Diopsis , Diopsis , Linn
Corps alongé. Tète petite. Trompe épaisse; lèvre supérieure acuminée , carénée en-dessous; langue courte, grêle, comprimée ; soies maxillaires distinctes, grêles, pointues; palpes arqués à la base, dilatés vers l'extrémité. Face ordinairement munie d'une épine de chaque côté de l'ouverture buccale. Front dilaté latéralement en deux prolongemens cylindriques, portant les yeux à î'cxlrérailé, les antennes près des yeux, et ordi •
naiicmonl une soie vers le milieu. Antennes fort petites ; les deux premiers articles courts; troisième arrondi; style nu, inséré près de l'extrémité. TJiorax alongé ; métathorax et écusson munis d'une épine de chaque côté cf ; mésothorax quelquefois muni d'une semblable épine. Abdomen alongé, plus ou moins élargi à l'extrémité; les quatre premiers segmens soudés ensemble ; cuisses antérieures ordinairement épaisses et denticulées; jambes antérieures arquées. Ailes : nervures transversales à la base , et au bord extérieur nulles ; médiastinc simple ; cellule sous-marginale à base éloignée de la base de l'aile; discoïdale réunie à labasilaire interne (par l'absence delà nervure de séparation) ; anale alongée et étroite.
Ce groupe , entièrement exotique, est l'un des plus remarquables de la famille des Muscides. Il présente un grand nombre de particularités, dont l'ensemble est bizarre. Il se singularise surtout par les soies maxillaires semblables à celles des familles supérieures , quoiqu'il appartienne aux inférieures dans le reste de l'organisation, par les pointes de la face, qui semblent défendre l'approche de la trompe ; par la dilatation du front; par l'insertion des yeux et des antennes; par les épines qui arment le thorax et l'écusson ; par la soudure des premiers segmens de l'abdomen; enfin par la réticulation des ailes , dans laquelle il manque les deux petites nervures transversales de la base.
Cette organisation extraordinaire s'éloigne tellement de celle des autres Muscides qu'il n'est pas possible d'assigner à ces Diptères une place dans aucune des tribus de cette famille, et si , dans l'ouvrage faisant partie des suites à BufFon , nous les avons rangés parmi les Sepsidées , nous l'avons fait parce que c'est avec cette tribu qu'elles ont le plus de rapports , et que le cadre étroit de cet ouvrage nous obligeait de restreindre le nombre des divisions.
Par l'importance de ses caractères, ce groupe nous parait
( 393 ) devoir être élevé au rang de tribu , et il est susceptible , par les nombreuses modifications qu'il présente , d'être divisé en plusieurs genres que nous ne formons pas cependant, parce que la connaissance de ces Diptères est encore insuffisante , particulièrement sous le rapport des différences sexuelles.
Les principales modifications sont l'absence des épines de la face dans quelques espèces, le plus ou moins de longueur des pédoncules oculifères; l'insertion diverse des soies sur ce prolongement et quelquefois leur absence ; celle des antennes vers le milieu du front dans une seule espèce ; les différentes longueurs des épines du métalhorax et de l'écusson, et quelquefois la nullité de celles du mésothorax ; la forme de l'abdomen plus ou moins renflé à l'extrémité , et le duvet qui le revêt dans quelques uns ; les cuisses antérieures tantôt épaisses» denticulées et formant un crochet avec les jambes arquées , tantôt grêles et muliques; les cuisses postérieures quelquefois terminées par une pointe que l'on retrouve parfois aussi aux jambes postérieures. Enfin les ailes se modifient par la première cellule postérieure , quelquefois rétrécie à l'extrémité ; par la première nervure transversale quelquefois oblique , par la deuxième perpendiculaire à sa base ou inclinée , éloignée ou rapprochée de la première ; par la nervure anale plus ou moins longue et quelquefois appcndiculée. Les ailes sont de plus diversifiées par les taches dont elles sont souvent marquées.
Parmi ces modifications , plusieurs se coordonnent entr'ellcs et deviendront de bons caractères génériques. Ainsi les espèces qui ont les ailes sans taches n'ont ni les côtés de la face, ni l'extrémité des cuisses postérieures (ù l'exception d'une seule espèce) armés d'épines. Déjà Th. Say a formé le genre Sphyracéphale du D. brevicornis, dont les pédoncules oculifères sont fort courts, et les antennes insérées au milieu du front.
Quelques unes de ces modificalions paraissent constituer les différences sexuelles. Quoique les obser\aUons soieul encore
(394 ) incertaines à cet "égard , il y a lieu de croire que les mâles diffèrent ordinairement des femelles par les pédoncules oculifères plus alongés et l'abdomen moins renflé en massue. l
Les Dlopsis, à l'exception du D. breoicornis , se trouvent dans les contrées tropicales de l'Ancien-Monds et en grande partie de l'Afrique occidentale. Les seules observations relatives à leur manière de vivre concernent le D. Sykcsii, Westw, que le lieutenant-colonel Sykes a découvert au fort de Hurrecchurdergbur, sur les montagnes du Deccan, à la hauteur de 3,900 pieds au-dessus du niveau de la mer. Il habite les précipices et les lavins dans les hautes forêts qui entourent ce fort. Lorsque les rayons du soleil percent parfois l'épaisseur du feuillage , et tombent sur des rocs isolés ou saillans, on voit des myriades de cette espèce se reposer ou voltiger en se balançant dans ces rayons.
Le D. brevicornis est de l'Amérique septentionale. Il a été trouvé par Th. Say, une première fois au bord d'une anse, près de Philadelphie , sur une feuille de Pothus fœtida , et ensuite en grand nombre , dans les crevasses des rochers , au bord du Missouri.
Cette habitude de fréquenter les lieux sablonneux ou riverains est en harmonie avec la conformation de ces insectes, et particulièrement avec la position proéminente des yeux, d'après l'observation pleine de pénétration de Dalmau sur quelques Coléoptèi'es , tels que les Cicindèlcs, les Elaphres, les Stènes , et plusieurs Hémiptères. La saillie des yeux , jointe à la forme des pieds antérieurs , propres à saisir une proie , est éga'emeul l'indice du genre de nourriture des Diopsis.
Nous empruntons ces détails de mœurs au beau mémoire publié sur ces insectes en 1834 >pai' M. Westwood , qui en a décrit vingt-une espèces, dont neuf étaient inconnues. Nous en décrivons trois nouvelles.