‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 113 sur 128 · X' JOUR · texte numérisé non relu

X' JOUR

De l'exemple des saints.

Contemplez les exemples des saints en qui brillait la vraie perfection de la vie chrétienne, et vous verrez combien ce que nous faisons est peu et presque rien.

Hélas ! qu'est-ce que notre vie comparée à la leur ?

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Les saints et les amis de Jésus-Christ ont servi Dieu dans la faim et dans la soit, dans le froid et dans la nudité, dans le travail et la fatigue, dans les veilles et dans les jeûnes, dans les prières et dans les saintes méditations, dans une infinité de persécutions et d'opprobres.

Oh ! que de pesantes tribulations ont souffertes les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges, et tous ceux qui ont voulu suivre les traces de Jésus-Christ.

Oh ! quelle vie de renoncement et d'austérités, que celle des saints dans le désert î quelles longues et dures tentations ils ont essuyées ! que de fois ils ont été tourmentés par l'ennemi !

Que de fréquentes et ferventes prières ils ont offertes à Dieu ! quelles rigoureuses abstinences ils ont pratiquées ! Quel zèle ! quelle ardeur pour leur avancement spirituel !

Quelle forte guerre contre leurs passions ! quelle intention pure et droite toujours dirigée vers Dieu !

Ils travaillaient pendant le jour, et passaient la nuit en prière; et même durant le travail ils ne cessaient point de prier en esprit.

Tout leur temps avait un emploi utile.

Ils nous ont été donnés en exemple, et ils doivent nous exciter plus à avancer dans la vertu, que la multitude des tièdes ne nous porte au relâchement.

RÉFLEXION

Lorsque vous avez été présenté à l'église, au moment de votre naissance, pour recevoir le saint baptême, à votre nom de famille un ou plusieurs noms des saints vous ont été imposés. Pourquoi cela, mon enfant? C'est afin de vous rappeler que vous avez dans le ciel un

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protecteur et un modèle. 11 vous faut donc étudier la \ie du bienlienreux sous l'invocation duquel vos parrain et luanaiue vous ont placé. Prenez aussi [)Our sujet de cette étude, la vie des saints de votre Age, de votre condition, de votre état.

Sans doute, il y a dans la vie des bienheureux élus de Dieu, des actions extraordinaires que vous ne pouvez imiter; mais que de choses d'une pratique aisée et non moins méritoire ! Tous vous adressent cette parole par la bouche de saint Paul : Soyez mes imitateurs comme je l'ai été moi-même de Jésus-Christ.

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De la considération de la misère humaine.

En quelque lieu que vous soyez, de quelque côté que vous vous tourniez, vous serez misérable, si vous ne revenez vers Dieu.

Pourquoi vous troubler de ce que rien n'arrive comme vous le voulez? A qui est-ce que tout succède selon sa volonté? Ni à vous, ni à moi, ni à aucun des hommes sur la terre.

Nul, en ce moment, fût-il roi ou pape, n'est exempt d'angoisses et de tribulations.

Qui a donc le meilleur sort? Celui, certes, qui sait souffrir quelque chose pour Dieu.

Dans leur faiblesse et leur peu de lumières, plusieurs disent : Que cet homme a une heureuse vie î qu'il est riche, grand, puissant, élevé!

Mais considérez les biens du ciel, et vous verrez que tous ces biens du temps ne sont rien; que, toujours très-incertains, ils sont plutôt un poids qui fatigue.

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parce qu'on ne les possède jamais sans détiance et sans crainte.

Avoir en abondance les biens du temps, ce n'est pas là le bonheur de l'homme ; la médiocrité lui suffit.

C'est vraiment une grande misère de vivre sur la terre.

Plus un homme veut avancer dans les voies spirituelles, plus la vie présente lui devient amère; parce qu'il sent mieux et voit plus clairement l'infirmité de la nature humaine et sa corruption.

Manger, boire, veiller, dormir, se reposer, travailler, être assujetti à toutes les nécessités de la nature, c'est vraiment une grande misère et une grande affliction pour l'homme pieux, qui voudrait être dégagé de ses liens terrestres et délivré de tout péché.

Car l'homme intérieur est, en ce monde, étrangement appesanti par les nécessités du corps.

Malheur donc à ceux qui ne connaissent pas leur misère î malheur plus encore, à ceux qui aiment cette misère et cette vie périssable !

RÉFLEXION

Considérez ce petit enfant qui n'a pas encore l'usage de sa raison ; il a une volonté, et une volonté bien prononcée^ bien énergique, et parce que cette volonté rencontre des impossibilités ou des obstacles, il pleure, il crie, il se dépite, il devient blême de colère et de transport. Les parents trop faibles qui cèdent à ses caprices lui préparent les plus amères déceptions. Il est assez rare, mon enfant, que tout ce que nous voulons arrive, parce que ce que nous voulons n'est pas possible ou n'est pas juste et raisonnable. Il est bien plus simple et plus avantageux de s'abandonner à la volonté de

'2ft8 LECTURES OU MÉDITATIONS.

