X« JOUR
Du bon usage des croix.
Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec leurs vices et leurs convoitises.
I. Plus nous craignons les croix, plus il faut conclure que nous en avons besoin. Ne nous abattons pas, lorsque la main de Dieu nous en impose de pesantes. Nous devons juger de la grandeur de nos maux par la violence des remèdes que le médecin spirituel y applique. Il faut que nous soyons bien misérables et que Dieu soit bien miséricordieux.
SUJETS DE MÉDITATION 33l
puisque, maigre la difficulté de notre conversion, il s'applique à nous guérir.
Tirons de nos croix mêmes une source d'amour, de consolation et de confiance, disant avec l'Apôtre : Nos peines, qui sont si courtes et si légères, n'ont point de proportion avec ce poids infini de gloire qui doit en être la récompense. Heureux ceux qui pleurent et qui sèment en versant des larmes, parce qu'ils recueilleront, avec une joie ineffable, la moisson d'une vie et d'une félicité éternelles!
II. Je suis attaché à la croix avec Jésus- Christ, disait saint Paul. C'est avec le Sauveur que nous sommes attachés à la croix, et c'est lui qui nous y attache par sa grâce. C'est à cause de Jésus que nous ne voulons point quitter la croix, parce qu'il est inséparable d'elle. O corps adorable et souffrant avec qui nous ne faisons plus qu'une seule et même victime I en pie donnant votre croix, donnez-
moi votre esprit d'amour et d'abandon ; faites que je pense moins à mes souffrances qu'au bonheur de souffrir avec vous. Qu'est-ce que je souffre que vous n'ayez souffert ? ou plutôt, qu'est-ce que je souffre, si j'ose me comparer à vous? O homme lâche! tais-toi, regarde ton Maître, et rougis. Seigneur, faites que j'aime, et je ne craindrai plus la croix. Alors, si je souffre encore des choses dures et douloureuses, du moins je n'en souffrirai plus que je ne veuille bien souffrir.
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