins de la longueur du thorax: lèvres terminales peu renflées ; palpes égalant la longueur de la trompe, droi'.s, un peu arqués, brièvement velus, munis de cils alongés sur les bords, un peu plus larges que la trompe, un peu rétrécis seulement à leur base , disposés verticalement , formant chacun la moitié d'un den i-cylindre creusé en gouttière pour recouvrir la trompe. Antennes inclinées; deuxième article conique , alongé; troisième souvent de la longueur du deuxième, ordinairement à côtés droits, et arrondi à l'exlrémilé, quelquefois convexe sur les côtés; style à deuxième article double du premier. Thorax, écusson, bord postérieur de l'abdomen et du ventre, et son extrémité, munis de soies très fortes, rapprochées. Cuisses garnies en-dessous de poils longs et fins, presque mutiques en-dessus; jambes garnies du côté extérieur de plusieurs soies longues et fortes; antérieures manies en avant d'un rang de petites soies; tarses longs et assez menus , et de longueur régulièrement inégale. Ailes à première cellule postérieure entr'ouverte avant l'extrémité du bord extérieur; discoïdale terminée par une nervure presque droite , oblique , rapprochée du coude de la nervure externo-médiaire.

Parmi les Tachinaires dont les antennes ont le second article alongé , une modification organique assez remarquable distingue quelques grandes espèces exotiques, et a déterminé la forma-

lion de ce genre , voisin des Echinomyies. Au nombre des caractères que nous en donnons, les plus importans sont la trompe alougée, atténuée, et les palpes aussi longs qu'elle, et lui servant de gaine. Celte modification dans la structure de la trompe en fait présumer une dans la nourriture de ces Muscides, qui pourraient bien négliger le suc des fleurs pour le sang des animaux, et alors elles seraient aux autres Tachinaires ce que les Storaoxes sont aux Mouches. Cependant , cette trompe , munie de palpes si évidemment conformés pour la garantir , doit être de substance peu solide , et n'est peut-être alongée que pour puiser les sucs nourriciers dans des fleurs à long tube.

La longueur des tarses qui distingue aussi les Dejeanies des autres Tachinaires, a peut-être rapport avec l'instinct qui porte cette tribu à déposer leurs œufs sur les larves , et nous soupçonnons que ces tarses alongés leur servent à se cramponner sur les chenilles hérissées de longs poils.

Les Dejeanies se font encore remarquer par l'épaisseur et le nombre des soies qui bordent l'écusson et les segmens de l'abdomen; mais ce caractère se retrouve dans quelques autres Tachinaires exotiques. C'est une armure aussi défensive que celle du hérisson.

M. Robineau Desvoidy , en formant ce genre, lui donne pour l'un des caractères le deuxième article antennaire un peu plus long que le troisième, qui est très-convexe en-dessous, et il décrit deux espèces. Cependant ce caractère ne se retrouve pas dans d'autres espèces. Dans les D. pallipes , Nob., et corpulenta [ Tachi lia, id. , Wied.), le troisième article des antennes est moins long que le deuxième , et il n'est pas convexe en-dessus ; dans le D. rnfïpalpis, Nob., il est convexe, mais il est de la longueur du second ; dans le D. capensis , qui paraît être le même que le Tachina bombylans, Wied., il est plus court que le second , mais il n'est pas convexe. Ce n'est donc pas dans la

( 19Î ) conformation des aiilennes qu'il faut chercher les caractères (le ce genre , mais surtout dans celle de la trompe et des palpes. Ces Tachinaires, encore peu nombreuses, appartiennent au Brésil , à la Colombie , au Mexique , et une espèce au Cap de Bonne-Espérance.

1. Dejeania BOMBYLANS; D. , capcnsis Rob.', \). Tachina bomb. , Wied.', Stomoxys id., Fab.

Griseo fuscana. Abdomine flavo , diaphano , apice brunneo, nigro spinoso , punctts mediis nigris. (Tab. 3 , 6g. 2.)

Cette espèce a été décrite sans désignation de sexe. Les individus que nous avons observés au Muséum et dans la collection de M. Serville sont mâles.

Dans cette espèce , les palpes sont munis d'assez longs poils en-dessous. Le troisième article des antennes est une fois moins long que le deuxième.

Du Cap.

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