Dieu et de sou mettre notre volonté et nos désirs à s^m bon plaisir. Qui donc a le meilleur smt ? Celui qui sait souffrir quelque chose pour Dieu.

XIP JOUR.

De la méditation de la mort.

C'en sera fait de vous bien vite ici-bas : voyez donc en quel état vous êtes.

L'homiïie est aujourd'hui, et demain il a disparu; et quand il n'est plus sous les yeux, il ^asse bien vite de l'esprit.

0 stupidité et dureté du cœur humain, qui ne pense qu'au présent, et ne prévoit pas l'avenir !

Dans toutes vos actions^ dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s'il vous fallait mourir aujourd'hui.

Si vous aviez une bonne conscience, vous ne craindriez pas la mort.

Il vaudrait mieux éviter le péché que fuir la mort.

Si aujourd'hui vous n'êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ?

Demain est un jour incertain : et que savez vous si vous aurez un lendemain?

Que sert de vivre longtemps puisque nous nous corrigeons si peu ?

Ah ! une longue vie ne corrige pas toujours; souvent plutôt elle augmente nos crimes.

Plût à Dieu que nous eussions bien vécu dans ce monde un seul jour !

Heureux celui à qui l'heure de sa mort est toujours présente, et qui se prépare chaque jour à mourir.

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Si vous avez vu jamais un homme mourir, songez que vous aussi vous passerez par cette voie.

Le matin, pensez que vous n'atteindrez pas le soir; le soir, n'osez pas vous promettre de voir le matin.

Soyez donc toujours prêt, et vivez de telle sorte que la mort ne vous surprenne jamais.

Plusieurs sont enlevés par une mort soudaine et imprévue : car le Fils de THomme viendra à Theure qu'on n'y pense pas.

RÉFLEXION

La pensée de la mort fait peu d'impression sur vous, mon enfant, parce que vous êtes jeune et que vous vous sentez plein de vie. Cependant on meurt à tout âge, et peut-être avez-vous vu expirer quelqu'un de vos petits amis, naguère plein de santé comme vous. Oh ! si vous saviez à quoi tient le fil de notre vie et quelle légère secousse suffit pour le hriser ! Mais supposons que vous viviez longtemps, qu'est-ce que ce long temps? Les vieillards les plus avancés vous diront que leurs années se sont évanouies comme un songe. Et puis , l'important est-il donc de vivre ? qu'importe que vous ayez passé cent ans sur la terre, si ces cent années n'ont été qu'un long égarement? Mon cher enfant, retenez bien ce mot de Fauteur de \ Imitation : Si aujourd'hui vous n'êtes pas prêt, comment le serezvou s demain?

XlIP JOUR.

Suite du même sujet.

Vous pouvez faire beaucoup de bien, tandis que vous êtes en santé : mais, malade, je ne .sais ce que vous pourrez.

250 LECTURES or MI^DITATIOINS.

Il en est peu que la maladie rende meilleurs, comme il en est peu qui se sanctifient par de fréquents pèlerinages.

Ne comptez point sur vos amis ni sur vos proches, et ne différez point votre salut dans l'avenir, car les hommes vous oublieront plus vite que vous ne pensez.

II vaut mieux y pourvoir de bonne heure, et envoyer devant soi un peu de bien, que d'espérer dans le secours des autres.

Si vous n'avez maintenant aucun souci de vousmême, qui s'inquiétera de vous dans l'avenir? Maintenant le temps est d'un grand prix. Voici maintenant le temps propice y voici le jour du salut.

Mais, ô douleur! que vous fassiez un si vain usage de ce qui pourrait vous servir à mériter de vivre éternellement!

Viendra le temps où vous désirerez un seul jour , une seule heure, pour purifier votre âme, et je ne sais si vous l'obtiendrez.

Oh! mon enfant, de quel péril, de quelle crainte terrible vous pourriez vous délivrer , si vous étiez à présent toujours en crainte et en défiance de la mort!

Etudiez-vous maintenant à vivre de telle sorte qu'à l'heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de trembler.

Apprenez maintenant à mourir au monde, afin de commencer alors à vivre avec Jésus-Christ.

Châtiez maintenant votre corps par la pénitence, afin que vous puissiez alors avoir une solide confiance.

RÉFLEXION

Mon enfant, j'ai à vous proposer aujourd'hui une pratique bien simple, bien facile et bien utile. Vous

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vous confessez tous les mois pour von? préparer à votre première communion ; vous allez même bientôt faire votre confession générale ; eh bien ! dites-vous à vous-même: Je veux, la première fois que j'irai me jeter aux pieds du prêtre , qui me représente Notre- Seigneur, je veux me confesser comme si je devais mourir une heure après. Est-ce qu'on peut être moins bien préparé pour recevoir Jésus-Christ que pour paraître au jugement de Jésus-Christ? Ainsi donc, vous vous mettrez pour communier dans l'état où vous voudriez vous trouver lorsque vous serez cité pour être jugé.

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