art
des aulenn.
quadruple
kIu 2."
Corps j opaque.... 5 CYNOMYIE.
Nervnrc exlerno-médiaire droite après Je coude, 6 ONÉSIE.
L'une des missions les plus importantes que le grand dispensateur des choses terrestres ait donnée aux insectes , l'a été particulièrement à cette tribu de Muscides : c'est celle d'entretenir la pureté de l'air en hâtant la décomposition de toute chair qui a cessé de vivre , en prévenant les effets de la putréfaction. Cette mission a été donnée d'une manière toute spéciale à la tribu des Sarcophagiens. Ils présentent toutes les qualités propres à remplir ces fonctions de salubrité. Le nombre et l'activité des travailleurs , leur présence partout où la mort succède à la vie animale , c'est-à-dire sur toute la partie terrestre et habitable du globe. Aussitôt que la vie a quitté un corps animé, ces Muscides arrivent de tous les points de l'horizon avec leurs nombreux auxiliaires , et y déposent leur avide progéniture pour ne pas perdre de temps.
Les lois de la nature sont suspendues en leur faveur ; ils sont vivipares , aBnsans doute que l'état d'œuf ne retarde pas leur action et que les générations se succèdent plus activement; et en effet , les larves se mettent immédiatement à l'œuvre , dépècent les chairs, absorbent les humeurs, se développent rapidement , passent peu de jours dans l'état de nymphes , et à peine adultes, elles commencent une nouvelle génération, suivie d'autres de mois en mois, jusqu'à l'hiver, dans une progression prodigieuse d'individus.
Quoique ces diptères ne déposent généralement leurs larves que sur des cadavres, ils se jettent aussi quelquefois sur les malades et les blessés. M. Guyon, chirurgien en chef de l'armée d'Afrique, m'a envoyé des Sarcophages avec leurs larves qu'il avait trouvées sur des blessés à Gonstantine, et d'autres semblables, prises au nombre de 15, au palais d'un militaire atteint d'une fièvre typhpoïde à l'hôpital d'Alger. Dans sa solicitude pour les braves dont la santé lui est confiée , cet homme, aussi distingué par sa science que par son humanité, désirait connaître cette sorte d'ennemis dont il cherchait les moyens de les préserver.
Les Sarcophagiens sont répandus sur toute la surface terrestre du globe , et d'autant plus nombreux que la chaleur du climat est plus intense , qu'elle donne plus d'activité à leur développement et rend leur action plus urgente. Les espèces en sont assez nombreuses , mais généralement peu différentes les unes des autres, et laissent même souvent douter si ces différences sont réellement spécifiques et si elles ne sont pas de simples variétés produites par la diversité des climats. Outre cette ressemblance commune à la plupart de ces diptères , il y a parmi quelques espèces exotiques des analogies plus marquées avec les européennes : les Sarcopha^a africa , georgina, princeps , Wied. , sont très-voisins de notre carnaria ; le lambens et le sugens, Wied. , du Striata ; d'autres espèces exotiques se ressemblent fort entr'elles : le S. Plinthopyga, Wied. , de l'ile Saint -Thomas, au Chrysostoma, du Brésil; Vopimaau dimidiata, tous deux de l'Amérique méridionale ; le Surinamensis au Calida, du Brésil. Enfin plusieurs espèces européennes se trouvent dans d'autres parties du globe : le Carnaria a été rapporté d'Haïti parM. Dumont-D'urville ',\' Hœmorrhoidalis se rencontre à Alger et à l'île de France; le Cruentata dans la même île et aux Canaries, où se trouvent aussi V Hœmatodes et le Clathratus;: le Sinuata a été pris à l'île de France et VHœmorrhoa à Alger.
Cependant quelques légères modifications organiques répandent un peu de diversité sur ce fond uniforme et caractérisent les genres qui composent cette tribu : ces différens groupes contiennent des espèces exotiques et indigènes, à l'exception des Phrissopodes, qui sont tous étrangers à l'Europe, et remarquables par leur grandeur.
Le peu d'importance des caractères génériques et spécifiques nous porte à croire que les Sarcophagiens diffèrent également peu entr'eux sous le rapport des habitudes, et en effet nous voyons au moins les espèces européennes indifféremment sur
( â53 ) toute chair morle pour y déposer leurs larves et sur toutes les fleurs pour y puiser leur nourriture. Une seule exception est connue ; c'est celle que présente la Cynomyia mortuorum , qui se trouve particulièrement sur les chiens morts.
l.cr G. PHRISSOPODE, Phrissopoda , Macq. S. à B. — Peckia , Rob. D. — Sarcophaga , Wied.
Corps large. Troisième article des antennes quatre fois aussi long que le deuxième; style plumeux jusqu'à l'extrémité. Cuisses et jambes postérieures et intermédiaires très-velues ç^ ; jambes postérieures un peu arquées; crochets des tarses antérieurs arqués.
Au Sarcophaga prœcc2}s , Wied, qui est le type de ce genre étranger à l'Europe, et aux espèces décrites par M. Robineau D., nous en joignons trois exotiques nouvelles, remarquables par les couleurs qui les décorent. M. Duraont-D'Urville a trouvé au port Jackson, de la Nouvelle-Hollande, le P. imperialis, Rob. D., semblable à celui que M. Poey a trouvé à l'île de Cuba.